«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Indépendance politique du Québec

Les huit constats de la Grande histoire d’aujourd’hui

De l’échec colonial français au renforcement du British North America

Chronique de Bruno Deshaies
dimanche 10 janvier 2016
497 visites

« La nation minoritaire, qui n’a que son gouvernement
ou son État local est une nation annexée. (1) »

En 1942, Maurice Séguin a 24 ans. La question nationale l’intéresse. Déjà depuis 1938, il lit beaucoup d’ouvrages dans de nombreux domaines des sciences de l’homme. La Crise économique de 1929 a suscité chez lui un très grand intérêt sur les questions économiques. Malgré certaines hésitations, il s’inscrit finalement en histoire à la Faculté des Lettres de l’Université de Montréal. Après ces deux années universitaires en histoire, il s’inscrit au doctorat ès Lettres. C’était le début du de l’Institut d’histoire avec l’abbé Lionel Groulx et le jeune professeur Guy Frégault. Dès 1943, après avoir fait un résumé du livre d’Esdras Minville, Initiation à l’étude, il note une idée prémonitoire au sujet de notre histoire. Il écrit : « Depuis 1914, on parle beaucoup de "Canadianism" mais est-ce que "Canadien" veut dire "Canadian" ? » Les dés viennent d’être jetés.

Sa thèse de doctorat s’oriente donc vers un Essai d’histoire économique. Il s’agit d’une étude sur la « nation canadienne » et l’agriculture dont il en fera un résumé, en 1946, dans la revue L’Action nationale (à la demande de Guy Frégault) sous le titre évocateur qui suit : « La Conquête et la vie économique des Canadiens. » Avec un brin d’espoir, il écrira en conclusion ce qui suit : « Un jour ou l’autre, l’occasion se présentera pour la nation canadienne de renouer, sans danger, avec les traditions d’avant ’37 et débarrasser son économie de la tutelle paralysante de l’Occupant. » Mais les résultats du recensement de 1941 lui feront rapidement perdre ses illusions.

Une analyse assez poussée de sa thèse de doctorat nous a permis de dégager sept constats sur la période de l’histoire des « Canadiens » de 1760 à 1850 après leur intégration forcée dans l’empire britannique en Amérique du Nord. La version finale de sa thèse, en 1947, montre les linéaments de sa pensée qu’il développera plus tard dans Les Normes.

Sept constats sur la société canadienne-française

Premier constat :

Le développement économique ne peut se satisfaire de l’agriculture seulement (voir le « développement économique intégral » (p. 231-234) ;

Deuxième constat :

« [L]es Canadiens comme nation seraient un souvenir », « si l’Amérique du Nord britannique, après 1763, avait égalé en prospérité les États-Unis » (p. 242) ;

Troisième constat :

Les vaincus de 1760 subissent, après la Conquête, une « série d’exclusions » (p. 245) ;

Quatrième constat :

« Les Canadiens sont en « retard », sur leur proche et très puissant voisin, les États-Unis » (p. 254) ;

Cinquième constat :

« Les Canadiens […] souffrent de “substitution” parce que l’envahisseur les paralyse et accomplit, à leur place, le développement intégral du Québec » (p. 254) ;

Sixième constat :

La « collaboration volontaire entre Britanniques et Canadiens » après l’Union et l’obtention de la responsabilité ministérielle font que « les Canadiens s’unissaient avec d’indéfectibles impériaux et acceptaient de demeurer dans l’Empire » (p. 260 et 261) ;

Septième constat :

Les Canadiens estimeront « possible de collaborer sans danger avec les Britanniques » au plan politique et ils accréditeront « l’idée qu’on peut laisser impunément aux étrangers le domaine des affaires », d’où leur subordination politique et économique qui sera “aggravée par un double romantisme” (p. 262 et 263). »
A) Les Canadiens « se sont imaginé que la responsabilité ministérielle [en 1849] finirait par leur donner la pleine liberté et qu’ils deviendraient, non seulement en droit et en fait, les égaux des Britanniques nord-américains. (p. 262) »
B) Les Canadiens ont cru « que l’agriculture suffisait "aux enfants du sol" […]. Ainsi s’accrédite l’idée qu’on peut laisser impunément aux étrangers le domaine des affaires et que celles-ci n’ont rien à voir avec le national. » (p. 263)

