«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le principal enjeu de cette fin de campagne : Philippe Couillard

Billet — Louis Lapointe
lundi 31 mars 2014
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Avant-propos

À la toute fin de ma chronique Qui a peur de l’indépendance ? je posais la question suivante :

Afin de les ramener au PQ, faut-il faire encore plus peur aux Québécois ou leur donner davantage confiance en eux ?

J’ai fait de la "peur" le fil conducteur de mes quatre dernières chroniques, un sujet que j’ai abordé sous différents angles : l’indépendance, le référendum, la charte de la laïcité, la corruption, les sondages et le bilinguisme.

Voici ma cinquième chronique portant sur le même sujet. Les Québécois ont-ils peur de Philippe Couillard ?

***

En lisant les journaux de ce matin, un constat s’est imposé à moi.

Philippe Couillard est devenu le principal enjeu de la présente campagne électorale.

Son passé trouble qui est revenu le hanter en cette fin de parcours a été l’objet de nombreux articles publiés au cours des derniers jours, non seulement sur Vigile.net, mais également dans toute la presse québécoise.

Les Québécois choisiront-ils un premier ministre qui a souscrit au régime d’Arabie Saoudite en y ayant travaillé à deux reprises, une première fois comme médecin spécialiste dans les années 90 et récemment comme conseiller du ministre de la Santé en 2010 ?

Voteront-ils pour un homme qui a été associé dans plusieurs activités à Arthur Porter, présumé auteur d’une vaste fraude au CUSM, dont il a longtemps été l’intime ?

Voteront-ils pour un homme qui a déjà placé ses actifs à l’abri de l’impôt dans une banque de l’île de Jersey, un paradis fiscal ?

Face à tant de révélations, le présumé « deal » de Pauline Marois est apparu comme une "niaiserie", pour reprendre les mots du bon docteur.

C’est l’ensemble de l’œuvre dont il est le seul et unique auteur qui coule le Dr Couillard en cette fin de campagne.

De la boue, il n’a pas besoin d’en recevoir, il y a longtemps qu’il a les deux pieds dedans.

À cela s’ajoutent ses déclarations controversées sur le bilinguisme institutionnel prononcées à l’occasion et depuis le dernier débat des chefs.

Qu’est-ce qui fait plus peur, le poing levé de PKP ou le passé trouble de Philippe Couillard et de son parti ?

Ainsi, Pauline Marois se présente donc en cette dernière semaine de campagne comme la seule alternative à celui qui, jusqu’à la semaine dernière, était considéré dans tous les sondages comme le futur premier ministre du Québec, un choix qui apparaît de moins en moins crédible plus le jour du scrutin approche.

Face à toutes ces révélations et déclarations, les Québécois auront-ils compris qu’un seul constat s’impose à eux en cette fin de campagne ?

Il faut battre Philippe Couillard !

***

Sur le même sujet :

Où est l’anglais ? Il est partout !

Les nationalistes mous seraient-ils prêts à troquer la neutralité de l’État contre le bilinguisme officiel en votant pour le bon Dr Couillard ?

Après la corruption, le bilinguisme...

Jusqu’où les conduira cette peur bleue du référendum ?

À quand un sondage sur la corruption des partis politiques ?

Quand on décide de parler de référendum sur l’indépendance dans un sondage, on sait que cela risque d’influencer les électeurs, d’attiser certaines peurs, de renforcer certaines perceptions, d’orienter certains choix.

Qui a peur de l’indépendance ?

À la vue de PKP levant le poing, tous les nationalistes mous qui ont plus peur de l’indépendance et du référendum que des foulards et de la corruption ont décidé d’aller se réfugier là où ils auraient moins peur, chez les libéraux.

Comment les ramener au PQ ?

En leur faisant encore plus peur ou en leur donnant davantage confiance en eux ?

Une couleuvre ne fait pas le printemps

Pour bien des Québécois, l’indépendance du Québec est encore un sujet tabou dont il ne faudrait surtout pas parler tant il fait peur. Un peu comme ce silence qui entourait la corruption dans l’octroi de contrats publics dans l’industrie de la construction avant qu’on instaure la commission Charbonneau.

Le Parti québécois l’a bien compris, mais, plutôt que de chercher à atténuer cette crainte en parlant des avantages de l’indépendance pour le Québec comme le faisaient René Lévesque et Jacques Parizeau dans le bon vieux temps, Pauline Marois préfère leur parler de laïcité.

