«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Indépendance politique du Québec 458

Les Québécois libres ?

Tout reste à faire.

Tribune libre de Vigile
lundi 31 juillet
343 visites 1 message

201707-31 16:50

L’après De Gaulle ranime la ferveur nationaliste mais tout n’est pas très clair dans nos esprits. L’heure est venue de passer à l’action. Voici ce qu’on dit :

« Une nation qui n’existe pas n’est pas libre. »
« Il reste aux Québécois d’achever la tâche. »
« C’est à nous de jouer maintenant et on ne peut pas toujours perdre… »
« Pour mieux m’arracher à mes racines françaises, Corporate Canada a volé ma mémoire collective. »
« Sitôt dépossédés des forces et de la légitimité d’un État, les Canadiens français […] demeuraient irréductibles aux politiques d’assimilation… »
« Trouvons donc une façon de tuer les symboles - façon de parler - et le tour est joué. »
« Car, qu’il le veuille ou non, le PQ est associé à la fierté de la Nation québécoise, à la défense de la langue française et à la confrontation avec Ottawa. C’est son ADN politique. C’est également son créneau électoral. »
« Soyons clairs : le Parti Québécois du XXIe siècle sera nationaliste ou risque de ne plus être du tout. »

Ce sont quelques phrases extraites de manière spontanée dans l’Internet. Que peut-on en penser ?

Le public québécois a besoin de savoir si les groupements de souverainistes ont l’intention de faire l’indépendance politique du Québec. La convergence des partis ne répond pas aux attentes du public. J’imagine que le public aimerait savoir si l’intention consiste à passer du statut de nation annexée à celui de nation indépendante. La transformation de la situation impose un dialogue qui lèverait le voile sur la fin visée. Mais il faut dire l’essentiel. Les mots ont toujours leur importance.

Nous savons que nous existons, car nous détenons tous traits d’une nation au sens général et des talents dans tous les domaines de l’activité humaine. La nation québécoise possède toutes les conditions de vie en société pour se gouverner elle-même, librement, de l’Autre qui nous fédère depuis 1840. Nous sommes un appendice qui les ennuie. À moins d’être aveugle, cet État fédérant exerce sur nous tous les pouvoirs en sa possession pour imposer ses politiques et affirmer son nationalisme. Ce qu’il fait, il le fait pour notre bien, pour la grande famille canadienne. La défense de son nationalisme est hypocrite. Il se compare facilement à de l’impérialisme. Que non ! L’État canadien se voile la face. Comment ? Parce que ce qui est bon pour lui doit nécessairement s’appliquer aux autres gouvernements fédérés, en particulier, pour le Québec, « cette province comme les autres ». Mais pourrait accepter la « vocation culturelle » du Québec à condition que le gouvernement provincial ne soit pas tenté de mettre l’accent sur l’État. Il serait mieux de défendre des « valeurs » si le Québec n’était pas tenté de mettre l’accent sur l’État. Un tel geste serait une confrontation avec l’État canadian ― comme après la Conquête. Le pouvoir impérial ne peut être contesté.

Pour traduire conceptuellement la situation du Québec, il faut faire comprendre l’objectif de l’indépendance politique du Québec. En fait, il s’agit de mettre fin à l’oppression essentielle exercée par l’État fédérant canadian. Cette oppression s’exerce depuis 250 ans. Cette colonie française est devenue une nation occupée et dominée par un gouverneur britannique nommé par Londres. La société canadienne de la Nouvelle-France existe encore mais en cohabitation avec l’Occupant britannique. Les Canadiens sont devenus les « nouveaux sujets » britanniques. Ils ne gouvernent plus ; ils sont gouvernés. Ils dépendent d’un autre. Cette dépendance se continue dans le fédéralisme canadien jusqu’à ce 150e anniversaire du Canada-Anglais. De facto, les relations fédérales-provinciales nous mettent systématiquement en minorité dans tout. Il s’agit de la subordination sur place qui, elle, entraîne dans son sillon l’assimilation progressive des Québécois. Le public le constate mais le fait se perd dans des débats qui ne portent que sur des oppressions accidentelles, c’est-à-dire qui ne remettent pas en cause leur état collectif de dépendance et de remplacement par un autre gouvernement.

Le gouvernement central canadien détient la souveraineté étatique et prend des décisions majeures à notre place. Ce qui fait de nous une nation annexée et mineure. C’est le remplacement. La Fondation Pierre Elliott Trudeau forme actuellement une génération de fédéralistes avec des fonds publics et privés (cf. National Post : « Money began to rain on Trudeau Foundation once Justin took over Liberals, analysis shows. »). Nous ne voyons en ce moment que la pointe de l’iceberg.