« …[T]el serait le bilan du fameux "triomphe" de 1849 ! (p. 263) »


« Ni en politique, ni en économique, l’Union "acceptée" en 1849 ne pouvait établir une véritable égalité de fait entre les deux nationalités. (p. 262) »

À partir de 1867, il faudrait ajouter un

Huitième constat :

Le gouvernement provincial du Québec dans le fédéralisme canadien et le système pancanadien subit, de facto, une subordination sur place et une superposition qui réduisent essentiellement l’agir par soi collectif et rendent très difficiles les possibilités d’une libération collective nationale. La centralisation la plus désastreuse n’est pas dans les gestes de centralisation du gouvernement central mais dans le régime d’union législative de 1841 et dans le régime d’union fédérale de 1867. Dans ces deux régimes le Québec se voit refuser le self-government. Même si les compétences des provinces s’accroissent, on se retrouve toujours devant le même « partage fédéral » qui provincialise la nation québécoise.


LES VAINCUS DE 1760 SUBISSENT, APRÈS LA CONQUÊTE,
UNE « SÉRIE D’EXCLUSIONS »

Le changement d’Empire entraîne pour les « vaincus » des conséquences très graves qui se traduisent par de nombreuses exclusions.

• Ils sont « exclus du grand commerce » (245) ;

• Ils sont exclus, pratiquement, « de l’exploitation primaire des grandes ressources naturelles, autres que la culture du sol » (246) ;

• Ils se trouvent dans « l’impossibilité d’amasser de grands capitaux » (246) ;

• Ils ne peuvent « faire appel à des capitaux de l’extérieur capables de servir leur nationalité » (246) ;

• Ils sont incapables d’ « entreprendre la transformation industrielle du pays » (247) ;

• Ils sont, finalement, « relégués de force en marge de la vie économique de leur propre patrie » (248).

Consulter : Maurice Séguin, La “Nation canadienne” et l’agriculture (1760-1850), Essai d’histoire économique, Trois-Rivières, Le Boréal Express, Ltée, 1970, 284 p. Préface de Jean Blain, « Maurice Séguin ou la rationalisation de l’histoire nationale. (p. 17-40) »

Ce passé persiste dans le temps.


Le Canada-Anglais d’aujourd’hui est construit sur et au-dessus des débris de la colonisation française. Sauf que ces « conquis » sont demeurés majoritaires durant environ trois générations pour constituer une société suffisamment organisée et autonome. Cependant, le résultat n’en est pas moins le fait d’une nation annexée par une autre nation majeure et majoritaire au Canada.

Pour actualiser ce propos, voir Claude Couture et Paulin Mulatris, La nation et son double. Essai sur les discours postcoloniaux au Canada, Québec, PUL, 2012, 218 p. PDF 9782763792880 Consulter le Chapitre 5 : Fatalité postcoloniale ? : « Le problème de la bourgeoisie » [du « Canada français-Québec » (p. 143-151)].

Les auteurs de cette recherche arrivent à la conclusion suivante pour cette période de notre histoire économique après la Conquête et au cours des années 1930.

Du contexte de l’occupation par la France, les auteurs décrivent la situation ainsi :

