«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Et si « le référendum » était un mauvais piège ?

Les adversaires n’ont que ce mot à la bouche

Et si prochaine élection était elle-même référendaire ?

Tribune libre de Vigile
jeudi 13 mars 2014
808 visites 5 messages

Depuis plusieurs jours, les partis d’opposition, les médias, les fédéralistes d’Ottawa et bien d’autres adversaires de l’émancipation du Québec n’ont que le mot référendum à la bouche.

Comme si tous les enjeux de la campagne électorale de 2014 devaient nécessairement se réduire à ce processus, qu’ils utilisent de toute évidence pour masquer leurs propres lacunes et turpitudes et pour entretenir une nouvelle campagne de peur auprès des Québécois.

Ils savent jouer habilement et malhonnêtement avec les traumatismes collectifs engendrés par les référendums qui ont secoué bien des Québécois en 1980 et en 1995, lorsque le camp du OUI s’est fait voler. Ils savent bien qu’après chaque référendum piégé, les ardeurs souverainistes s’éteignent pour au moins quinze autres années. Ils comptent donc là-dessus pour enfoncer un autre clou dans le cercueil du rêve indépendantiste d’un pays qui nous rassemble et qui nous ressemble.

« Ils jouent sur l’insécurité économique, sachant que « money talks », affirmait Gilles Duceppe en entrevue à la télévision d’État. Oubliant d’ajouter cependant que l’Ontario vend des milliards de dollars de produits au Québec et que, le lendemain de l’indépendance, ils ne cracheraient pas sur nos sous !

ET SI…

Et si, malgré les appels de pied de nombreux souverainistes de bonne foi, Pauline Marois avait raison de ne pas vouloir s’engager sur cette voie-là au cours de cette campagne électorale tout en n’hésitant pas à parler de pays et d’indépendance ?

Et si ce référendum n’était pas le passage obligé vers la reprise en main de notre maison, mais seulement un piège à cons qui ne saurait profiter qu’à ceux qui combattent l’accession du Québec à son statut normal de pays ?

Et si la nouvelle stratégie du Parti québécois pour nous donner un pays revenait à la source stratégique de la fondation du PQ quand le programme prévoyait qu’un gouvernement majoritaire indépendantiste pouvait mettre en place de nouvelles institutions québécoises indépendantes de celles imposées par Ottawa et Londres ?

Et si, au lieu de rejouer le scénario perdant des dernières décennies, inspirées du « futé » stratège Claude Morin, le gouvernement majoritaire du Québec se donnait un statut constitutionnel de type républicain, ce que le droit international lui permet de faire, n’en déplaise aux constitutionnalistes de type britannique ?

La dernière étape

Il est évident que pour décider de l’avenir d’une nation comme la nôtre, c’est aux francophones qui occupent tout le territoire de décider de leur avenir collectif. Or, seule une élection basée sur la carte électorale représentative de toutes les régions peut nous permettre de jeter les bases de ce pays où nous serons enfin maîtres chez-nous.

Quand on se rappelle les votes massifs des néo-Québécois, à peine descendus d’avion et assermentés à toute vapeur, en faveur du NON, en 1995, il est impératif de ne pas tomber dans le même piège référendaire où les dés sont pipés.

Et un éventuel référendum sur la ratification d’une constitution, par exemple, n’était que la dernière étape d’un processus au cours duquel on bâtit notre pays en nous donnant nos institutions et en récupérant tous nos pouvoirs ?

Je suis de ceux qui militent quotidiennement pour reprendre ce pays qui nous appartient. Et je refuse, comme tant d’autres partisans de la République, qu’on nous plonge dans des débats sur un référendum hypothétique dans le seul but de confondre les Québécois et de les effrayer.

Je suis, comme des centaines de milliers de mes compatriotes, de ceux qui, rompant avec les traumatismes séculaires, n’ont plus peur. De ceux qui refusent les pièges et les règles du jeu imposées par ceux qui nous combattent depuis si
longtemps.

Ce matin, j’entendais le porte-parole médiatique libéral à RDI, l’ex-député Christos Sirros, affirmer que l’élection actuelle était de facto devenue référendaire sur la question de l’indépendance depuis l’entrée en scène fracassante de Pierre-Karl Péladeau.

Soit.

Alors, si le PQ forme un gouvernement majoritaire, le nouveau gouvernement sera donc justifié d’enclencher le processus de souveraineté. Et de procéder à la mise en place d’une constituante.

En route vers la République…

Commentaires

  • Pierre Jean, 13 mars 2014 16h32

    C’est la première fois depuis plus d’un an que j’envoi un commentaire en tant que lecteur. À cause de l’incertitude d’une élection et la charge des médias contre P.K.P, le PQ et la souveraineté.

    Le PQ doit reprendre l’offensive, réintroduire la charte comme voie identitaire nationale reprendre la démarche d’un gouvernement de souverainistes préparant le pays par une série d’actions évolutives capable de stopper la stagnation du Québec et des Québécois. Le PQ ne doit pas tomber dans la toile d’araignée référendaire tissée par les libéraux et le duo La Presse-Radio Canada.

    Prévoir le pire à travers un raisonnement qui se tient afin de le visualiser et d’empêcher qu’il ne se réalise.

  • Normand Paiement, 13 mars 2014 14h31

    Monsieur SCHNEIDER,

    Comme vous l’avez vous-même constaté, il ne fait aucun doute pour les libéraux et les fédéralistes que cette élection EST désormais référendaire.

    Et il y a gros à parier qu’ils vont marteler ce message jusqu’à la fin de la campagne.

    La question est : Est-ce ainsi que les stratèges du PQ voient la chose ?

