«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Il est incapable d’être le premier ministre de tous les Québécois

Le rassembleur soudain isolé

samedi 11 février

Dans la douleur collective qui a suivi l’attentat de Québec, Philippe Couillard a joué de façon exemplaire son rôle de rassembleur. Il a maintenu un ton approprié, il a démontré l’empathie voulue, il a tendu la main en évitant de glisser dans la recherche de coupables.

Une semaine plus tard, le même premier ministre a vécu un dur retour des choses. Dès la rentrée parlementaire, les thèmes de la laïcité et des accommodements l’ont rattrapé. Or son projet de loi 62 traîne devant l’Assemblée depuis longtemps et ne recueille pas d’appuis significatifs.

Compromis recherché

La rentrée parlementaire fut teintée par l’atmosphère d’unité qui régnait au lendemain de la tragédie de la mosquée de Québec. Les chefs de la CAQ et du PQ se sont tous deux montrés disposés à mettre de l’eau dans leur vin dans l’espoir de trouver un consensus avec le gouvernement.

Même Amir Khadir, de Québec solidaire, a qualifié le projet de loi 62 d’inacceptable, lui qui apparaissait plus près de l’approche libérale à l’époque de la Charte des valeurs. En résumé, le Parti libéral de Philippe Couillard se retrouve complètement isolé sur la question.

Déstabilisé par la volonté de compromis de ses vis-à-vis et leur appel à ce qu’il fasse lui aussi un bout de chemin, le premier ministre a voulu réaffirmer sa position. Il a soutenu que le port de signes religieux par les personnes en situation d’autorité constituait un faux débat, un « enjeu ­inexistant ».

Le sociologue Gérard Bouchard (de la commission Bouchard-Taylor) lui a porté un dur coup en affirmant le contraire. Selon lui, l’enjeu est réel et requiert une attention urgente. Une déclaration qui laisse le premier ministre encore plus isolé dans son coin.

Bouchard-Taylor

Majoritaire à l’Assemblée nationale, le gouvernement libéral pourrait imposer le bâillon et imposer son insignifiant projet de loi 62. Cela n’aurait aucune valeur. Rien ne serait réglé et le Québec serait aussi divisé. Le premier ministre aurait manqué à son devoir de rassembler.

Dès que s’amorce la recherche d’un consensus, une chose devient évidente. Tous les partis, comme tous les observateurs, se tournent spontanément vers le rapport Bouchard- Taylor. Même s’il a 10 ans, ce rapport demeure une référence incontournable.

En 10 ans, aucun gouvernement n’a agi dans le sens du rapport. Le gouvernement Charest a voulu y aller plus timidement. Son projet est mort au feuilleton. Le gouvernement péquiste a voulu aller bien plus loin avec sa Charte. Morte au feuilleton elle aussi après une élection désastreuse. La nouvelle mouture, le projet de loi 62, est pire que tout.

On pourrait dire que le rapport Bouchard-Taylor a été tabletté par les gouvernements, mais n’a jamais été tabletté par la société québécoise. Le travail de ces deux sages prend même de la valeur à mesure que les uns et les autres se cassent les dents et que le problème traîne.

Dix ans plus tard, les parlementaires de tous les partis feraient une grande chose en concluant ce chapitre de notre histoire collective par un vote unanime à l’Assemblée nationale.


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Le commencement de la fin

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