Dans l’empire français d’Amérique, dans la région appelée le « pays Illinois » (Illinois Country), qui correspond aujourd’hui aux États américains de l’Illinois et du Michigan, les Français avaient développés plusieurs forts et villages depuis le XVIIe siècle. Fort Saint-Louis ou Peoria (beaucoup plus au nord-est de la ville de Saint-Louis, dans le futur État du Missouri, fondée en 1763), Kaskaskia, Cahokia, Fort de Chartres, Prairie du Rocher, et Saint-Philippe étaient quelques-uns de ces établissements tous situés à l’est du Mississipi. En 1735, peut-être en 1750 selon d’autres historiens, à l’ouest du Mississipi cette fois mais très près de Kaskaskkia, le village de Sainte-Geneviève été fondé. En 1752, on évalua la population française du pays Illinois à environ 1 500 individus. [La population était constituée de 43 % d’esclaves d’origine amérindienne.] Le pourcentage d’esclaves était plus élevé que le pourcentage d’esclaves dasn la vallée du Saint-Laurent. [...] une réalité importante de l’Empire français au XVIIIe siècle, un aspect souvent négligé dans l’historiographie ou la sociographie sur le Canada français traditionnel. Un curieux phénomène [de métissage] se développa […], du moins jsuqu’à ce que les Jésuites imposent le mariage à tous les couples, surtout après 1719. Il en résulta une société métisse, dans ces villages, comme dans les Antilles, mais aussi très prospère. De fait, plusieurs témoignages sont à l’effet de la prospérité de ces villages (p.148-149).

La Conquête de 1763 changea évidemment tout. Un an plus tôt, un traité secret de Fontainebleau entre la France et l’Espagne, le territoire français situé à l’ouest du Mississipi fut cédé à l’Espagne. Après la Proclamation royale de 1763 [notre première constitution canadian], de nombreux habitants du pays de l’Illinois décidèrent alors de traverser le Mississipi et d’aller vivre du côté espagnol. L’Espagne, on le sait géra le territoire jusqu’en 1800, lequel fut recédé à la France, seulement pour être racheté par les Américains de Napoléon en 1803. Entre-temps, de 1763, la Compagnie de la Nouvelle-Orléans Maxent et Laclède ouvrit un nouveau fort commercial dans ce qui vint Saint-Louis, dans le Missouri d’aujourd’hui. Pierre Laclède et Auguste Chouterau fondèrent Saint-Louis, qui devint rapidement un centre commercial et économique assez important, notamment par ses relations commerciales avec la Nouvelle-Orléans plus au sud. Les Espagnols, en fait, ne s’intéressaient guère à la région et laissèrent aux Français, dont Chouteau, le soin de développer le commerce et de négocier la paix avec les Premières Nations de la région, notamment la nation Ossage. Et lorsque les Américains ont acheté la Louisiane en 1803, les Français de Saint-Louis et de Sainte- Geneviève, dont encore une fois cet Auguste Chouteau, ont immédiatement joué en1804 un rôle important dans l’expédition de Meriwether Louis et de William Clark. Ainsi, alors que dans la vallée du Saint-Laurent, les Britanniques, au moment même où commençait à s’édifier en Inde avec Clive leur empire commercial dans les structures féodales décrites précédemment, imposaient leur carcan mercantiliste, dans le Missouri et la Louisiane espagnole, les Français qui y ont vécu après la perte de la Nouvelle-France ont été des producteurs agricoles produisant pour le marché de la Nouvelle-Orléans, des commerçants, des propriétaires d’esclaves (Chouteau en aurait eu 32), bref des entrepreneurs nullement inhibés par une mentalité féodale (p. 149).

Non seulement les Canadiens ont perdu l’Acadie et la vallée du Saint-Laurent mais aussi ils ont été évincés de leurs avancées le long du Mississipi jusqu’à la Nouvelle-Orléans. La perte de ce territoire au sud du Canada est illustré concrètement par des événements historiques le changement de posture des Canadiens de la Nouvelle-France (ou autrement dit du Premier Canada). D’ailleurs, ils reconnaissent que « le changement de métropole va entraîner la formation d’une nouvelle bourgeoisie, essentiellement anglo-saxonne et écossaise, qui a repris le projet de la bourgeoisie de la Nouvelle-France : faire du fleuve Saint-Laurent le principal axe commercial de l’Amérique du Nord (p. 147). »

Est-ce bien vrai que la société canadienne, après 1760, n’a subi aucun tort majeur ?

