«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Notre vote est trop précieux pour le gaspiller

Le vote stratégique : un marché de dupes !

En le donnant à un parti fédéraliste qui ne représente pas notre vision

Tribune libre de Vigile
dimanche 28 juin 2015
485 visites 8 messages

Depuis 9 ans, le gouvernement Harper a été une véritable catastrophe. Que ce soit la culture, la science, l’environnement, les droits de la personne, l’éthique et la transparence, l’accès à l’information, les institutions et le processus démocratique, tout a été méprisé et nos valeurs piétinées. Il y a donc urgence de s’en débarraser.

Dans ce contexte, se pose à nouveau le dilemne du vote stratégique : Faut-il voter pour le Bloc ou le NPD ?

Pour certains, voter Bloc risquerait de profiter au Parti conservateur alors que pour d’autres dont le politilogue Denis Monière avant de battre le Gouvernement sortant, le vote des électeurs québécois devrait servir à exprimer de façon authentique leurs convictions.

Si l’on soulève le lièvre, il faut garder en mémoire qu’en 2011, c’est le Canada sans le Québec qui a élu une majorité conservatrice ? Cette rebuffade du Canada anglais devrait nous convaincre que le vote stratégique québécois pèse peu lourd dans la balance canadienne.

Partant de ce constat, pour le vote de 2015, ne faudrait-il pas s’inspirer du poète Claude Péloquin en adaptant ses paroles au contexte : “Vous n’êtes pas tannés de mourir, (de vous faire organiser), bandes de caves ? C’est assez ! (La parenthèse est de nous)

Et si l’on a de la suite dans les idées, ne s’imposerait-il pas en 2015 de changer de perspective en laissant le Canada élire le parti de son choix. En d’autres mots, si le Canada qui aime le Québec que durant les référendums souhaite se débarasser du gouvernement Harper qu’il le fasse. Mais, cette fois, sans le Québec !

Un Québec qui une fois encore aurait raison d’exprimer son ras-le-bol et de murmurer “merde” au vote stratégique.

Cette distanciation du Québec du vote stratégique aurait l’avantage d’envoyer le message clair au Canada que désormais et pour toujours le Québec se souciera davantage de ses propres intérêts.

Et pour les Québécois qui hésiteraient encore, il faut redire que ce geste d’affirmation nationale n’en serait pas un d’égoïsme ou de cynisme mais de fierté. Un Québec qui prend ses affaires en mains et dessine son futur sans les partis fédéralistes.

À l’inverse, l’effet pervers de cette logique du vote stratégique est d’amener l’électeur québécois à se trahir lui-même en votant pour un parti qui ne reflète pas son idéal en plus d’élire un député qui se servira de sa fonction pour défendre en priorité l’intérêt national. Comme l’ont toujours fait les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates.

Tel que le met en évidence Denis Monière, chaque Québécois qui vote pour un parti fédéraliste renforce l’emprise politique du Canada sur le Québec. Notre vote est trop précieux pour le gaspiller en le donnant à un parti fédéraliste qui ne représente pas notre vision de l’avenir du Québec.

Par contre, choisir le Bloc, c’est affirmer la spécificité québécoise, se doter d’un paratonnerre et renforcer la voix de la nation québécoise. C’est refuser de se soumettre à la volonté du Canada qui décide unilatéralement ce qui est bon pour le Québec.

À contrario, le rôle du Bloc est d’empêcher les partis fédéralistes de parler en notre nom. Le Bloc permet d’exprimer notre cohérence politique.

Suivre cette logique du vote dit utile ou stratégique en faveur des partis canadiens, c’est s’enfermer dans la déception et l’impuissance chronique. C’’est s’affaiblir collectivement. Seul un vote pour le Bloc québécois est un vote utile pour le Québec.

Commentaires

  • Francois Janvier, 30 juin 2015 08h44

    J’ai bien peur que si le Québec n’obtient pas son indépendance d’ici 2020, on assiste alors à la mort lente d’un grand peuple francophone en Amérique du Nord. Devant l’urgence de la situation, il faut cesser nos tergiversations et nos calculs illusoires et se regrouper derrière deux partis qui ont comme premier but de faire du Québec un pays soient le Parti québécois et le Bloc québécois.

    Si le Parti québécois prend le pouvoir à Québec avec l’engagement de réaliser rapidement l’indépendance, il faudra au parlement d’Ottawa un parti capable d’être un interlocuteur valable et non pas se retrouver comme en 1982 avec une masse de députés fédéralistes québécois prétendant également parler au nom du Québec. Par ailleurs qui défend mieux les intérêts du Québec que le Bloc en ce qui à trait au projet de pipeline Énergie-Est, au droit de la Davie pour avoir des contrats de construction de bateau du Fédéral, à la production de fromages au lait cru par nos agriculteurs, à l’équité dans les prêts pour la construction de lignes de transport de l’énergie hydroélectrique,etc.

