«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le poison mortel de la démission

Le vieux rêve

 

 J’ai adoré la campagne de publicité du Bloc Québécois, où on nous montre une athlète olympique gagner une médaille, recevant un bouquet de lys et se drapant dans le drapeau du Québec.

 

Pour une indépendantiste comme moi, cette publicité donne des frissons, la chair de poule, mais a surtout un autre effet secondaire : nous faire réaliser, malgré le déni et nos vieux rêves, que le Québec n’est pas un pays. La pensée que cette scène présente ne se réalisera peut-être jamais me crève le cœur, mais est de plus en plus réaliste. 

 

Je doute de mon vieux rêve depuis des mois. J’ai pensé, peut-être, que Pierre-Karl Péladeau pouvait changer la donne, intéresser les gens à la possibilité économique du Québec en tant que pays, l’ai regardé quitter, après ne pas avoir été un chef à la hauteur de mes attentes, ni de celles de plusieurs autres, amèrement déçus de leur parti, et cela, depuis plusieurs années. 

 

Le Parti Québécois n’a qu’un seul objectif, finalement faire du Québec un pays, mais il n’y arrive pas. Son second but est de faire en sorte que l’idée même de la souveraineté soit dans l’air du temps, de la garder vivante, mais il n’y arrive pas non plus. 

 

Il s’embourbe donc dans plusieurs autres thématiques et la coalition s’effrite. Le départ de Bernard Drainville, en plus de celui de son chef, en est aussi plus symptomatique, le Parti Québécois perd des plumes, pas seulement depuis quelques mois, et c’est surtout l’idée qu’il défend qui ne parvient plus à soulever les foules, ailleurs que sur certaines pages Facebook, où nous semblons vivre ensemble dans notre vieux rêve, ne réalisant pas que le reste du monde est ailleurs. 

 

Le Québec d’abord, toujours. Le Québec premier, la nation, la langue française, la culture québécoise. L’identité. Tant de thématiques qui sont chères à plusieurs Québécois qui voudraient les aborder à l’extérieur de la question nationale. Évidemment, on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps, comme dirait Parizeau, mais on peut aussi le faire sans être un pays, peut-être en attendant d’en être un, mais peut-être en réalisant aussi que ces dossiers sont d’une importance capitale, même (et surtout !) si le Québec demeure dans le Canada. 

 

 Le Québec et son identité sont des idées que l’on peut défendre, même si le Québec n’est pas un pays. Surtout, les défendre si le Québec n’en devient jamais un, afin de s’assurer que notre identité, notre culture et notre histoire demeurent bien vivantes, et ce, même au sein d’un Canada inintéressant, mais qui semble malheureusement plaire à de plus en plus de gens, qui se font à l’idée, doucement, que leur place est peut-être dans la fédération, et ce, même si l’on vit comme si le Québec était un pays depuis longtemps. 

 

Je ne deviendrai pas une adoratrice de l’unifolié. Jamais. Je ne voterai jamais pour le Parti libéral. Je ne deviendrai jamais fédéraliste. Jamais. Je sens cependant qu’il est temps que je laisse mon vieux rêve dans ma tête, ne jamais l’oublier, mais de passer à autre chose. 

 

Je sens que je ne suis pas la seule. 


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