Il est difficile d’imaginer qu’on dise encore aujourd’hui que la société « canadienne », après 1760, n’a subi aucun tort majeur. L’ampleur des amputations territoriales, d’une part, et l’occupation par l’Angleterre des postes d’autorité et de commandement, d’autre part, dans la XVe Colonie britannique en Amérique du Nord, évincent brutalement la métropole française de l’Amérique du Nord. Comme l’écrivait Guy Frégault dans La société canadienne sous le régime français. Consulter la page 15.

3. LA DÉSINTÉGRATION DE 1760-1763
http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/008004/f2/H-3_fr.pdf
Cette nouvelle colonie prit le nom, en 1763, de The Province of Quebec d’après La Proclamation Royale édictée par Londres en 1763. La société « canadienne » conquise et occupée sera dorénavant sous l’autorité d’une nouvelle métropole, Londres, puis gouvernée par un général anglais, James Murray. Le Canada est défait. « En 1763, il reste encore des Canadiens, il ne reste plus de Canada. […] l’empire français disparaît de l’Amérique et celle-là [la Nouvelle-France] s’efface de la carte. » La seule conclusion possible fait que les Canadiens deviennent, durablement, une « nation annexée » dans leur pays qu’ils ne peuvent plus gouverner eux-mêmes avec l’aide de Paris – leur Métropole naturelle.

De fil en aiguille ce Canada français est entraîné dans une union fédérale très centralisée.

Cent quatre ans après la Proclamantion Royale, les Canadiens-Français tombent, en 1867, sous l’égide d’un État fédéral. Cette constitution va progressivement se consolider, si bien que les Canadiens d’origine française se tournent vers l’État central pour faire face à leurs besoins au sein du Canada. Voici comment Couture et Mulatris, cités précédemment, voient la suite des choses après 1930.

Au Canada, après la crise économique des années 1930, l’État fédéral devient de plus en plus en plus engagé dans l’économie et les affaires sociales. Au niveau provincial, cette approche fut caractéristique des réformes apportées à l’État québécois lors de la Révolution tranquille. Cependant, contrairement à certaines interprétations, cette dernière n’a pas marqué une rupture complète avec une « société traditionnelle ». Les élites du monde des affaires, identifiées lors des précédents régimes de fonctionnement économique, ont continué, malgré les réformes de l’État, à défendre une vision tout à fait libérale (p. 151).

Si bien que le Parti libéral du Québec peut être considéré comme un parti naturel, un parti refuge comme il est survenu à l’élection générale le 7 avril 2014 https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Élection_générale_québécoise_de_2014 (et de même récemment au fédéral avec Justin Trudeau). Le public québécois doit en faire le constat. Les discours des élites du monde des affaires martèlent constamment « une vision tout à fait libérale » de la société et aussi dans le régime fédéraliste. La Révolution tranquille n’a pas été une révolution nationale mais plutôt sociale. Le slogan « Qui s’instruit s’enrichit » n’était certainement pas révolutionnaire. Les réformes venaient corriger des lacunes dans la société en 1960. Et on sait que la nationalisation de l’électricité avait suscité la grogne de milieux influents que René Lévesque a su contourner en réclamant de Jean Lesage la nécessité d’en appeler au vote populaire par le déclenchement, en 1962, d’une nouvelle élection générale afin de réaliser son objectif politique. Ce défi a surtout été une manifestation de fierté nationale qui a réussi à se concrétiser.

« Il fallait faire ce qu’il faudrait faire. » (Philippe Couillard)

