«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un référendum ne mène pas nécesairement à l’indépendance

Le référendum pour les nuls

Un référendum conduit à des négociations

Tribune libre de Vigile
dimanche 11 septembre 2016
614 visites 9 messages

Bien des indépendantistes, à tort, croient qu’un référendum gagnant nous mènera nécessairement à l’indépendance. De même, chez les fédéralistes, plusieurs croient qu’un référendum gagné par le Québec conduira ce dernier à l’indépendance. Ces personnes des deux camps sont dans l’erreur.

Suite à un référendum gagnant, il y aura nécessairement des négociations entre le Canada et le Québec. C’est une étape exigée par les instances internationales.
Le Canada est un état de droit qui occupe une place importante au sein des Nations Unies. Cet ordre mondial lui imposera la nécessité de négocier. D’autant plus que la Cour suprême du Canada a dit qu’aucun gouvernement canadien, respectueux de sa constitution, ne pourrait demeurer indifférent devant l’expression d’une majorité claire de Québécois voulant se dissocier du Canada. Selon la Cour « le rejet clairement exprimé par le peuple du Québec de l’ordre constitutionnel existant conférerait clairement légitimité aux revendications sécessionnistes et imposerait aux autres provinces et au gouvernement fédéral l’obligation de prendre en considération et de respecter cette expression de la volonté démocratique en engageant des négociations. »
Le Canada aura donc l’obligation de négocier.

Le Québec aussi aura l’obligation de négocier s’il veut éventuellement obtenir une reconnaissance internationale. La Cour suprême a bien établi le fait que le processus d’accession à la souveraineté est régi entièrement par le droit interne canadien. Il doit donc s’effectuer dans le cadre constitutionnel actuel.

Donc négociations il y aura.

Maintenant qui, des indépendantistes ou des fédéralistes, peut prédire ce qui ressortira de ces négociations ? Où se trouve l’oracle qui pourrait nous donner l’heure juste à ce sujet ?

Qu’en ressortira-t-il ? Deux nouveaux pays : un Canada sans le Québec et un Québec totalement indépendant ? Un nouveau pays constitué de deux peuples : un anglophone et l’autre francophone ? Dix pays ?

Il est pratiquement impossible de présumer du résultat de ces négociations.
Chose certaine, les fédéralistes ne veulent pas que le Québec se dise "oui" car ils savent bien qu’ils auront l’obligation de négocier s’ils veulent continuer à avoir un état de droit.

Un vote "oui" pour l’indépendance ne veut donc pas dire l’indépendance de façon automatique.
Le Canada, état de droit, aura une obligation de négociation. Le Québec, un état de droit en devenir, s’il veut obtenir l’approbation internationale d’exister, devra, lui aussi, accepter de négocier. L’issue de ces négociations est, pour tout le monde, impossible à prévoir.

Il est plus que temps que nos femmes et nos hommes de la politique nous disent cette vérité concernant le référendum. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait jusqu’à maintenant ? Par ignorance ? Par calcul ? Pourquoi ?

Commentaires

  • Michel J. Dion, 18 septembre 2016 12h25


    C’est exacte Cher M. Ricard, un référendum est en somme un droit légitime, une demande démocratique de négocier.

    Martine Ouellet devrait le dire haut et fort, au lieu de vendre du vent et des nuages à des électeurs trop crédules. JF Lisée semble le seul à avoir bien compris ce principe et tous les dessous d’une telle négociation.

  • Jean Lespérance, 13 septembre 2016 19h55

    Un référendum , c’est la promesse de quelque chose de mieux, sans préciser quoi, qui sera défini lors de consultations ultérieures. Ça peut se faire mais ce n’est pas aussi motivant , attrayant, intéressant que de présenter une nouvelle constitution pouvant être améliorée par des référendums d’initiatives populaires.

    L’inconnu fait peur et enlever la peur aux gens n’est pas facile lorsqu’on a sur le dos les gros fabricants d’épouvantails. Quand les gens vont en arracher plus, ils vont voter contre le pouvoir avec rage, mais ça risque de prendre encore beaucoup de temps.

  • Jean Brilland, 12 septembre 2016 23h24

    « Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus »
    - (Sénèque)

    Et oser, dans le contexte de l’affirmation de l’indépendance, c’est :

    - Permettre à des projets porteurs comme le TrensQuébec de voir le jour à travers l’engagement citoyen ;

    - Permettre la création d’une constitution citoyenne...et son assemblée... ;

    - Permettre aux Québécois de dire non, et pas aux quatre ans, à des projets insensés comme la fracturation, et l’extraction de ressources naturelles sans le respect de l’écosystème (humain compris !), l’invasion massive d’OGM (Organismes génétiquement modifiés) ; de la dilapidation de nos ressources fauniques, bonatiques, aquatiques, etc. ;

    - Permettre aux Québécois d’évaluer leur gouvernement sur une base annuelle à travers un processus d’imposition intelligent et équitable ;

    - Permettre aux immigrants d’appuyer, via une Politique de développement international (et son financement), le développement de leurs régions/familles d’origine ;

    Comment faciliter ces extrants de l’indépendance ?

