«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le retour des amis

Le Devoir
samedi 2 février 2008

Bien mauvaise pour l’image du gouvernement conservateur, cette enquête de Radio-Canada et du Globe and Mail laissant croire à l’ingérence d’un proche conseiller du premier ministre Stephen Harper auprès du ministère des Travaux publics, pressé de soumettre à la médiation, plutôt qu’aux tribunaux, le litige l’opposant à la société immobilière Rosdev. Survenant en plein coeur des débats autour de l’affaire Mulroney-Schreiber, cela ne peut que nous faire nous demander si, comme à l’époque du gouvernement conservateur de Brian Mulroney, le gouvernement actuel n’est pas à son tour tenté par le démon du favoritisme.

Reprenant à son compte ces informations, l’opposition aux Communes a cherché à prendre en flagrant délit de contradiction le premier ministre conservateur, qui s’était fait fort en campagne électorale de diriger un gouvernement au-dessus de tout soupçon. Il rejette fermement tout reproche car, soutient Stephen Harper, ce conseiller, Dimitri Soudas, qui joue le rôle d’attaché de presse et de conseiller pour le Québec, n’a fait que poser des questions. Et de toute façon, le ministère des Travaux publics n’a pas changé de position envers Rosdev, dont il cherche à récupérer la propriété de deux édifices loués auprès de cette entreprise pour cause de négligence.

Le fait que les démarches de Dimitri Soudas n’aient pas abouti ne l’absout d’aucune façon. Comme souligne le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, un cambriolage manqué n’en demeure pas moins un acte criminel. Les informations publiées jusqu’à maintenant ne constituent pas une preuve de malversation mais font néanmoins peser de sérieux soupçons à propos des intentions qui animaient le conseiller du premier ministre.

Il faut rappeler que dans un premier temps, Leo Housakos, un ami de M. Soudas et par ailleurs un important collecteur de fonds conservateur au Québec, avait fait des démarches infructueuses auprès du chef de cabinet du ministre Michael Fortier afin que le patron de Rosdev, Michael Rosenberg, obtienne une audience. L’argument était que ce dernier était influent dans la communauté juive d’Outremont et pouvait servir les intérêts du Parti conservateur. Par la suite, Dimitri Soudas devait convoquer des membres du cabinet de M. Fortier à ses bureaux dans l’édifice Langevin qu’occupe le premier ministre.

Si ce n’est pas un traitement de faveur dont M. Rosenberg a profité, qu’est-ce donc ? Le premier ministre tente de banaliser ces démarches qui sont de l’ordre du lobbying, une activité régie par des règles strictes. Les explications données ne sont guère convaincantes. Les partis d’opposition veulent saisir de cette affaire le comité des opérations gouvernementales des Communes et faire entendre ses principaux protagonistes. Il le faut ! Ne serait-ce que pour signaler au gouvernement conservateur qu’il est sous surveillance et qu’on ne tolérera pas qu’il pratique ce qu’il dénonçait autrefois.

bdescoteaux@ledevoir.com

- source

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L’affaire Soudas-Housakos

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