Le camp libéral avec Philippe Couillard représente parfaitement cette « vision tout à fait libérale ». Son entrevue du 18 décembre avec Paul Arcand transpire de cette conception politique de l’État du Québec. Par exemple, pour les commissions scolaires, il soutient que c’est « 1% des coupures qui touchent leurs budget »). Au sujet de la dette de 30 milliards, il occulte clairement que le gouvernement libéral avec Jean Charest a détenu le pouvoir durant 9 ans. Il fait allusion à « l’ancienne manière de faire » mais il préfère se concentrer sur les recommandations de la Commission Charbonneau. Pour la corruption et l’implication des ministres, le Premier ministre répond : « Est-ce que vraiment c’est là où est le problème principal ? …Il y a plusieurs couches de responsabilités là-dedans. » Avec Céline Galipeau, il répète que le déficit nous coûte 30 millions par jour. « Si on ne fait pas une chose assez rapidement, on ne fait rien. » « Il faut garder le budget équilibré. » « L’effet libéral » va-t-il se faire sentir ? demande Céline Galipeau. Le gouvernement cherche la croissance économique et la croissance de l’emploi (?). « Comment vivons-nous ensemble dans la diversité. » Les topos libéraux sont archi-connus. Il doit couper mais il n’en évalue d’aucune façon les effets. Il fonctionne au cas par cas comme pour la question du niquab ou du voile. S’il y a un cas, la justice suivra son cours. Pour les effets de la Commission Charbonneau, il se contente de voir le processus judiciaire suivre son cours. Les poursuites arriveront un jour et les jugements viendront par la suite. Le système judiciaire est indépendant du législatif et du gouvernement. La séparation des pouvoirs est étanche (!).

Références : Émission de Paul Arcand 18 décembre 2015 : « Bilan de l’année avec le premier ministre du Québec Philippe Couillard. » Bilan de l’année avec le premier ministre du Québec Philippe Couillard. (23:05) http://www.985fm.ca/lecteur/audio/bilan-de-l-annee-avec-le-premier-ministre-du-quebe-299988.mp3 Comparer cette entrevue avec celle de Céline Galipeau, le même jour, à la TV de Radio-Canada. http://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-22h/2014-2015/segments/reportage/1553/philippe-couillard-entrevue-1an?isAutoPlay=1

« La démystification de la péréquation » (Pierre Katrl Péladeau)

L’entrevue avec Paul Arcand, le 16 décembre dernier, nous démontre que Monsieur Péladeau comme Chef du Parti québécois est passionné par le désir de travailler à la libération collective de la nation québécoise. Nous pouvons le croire sincère et inspiré par la nécessité de donner aux Québécois les moyens d’assumer leur destin. Il serait malhonnête de mésinterpréter ses intentions. Toutefois, le public québécois est certainement impatient de connaître de quelle façon il a l’intention d’atteindre cet objectif qui est l’indépendance politique du Québec. Et ce serait un peu court que de répéter inlassablement qu’on verra en 2018.

Ce que nous savons clairement, en ce moment, c’est que la domestication de la péréquation sera sous la loupe impitoyable des fédéralistes et, au premier chef, du gouvernement central. Sachons que la centralisation des pouvoirs à Ottawa est inscrite dans la loi fondamentale du Canada depuis 1867. Elle n’est pas une question de bons ou de mauvais gouvernements à Ottawa qui fait la différence. L’unité canadienne pour le Canada-Anglais est une notion quasi inviolable. Ne serait-ce que sur cette question particulière de la péréquation, la lutte nationale sera âpre. Le public risque de se perdre dans l’amoncellement des calculs comptables. Le gouvernement du Canada veillera au grain avec toute la pugnacité dont il est capable. Le Bristh North America ou le Canada britannique ne s’en laissera pas imposer facilement.

Le Chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec doit faire une réflexion en profondeur sur cet aspect de notre réalité collective de Québécois-Français. Le gouvernement Couillard est déjà, lui aussi, aligné sur sa réélection en 2018. Il fera comme son grand-frère à Ottawa et dans le ROC.

Ce défaire de cet étau, après deux siècles et demi, impose une solide connaissance de son histoire. Ce qui n’est pas le cas en ce moment dans les officines de nos partis politiques qui se livrent strictement des luttes qui relèvent plus de la politique-domaine-des-rivalités-partisanes que d’une lutte nationale afin d’être maître chez soi et présent au monde librement en tant que nation indépendante.

Développer une économie progressiste au Québec

« Je suis pour le développement de nos entreprises,
je suis pour le maintien des sièges sociaux au Québec,
parce que c’est une source d’enrichissement collectif. » (Pierre Karl Péladeau)

Voir l’entrevue de Paul Arcand avec Pierre Karl Péladeau au réseau 98,5 FM.
http://www.985fm.ca/lecteur/audio/entrevue-avec-pierre-karl-peladeau-son-premier-b-299468.mp3

Parmi les thèmes abordés, il y a eu celui sur la souveraineté.