  • Marcel Haché, 30 juin 2015 06h36

    @ Denis Blondin

    « mais j’ai quand même la conviction que c’est le transfert massif des votes québécois du Bloc au NPD qui a permis à Harper d’avoir son mandat majoritaire. » D.B.

    J’ai la même conviction que vous. Mais à qui la faute ce maudit résultat ?

    En bon gauchiste qu’il est, Gilles Duceppe croyait avoir trouvé le bon filon en voulant faire campagne pour « barrer la route » au Québec du gouvernement conservateur, sous-entendu la grosse drette de l’Ouest du gouvernement Harper.

    Qu’y avait-t-il de plus facile alors pour Harper de « feeder » le N.P.D. de façon à diriger les votes qui, s’opposant à son gouvernement, auraient pu se reporter sur le parti d’opposition qui constituait à ses yeux le véritable ennemi, en l’occurrence le P.L.C. ?

    Une vague orange au Québec ? Pour les stratèges conservateurs, cela était préférable à une vague rouge…

    Triste à dire : le Bloc a servi de paratonnerre au P.C., autrement dit d’idiot utile à la stratégie du gouvernement conservateur.

    La gang à Couillard ne pas pas agir autrement à l’égard du P.Q.

  • Gaston Carmichael, 29 juin 2015 22h44

    « Sur un plan strictement politique, notre choix est entre augmenter les chances de laisser un autre mandat à Harper ou de faire élire un autre parti. »

    Le pays, lui, ne fait même pas parti de votre choix de réponses. Je crois que je vais cocher la case "Aucune de ces réponses".

  • Denis Blondin, 29 juin 2015 19h45

    J’avoue ne pas avoir fait une analyse détaillée par comté des résultats des élections fédérales de 2011 mais j’ai quand même la conviction que c’est le transfert massif des votes québécois du Bloc au NPD qui a permis à Harper d’avoir son mandat majoritaire.

    Le nombre d’élus conservateurs au Québec est resté limité mais l’élan donné dans les sondages au NPD, à l’échelle nationale, a contribué à favoriser les candidats conservateurs des autres provinces dans un système à trois partis. Et cela pourrait bien se reproduire.

    Quant au problème du vote stratégique pour un électeur souverainiste du Québec, c’est un choix d’ordre moral, une question de principes. Sur un plan strictement politique, notre choix est entre augmenter les chances de laisser un autre mandat à Harper ou de faire élire un autre parti.

    Denis Blondin

  • Gaston Carmichael, 29 juin 2015 11h43

    Dans Le Devoir de ce matin :

    http://www.ledevoir.com/politique/q...

  • Normand Paiement, 29 juin 2015 05h02

    Je le répète (http://service.vigile.quebec/La-pertinence-du-retour-de-Gilles), que nous importe au fond de savoir qui formera le prochain gouvernement à Ottawa (qu’il soit minoritaire ou majoritaire) ? Ça ne changera rien au fait que nous continuerons de dépendre du bon vouloir des autres !

    Seul le Bloc, s’il dispose d’un nombre significatif de députés, sera en mesure de s’opposer ouvertement et efficacement au projet de pipeline Énergie Est et aux politiques centralisatrices du gouvernement d’Ottawa. Mais, s’il espère brouiller les cartes et retrouver quelque peu de sa vigueur d’antan, le Bloc ne devra pas se contenter d’aller simplement défendre les intérêts du Québec à Ottawa.

    Il doit surtout s’engager à y préparer le terrain pour le jour où les Québécois et Québécoises décideront majoritairement de faire du Québec un pays.

    Espérons par conséquent que Gilles Duceppe aura compris quelle est la mission véritable du Bloc et que les membres du PQ sauront l’appuyer le moment venu.

  • Gaston Carmichael, 28 juin 2015 20h48

    Parce que je vote selon mes convictions, on me qualifie de pur et dur.

    Comment devrait-on qualifier ceux qui se disent indépendantistes, mais qui suggèrent de voter fédéraliste afin de changer le maître qui nous tient en laisse ?

    - Un pseudo-indépendantiste ?
    - Un indépendantiste à temps partiel ?
    - Un fédéralo-indépendantiste ?
    - Un indépendantiste pas pressé ?
    - Un indépendantiste mou ?
    - All of the above ?
    -  ???

  • André Lafrenaie, 28 juin 2015 19h38

    Une sérieuse mise en garde s’impose. Les plans d’Ottawa pour Gilles Duceppe sont sûrement les mêmes que pour Lucien Bouchard il y a vingt ans. Bouchard devait sortir Jacques Parizeau de la scène politique et prendre sa place, ce qu’il a parfaitement réussi. Duceppe devra à son tour sortir Pierre Karl Péladeau et prendre sa place. Bouchard a solidement enfoncé les premiers clous du cercueil du peuple québécois, Duceppe a le mandat de clouer les derniers après avoir réussi à remplacer Péladeau.

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