«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Quoi qu’en dise Lucien Bouchard

Le vrai ressort cassé

Tribune libre de Vigile
lundi 25 août 2014
809 visites 7 messages

N’en déplaise à Lucien Bouchard, c’est bien le ressort du fédéralisme renouvelé qui est définitivement cassé, et non celui de la souveraineté du Québec. La première ministre ontarienne en a fait l’éloquente démonstration le 21 août dernier, au terme d’une rencontre avec son homologue québécois. Fraîchement réélue, Kathleen Wynne devrait profiter de la marge de manœuvre de ce tout début de mandat majoritaire pour aborder des questions impopulaires chez ses électeurs, ces derniers ayant ensuite quatre longues années pour oublier. Or, en présence de Philippe Couillard, madame Wynne a énuméré les enjeux ayant la priorité sur le problème de l’exclusion du Québec de la Constitution de 1982. Ainsi, avant de se pencher sur les revendications québécoises, l’Ontario devrait ne plus se préoccuper de « l’économie, la reprise économique, les emplois, l’éducation de notre jeunesse » ainsi que des « changements climatiques ». On a très hâte de prendre connaissance de la stratégie de M. Couillard pour que l’économie, l’emploi, l’éducation et le réchauffement de la planète ne soient plus que des enjeux électoraux marginaux au Canada anglais.

Monsieur Bouchard a aussi soumis le cas de ce vieux T-shirt de campagne dont le slogan parlait de la « première et dernière campagne du Bloc Québécois » de 1993 pour faire la démonstration de la nature temporaire du parti. Or, il oublie de dire que cette fameuse stratégie des « trois périodes » (élection du Bloc puis du parti Québécois, culminant avec un référendum) était conçue en fonction d’une victoire référendaire, ce qui n’a pas été le cas. Lui-même, alors chef du Bloc, ne cessait de dire qu’un député québécois du PLC ou du PC avait les mains liés par les intérêts de la majorité anglophone du Canada. Le voilà aujourd’hui qui proclame au contraire que la présence du Bloc empêche les Québécois d’influencer de l’intérieur les décisions gouvernementales. Il ajoute même qu’à la suite de l’échec du 30 octobre 1995, il avait prévu retourner à la pratique du droit et que le Bloc n’avait plus de raison d’être. En d’autres mots, « Après moi, le déluge ». Dans les faits et quelle que soit la taille de l’ego du fondateur du Bloc, puisque notre vie nationale continue et qu’il n’y aura pas de renouvellement du fédéralisme à la satisfaction du Québec, il faudra bien un jour que les Québécois constatent la permanence de l’impasse et votent en conséquence. Soit dans le sens de la soumission ou dans celui de l’émancipation.
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Commentaires

  • Gilles Jean, 26 août 2014 15h46

    @Pierre Cloutier

    Brillante analyse de Lucien Bouchard et.......du "Canadien français québécois fédéraliste".

  • charles simon, 26 août 2014 10h54

    Bouchard...il est tellement ce que nous sommes...

    C’est un prurit qui permet de se souvenir, sans relâche, des échecs successif.

    C’est pour cela, au-dela de sa complexité, que le personnage est maintenant insupportable pour certains, rien de ce qu’il annonce ne contient le moindre espoir et l’analyse de Block-Coté sur le JDM était très juste.

  • Mario Goyette, 25 août 2014 18h17

    Ça y est, un autre.

    André Bellavance quitte le Bloc québécois en raison des divergences d’opinions importantes qui persistent entre lui et son chef.

    « La vision et les orientations concernant l’avenir du Bloc québécois [sous la direction de Mario Beaulieu] sont diamétralement opposées aux miennes. »

    Ma foi, j’ai beau ne pas être un admirateur de Mario Beaulieu, je lui accorde le mérite d’avoir su prendre le taureau par les cornes et de remettre les yeux dans les trous à certains carriéristes désireux d’ améliorer le fédéralisme.
    Quelles sont-elles les orientations d’André Bellavance ? Il ne le dit malheureusement pas. Défendre la langue française et faire la promotion de l’indépendance sont trop lui demander, peut-être qu’il convoitait un poste au sénat, de gouverneur général un jours ou qu’ il a été atteint du syndrome de Stockholm.

    Le syndrome de Stockholm désigne un phénomène psychologique où des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers développent une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers.

    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/08/25/001-bellavance-bloc-avenir-politique-conference-presse.shtml

  • Pierre Cloutier, 25 août 2014 15h39

    Pour mieux comprendre le personnage, il faudrait le déconstruire, le "démonter" comme on démonte un moteur pour savoir comment il fonctionne. Malheureusement, je n’ai ni le goût ni le temps de me prêter à cet exercice et surtout je n’aime pas assez ce sujet pour y consacrer toute l’énergie qu’il faut y mettre.