Pierre Elliott Trudeau est à l’antipode de l’École historique de Montréal. Dès le début des années 1950, l’historien Michel Brunet, influencé par la pensée de son collègue Maurice Séguin, a fait le procès du système et des politiques qui ont gouverné le Canada (voir, entre autres, Le passé. Le présent et nous publié en 1976 chez Fides). Finalement, le Parti Québécois est au pouvoir à Québec. Mais après l’échec de deux referendums, Ottawa s’énerve moins à notre sujet. Il a confiance en lui. Il ne craint même pas de déplaire. Il est en mode offensif. Les projets de canadianisation pour défendre l’unité canadienne sont activés systématiquement. Dixit Trudeau père : « Ce pays-là nous appartient ! ». Car ce qui suscite la plus grande crainte est la séparation du Québec dans une unité politique indépendante dans le monde. La vision du Canada s’oppose absolument de la vision des Québécois. Le Canada-Anglais répond : « No way ! »

Pour s’opposer à l’idéologie canadian, il faut le contrepoids de l’optique indépendantiste sur toutes les tribunes possibles afin d’augmenter la ferveur indépendantiste. Le défi majeur concerne le public. Il ne demande pas mieux que d’assumer la défense de notre liberté collective nationale sur notre territoire. Pour cela, il faut apprendre à se gouverner soi-même dans tous les aspects de la vie d’une société qui accepte de se développer par elle-même et pour elle-même. Inévitablement, c’est l’exercice de notre nationalisme dans le monde comme toutes les autres nations indépendantes. Le MUR, il est là. Je crois l’avoir dit dans ma chronique 457. hhttp://vigile.quebec/Pour-devenir-une-nation

Entre la vie et la mort, prenons les moyens de nous développer complètement et de nous accomplir collectivement par l’indépendance nationale. La société québécoise ne pourra que grandir collectivement de cette réussite de la conquête du statut de nation indépendante. Enfin, la nation québécoise pourra exister, librement, comme telle. C’est aussi le point de vue de Lucien Morin, américain de naissance, Québécois d’adoption depuis 55 ans, professeur émérite à l’Université Laval.

Pour terminer, je le cite :

« La vérité est plus limpide. Le Canada a été fondé à Ottawa, en 1982, par Trudeau père quand il signa la Loi constitutionnelle du pays, officialisant dramatiquement, ce faisant, l’inexistence de la nation québécoise. Quinze ans après le cri libérateur de Charles de Gaulle ! Certes, Lester B. Pearson, insulté par les propos du général, avait bien répliqué qu’aucun Canadien n’avait besoin d’être libéré. Il avait raison. Les Canadiens étaient libres. Le général le savait, lui qui ne réclamait pas la libération des Canadiens, mais la libération de la nation québécoise. Comment une nation peut-elle être libre quand elle n’existe pas aux yeux de ceux-là même qui la prétendent libre ? To be or not to be, that is the question ! »

Commentaires

  • Marcel Haché, 2 août 10h40

    Pas très compliqué : l’indépendantisme québécois a été arrêté net en 1970… Il s’est quelque peu repris en 1976 pour être stoppé à nouveau dès 1980, entraînant depuis la division durable de toute une nation. Toutes les tentatives de Libération subséquentes au référendum de 1980 ont toutes échouées parce qu’elles procédaient toutes, et totalement, d’une mauvaise méthode politique.

    Les différents programmes politiques du P.Q., fournis puis sans cesse modifiés et fournis à nouveau par ce qu’il faut bien appeler, faute de termes adéquats, les « programmeux » du P.Q., incidemment tous des alliés inconditionnels des référendeux, eh bien tous ces programmeux et tous ces référendeux réunis ont réussi ce tour de force de transformer une majorité de péquistes en péquisteux. Cependant, bien évidemment, que l’électorat ne les a jamais suivis sur le chemin de l’Indépendance.

    Depuis la Conquête, les canadiens-français n’ont jamais renoncé…Les fameux « québécois zé québécoises »n’ont pas renoncé davantage ensuite. Du moins pas encore…Ils ne se sont jamais non plus, ni les uns ni les autres, véritablement adonnés à la guerre politique. Mais ils ont excellé longtemps à la guérilla politique. C’est la guérilla politique que Nous comprenons, non pas la guerre, parce que Nous savons historiquement comment la « faire », et que l’autre, la guerre, Nous n’avons jamais eu les moyens de la faire. Évidemment aussi, de ce point de vue, toute la gang à Couillard ne sait rien faire du tout.

    Tant et aussi longtemps que les péquistes compteront sur leurs « programmeux » pour emmener une nation là où elle est réticente d’aller, malgré pourtant que celle-ci sache parfaitement que l’Indépendance est la bonne destination, le P.Q. continuera de tourner en rond, et avec lui cette idée de l’Indépendance.

    L’essentiel d’un véritable agenda gouvernemental de l’Indépendance, cela ne peut pas être mis dans un programme politique d’un parti. Et si par ailleurs, hélas, un programme politique se révélait maintenant être aussi insipide qu’incapable d’attirer les micros de toute une presse inféodée, il n’y aurait pas alors, et il n’y aura pas même de lutte électorale… encore moins de gouvernement national. Certes, l’Indépendance d’une nation provient finalement d’elle-même, d’en bas, mais c’est d’en haut que doit provenir l’élan…

    Si vous voyez actuellement des guerriers, (ou même de simples guérilleros) sur la barricade du P.Q., prière de me les nommer s.v.p. Là et tout autour, il me semble que personne ne Nous défende bien fort actuellement. On jase.

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