À propos de la souveraineté

Quand fera-t-il la lumière sur la question de la souveraineté et sur sa vision de l’indépendance ?

« Lorsque nous allons nous présenter en 2018 pour les élections, nous allons répondre à toutes ces questions légitimes de la population. »

Y aura-t-il un référendum si le PQ prend le pouvoir ? « Durant la campagne électorale, nous allons être clairs et précis. »

Un commentaire sur Le Journal de Montréal :

DGER1999

Le modérateur a quitté le blogue puisque plus de 90% des commentaires sont soit hors sujet, injurieux, attaques personnelles et autres. Ne soyez pas surpris c’est toujours la même chose lorsqu’il est question de PKP, impossible de critiquer le Messie sans se faire accuser de tous les maux par ceux qui vomissent sur tout ce qui est libéral.

Après un an PKP est toujours aussi vague et n’a toujours rien à proposer, Arcand à omit de questionner PKP sur ses conflits d’intérêts ainsi que sur ses nombreux volte-faces. Finalement le bilan est plus négligeable qu’autre chose, beaucoup beaucoup (sic) de croûtes ....

Il faut s’attendre à ce genre de commentaires. Ça fait partie des débats publics. Ce que PKP propose est sur le site PKP2015 http://pkp2015.quebec/ (cf. le document attaché à cette chronique).

Peut-on imaginer ce qui va se passer dans deux ans ?

C’est l’inconnu. Une chose est certaine, le combat argumentaire que propose le camp souverainiste ne peut répondre à la complexité de la réalité politique des affrontements nationaux. Cependant, le passé peut-il nous apprendre quelque chose sur notre condition de vie collective nationale ?

Préparer le pays pour réussir http://pkp2015.quebec/plateforme/pays/

Pourquoi ne pas lire cette plateforme du député de Saint-Jérôme qui est devenu Chef de l’opposition officielle à Québec. Faites vos commentaires sur cette chronique. Dites-nous ce que vous comprenez.

Prenez le temps d’écouter Jean-Jacques Nantel, « Projet d’Institut de recherche sur l’indépendance du Québec. Projet parrainé par Bernard Landry. » Tribune libre de Vigile lundi 21 décembre 2015. http://vigile.net/Projet-d-Institut-de-recherche-sur

Êtes-vous capable de découvrir une ligne de conduite qui stimulerait le public québécois à adhérer à l’indépendance politique du Québec ?

Croyez-vous que le gouvernement fédéral va demeurer impassible ?

Qui parviendra à démêler la pensée politique des Québécois pour ou contre l’indépendance et vice versa pour le fédéralisme ? Est-ce qu’un fédéraliste sceptique ou un anti-fédéraliste est nécessairement un indépendantiste ? Est-ce qu’un indépendantiste désire nécessairement la séparation du Canada ? Que veut dire l’expression sortir le Canada du Québec ou le Québec du Canada ? Jusqu’à quel point faut-il sortir du Canada. Le traumatisme du referendum de 1995 a mis en évidence les ambiguïtés du partenariat, de l’association et du confédéralisme. Le public aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, se demande ce que veulent les péquistes-souverainistes.

Je sais, je sais… néanmoins, je vous propose de réfléchir sur ces trois constats élémentaires dans les relations entre les nations :

La nation majoritaire qui n’a pu assimiler la nationalité minoritaire et qui a dû lui consentir des concessions (comme au moins un État provincial) est dérangée, importunée par cette annexe (cet appendice).

Peut-être aurait-elle adopté un autre régime (tel l’État unitaire) ou une Union fédérale comportant une autre sorte de partage, une répartition un peu plus centralisée… n’eût été la présence irréductible d’une nationalité minoritaire.

La nation minoritaire est en grande partie désorganisée et subordonnée par la présence de la nation majoritaire, politiquement, économiquement et culturellement.

