«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Élections fédérales 2015

Les Québécois font consensus

Le gouvernement Harper ne s’est pas intéressé aux spécificités du Québec

Tribune libre de Vigile
lundi 7 septembre 2015
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Pourquoi croyons-nous que le prochain gouvernement fédéral s’y intéressera ?

Malheureusement, une majorité d’entre nous croit qu’il s’agit de changer une figure (chef de parti) pour que le nouveau gouvernement Canadien soit dorénavant attentif aux besoins spécifiques des Québécois. C’est ce qui s’est passé lorsque M. Layton a gagné notre confiance.

L’histoire nous démontre cependant qu’aucun parti fédéral au pouvoir ne peut accueillir nos demandes car en ce faisant, il se met à dos ses électeurs hors Québec sans lesquels il ne peut être réélu.

Ce ne sont pas les chefs de parti (même s’ils influencent beaucoup notre votre) qui décident mais les députés du parti. Et tous les partis au pouvoir à Ottawa compteront toujours plus de députés non Québécois.

Imaginons une minute M. Mulcair ou M. Trudeau en discussion avec leur équipe de députés élus. Pouvons-nous espérer qu’il soit possible pour ces deux chefs de rallier leurs élus à une prise de décision favorable à certains dossiers spécifiques au Québec ?

Énumérons certains de ces dossiers pour supporter notre réflexion :

-  Notre compétence dans la réhabilitation des jeunes contrevenants à laquelle le fédéral s’oppose, ce qui nous coutera 80M$ par année, plus la construction de prisons supplémentaires.
-  Le maintien du registre de armes à feu, dossier où le fédéral empêche le Québec d’avoir accès à ses données même s’il en a payé la collecte.
-  L’autonomie complète du Québec à accueillir les immigrants qu’il choisit et à les intégrer à la culture Québécoise.
-  L’assujettissement des employés fédéraux travaillant au Québec à la loi 101.
-  Le transfert des budgets de Téléfilm Canada et du Conseil des Arts et du Canada pour éliminer le duplicata avec nos propres institutions.
-  La pleine autonomie à Télé-Québec qui ne peut produire son propre bulletin de nouvelles (défendu par le fédéral).
-  La contre-partie des 460M$ pris à même les impôts fédéraux payés par les québécois pour supporter l’industrie des sables bitumineux (2MM$ depuis 2009).
-  Le faible support de l’agriculture du Québec, nous recevons seulement 10% des subventions fédérales dont la majorité sont concentrées au support de la culture céréalière du centre du Canada.
-  La concentration en Ontario des industries de l’automobile, de la finance (banque et assurance, bourse, etc.) et de la pétrochimie qui permet à cette province une balance commerciale positive annuelle (de 2005 à 2009) de 27MM$ par opposition à celle du Québec déficitaire de 2MM$ surtout à cause de nos importations de pétrole.
-  La contre-partie de l’impôt payé par les Québécois qui ont contribué pour 2MM$ à subventionner l’industrie de l’automobile Ontarienne (10MM$) tandis que notre industrie forestière n’a reçu que 70M dont 23% venait de nos impôts payés au fédéral, ce qui laisse un maigre 56M$ payés par les non-Québécois.
-  La contrepartie de l’impôt payé par les Québécois (8MM$) pour payer les 35MM$ aux provinces qui ont reçu les contrats de construction navale.
-  Le 23% des salaires des 138 000 fonctionnaires fédéraux payés avec nos impôts mais dépensés dans une proportion beaucoup plus forte hors Québec. Même calcul pour les bâtiments, ambassades, etc.
-  La disproportion des investissements en R&D payé par le fédéral et octroyé à l’Ontario 30MM de 1994 à 2008 sur un total canadien de 60MM payés à raison de 15MM par les impôts fédéraux des Québécois.
-  L’assurance-emploi, dossier qui a permis au gouvernement fédéral de s’approprier 54MM$ depuis 1996 pour s’en servir à des fins autres que celui de supporter les travailleurs et leur formation. Bel exemple de dossier où le Québec a payé plus de 25% (de ces surplus) sans pouvoir les utiliser pour adresser ces défis spécifiques de main-d’œuvre.

Vous souhaitez connaître 78 autres dossiers spécifiques au Québec, je vous invite à vous rendre à cette adresse :
http://souverainete.info/wpcontent/uploads/2013/07/Etats_generaux_souverainete_Document_blocages.pdf

Il est certain que plusieurs de ces dossiers trouveront leur solution uniquement lorsque le Québec deviendra un pays ; mais d’ici là, les députés du Bloc Québécois peuvent se concentrer sur ces sujets et gagner certains avancés surtout dans le cas d’un gouvernement minoritaire.

Réalisons qu’aucun parti au pouvoir à Ottawa ne voudra risquer de ne pas être réélu en se mettant la majorité de ses supporteurs à dos sur ces dossiers.

Le problème réside dans la différence de nos besoins, de nos aspirations, de notre potentiel et de nos valeurs.

Commentaires

  • Maurice Bergeron, 21 septembre 2015 08h40

    Bonjour Richard
    Tu as raison, on pourrait continuer à énumérer toute une liste de points qui nous distingue en tant que société et qui font obstacles au fonctionnement de notre société pour ce qu’elle est et voudrait être. On pourrait allonger la liste sur la langue, les valeurs, etc.
    Peu de gens se donnent la peine de s’interroger rationnellement sur ce qui les motives à voter et pour qui. Lors d’un reportage à Radio Canada Première (de mémoire), il était démontré, étude à l’appui, que la majorité des gens prennent les décisions de façon purement émotive ou basées sur l’apparence. De plus, on sait très bien, que la peur gèle et on mise beaucoup sur la peur pour éviter que les gens s’engagent à mettre de l’avant une vision de société.
    Il faut continuer d’en parler et d’expliquer. Il faut reprendre la craie et le tableau noir de M. Lesvesques.

  • Alexandre Ménard, 16 septembre 2015 23h16

    Très intéressant Mr. Dancause !

    Merci, j’apprends beaucoup en vous lisant...vos connaissances et points de vue m’éclair sur un sujet que je connais peu et que je trouve complexe.

    Au plaisir de vous lire à nouveau !

  • Marcel Haché, 8 septembre 2015 09h58

    « Le problème réside dans la différence de nos besoins, de nos aspirations, de notre potentiel et de nos valeurs. » R. Dancause.
    Toutes choses, hélas, reniées par la gang à Couillard aussi bien que les gangs de Mulcair et de Trudeau, des gens supposément d’ici…
    Pour avoir eu peur d’un très hypothétique référendum, Nous avons eu la maladresse d’élire une gang de niveleurs et de normalisateurs, une gang de négateurs de ce que Nous sommes.

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