«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un combat à reprendre

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE

Le travail se bilinguise au Québec

samedi 19 mars 2016

La promotion de notre langue, la célébration de sa richesse et de sa diversité revêtent une importance particulière à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie 2016. Dans l’actuel contexte de mondialisation, la vitalité du français est mise à rude épreuve au Québec avec l’incurie du gouvernement actuel qui favorise la « bilinguisation » du travail.

Si l’application de la Charte de la langue française adoptée en 1977 avait réussi à faire passer le nombre de Québécois et de Québécoises travaillant généralement en français de 64 % en 1971 à 73 % en 1989, cette proportion a diminué à 66 % en 2010, soit un taux similaire à celui qui prévalait avant l’application de la Charte.

Situation inquiétante

Dans le secteur privé, la situation est inquiétante. À l’échelle du Québec, la main-d’oeuvre qui travaille généralement en français dans les entreprises s’élevait à 70,8 % en 1989 pour tomber à 59,7 % en 2010 ! Dans la région de Montréal, toujours en 2010, ce pourcentage a chuté sous la barre des 50 %, pour atteindre 44,4 %. Sur l’île de Montréal même, la situation est catastrophique : le pourcentage d’employées et employés dans les entreprises qui travaillent généralement en français est passé de 45,3 % en 1989 à 32,1 % en 2010. À Montréal, d’ailleurs, 40 % des petites et moyennes entreprises exigent la connaissance de l’anglais lors de l’embauche.

Au-delà de ces données chiffrées préoccupantes, un constat se dessine : la bilinguisation est de moins en moins le fruit de l’apprentissage d’une autre langue, mais bien une obligation pour beaucoup trop de travailleurs et de travailleuses d’apprendre l’anglais pour obtenir un poste. À Baie-Comeau, par exemple, le syndicat de Hôtel-Motel la Caravelle se bat pour le droit de travailler en français. La situation dans le secteur de la santé, pourtant régi par le gouvernement du Québec, est elle aussi inquiétante. Selon une étude de l’IREC2, plus de 35 % du personnel soignant québécois s’exprime régulièrement en anglais au travail. La considération des allophones comme des demandeurs de services en anglais est l’un des vecteurs de ce phénomène.

Les secteurs public et privé de la région métropolitaine se révèlent des lieux stratégiques quant à l’intégration des immigrants et immigrantes au marché du travail. Et si le bilinguisme devait continuer à dominer les milieux de travail montréalais, la vitalité du français sera vraiment menacée. Les statistiques tirées d’une autre étude de l’IREC3 montrent que 20 % des immigrants, soit environ 200 000 d’entre eux, ne parlent pas le français. Ce constat menace la survie de la langue française au Québec.


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Statut jamais modifié depuis 1663 et pourtant...

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