«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les anglotropes sur la brèche !

À Repentigny, et bientôt ailleurs près de chez vous

Tribune libre de Vigile
lundi 8 septembre 2014
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Dans un précédent envoi à cette tribune (Le fair-play des anglos...On repassera, 16 août), j’attirais l’attention sur le fait que la Commission scolaire anglophone Sir-Wilfrid-Laurier refusait de céder l’excédent d’un terrain qu’elle avait reçu en cadeau de la ville de Repentigny et dont elle n’avait utilisé que le tiers pour construire une école. Excédent de terrain dont la Commission scolaire francophone des Affluents a un impérieux besoin pour la construction d’une école primaire dans le quartier de Valmont-sur-Parcs.

Par un phénomène de balayage médiatique assez poussé, ce texte est venu à la connaissance de plusieurs francophones ayant des enfants à l’école primaire Franklin-Hill, qui a été construite en 2003-2004 sur le tiers de la superficie en question. Trois de ces parents, idéologiquement très loin de Vigile, ont fait parvenir des commentaires défavorables à mon texte, n’y répondant toutefois que très partiellement.

La chose pourrait être considérée comme sans importance, mais elle révèle une mentalité d’assiégés assez particulière. Ces parents qui ont glissé dans les mailles de la loi 101 (merci Cour suprême et merci libéraux jeteurs de passerelles !) sont jaloux des privilèges dont ils bénéficient et ils appuient à 100% l’intransigeance de la commission scolaire anglophone dans l’affaire de Valmont-sur-Parcs.

Ces francophones, que j’appelle anglotropes car ils sont attirés par l’anglais comme les plantes héliotropes sont attirés par le soleil, le disent ouvertement : ils n’ont cure des besoins des francophones « normaux » et « ne comptez pas sur [nous] pour jouer fair-play ».

Déjà, à la mi-juillet, des dizaines de ces anglotropes s’étaient présentés à la séance du conseil municipal de Repentigny pour demander aux élus de ne pas favoriser le choix du terrain adjacent à Franklin-Hill et de fournir un autre terrain à la Commission scolaire des Affluents. Rien de moins ! Il fallait entendre ces pauvres opprimés revendiquer haut et fort leurs « droits acquis ».

En vérité, ces parents qui ont tourné le dos à leur communauté sont à la source du problème actuel à Repentigny et leurs semblables vont probablement provoquer des dizaines de conflits dans les prochaines années dans différents coins du Québec vu que leur nombre est en augmentation, passerelles et extensions de privilèges à la famille et à la progéniture obligent.

Cette école Franklin-Hill ne devrait même pas exister, du moins pas sous cette forme ni sous ce nom. En effet, plus de 70% des enfants qui la fréquentent sont francophones de l’aveu même de ces parents. Idem pour l’école anglaise de Joliette et on peut présumer que, dans l’ensemble du Québec, ces écoles sont légion. C’est une immense aberration et le fruit d’un masochisme géant. Et on ne parle même pas ici des allophones qui peuplent les écoles anglaises, leur permettant de représenter dans le parc scolaire du Québec beaucoup plus que la part de 8% de la minorité anglophone réelle.

Ce qu’ils veulent, ces anglotropes, c’est que leurs enfants soient bilingues. C’est le cas de beaucoup d’autres francophones, qui n’iront pas cependant jusqu’à mettre leurs enfants à l’école anglaise, en se payant une passerelle. Ces derniers demanderont de bons cours d’anglais à l’école française, allant même souvent (à tort ou à raison) jusqu’à réclamer des cours intensifs en 5e ou 6e année du primaire, ce qui veut dire cinq mois d’enseignement en anglais. Mais ce n’est pas assez pour nos anglotropes qui veulent un apprentissage cent pour cent en anglais pour leurs enfants. Devinez quelle va être la langue d’expression principale de ces enfants plus tard et quelle va être la langue de leur consommation culturelle. On a vu récemment au Téléjournal une Patenaude et un Laurin, de Huntingdon, Québec, incapables de s’exprimer en français.

Et ces gens se conçoivent et vivent déjà dans un monde à part. Les voyez-vous demander un terrain de soccer bien à eux tout à côté de leur école, alors qu’il en existe un, aménagé par la ville, à cinq minutes de marche ? C’est comme s’ils ne voulaient pas « contaminer » leurs enfants par le contact de petits francophones éduqués en français. On a connu des choses semblables en Afrique du Sud et dans le sud des Etats-Unis.

Dans toute situation coloniale, on observe qu’une portion des « colonisés » se colle sur les dominants pour en cueillir les miettes. Nos anglotropes sont de cette eau. Et, comme les catholiques plus catholiques que le pape, ils sont les plus intolérants vis-à-vis de leurs congénères. Ils sont obnubilés par l’anglais, ils admirent les anglophones, ils veulent se fondre en eux, mais, assez curieusement, ils n’ont que faire d’une qualité bien britannique, le fair-play.

Les Québécois ont le choix. Continuer de distribuer les passe-droits à pleine poche ou limiter une fois pour toutes le secteur anglais du système d’enseignement aux vrais anglophones. Si ces derniers ne sont pas contents, ils savent ce qu’ils ont à faire : les frontières du Québec ne sont pas fermées à la sortie (ni à l’entrée d’ailleurs). Quant à nos anglotropes, ils se retrouveraient dans la situation où se trouvent les citoyens de 99% des États du monde : l’enseignement se fait dans la langue nationale et, si on en veut un autre, on n’a qu’à payer pour l’avoir. Pauvres eux !

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