«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Toujours plus bas !

Les fédéralistes en mode panique

Le retour du « Bonhomme Sept Heures »

Le risque, et le danger, de la surenchère

Editorial de Vigile
mardi 5 mai 2015
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On avait beau s’y attendre, le déferlement de propagande fédéraliste hostile à Pierre Karl Péladeau est en train d’atteindre des proportions hystériques. Plus un seul jour ne passe sans qu’on ne puisse relever dans les médias une ou plusieurs tentatives de le discréditer d’une façon ou d’une autre. Un peu plus, il serait la réincarnation du Bonhomme Sept Heures.

Dernier épisode en date, Le Devoir rapporte aujourd’hui en encadré dans son article sur le débat tenu hier dans le cadre de la course à la chefferie des propos qu’aurait tenus PKP à l’endroit de Pierre Céré selon ce dernier : « Toi, mon tabarnak, je vais t’acheter. Combien tu coûtes ? ».

C’est l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours !

Notons que ces propos n’ont pas été tenus dans le cadre du débat d’hier et que Le Devoir ne fait que rapporter dans son reportage sur le débat une citation attribuée à PKP par une source intéressée dans un article du journaliste anti-québécois bien connu Martin Patriquin paru dans le magazine Maclean’s. En se faisant le colporteur d’un tel ragot en violation des règles les plus élémentaires du journalisme, Le Devoir nous administre une fois de plus une preuve aussi flagrante que magistrale de sa déchéance fédéraliste.

Et hier soir, à l’émission Tout-le-monde-en-parle de toute façon éclipsée par le hockey, Guy-A Lepage, dans une autre de ses génuflexions à l’Empire Desmarais et au clan fédéraliste, tendait un micro complaisant à une brochette de journalistes dans un segment prétendument consacré à la « liberté de presse » pour leur permettre de casser du sucre sur le dos de PKP et, ce qui était particulièrement abject, de sa conjointe Julie Snyder qui n’avait strictement rien à voir avec le sujet débattu.

Quelques jours plus tôt, La Presse faisait sa manchette avec la prise en délibéré par la Cour d’appel de l’appel d’une décision de la Cour supérieure rejetant les prétentions de l’une des soeurs de PKP à une somme de 46 millions $ dont elle aurait été prétendument lésée lors du rachat de ses actions par PKP en 2000, peu après le décès de leur père, une information qui n’aurait jamais fait les journaux vu la faiblesse de la cause, n’eût été de la présence de PKP dans la course à la chefferie du PQ. L’article est délibérément écrit pour donner le mauvais rôle à PKP et le faire mal paraître.

Tant qu’on restait sur le plan des idées et de l’objectif politique, le procédé demeurait dans les limites du jeu démocratique. Mais au fur et à mesure que les attaques sur ce plan se révélaient inefficaces et que la menace aux intérêts fédéralistes se précisait, la tentation devenait de plus en plus forte de recourir à des arguments ad hominem, dans la meilleure tradition du « muck-racking » à l’américaine.

Dans le chapitre 2 de l’ouvrage que j’ai consacré à Henri-Paul Rousseau, le siphonneur de la Caisse de dépôt paru l’an dernier aux Éditions Michel Brûlé, j’explique comment on avait utilisé cette méthode pour liquider le prédécesseur de Rousseau à la Caisse, Jean-Claude Scraire :

Les Américains, qui ont inventé ce style de journalisme, le qualifient de « muck-racking », brassage de boue, étant bien entendu que « boue » n’est ici qu’un euphémisme.

Le maître incontesté de ce style s’appelait William Randolph Hearst, et il avait amassé sa fortune en bâtissant un immense empire de presse. Il s’en servait pour promouvoir ses intérêts économiques et ses idées politiques. Mégalomane, il s’était fait bâtir un château, sur le modèle de ceux qu’il avait découverts lors de ses visites en Europe, à San Simeon, sur la côte californienne. Sagard avant le temps...

Il employait des femmes journalistes comme Louella Parsons et Hedda Hopper, surnommées à l’époque les commères d’Hollywood, pour répandre les rumeurs les plus nauséabondes sur les personnes qui se mettaient en travers de ses intérêts.

Le président Scraire ne survivra pas à l’application de la méthode Hearst. Le tollé est si fort qu’il sera sacrifié par son propre camp, deux ans avant la fin de son mandat. Le gouvernement péquiste de Bernard Landry exige en effet sa démission. Des élections se profilent à l’horizon (elles auront lieu le 14 avril 2003), et il n’est pas question qu’il s’y présente en traînant de telles casseroles.

Le problème que soulève l’application de cette médecine à Pierre Karl Péladeau tient autant au caractère teflon du personnage en raison de sa notoriété et de la force de son image, qu’à son caractère hors contexte et prématuré.

