«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

« Les Québécois ont des comportements racistes ».

Non ce n’est pas du racisme !

Tribune libre de Vigile
mercredi 27 juillet 2016
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Définition de racisme :
Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe certaines races supérieures qu’il faut préserver de tout croisement et qui sont destinées à dominer les autres.

Certaines personnes qualifient de racistes les Québécois qui souhaitent vivre dans un espace public sans manifestation religieuse.

Admettons que le mot « raciste » est tout à fait déplacé pour qualifier ces gens. Néanmoins, tentons un exercice de mémoire afin de comprendre le pourquoi de ce besoin d’espace public laïque.

Au début de siècle dernier, le Québec fut l’un des endroits au monde où le pouvoir religieux a eu une présence très lourde. Une grande majorité nos grands-mères et de nos arrière-grands-mères de langue française ont subi de fortes pressions du clergé catholique. Pensons à l’obligation d’avoir des familles très nombreuses (jusqu’à 20 enfants d’une seule mère), à l’incitation de faire entrer dans les ordres certains de leurs enfants, à l’adhésion fortement encouragée aux vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, sans oublier l’invitation à défricher des terres arides sans autres moyens que la foi et des prières.

Lors de la Révolution tranquille, ces femmes ont décidé qu’elles ne s’en laisseraient plus imposer. Elles ont cessé de participer aux offices religieux et entraîner leurs enfants à le faire. Car disons-le, ce sont les mères qui étaient gardiennes de la fidélité envers les pratiques religieuses.

Du même coup, les religieux qui étaient omniprésents en éducation et en santé ont du se départir de leurs costumes afin que ce soit leurs compétences professionnelles qui s’affichent et non leur qualité de convertisseur à la religion catholique.

Ces changements furent rapides et perçus par la population comme une avancée importante de notre nation. Aujourd’hui, les Québécois sont probablement les Nord-Américains les moins pratiquants, ce qui ne les empêche pas d’être croyants ou non.

Il ne faut donc pas être surpris que ces mêmes citoyens de langue maternelle française ne souhaitent pas voir réapparaître les mêmes manifestations que leurs grands-mères ont chassées et qui pour eux sont signe d’une perte probable des avancées sociales durement gagnées.

Le Québec est donc devenu un des meilleurs endroits pour vivre sa laïcité, tout en permettant à ses citoyens pratiquants de suivre leurs moeurs et coutumes religieuses à la maison et dans leurs lieux de culte. Il est important de prendre conscience que de moins en moins de régions dans le monde offrent cette liberté.

Comme d’autres concitoyens, je trouve enrichissant d’écouter les gens venus d’ailleurs poser un regard sur notre nation, nos avancées étant plus évidentes à leurs yeux.

À titre d’exemple, lorsque Boucar Diouf parle de notre nation, il le fait ainsi :

« Si vous migrez au Québec, vous vous préparez à aller dans la nation la plus ouverte et pacifique de l’Amérique du Nord. Vous allez dans la nation où les femmes sont parmi les plus affirmées et égalitaristes du monde occidental ; où la simple évocation de la droite religieuse provoque une crise générale d’urticaire ; où le droit à l’avortement est un acquis non négociable ; où les hommes ont droit à des congés de paternité ; où le mariage n’est plus une institution sacrée et un couple sur deux divorce quand ça ne marche plus ; où les adolescents, à la puberté, sont autorisés à s’embrasser et à se fréquenter ; où gais et lesbiennes manifestent ostensiblement leur identité et ont le droit de se marier ; où changer de sexe pour retrouver son homéostasie existentielle est aussi bien accepté. »

Il y a de quoi être fier d’être Québécoise et Québécois.

Ne laissons personne altérer nos avancées sociétales durement acquises !

Commentaires

  • Pierre Fortin, 1er août 2016 12h59

    Qui est raciste au juste ?

    Il est tout de même curieux que nombre de Canadiens anglais s’en prennent au Québec chaque fois qu’il manifeste sa singularité en leur rappelant qu’il ne cadre pas tout à fait dans le modèle fédéral. Pourtant, ce modèle est incompatible avec notre réalité nationale et menace notre évolution. Mais nous n’avons pas à nous excuser d’être ce que nous sommes.

    La dualité canadienne conflictuelle qui perdure depuis des siècles empêche la réalisation du grand rêve multiculturaliste canadien et en agace plus d’un qui en éprouvent un violent dépit à notre endroit — ce qui n’est pas une raison pour que nous acceptions de disparaître.

    La situation constitutionnelle que le Québec refuse et qui nous exclut du pays depuis plus de 30 ans n’est que le triste reflet de ce pays divisé qui fait de nous des empêcheurs de danser en rond. Or on nous en tient rigueur peut-être plus profondément qu’il n’y paraît. Le Canada anglais n’a que faire de notre différence. Sa pseudo-reconnaissance de la nation québécoise n’est qu’une étiquette de rien du tout à laquelle aucune réalité constitutionnelle n’est rattachée.

    On doit comprendre que l’expression de la différence québécoise est perçue comme une menace pour le grand Canada. Il n’est donc pas surprenant qu’on s’en prenne à eux chaque fois que les Québécois se manifestent et qu’il rappellent qu’ils sont en dissidence avec la doctrine multiculturaliste fédérale. Le Québec semble irriter les Canadiens au point où certains se sentent persécutés et, parce qu’il leur inflige de telles souffrances, ils peuvent le haïr.

    Le racisme qu’on se plaît tant à nous attribuer est-il bien le nôtre ? Le portail suisse des droits humains aborde clairement la question : « La xénophobie, la haine de l’étranger, est une forme de racisme lorsque – comme c’est généralement le cas – elle condamne des étrangers du simple fait que leur apparence ou leur comportement sont considérés comme ‘différents’, ‘inhabituels’ ou qu’on leur attribue un caractère national stigmatisant. » Troublant !

    L’opération mentale (généralement inconsciente) par laquelle une personne attribue à quelqu’un d’autre ses propres sentiments, dans le but de se sortir d’une situation émotionnelle vécue comme intolérable par elle, est bien connue des psychologues et elle s’appelle la projection. La personne n’a généralement pas conscience d’appliquer ce mécanisme, justement car elle n’accepte pas les sentiments, ou sensations, qu’elle "projette" sur l’autre.

    Quoi qu’il en soit, les Canadiens anglais devront un jour ou l’autre résoudre leur curieux dilemme consistant à promouvoir et glorifier la diversité culturelle tout en rejetant le Québec parce qu’il est différent.

    Il y a incohérence et ça fait désordre !

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