    Favoriser l’émergence d’une culture apprenante de l’indépendance. .

    A suivre...

  • mimi St-Pierre Otis, 12 septembre 2016 17h10

    M.L’espérance,

    Vous dites ; pas besoin de référendum mais vous parlez de voter pour une pré-constitution et puis de rérérendum d’initiatives populaires... On en perd son latin.

    Il vous faudra solliciter le vote des électeurs de la même façon qu’un référendum, en bonne et due forme.

    Franchement, cessons d’avoir peur d’un référendum. Cessons de berner les citoyens en voulant leur faire passer par des faux détours.

    Allons y avec une question claire et demandons au citoyens de bonne foi d’y adhérer. La peur est mauvaise conseillère.

  • Jean Lespérance, 12 septembre 2016 09h01

    Combien de fois faut-il le redire ? Ce n’est pas nécessaire de voter pour un référendum, de faire un référendum, il suffit de voter pour une pré-constitution qui entrera en vigueur dès l’entrée au pouvoir du PQ.

    Et avec des référendums d’initiatives populaires incluant un droit de destitution et droit d’accusations ou d’impeachment, le citoyen aura le vrai pouvoir entre ses mains et pourra modifier la constitution s’il le désire. Il y en a toujours qui trouvent le moyen de ronger les pouvoirs du peuple de mille et une manières. Pourquoi s’emmerder avec un référendum quand on peut passer à côté ?

  • François Ricard, 12 septembre 2016 09h00

    @mimi St-Pierre Otis
    Léon XIII :"La première loi de l’histoire est de ne pas oser mentir ; la seconde, de ne pas craindre d’exprimer toute la vérité."
    En quelle circonstance et en quels termes l’ONU a -t-elle reconnu le critère du 50%+1 ?
    Et puis je ne dis pas qu’un référendum est compliqué. je dis que le seul résultat d’un référendum gagnant ne conduit qu’à des négociations dont personne ne peut nous prédire les résultats.
    Et je crois que nous, les indépendantistes, plutôt que de nous investir dans une bataille rangée pour obtenir l’indépendance, nous mettons, justement, tous nos efforts en un seul instrument:le référendum.
    Par exemple,le gouvernement du Québec ne peut pas appliquer ses propres lois environnementales au Port de Québec, où seule la compétence fédérale fait loi. C’est ce que conclut un jugement de la Cour supérieure rendu le 2016-09-09. Une décision qui risque d’avoir des conséquences sur des projets industriels majeurs au Québec.
    Pour le spécialiste du droit constitutionnel David Robitaille, ce « jugement grave »pourrait être « lourd de conséquences » pour le Québec. « Je crois qu’il s’agit d’une dépossession de la capacité de gouverner sur le territoire ». Le jugement est « centralisateur » et « il vient saper les principes du fédéralisme coopératif »
    Aucun de nos candidats n’y a fait allusion., préférant se décrêper les cheveux au sujet d’un maudit référendum. Une véritable obsession !

  • mimi St-Pierre Otis, 11 septembre 2016 21h44

    Je pense qu’il ne faut pas faire exprès pour compliquer ce qui est déjà compliqué

    pour trop de monde, en particulier pour la masse. Tout le monde devrait savoir

    que négocier pour accéder à un pays indépendant exigera une série de négociations en vue de s,approprier les différents échelons du pouvoir et les différents champs d’exercices à céder au nouveau pays.

    Ce que je trouve défaitiste dans votre communiqué, c’est de laisser croire qu’un

    rférendum gagnant(50% plus un minimum), ça ne vaut rien, C’est
    pourtant l’instrument reconnu sur le plan de l’ONU et qui est le seul critère valable et

    crédible pour qu’un pays accède à son indépendance.

    Venez pas nous dire qu’un référendum c’est trop compliqué. Faudrait donc se

    résigner et rester soumis à l’emprise de fédéral et cela ad vitam ?

  • Jules Roche, 11 septembre 2016 15h03

    Ce que l’auteur semble nous dire, c’est qu’une réponse claire à une question claire ne garantit pas que nous aboutirons nécessairement à l’indépendance.
    Une étape subséquente semble s’imposer immédiatement après ce référendum : des négociations. Et possiblement un autre référendum ou une élection référendaire.
    À la réflexion je crois qu’il a raison.

  • Marcel Haché, 11 septembre 2016 13h26

    Fallait être nul, en effet, lors du référendum de 1980, pour persister à tenir un référendum perdu d’avance sur une question alambiquée demandant un simple mandat de négocier.

    Vous avez raison François Ricard. Un référendum mène directement à des négociations. Évidemment, un référendum gagné assure une position de force lors des négociations. Pourquoi alors les péquistes ne s’inscriraient-ils pas dans des rapports de force dès les élections, sans passer par un exercice de consultation extrêmement périlleux, d’autant plus périlleux qu’il est devenu extrêmement impopulaire, ce qui accroît le péril à l’égard de notre Cause ?

    Hélas, il faut bien constater que ce n’est pas d’hier que sévit la péquisterie.

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