Commentaires

  • Fernand Lachaine, 1er avril 2014 14h47

    La semaine nous avons su que Sylvain Lafrance ancien vice-président de Radio-Canada, était maintenant à l’emploi de Gesca (Desmarais)et à cette occasion j’avais prédit que des choses allaient arriver. Ce n’est pas pour rien que ce gars-là, qui a signé une entente de collaboration avec Gesca en 2001, vient d’entrer dans le personnel des Désmarais en temps d’élections. C’était pour frapper sur le PQ et les souverainistes et hier c’était la lettre anonyme d’un monsieur anonyme connu d’Alain Gravel et de Radio-Canada qui dit que Claude Blanchet lui a demandé $25,000.00.
    C’est maintenant Lafrance de Gesca qui va contrôler Radio-Can et RDI. Les Desmarais s’émiscent dans la campagne électorale et leurs noms apparaissent à nulle part. Anonymes.
    Nous sommes en train de se faire f....comme au référendum de 1995 que les canadianistes ont volé.

  • Muriel Monarque, 1er avril 2014 00h11

    Je ne crains pas le risque d’un référendum sur la souveraineté du Québec. C’est là un processus de consultation démocratique qui respecte le droit de tous les québécois à décider de leur avenir.
    Par contre, je suis loin d’être rassurée par les propos de Philippe Couillard qui est tenté par la signature de la constitution canadienne.
    Pourquoi ne discutons-nous pas dans cette campagne de la portée d’un tel geste.
    Il nous sera dès lors bien difficile de continuer à progresser comme société distincte.
    Nos projets de loi passés et futurs ne seront-ils pas soumis à la loupe d’un gouvernement fédéral qui jugera inconditionnelle toute démarche pour protéger notre langue, notre culture, nos valeurs et jusqu’à notre territoire et la gestion de ses richesses ? Avec Philppe Couillard , se prépare-t-on à une autre nuit des longs couteaux ?

  • Peter Benoit, 31 mars 2014 21h58

    Ces derniers jours, j’ai senti un recul du PLQ avec une remontée de la CAQ. La Charte a plus d’impacts sur le vote des femmes d’après ce que j’ai pu entendre. Vers le milieu de la campagne, alors que le PLQ faisait 40%, le PQ 33% et la CAQ 13%, la piètre performance de Q-Yard au deuxième débat et les questions d’intégrité ont sans doute permis à la CAQ d’améliorer son score.

    Je pense que le PQ (c’est juste une impression) revient vers les 37%, le PLQ à 35% et la CAQ à 18% avec QS à 8% et les autres à 2%. Je pense que c’est essentiellement la performance de la CAQ qui va décider du gouvernement qu’on aura. À 18%, la CAQ est menacée de disparition et on pourrait avoir un PQ faiblement majoritaire avec environ 68-70 députés comme le PLQ en 2008.

    Mais à 35% pour le PLQ, vu les conditions et la campagne, ce n’est pas que Q-Yard. Comment expliquer que la CAQ ne fasse pas mieux ? Que le PQ n’en profite pas plus ?

    Pour ma part, je pense que, tout parti confondu, il y a absence de projet mobilisateur pour les Québécois. On s’entend que le PLQ comme le Canada n’a pu rien à offrir au Québec, nous sommes bien et bel passés du "What does Québec want" au "Let’s show them the door".

    LA CAQ et le PQ ont des programmes qui se ressemblent ; ce qui entraîne la division du vote. Pour se démarquer, le PQ ne peut plus se dérober et fuir en avant, il lui faudra désormais expliquer son projet d’indépendance à la "Scottish" et mobiliser le peuple québécois avec lui. Qui dit mobiliser, dit aussi capacité de mobiliser et donc un mobilisateur en chef.

    Soit pour l’élection en 2014 pour passer la Charte, revamper la loi 101 et faire le ménage avec la Commission Charbonneau. Qu’arrivera-t-il si le prochain chef du PLQ a une intégrité "raisonnable", incarne le renouveau et puisse profiter d’une conjoncture favorable pour se faire élire et signer la Constitution ?

    Le PQ n’a plus le droit à l’erreur. Il est dans l’obligation de changer de stratégie, même si la défaite présumée du PLQ aura dépassé toute notre espérance.

  • Gaston Carmichael, 31 mars 2014 19h23

    Il semble bien que Radio-Canada ait fait le même constat que vous : Philippe Couillard est devenu le principal enjeu de la présente campagne électorale.

    Hier aux nouvelles RDI à 16h00 :

    - De 16h00 à 16h10 (10 minutes non-stop) : On donne le micro à M. Couillard pour faire le point sur sa journée. Il en profite pour répondre aux mauvais coups qu’il a encaissé au dernier débat, et depuis. Il en profite pour se refaire une virginité.

    - De 16h10 à 16h12 (2 minutes) : On fait le point sur la journée pour le PQ, la CAQ et QS.

    On entre dans la dernière semaine. Il est clair que La Presse/Radio-Canada vont tout faire pour remettre le PLQ en selle.

  • le bricou, 31 mars 2014 15h04

    Rassurez vous, il n’y a que les malades qui ont besoin d’un docteur...

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