Nous avons tous besoin d’une analyse critique sérieuse de notre condition historique de nation annexée. Le public québécois s’attend à entendre un discours articulé sur l’indépendance politique du Québec et non des discours sur des questions de gestion d’un programme politique de gouvernance québécoise d’un État local qui nous ramène au discours minimaliste des relations fédérales-provinciales. Le problème du Québec n’est pas prioritairement dans les négociations du partage fédératif. Cette question a été réglée en 1867. Le partage en soi réside dans L’Acte constitutionnel de 1867 qui est l’une des principales sources du conflit national au sein d’un même État (fédéral ou non).

Le Parti québécois doit entreprendre le combat de l’indépendance et de l’interdépendance de l’État du Québec dans le monde http://www.rond-point.qc.ca/blog/media/TREIZE-LECONS-sur-lindependance.IPQ_2015-10-29.pdf et non comme nation fédérée subordonnée et superposée à un État fédérant possédé par une nation majoritaire anglaise jouissant d’un État central souverain au profit d’un Canada uni.

Le contraire serait d’endosser majoritairement l’idée d’une définition de l’indépendance du Québec, un Québec, État français, souverain, jouissant de la reconnaissance juridique internationale. C’est le bonus que les indépendantistes souhaitent obtenir sans l’exprimé clairement au public depuis un demi-siècle de mouvance souverainiste. S’ils ne s’expriment pas clairement, toutes ces formations politiques et tous ces groupements souverainistes sont condamnés à la stagnation nationaliste-autonomiste-fédéraliste (p. ex. : la CAQ). L’usage des bons mots et des bonnes idées sur les normes de l’indépendance politique du Québec s’impose sans équivoque. La convergence est un pis-aller si le public n’est pas inclus dans l’équation. Elle est risquée si la définition de l’indépendance n’est pas explicite.

« D’où l’indépendance comme un pis-aller, ce à quoi on se résout faute de mieux, un faute de mieux, un pâle faute de mieux, quand, lorsque, parce que, tout le reste a échoué. L’indépendance, comme prix de consolation. » (Dixit Pierre M)

A contrario, soutien Pierre M. :

On change de dimension, quand une définition est nécessaire, voire même souhaitable, celle-ci fait l’affaire en tout temps et pour toutes circonstances, inattaquable, et claire, et qui ouvre des fenêtres, sur le sérieux du sujet, sans être cassant, mais en douceur, avec douceur, juste ce qui faut.

A-t-on pensé, se demande encore Pierre M. :

« S’il était possible pour le Québec fédéraliste d’obtenir du Canada Anglais l’ensemble des pouvoirs auxquels il aspire, l’indépendance ne serait plus nécessaire. »

Le public sera certainement sensible à ce genre de discours politique. Du moins, il réfléchira.

NOTE

(1) Maurice Séguin, Histoire de deux nationalismes au Canada, Montréal, Guérin, Éditeur, 1997, p. 8. Pour bien clarifier cette question de l’annexion d’une nation (malgré une très forte annexion politique, économique et culturelle), on doit noter que « le sentiment d’être distinct peut perdurer et servir de point de départ à une montée nationaliste plus ou moins complète… » (Id., Les Normes, Chapitre Troisième : Sociologie du national, division 11 : « L’assimilation »). Les Québécois sont rendus à ce stade. Le plus important maintenant relève de la volonté et de l’action réaliste et lucide appuyée par le soutien d’un public majoritairement favorable. Le message indépendantiste doit être diffusé bien avant une élection et tout autant pendant et après l’élection. La prise du pouvoir ne garantit rien. Le gouvernement indépendantiste élu a besoin de mettre de son côté la volonté populaire souveraine exprimée majoritairement à l’élection générale avec une majorité parlementaire forte à l’Assemblée nationale. La voie démocratique exige ces deux conditions pour défendre l’indépendance politique du Québec vis-à-vis du Canada. Il faudra, en plus, certains appuis internationaux significatifs pour faire accepter le self-government complet du Québec par une institution telle que l’ONU, donc par une reconnaissance internationale. Beaucoup de travail en perspective.

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