«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

« La merde malodorante de Hockey Canada »

Le retour de la madame de chez Eaton

L’excuse officielle, celle qu’on nous sert jusqu’à l’écœurement, c’est que la langue du hockey, c’est l’anglais.

Remarquez que je serais curieux de savoir dans quelle langue on parle dans l’équipe de Moscou. Anglais pour les trois gars de la Ligue nationale ?

Cette excuse, je suis prêt à l’accepter dans la Ligue nationale de hockey. Que l’anglais serve de langue commune pour les Russes, les francophones ou les Suédois, je trouve que c’est correct.

Ce sont des professionnels et ils ont un devoir d’efficacité. Et même s’il faut passer au tordeur sa fierté, je l’accepte dans la Ligue junior majeure du Québec puisqu’il faut préparer le un pour cent de jeunes à travailler en anglais dans le hockey.

Mais j’ai fréquenté suffisamment de vestiaires dans la Ligue nationale pour savoir qu’à Tampa Bay par exemple, Martin St-Louis et Vincent Lecavalier n’ont jamais eu à parler anglais dans le vestiaire quand ils avaient quelque chose à jaser. Même chose pour Marc-André Fleury et Kristopher Letang à Pittsburgh. S’ils avaient le goût d’être gentils et polis pour que leurs coéquipiers comprennent leurs propos, ils traduisaient ou ils poursuivaient en anglais. Mais c’était de la courtoisie, pas une règle.

COLONISÉ ET MÉPRISANT

Mais qu’on impose l’anglais dans la vie quotidienne d’une équipe nationale, défendant les principes et les couleurs du beau Canada à Justin, c’est colonisé et méprisant. Surtout quand cette équipe, pour la première fois peut-être de son histoire, alignait sept joueurs de langue française et était dirigée et gérée par deux francophones.

Qu’ont pu penser Dominique Ducharme et Joël Bouchard ? Le premier, bien préparé pour calmer la tempête qui se levait, a valsé un pas de trois avec le confrère Philippe Cantin qui a été très poli en faisant accroire de le prendre au sérieux. Le deuxième, président et directeur général d’une équipe, l’Armada, appartenant à une compagnie propriété d’un ancien chef politique fier et nationaliste, a accepté cette tutelle honteuse en la défendant.

Pourquoi ne pas avoir donné sa peau avec le scalp tant qu’à se déculotter ?

Pensez-y deux secondes. Nicolas Roy d’Amos et Julien Gauthier, un solide gaillard crédible et posé, jouaient ensemble sur le même trio. Quand Gauthier scorait un de ses cinq buts, il fallait que Roy le félicite en anglais en revenant sur le banc. Pour respecter la chimie de l’équipe.

Et quand les francos se retrouvaient le soir à une table où on installait un coéquipier anglophone, au lieu de se reposer et de se détendre dans leur langue maternelle, ils devaient baragouiner en anglais toute la soirée pour... respecter le pauvre anglo. Pauvre petite bête.

Pensez-vous que cinq anglos parlaient français pour le frog assis à leur table ?

LA MADAME DE CHEZ EATON

Je sais, je sais, les colonisés les plus profonds vous diront que ce sont les francophones bilingues qui sont les plus intelligents. Eux autres parlent deux langues. C’est ce qu’on disait quand les madames Gauthier du Québec gagnaient 80 cennes de l’heure chez Eaton et devaient toujours parler en anglais à leur boss qui se serait pincé le nez s’il avait échappé un bonjour dans la langue des domestiques et des porteurs d’eau.

Je comprends qu’on a fait de l’anglais la langue commune dans les vestiaires. Mais l’hostie de puck doit s’arrêter là. Sinon, il reste juste une façon de marcher. Plié en deux pour mieux se faire entuber.

Ce qui me brise le cœur, c’est de savoir que Ducharme et Bouchard ont été complices de ce mépris.

Et la merde malodorante de Hockey Canada ne s’est pas limitée aux joueurs. Les médias francophones, à part les officiels comme RDS, ont été traités en colonisés.

Scott Smith qui a déjà donné des entrevues en français à François-David Rouleau et qui vient du Nouveau-Brunswick, n’a jamais fait le moindre effort. Quand un journaliste francophone osait poser une question en français à Ducharme ou Bouchard, Lisa Dornan s’empressait de traduire toute la réponse en anglais pour les amis de la langue supérieure.

Quand ça se passait en anglais, pas de traduction. Bien sûr, la madame de chez Eaton comprend la langue du boss.

SINISTRE MASCARADE

Que les Stars de Dallas fassent ce qu’ils voudront dans leur vestiaire, c’est de leur affaire. Mais quand on parle d’une équipe nationale, on parle d’une équipe et d’une organisation qui représentent le Canada et ses valeurs. On nous fait suer, Jean-Marc Fournier et Philippe Couillard en tête, avec le bilinguisme du beau et grand Canada.

Vous le savez aussi bien que moi, c’est une sinistre mascarade. À part Montréal et peut-être certaines parties du Nouveau-Brunswick, le Canada est anglais. Et Justin Sinclair-Trudeau le sait mille fois mieux que moi.

Si on arrête la boulechite et si on me dit que tout ce qui représente le Canada est anglais, j’aurai au moins l’heure juste. Je n’aurai pas d’attente. Faites votre show, c’est à vous autres.

Mais en attendant, vous et moi payons une fortune à Ottawa à même vos impôts pour que les institutions nationales au moins soient bilingues.

Quand Nicolas Roy est obligé de dire à Julien Gauthier : « How did you miss that goal ? » en revenant sur le banc, vous avez payé pour rien. Et en ne disant rien, vous vous laissez coloniser encore plus.

Et si vous pensez sérieusement que la mondialisation va vous permettre de vous en sortir en apprenant à baragouiner la langue supérieure, bienvenue chez les rêveurs. Les nations à genoux ne sont jamais allées très loin.


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