«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le vertige du néant

samedi 14 novembre 2009

Rarement le bouche-à-oreille aura-t-il agi avec une telle efficacité que depuis la diffusion, il y a quelques jours, des deux premiers épisodes de la série documentaire Apocalypse à l’antenne de TV5. La publicité promettait la plus grande oeuvre historique télévisuelle jamais réalisée ? Il se pourrait, cette fois, que la pub n’ait pas menti. Et que le mot se répande.

Apocalypse est une coproduction européenne de 300 minutes sur la Seconde Guerre mondiale, à laquelle a notamment travaillé le trio composé de Henri de Turenne, Daniel Costelle et Jean-Louis Guillaud, célèbre pour leur série Les grandes batailles de la fin des années 60. La série offre entre autres des heures d’images d’archives non seulement inédites, mais montrant des aspects inconnus de ce conflit ; des images souvent « colorisées », ce qui leur donne une extraordinaire présence.

Le troisième épisode (sur six) sera diffusé à 20h, ce lundi.

Puisque ce grand documentaire télé pourrait être un outil de connaissances à la valeur presque inestimable, il est probable qu’aucun pédagogue ne pensera jamais à le proposer comme matériel didactique dans nos écoles.

C’est dommage.

D’abord, parce que l’histoire mondiale contemporaine est une terra incognita pour la majorité des jeunes et, en même temps, une des plus essentielles connaissances qu’il faudrait leur transmettre. Ensuite, parce qu’Apocalypse ne se contente pas d’aligner des faits, mais les encadre en leur donnant un sens et en en dégageant une morale - un sens et une morale... quels vilains mots, n’est-ce pas ?

Et alors, on comprend ceci : ce n’est pas vrai que tout est relatif, pas vrai que tout se vaut. Or, justement, les modes intellectuelles sont aujourd’hui relativistes : c’est la position « par défaut » de la pensée gnangnan. Et elles veulent que, l’histoire étant écrite par les vainqueurs, on peut « revisiter » la Seconde Guerre mondiale et y trouver des crimes contre l’humanité équivalents de part et d’autre. Londres bombardé par les Allemands ou Dresde par les Alliés, c’est pareil. Et les cadavres d’Auschwitz ou de Treblinka n’ont pas de signification particulière...

Ce raisonnement est tordu et le documentaire le démontre : s’il y eut dans l’histoire une seule guerre juste, c’est bien celle-là. Car, entre 1939 et 1945, une des deux coalitions - ce n’est pas celle des Alliés - a, dans l’absolu, poussé l’humanité vers le mal et il était moral de la combattre.

Dans l’épisode de lundi prochain, l’écrivain juif autrichien Stefan Zweig, qui devait se suicider en 1942, pleure sur « ma patrie spirituelle, l’Europe, (qui) s’est détruite elle-même »... aspirée par le « vertige du néant », expression utilisée dans Apocalypse pour désigner les ultimes délires d’Adolf Hitler.

La vérité, pas du tout relative, est là.

mroy@lapresse.ca


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