«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

« Daech est le bras armé du Pentagone qui s’en sert à chaque fois que ses objectifs géopolitiques le recommandent »

Les États-Unis défient l’axe de la Résistance

mercredi 9 août

L’attaque conjuguée lundi des Américains et des terroristes de Daech contre les forces de Mobilisation irakiennes, les Hachd al-Chaabi a laissé un lourd bilan de plus de 40 morts et de près de 50 blessés.

Le Pentagone qui dit avoir frappé "par erreur" les positions des Hachd à al-Tanf, a usé de bombes intelligentes, d’où le bilan très lourd des victimes. À peine quelques heures après l’attaque américaine qui a largement impliqué l’artillerie lourde, les terroristes de Daech ont pris d’assaut les positions des Hachd, toujours au même lieu, à savoir la partie orientale du point de passage frontalier syro-irakien qu’est al-Tanf. Là aussi, l’attaque a fait 17 morts dans les rangs de la Résistance tandis que des dizaines de véhicules militaires étaient détruits. La concomitance de deux attaques prouve encore une fois l’hypothèse récurrente qui est celle des stratégistes indépendantes : Daech est le bras armé du Pentagone qui s’en sert à chaque fois que ses objectifs géopolitiques le recommandent. 

Dans un communiqué publié lundi, la brigade Sayyid al-Shuhada, cible des frappes US/Daech, dénonce l’attaque américaine qui "ne pouvait pas avoir été commise par inadvertance", tout en soulignant qu’elle ne comptait pas rester les bras croisés face à cette manifestation très directe de l’hostilité américaine et qu’elle vengerait le sang des siens. 

Al-Tanf

En effet la localité visée par le Pentagone se trouve à l’est du point de passage frontalier d’al-Tanf, point de passage inclus dans un triangle limitrophe à la fois de l’Irak, de la Jordanie et de la Syrie. Si ce triangle a fini par devenir "une obsession sécuritaire" pour les États-Unis, c’est parce qu’il se trouve sur cette fameuse route géographique qui relie Bagdad à Beyrouth via Damas. Il y a un an les Américains s’en sont emparés aussitôt après le retrait des terroristes de Daech. Ils ont même affirmé s’en être emparés dans le strict objectif d’empêcher une "connexion terrestre qui pourrait compléter le croissant chiite". Or la réalité est bien autre : le contrôle d’al-Tanf par l’armée syrienne et ses alliés irakiens bloquerait de facto toute infiltration des terroristes de Daech de part et d’autre des frontières communes, ce qui équivaut à terme à un retour de la stabilité et de la sécurité aussi bien en Irak qu’en Syrie. Or cette perspective effraie les Américains dont la présence au Moyen-Orient n’aurait plus aucune justification si la paix est de retour. 

Après la prise d’al-Tanf, les Américains croyaient avoir entre les mains un atout pour faire chanter l’armée syrienne et ses alliés. Mais c’était sans compter avec la profonde vision stratégique de l’axe de la Résistance. La jonction entre les forces syriennes d’une part et les Hachd al-Chaabi de l’autre a fini par se faire, pas à al-Tanf, mais à 60 kilomètres du nord de ce point de passage frontalier. La route stratégique reliant Bagdad à Beyrouth était formée sous les yeux ahuris des Américains. 

Pourquoi avoir frappé les Hachd ? 

La frappe sanglante de l’artillerie américaine contre la base de la brigade Sayyid al-Shuhada a eu lieu à peine quelques jours après que les agences eurent fait état d’un accord entre les États-Unis et la Russie : suivant cet accord que les sources officielles n’ont pas confirmé, les Américains quitteraient al-Tanf et en abandonnerait le contrôle à la Russie. Si l’accord s’avère vrai, on comprendra alors le pourquoi de la frappe de lundi : après son retrait, le Pentagone entend se faire remplacer par Daech et défier de la sorte la Résistance. 

Les commandants des Hachd dont quatre ont péri au cours de l’attaque de lundi reconnaissent d’ailleurs cet état de fait : interrogé par l’agence de presse iranienne Tasnim, Abou Ala al-Walaï, chef de la brigade Sayyid al-Shuhada, a affirmé : " Tout le monde sait que les États-Unis appuient largement Daech à al-Tanf. Cela fait des années qu’on combat les terroristes et notre expérience de guerre nous dit que les Américains nous ont visés à dessin. D’ailleurs il ne pouvait pas y avoir aucune erreur de leur part puisqu’ils surveillent nos unités du matin au soir, à l’aide de leurs drones et de leurs radars. Les Américains savaient parfaitement que nous venions d’avoir chassé Daech de ses positions et de déployer nos forces."

Riposte

Une chose est sûre : la réponse à cette sanglante attaque ne tardera pas. Le Premier ministre irakien a affirmé mercredi qu’aucun pays, y compris les États-Unis n’avaient pas le droit de "bombarder les troupes irakiennes" et le Parlement demande désormais à ce que l’ambassadeur US soit convoqué pour des explications. Mais la réelle réponse, c’est sur le terrain des combats que les Américains la recevront....et elle sera cinglante. 


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