«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Obstacles psychologiques à l’indépendance

Les 3 complexes du Québec

On commence à peine à s’en affranchir

Tribune libre de Vigile
vendredi 13 mai 2016
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Le Québec souffre de la combinaison de 3 complexes psychologiques qui l’empêchent de se réaliser en tant que nation. Ce sont 3 obstacles qui obstruent la route vers l’indépendance.

L’effet de ces 3 complexes est le résultat cumulatif de 250 ans d’assujettissement, mais le problème peut être résolu avantageusement par la mobilisation collective, par le désir d’affranchissement et de libération qui anime tout peuple opprimé. Voyons en quoi ils consistent et comment s’en défaire.

Le complexe du colonisé

Le complexe du colonisé consiste à se référer constamment à la mère-patrie (dans notre cas la France) et en la prenant pour modèle et idéal au lieu d’être sa propre référence.

Jusqu’à la fin des années soixante, c’est ce qui a prévalu au Québec. Jean-Pierre Ferland voulait devenir le prochain Brel. Nombre de nos écrivains émulaient Mauriac ou Maurois. Aline Desjardins à Femme d’aujourd’hui ne pouvait pas faire plus française. On déroulait le tapis rouge à tout ce qui arrivait de Paris, qui possédait alors une aura de supériorité.

Mais depuis le vent de fierté collective ayant mené à l’élection du Parti québécois en 1976, ce complexe s’est grandement amenuisé, bien qu’on en retrouve parfois des relents chez ceux qui n’apprécient encore l’un de nos artistes qu’une fois qu’il a percé à Paris (c’était déjà le cas de Félix Leclerc vers 1950). On recherche encore l’approbation des autres, la validation de son travail, la reconnaissance d’ailleurs. Il faudrait plutôt s’assumer pour ce que l’on est, sans avoir à se comparer sans cesse.

Le syndrome de Stockholm

Après des années de tourments, on peut finir par s’identifier à l’oppresseur (dans ce cas-ci le Canada anglais). Malgré tous les actes perpétrés contre nous, certaines personnes n’arrivent pas à admettre qu’ils sont nuisibles à notre développement et tiennent mordicus et mordecai à les percevoir comme des "maîtres sévères mais justes", des "figures d’autorité exigeantes mais qui le font pour votre bien" (ceux qui ont eu des parents ou des professeurs hyper exigeants, jamais satisfaits de leur rendement savent de quoi il retourne. Ils n’en faisaient jamais assez pour le peu d’affection distillée au compte-goutte obtenue en retour de leurs efforts). Redoutant toujours la punition, ils feront tout pour éviter de courroucer la figure parentale dominatrice.

Ceux qui souffrent de ce syndrome croient qu’il leur faut quémander à genoux la moindre faveur. laquelle ne peut être obtenue que par une attitude de soumission infantile. Ils se montrent incapables de contester ou rejeter par insécurité ce qui représente la seule source de protection qu’ils ont toujours connue. Seule la maturation vers l’état adulte avec son processus d’autonomisation pourra arriver à les affranchir du joug qui les étrangle.

Le complexe d’infériorité

Combien de gens commettent l’erreur de toujours se comparer à plus gros que soi ? Si on se dit fier de posséder une Céline planétaire, ils rétorqueront qu’il y a 25 Célines planétaires aux USA, avec les Rihanna, Jennifer Lopez, Beyoncé et compagnie, sans réaliser que ce n’est tout simplement pas le même ordre de grandeur qui s’applique. La Suisse, l’Écosse ou le Danemark ne possèdent pas de Céline planétaire, cela n’en fait pas moins des nations tout à fait respectables en soi.

Une nation petite en nombre ne peut entrer en compétition avec celles qui sont 100 fois plus grosses et n’a pas à le faire de toute façon. Il y a toujours une différence d’échelle à prendre en considération.

Ceux qui ont lu le père de la psychologie humaniste Abraham Maslow savent qu’une personne, et par extension une nation ont une valeur fondamentale pour ce qu’elles sont foncièrement, quels que soient leurs accomplissements, du simple fait d’exister et de posséder une personnalité propre.

Nous serons mûrs pour l’indépendance le jour où nous aurons réussi à nous défaire pour de bon de l’influence pernicieuse de ces 3 complexes handicapants. Une bonne thérapie collective basée sur la valorisation de soi, de son identité, de ses réalisations, de la conscience de sa place dans le monde, sur l’appréciation positive de posséder une continuité historique, sur le développement de la confiance en soi requise pour entreprendre des projets d’envergure, sur l’arrêt de se comparer à tout venant en viendront graduellement à bout.

Un exemple d’un tel succès de fierté collective fut l’éveil progressif de l’identité québécoise qui s’est développé chez le peuple québécois à partir de la révolution tranquille jusqu’à l’élection du Parti québécois en 1976. Une première étape décisive fut alors franchie dans notre appréciation de soi. Ce fut une prise de conscience collective que nous existions en tant que nation.

Sur le plan individuel, la résolution de tels complexes amène la libération intérieure, le retour de l’équilibre personnel, renouvelant enfin le désir un temps paralysé de s’épanouir pleinement, ce grand moteur du développement de l’être humain.

Le secret de tout succès de ce genre réside dans la pleine réalisation de ses potentialités, soutenu par un travail acharné (de là l’importance cruciale de valoriser le travail et l’excellence à l’école. On n’obtient rien pour rien). C’est ce qui produit la confiance en soi, le désir d’avancer sans crainte paralysante, de s’élancer pour triompher des embûches, et finalement de démontrer la capacité de d’agir en pleine possession de ses moyens.

Transposée sur le plan collectif, cette même résolution de complexes amènera l’assurance de pouvoir contrôler soi-même sa destinée, la foi en ses capacités inhérentes, l’envie de ne plus dépendre des autres ni d’avoir à demander la permission, en un mot, le désir d’être enfin maître chez soi.

Commentaires

  • Réjean Labrie, 15 mai 2016 12h56

    Merci M. Paiement de votre commentaire positif.

    J’ai lu avec intérêt votre article dont je fournis ici le lien corrigé pour le bénéfice de nos lecteurs :

    http://vigile.quebec/Le-desir-maladif-de-plaire-aux

    Quant aux idées exprimées, elles sont le fruit de mes observations et de ma réflexion personnelle sur le sujet, la psychologie étant l’un de mes intérêts.

  • Normand Paiement, 14 mai 2016 13h12

    Monsieur Labrie,

    Très heureux de voir que votre analyse rejoint et recoupe la mienne, comme vous pourrez le constater en cliquant sur ce lien : http://vigile.quebec/Le-desir-maladif-de-plaire-aux!

    Cordialement,

    Normand Paiement
    Traducteur, auteur d’un ouvrage en préparation sur l’avenir du Québec
    PS - Quelles sont vos sources ?

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