    Et si OUI, que vont-ils maintenant sortir de leur manche pour couper l’herbe sous les pieds des libéraux ?

    Et si NON, c’est-à-dire s’ils se sont laissés entraîner sur ce terrain glissant sans le vouloir et sans y être préparés, comment vont-ils réagir à présent : en faisant marche arrière ou en accélérant la marche, au risque de trébucher sur les nombreux obstacles que leurs adversaires ont déjà commencé à dresser sur leur chemin ?...

    Mais peu importe au fond que le PQ improvise ou suive un plan de match bien défini.

    L’important, à compter de maintenant, c’est que TOUS les indépendantistes convaincus - chacun dans son domaine de compétence - n’hésitent pas à défendre notre Cause en contrant systématiquement les arguments des fédéralistes.

    Car pour ceux et celles qui en douteraient encore, la guerre (économique et psychologique) qui vient de s’engager n’aura de cesse que lorsque le Québec sera devenu un pays... ou qu’il aura définitivement capitulé devant l’ennemi.

    L’heure est venue pour chacun de choisir son camp, tout en sachant qu’il n’y aura pas de quartiers.

    Que nous le voulions ou non, que cela nous plaise ou non, nous sommes engagés dans une lutte à finir.

    Que le meilleur gagne !

    Cordialement,

    Normand Paiement

  • yvan, 13 mars 2014 14h04

    Depuis plusieurs jours, les partis d’opposition, les médias, les fédéralistes d’Ottawa et bien d’autres adversaires de l’émancipation du Québec n’ont que le mot référendum à la bouche

    Exactement et c’est la stratégie poursuivie pas les journalistes fédéralistes a la solde de ces médias fédéralistes

    Encore aujourd’hui alors que la journée devait être consacré au volet économique du parti québécois ,ces mêmes journalistes n’ont poser que des questions sur le référendum

    En regardant les noms de certain de ces journaliste ..ils y en as qui sont assez connu comme étant des journalistes fédéralistes biaisés de Gesca qui roulent pour le PLQ

    Quand ce sont des journées ou le parti québécois veut parler de questions comme sur la loi 101 ces mêmes journalistes lui pose alors des questions sur l’économie pour déphaser le message du parti québécois et ces journaleux fédérastes en profitent ensuite pour dire qu’elle ne répond pas au question sur l’économie qui lui sont poser par les médias et que finalement son parti ne s’intéresse qu’au référendum

    C’est exactement le message et la stratégie électorale de Couillard que ces journalistes fédéralistes de Radio Canada et Gesca applique

    Ensuite ils ont l’effronterie de dire qu’avec l’arrivé de PKP que la liberté de presse est grandement menacé au Québec depuis le 8 mars 2014

    Aujourd’hui,la journée devait être consacrer aux propositions économiques que la parti québécois veut mettre de l’avant

    Pensez vous que les journaleux a la solde de Gesca et de Radio Canada lui en ont poser la dessus ...pas du tout

    Ces journalistes ne lui ont encore poser que des questions sur le référendum ..les memes questions qu’ils posent et répetent ad nauseam comme des perroquets depuis le début de la campagne et qui sont celle que leur amis libéraux leur soufflent a l’oreille

    Et quand le parti québécois leur fait remarquer comme aujourd’hui que la journée était consacrer aux volet économique cette clique de journalistes fédérastes se met a prétendre que P Marois ne voulait pas et refusait de répondre a leur questions...sur le référendum

    Ou est P craig ? lui qui dit que la liberté de presse est morte le matin du 8 mars 2014

    Devant cette imposture partisanne ou la majorité des journalistes qui couvrent la campagne sont associer aux médias fédéralistes comme Gesca et Radio Canada et qui refusent de poser des questions sur l’économie au parti québécois alors que le point de presse est prévu a cette effet ,le conseil de presse devrait se pencher sur cette tactique malhonnette utiliser par les journalistes de Gesca et de Radio canada puisque ces journaliste payés par des organes de presse fédéralistes refusent de le faire dans un but strictement partisan .

    Ils s’abstiennent de poser des questions sur le sujet prévu de la rencontre avec la pq et qui devait être discuter avec les médias dans le but manifeste et évident de déphaser et de détourner le message du parti québécois pour plutot lui substituer celui de leur option fédéraliste qui est celle des libéraux

  • Jean Claude Pomerleau, 13 mars 2014 11h53

    Bienvenue dans la realpolitik

    Peu de gens comprenne le changement de paradigme que constitue l’adoption de la gouvernance souverainiste.
    J’ai eu l’occasion d’en faire une analyse géopolitique en janvier 2008 dans la page Opinion du Le Devoir (une fois n’est pas coutume) :

    (...)

    « Le peuple l’a compris d’instinct et a « congédié » le référendum pour le moment ; certains intellectuels ont de la difficulté à en prendre acte. »

    http://www.vigile.net/Pauline-l-important-c-est-Larose

    ...

    La gouvernance souverainiste est le seul mandat (légal et légitime) dans le régime parlementaire britannique que le gouvernement a besoin pour conduire toutes politiques qui visent la réalisation de la souveraineté.

    Ce n’est pas le référendum qui mène à la souveraineté mais, la souveraineté qui mène au référendum. La condition première pour y parvenir est celle d’établir un rapport de force favorable.

    La souveraineté n’est pas un souhait mais, bien une somme. À cet égard la venue de P K P est une contribution déterminante à cette somme, au rajustement des rapports de forces et à la dynamique politique que cela entraine. Cela ne va pas sans danger.

    Bienvenue dans la realpolitik.

    JCPomerleau

  • jean asselin, 13 mars 2014 11h52

    Go pour une élection référendaire.
    Le référendum c’est le piège à Ours de Claude Morin

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