«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le Canada est un pays en voie désintégration

Les deux impératifs urgents du PQ

Tribune libre de Vigile
jeudi 10 décembre 2015
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Vite et ça presse ! Les médias ont entrepris depuis plusieurs mois une campagne de démolition du chef du PQ en soulignant entre autres son éloquence moyenne, son aptitude à se contredire, son passé de patron d’entreprise converti dubitativement en social démocrate, son manque d’expérience à évoluer dans la fosse aux lions…

Cette campagne commence à produire des effets désastreux et le doute sur les aptitudes du chef se fait déjà sentir même à l’intérieur des troupes. Pourquoi ? Les adversaires et les tièdes tirent à boulets rouges sur le messager car le parti, dans sa confusion, n’a pas réussi à élaborer un message simple, concret et précis à lui demander de transmettre.

Faire l’indépendance d’un pays exige qu’on laisse de côté les gants blancs et la dentelle ; P.-E.-T., Chrétien et les autres fédéralistes le savaient depuis longtemps, ont agi en conséquence et récidiveront. Le PKP de la première mouture, avant qu’on ne l’oblige à adopter le langage du politiquement correct, laissant pourtant entrevoir les grands espoirs.

Premier impératif

Dans une chronique publiée sur Vigile le 31 octobre 2014, je soulignais que le Canada est un pays en voie désintégration, de disparition et de fusion éventuelle avec les U.S.A. parce qu’il avait perdu sa raison d’être et son caractère britannique résultant de la conquête de 1760, de son refus de rejoindre les révolutionnaires américains en 1776 et de sa volonté de demeurer une partie intégrante de l’Empire britannique maintenant disparu.

Je soulignerais également que depuis 1950 et les années subséquentes les nouveaux
arrivants, contrairement à ceux des années antérieures, ne provenant plus majoritairement des îles britanniques mais de partout dans le monde.

Un pays de la taille du Canada ne peut pas recevoir annuellement et en moyenne nouveaux immigrants d’origines diverses sans subir de profondes transformations. Étant né en 1941, j’ai vu le Canada de ma jeunesse se transformer de pays britannique à pays multiculturel.

Le phénomène du multiculturalisme est désormais solidement implanté dans le pays au point que même les anglophones de descendance britannique qui autrefois dominaient partout régressent en tant que groupe et deviennent, comme nous, une minorité parmi les autres.

Le multiculturalisme ne peut être qu’une phase transitoire et les pays qui le pratiquent ou l’ont pratiqué ont disparu, disparaîtront sous peu ou deviendront des nids à chicanes perpétuelles. La Yougoslavie, la Tchécoslovaquie et l’U.R.S.S. n’existe plus ; la poudrière du Moyen-Orient compte plusieurs pays multiculturels dont l’Irak et la Syrie où la fragmentation se manifeste déjà.

Le multiculturalisme c’est un peu comme un pays où circulent deux ou plusieurs monnaies, dans ce cas, la science économique nous enseigne que la monnaie la plus forte chasse la ou les monnaies plus faibles. La culture américaine domine en Amérique du Nord et la culure québécoise fait figure de pygmée à côté d’elle. Il y a là l’équivalent de la forte monnaie qui chasse la plus faible.

Il ne faut donc pas s’étonner que même au Québec l’immigration choisisse majoritairement la culture américaine et sa langue alors que dans dans le reste du Canada celle-ci domine outrageusement.

Juste à titre d’exemple, citons le cas du réseau CBC, le pendant anglophone de Radio-Canada, l’organisme censé promouvoir la culture canadienne dont les cotes d’écoute avoisinent 3 à 4% de l’auditoire canadien qui se gave quasi totalement des diffuseurs privés alimentés en grande partie par les stations américaines.

Le phénomène est lent et subtil et n’attire pas l’attention des gens pris par les affaires du quotidien et le tourbillon de la vie mais il est bien implanté et progresse irrémédiablement ; le Canada disparaît pour devenir dans un autre avenir plus proche qu’on ne le pense un ou plusieurs états américains ou quelque chose du genre.

Était-ce l’effet du hasard ou préfiguration de l’avenir lorsqu’on a vu réceemment le jeune Trudeau marcher vers le lieu de son assermantation, acclamé par une foule immense en liesse exactement à la même manière d’un nouveau président américain qui descend Pennsylvania Avenue en direction du Capitol pour la cérémonie d’assermantation ? A-t-on vu dans la foule même un seul protestataire contre cette nouvelle manière de faire à l’américaine, une gifle pour les valeurs canadiennes ?

Le reste du Canada de par sa nouvelle configuration multiethnique a opté pour la culture américaine ; c’est son choix, il en a le droit incontestable, nous devons pas tenter de l’en dissuader mais demandons-nous si nous sommes obligés de le suivre ?

Voilà la vraie question simple, concrète et précise. La plus grande partie des Québécois ne déteste pas la culture américaine, s’y nourrit beaucoup, même. Mais de là à s’y convertir massivement au point d’abandonner sa langue et sa propre culture, je crois raisonnablement que la réponse est pour le moment un NON majoritaire.

Ce n’est pas le Québec dans sa majorité qui vient de quitter le Canada, c’est le Canada qui a choisi sa nouvelle destination et si le wagon Québec reste attaché au train canadien, notre propre destination ne fait plus aucun doute : c’est SUD et U.S.A.

Pour les indépendantiste, la réponse est clairement NON et NON. Il faut taper sur ce clou et l’enfoncer de toutes nos forces, en faire le thème central d’un prochain référendum ainsi que de notre discours, s’y adonner dès maintenant sans plus tarder, sans perdre notre temps à essayer de convaincre nos minorités déjà attirés par l’américanisme. Le temps presse, il faut faire vite et créer un climat d’urgence parce que les nouveaux moyens de communication tel internet et autres technologies font en sorte que l’histoire accélère son cours comme jamais vu.

Ce n’est pas du délire psychotique de penser que dans 20 ou 30 ans le Québec méritera probablement le surnom de Louisianne du Nord à moins de donner un coup de barre majeur. Ce n’est pas de la xénophobie de dire que la politique d’immigration du Canada nous menace et nous pousse à en sortir, en langage politiquement incorrect et sans gants blancs on appelle ça de la légitime défense. Le désir des uns ne doit pas brimer les droits des autres.

Deuxième impératif

Si nous disons NON à la direction que prend le Canada dans la course vers la disparition il s’en suit naturellement que le camp du NON devrait être le choix à privilégier par les indépendantistes lors d’une prochaine consultation populaire. Au plan stratégique, ce choix pousse les fédéralistes du Québec dans le camp du OUI, les obligeant à nous vanter les mérites d’un pays qui, en faits, est en voie de disparition ou à nous prouver que tel n’est pas le cas ; mieux vaut leur laisser le fardeau d’une preuve qui n’est pas évidente.

Il importe de choisir dès maintenant le camp du Non ainsi que le projet de question à poser pour familiariser la population avec ce nouveau discours et tenter d’affaiblir un adversaire déjà puissant, bien aguerri, bien financé et familier avec les tactiques douteuses à la limite de la légalité.

Je vous réfère à ma chronique intitulée « Un non aux effets positifs » que Vigile a bien voulu publier le 11 novembre 2015 pour une suggestion de la question référendaire ainsi que pour d’autres raisons du choix du camp du NON.

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