«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La purge tout aussi nécessaire qu’impossible

Le sens de la famille

La tornade déclenchée par l’affaire Charest-Bibeau est un puissant révélateur d’un climat politique qui pourrit à vue d’œil. Elle expose aussi des fuites policières qui témoignent de dysfonctionnements inquiétants au sein même de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Coincé par ce retour brutal d’allégations de corruption entourant le Parti libéral du Québec, Philippe Couillard n’y voit que des « calomnies gratuites ». Le déni du premier ministre ne tient toutefois plus la route.

Après les révélations sur la surveillance policière de Jean Charest et de l’argentier libéral Marc Bibeau dans le cadre d’une enquête de l’UPAC toujours en cours sur la corruption, l’obus tiré hier par le président de la Fraternité des policiers de Montréal exige du gouvernement qu’il sorte de sa léthargie.

Selon Yves Francoeur, des enquêtes prêtes à déboucher sur des accusations contre deux libéraux, un ex-élu et un membre actuel du caucus, auraient été « bloquées ». Ces enquêtes impliqueraient même un « promoteur immobilier relié à la mafia ». D’où les fuites policières qui, lance-t-il, s’expliqueraient par le « malaise » de certains enquêteurs face à l’« obstruction » qu’ils subiraient.

Promesse brisée

De telles allégations sont gravissimes. La question est de savoir si elles sont fondées ou non. Si oui, les citoyens seraient en droit à deux choses essentielles : savoir de qui il s’agit et voir cette personne expulsée du caucus.

Une fois de plus, le gouvernement est confronté à sa promesse brisée sur le plan éthique. Bien qu’il s’y soit engagé, Philippe Couillard n’a toujours pas réussi à ériger un mur étanche entre son régime et celui de Jean Charest. Les liens passés révélés entre le chef de cabinet de M. Couillard et Marc Bibeau en sont une fissure majeure.

Idem pour les contrats liant toujours ce dernier à l’État. Idem aussi pour la longue amitié de l’ex-ministre Sam Hamad avec l’ex-organisateur libéral Marc-Yvan Côté, accusé de corruption avec l’ex-ministre Nathalie Normandeau et banni à vie du PLC depuis 2005.

Mission impossible

La démission de M. Hamad rappelle cette proximité troublante avec M. Côté. Laquelle, sur fond de soupçons de trafic d’influence, lui coûtait déjà son poste de ministre en 2016. Sa démission rappelle aussi qu’en 2013, M. Hamad fut le premier à appuyer M. Couillard dans la course à la chefferie.

Bref, quoi qu’en dise M. Couillard, faire table rase de l’ère Charest est une mission impossible. Et ce, pour quatre raisons. 1) Le PLQ est une puissante famille politique tricotée serré dont les principaux piliers, visibles et invisibles, politiques et d’affaires, transcendent les changements de chefs. 2) Les régimes Charest et Couillard sont liés de trop près dans le temps. 3) M. Couillard et une dizaine de ses propres ministres étaient ministres sous M. Charest. 4) Les tentacules de Marc Bibeau s’étendaient dans tous les recoins du PLQ tout comme celles de Marc-Yvan Côté pendant des décennies.

À moins de purger le PLQ de tous les restants de l’ère Charest, dont lui-même, M. Couillard trône au sommet d’une famille politique qu’il ne pourra jamais renier.


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