Pour le plus grand malheur des fédéralistes, PKP est très connu et il est l’image de l’un des plus grands succès d’affaires au Québec, nonobstant toutes les tentatives minables des derniers mois pour tenter de le minimiser. La présence de Québecor dans le paysage économique, social, audiovisuel et culturel du Québec est extrêmement forte, et PKP est très étroitement identifié à sa réussite

Par ailleurs, pour l’instant, PKP n’est encore que candidat à la chefferie du PQ. Le recours à des moyens généralement utilisés lors d’une campagne électorale ou référendaire surprend, non seulement parce que tout le monde comprend qu’il est peu susceptible d’avoir de l’effet auprès des membres du PQ qui auront à choisir le prochain chef dans quelques jours, mais parce qu’ils paraissent nettement prématurés et exagérés à ce moment-ci du calendrier politique.

Se pose donc automatiquement la question de la suite. Si nous en sommes déjà au caniveau à un stade aussi précoce de la vie politique de PKP, dans quels bas-fonds Radio-Canada, La Presse et consorts s’apprêtent-ils à nous traîner. Il faut en effet savoir que, tout comme lors du référendum de 1994 et 1995, le camp fédéraliste a mis en place une brigade de choc pour tenter de neutraliser et de faire déraper PKP.

Ayant subi les assauts de cette brigade dès le lancement de la campagne électorale en 1994 et pendant toute l’année du référendum, je suis bien placé pour en parler et même nommer des noms que vous pouvez de toute façon retrouver dans le rapport du juge Bernard Grenier sur Option Canada rendu public en 2007, et même sur le site du très « respectable » laboratoire d’idées qu’est l’Idée fédérale, dirigé par l’inénarrable André Pratte et qui, en passant, est une « oeuvre de bienfaisance » (sic) habilitée à émettre des reçus d’impôt !

Par rapport à Pierre Karl Péladeau, je n’étais évidemment que du menu fretin. Vous pouvez donc imaginer sans peine l’importance du dispositif mis en place pour le neutraliser.

Vous pouvez aussi imaginer ce qui nous attend au fur et à mesure que l’échéance électorale se rapprochera après l’élection de PKP à la chefferie du PQ. Ce sera l’hystérie au carré, avec un risque très élevé de dérapage.

L’expérience de l’attentat terroriste du Metropolis contre Pauline Marois n’est tout de même pas si lointaine que nous ayons pu l’oublier. Le refus politique d’avoir assumé cet attentat pour ce qu’il était n’enlève rien à la responsabilité de ceux qui y ont contribué en diabolisant l’option indépendantiste et ses promoteurs. En relisant l’article que je viens de citer, vous verrez jusqu’où remontent ces responsabilités.

Il y a un coût à exciter les fous, et la plupart du temps, ce coût est supporté par d’autres que les « exciteurs ». C"est pourquoi ils ne se gênent jamais.

Commentaires

  • C.B, 7 mai 2015 12h44

    C’est tellement drôle de les voir aller . Tout le monde panique dans les officines Libérales . Une flopée de poules pas de têtes qui courent partout en s’enfargeant dans leurs déclarations toutes plus absurdes les unes que les autres . Un ostie de beau show . S’ils avaient la moindre idée comme ils sont risibles...c’est du bonbon .

  • 7 mai 2015 10h28

    Hystérie est un bien faible mot pour décrire la panique chez les libérastres. C’est pour cette raison que la situation est dangereuse. Pour nous comme pour PKP.

    Je ne suis pas familier avec le mode d’élection des chefs du parti Québécois, mais si PKP ne parvenait pas à se faire élire comme chef du PQ, il m’apparait clair qu’un nouveau parti politique devra être créé sous sa gouverne.

  • Richard Le Hir, 6 mai 2015 15h00

    L’hystérie grimpe encore de quelques décibels.

    Il faut écouter Jean-Marc Fournier inviter les membres du PQ à choisir plutôt comme chef Martine Ouellette ou Alexandre Cloutier, comme s’il avait leurs intérêts à coeur et non ceux du PLQ. Surréaliste !

    Il faut lire ce déferlement de haine jalouse ou de jalousie haineuse, c’est selon, de Francine Pelletier dans sa chronique intitulée La Démone (Julie Snyder), publiée par Le Devoir aujourd’hui.

    Et Le Devoir qui se sert d’une citation de Fournier pour titrer son article PKP atteint un « degré de bassesse jamais vu » fait la démonstration qu’il est capable d’en remontrer même à Fournier sur le plan de la bassesse.

    D’ailleurs le comportement du Devoir vis à vis de PKP est si vindicatif qu’il faut même se demander s’il ne faut pas y voir un règlement de comptes.

  • Marcelle Gedron, 6 mai 2015 07h44

    Extraordinaire et éclairant article. Merci.

  • richard Boutin, 6 mai 2015 00h41

    Hysterie vous dites.......
    qui va mettre a sa place Lysiane Gagnon de La Presse a la place qui lui revient, une journaliste
    ca commence a faire

    une professionnelle ne doit pas et ne devrait pas etre permise de telle propagande. Dites moi madame, qui etes vous pour deblaterer sur 101 artistes qui admirent un homme mecene qui a aide la culture. Sortez des marais visqueux et c est ici un jeux de mots significatif.

    Le conseil de presse en blame d autres pour beaucoup moins grave que ce qu elle commet en abusant de sa tribune a la presse

    a l aide, svp arretons la et rappelons lui ses devoirs de journaliste qui devrait etre professionnel45

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