«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un signal d’alarme pour le PQ

Bernard Drainville

Le premier violon

Comprendre la portée de son héritage

Editorial de Vigile
mercredi 15 juin 2016

Si Bernard Drainville n’a plus sa place au Parti québécois, voilà qui soulève de criantes questions. Un homme de cette stature, qui bien souvent m’a fait penser à notre grand premier ministre Honoré Mercier (1887-1891) par la teneur et l’éloquence de ses discours, par la ferveur et la sincérité de son engagement envers le Québec, envers sa patrie, par la droiture de ses actes, un homme de cette stature aurait dû être porté par ses collègues et par notre peuple.

Son départ me chagrine et m’inquiète. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, un départ au fond à demi volontaire, parce que beaucoup l’ont laissé tomber par calculs électoraux de bas étages. Certains l’ont même poignardé dans le dos à propos de la légitime charte de la laïcité. Avec PKP, il avait encore sa place. Sans PKP, le voilà dépourvu de complices et d’appuis. Sans le dire ouvertement, M. Drainville a senti que les jeux étaient faits pour lui. Il n’est pas homme à jouer les seconds violons. Et, heureusement, il n’est pas homme non plus à dire « plus jamais ». L’intelligence qu’on lui connaît, sans cesse aux aguets, lui fera soupeser au fur et à mesure le cours de l’histoire. S’il peut servir, il reviendra. J’en suis persuadé. Mais pas comme second violon…

En attendant, ce retour aux sources vers son métier d’origine, l’information et l’analyse, ne pourra qu’être bénéfique pour le débat public, hélas réduit trop souvent, dans ce Québec de l’ère Charest-Couillard, à des sautes d’humeur. Bernard Drainville s’emploiera avec la fougue qu’on lui connaît à remettre les pendules à l’heure au sujet de la légitimité du projet indépendantiste – le seul qui soit un gage de survie pour notre nation.

Une certaine violence médiatique s’est encore manifestée autour de sa démission, dans cet esprit de lynchage qui caractérise les tenants d’une propagande fédéraliste simpliste et dépourvue de substance, lui reprochant son départ à mi-mandat et son combat pour que notre patrie vibre au son d’une même loi pour tous, le faisant même passer pour un démagogue. Ces agents de canadianisation auraient pu se garder une petite gêne devant un homme politique qui a assaini les mœurs politiques du Québec de façon admirable et qui a réussi à faire réapparaître la référence du pays dans le débat public.

Le départ de Bernard Drainville affaiblit le Parti québécois. Il lui faudra beaucoup de lucidité, d’innovations, d’audace et d’intelligence pour se relever de ce vide. Il faut pour l’instant saluer l’homme, le remercier surtout pour sa grande lucidité et sa compréhension du vivre-ensemble. Le citoyen, tel que conçu par Bernard Drainville, est cet être qui refuse le communautarisme incarné par le multiculturalisme canadian au profit de l’égalité, qui regarde vers l’avenir avec ses semblables plutôt que de faire en sorte que ces derniers se regardent en chiens de faïence, hissant ainsi à bout de bras les principes fondamentaux de la véritable démocratie. Le citoyen est au centre de la Cité pour l’ex-député de Marie-Victorin. C’est ce que nous clamait cette charte. N’oublions pas que celle-ci portait le PQ dans les sondages avant que le parti ne se lance tête baissée et précipitamment en 2014 dans une campagne électorale qui oublia bêtement de la mettre au centre de son action. Quelle idiotie !

Puisque rien n’est réglé donc, comme le notait avec raison ce matin Mario Dumont dans sa chronique du Journal de Montréal, il faudra bien repasser par les champs idéologiques défrichés par Bernard Drainville. Ils sont incontournables si l’on veut éviter la violence sourde du communautarisme et la dénationalisation complète du Québec. On comprendra alors la portée de son héritage.

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