    Je me contenterai de dire ceci : Lucien Bouchard me semble le prototype parfait et le sous-produit conforme de la pensée judéo-chrétienne et de la morale catholique basée sur l’ascétisme, la soumission, l’obéissance, la culpabilité, la souffrance, la pénitence, le culte de l’autorité et le respect de l’ordre établi. Chez lui, aucune recherche manifeste du plaisir, aucun indice ou soupçon d’insoumission ou de révolte. Une soif maladive de reconnaissance, de gloire et d’autorité. Une propension maladive au despotisme.

    Pierre Cloutier

  • Pierre Cloutier, 25 août 2014 15h38

    Pour mieux comprendre le personnage, il faudrait le déconstruire, le "démonter" comme on démonte un moteur pour savoir comment il fonctionne. Malheureusement, je n’ai ni le goût ni le temps de me prêter à cet exercice et surtout je n’aime pas assez ce sujet pour y consacrer toute l’énergie qu’il faut y mettre.

    Je me contenterai de dire ceci : Lucien Bouchard me semble le prototype parfait et le sous-produit conforme de la pensée judéo-chrétienne et de la morale catholique basée sur l’ascétisme, la soumission, l’obéissance, la culpabilité, la souffrance, la pénitence, le culte de l’autorité et le respect de l’ordre établi. Chez lui, aucune recherche manifeste du plaisir, aucun indice ou soupçon d’insoumission ou de révolte. Une soif maladive de reconnaissance, de gloire et d’autorité. Une propension maladive au despostisme.

    Pierre Cloutier

  • François A. Lachapelle, 25 août 2014 12h07

    L’analyse politique de Lucien Bouchard où se trouve le Québec en 2014 est à géométrie variable plus que souhaitée par les citoyens qui lui prêtent leur attention.

    Son inconstance est en finale inconsistante et cela semble être une tendance lourde en lisant son cv.

    À cause de sa superbe personnalité, il ressemble à une grosse enseigne attachée sur un petit magasin. Il ne livre pas la marchandise qu’il annonce. Avec son expérience et ses connaissances, il devrait réaliser le mandat tacite qu’il a pris pour la vie en devenant PM du Québec, soit "porter assistance à peuple en danger".

    Dans la compréhension de milliers de Québécois, cette responsabilité n’est pas optionnelle. S’il veut se dégager de cette responsabilité, qu’il retourne dans ses terres et qu’il s’impose un devoir de réserve en évitant à tout prix de nuire aux Québécois qui travaillent pour la naissance du Pays du Québec.

    Comme nous le rappelle Christian Gagnon à l’occasion de la visite de la PM de l’Ontario, je cite : « c’est bien le ressort du fédéralisme renouvelé qui est définitivement cassé, et non celui de la souveraineté du Québec. » Comment se fait-il que Lucien Bouchard ne comprenne pas cette évidence ?

    On laisse entendre comme scoop en prévision de la diffusion du documentaire ce soir sur la vie de Lucien Bouchard qu’il nous montrera le discours préparé advenant une victoire du OUI. En plus de préparer une discours pour une victoire et pour une défaite, il manque un discours que lui et Jacques PARIZEAU auraient dû préparer connaissant les malversations du Fédéral : le discours d’un référendum "volé" ayant comme conséquence la nullité des résultats du 30 octobre 1995.

  • Ouhgo, 25 août 2014 11h07

    "...puisque notre vie nationale continue et qu’il n’y aura pas de renouvellement du fédéralisme à la satisfaction du Québec, il faudra bien un jour que les Québécois constatent la permanence de l’impasse et votent en conséquence. Soit dans le sens de la soumission ou dans celui de l’émancipation." (notre vie nationale...satisfaction du Québec...permanence de l’impasse...soumission...)

    Tout est là !

    Qu’est le Québec devenu ? Où voyons-nous un ciment qui fait une nation ? Les habitants de ce territoire font-ils bloc en quelque chose ? Jadis, le vote les montrait réunis... Entre générations, entre classes, entre origine raciale, religieuse... Maintenant, sauf le sport spectacle...les tout inclus...Pas de chicane, tout le monde est québécois !

    Les journaux orientés font ce qu’ils peuvent pour marteler des fausses vérités... rien n’y fait. Franglais, coupures budgétaires, fourberies administratives, brutalité policière, racisme anti-québécois, attentats, même, au soir d’une élection... de l’eau sur le dos d’un canard !

    Groupuscules dans la rue pour une heure, puis rencontre à la brasserie, comme pour oublier. Le mot est devenu : indifférence.

    Lord Durham a eu raison : une nation en a bouffé une autre. Sans douleur ? Pour une autre génération au moins, les habitants du territoire ne parleront la langue franche qu’avec un accent de Nouvelle-France. Pour ça, ils porteront les valises des whites.

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