«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Où s’en va l’école québécoise ?

Le plus beau métier du monde ?

Tribune libre de Vigile
vendredi 22 avril 2016
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Durant les quelque 32 années pendant lesquelles j’ai œuvré dans le « merveilleux » monde de l’éducation, j’ai toujours proclamé que j’exerçais le plus beau métier du monde. Or, à lire et à entendre les commentaires des divers intervenants dans les écoles du Québec, il semble bien que les temps ont changé.

Intimidations et violences verbales et physiques des élèves envers les enseignants sont devenues monnaie courante dans les écoles à tel point que plusieurs enseignants, même d’expérience, sont forcés de se retirer temporairement pour cause de surmenage psychologique, d’autres songeant même à se retirer définitivement.

Mais que s’est-il donc passé pour que le climat de l’école soit devenu aussi violent ? Quels facteurs ont influencé ces revirements d’autorité qui ont vu les élèves empiéter sans coup férir sur l’autorité du professeur ? Avons-nous perdu le contrôle de nos écoles ? Toutes des questions qui méritent qu’on s’y arrête sérieusement avant que l’anarchie menée par les élèves ne transforme l’école en un véritable arène de combat.

Au risque de me faire critiquer, j’ose proposer que toute forme d’éducation débute à la maison dès le tout jeune âge, sans quoi il est utopique de se décharger de cette tâche en la confiant à l’école dont le rôle premier est de communiquer des connaissances et non pas d’initier le jeune au respect des personnes qui l’entourent.

Partant de ce constat, il m’apparaît essentiel que la maison et l’école établissent un lien nécessaire relativement aux valeurs qui sont véhiculées dans les deux milieux, une mesure qui saura éliminer les mailles qui se construisent dans l’univers du jeune et par lesquelles il lui est facile de se faufiler lorsqu’il arrive à l’école.

Quant aux enseignants, je propose qu’il maintienne en classe une certaine autorité que je traduirais par « une main de fer dans un gant de velours », une fermeté jumelée à une certaine souplesse, une attitude de maintien de l’ordre dans la classe tout en permettant à l’élève le droit à la faute.

L’équipe d’intervenants doit reprendre le contrôle de l’école avec la collaboration des parents…Peut-être qu’alors l’enseignement redeviendra-t-il le plus beau métier du monde !

Commentaires

  • Henri Marineau, 26 avril 2016 05h26

    Quoique je ne sois pas un partisan de la Coalition avenir Québec (CAQ), je dois reconnaître que le fait de faire de l’éducation des jeunes québécois la première priorité du parti me réjouit au plus haut point. En effet, cela m’apparaît un juste retour du balancier initié par la Révolution tranquille des années ’60 qui a vu, entre autres, reconnaître le droit à l’éducation à toute la jeunesse du Québec en créant le ministère de l’Éducation.

    Or, depuis lors, nombreuses ont été les réformes qui se sont succédées dans le monde de l’éducation, à tel point que le système a dû être confronté à des reculs catastrophiques qui ont conduit au mouvement de décrochage alarmant qui fait rage aujourd’hui dans nos écoles du Québec, pour le plus grand malheur de toute une génération de jeunes pour qui l’avenir est jonché d’embûches.

    De surcroît, si on ajoute au problème de décrochage les cas de violence inquiétants qui envahissent progressivement les murs de nos écoles québécoises et les coupures drastiques qu’ont subies les écoles de la part du gouvernement en place, il y a tout lieu de croire qu’un examen attentif d’une situation pour le moins perturbée, voire intenable, doit être amorcé dans les meilleurs délais.

    Car après tout, n’est-ce pas la qualité de l’éducation qui incarne le porte-étendard de la société de demain ?

  • Réjean Labrie, 25 avril 2016 16h56

    Sages paroles que les vôtres, M. Marineau, fruit de l’expérience sur le terrain.
    La valorisation du travail et de l’effort doit sous-tendre tout apprentissage, à plus forte raison celui des jeunes. Cela leur servira toute leur vie.

  • Henri Marineau, 25 avril 2016 10h36

    La situation décrite par les enseignants de la commission scolaire des Premières-Seigneuries dans la région de Québec concernant le nombre croissant de cas d’élèves violents dans les écoles a de quoi susciter l’inquiétude, voire le désarroi.
    Or, sans m’avancer dans des affirmations gratuites, je suis prêt à parier que ce fléau a aussi envahi les autres écoles du Québec.

    En conséquence, le mode d’intervention dans de telles situations demeure la pierre angulaire de la résolution du problème. Cependant, il m’apparaît évident que les enseignants sont confrontés à diverses contraintes liées, entre autres, à l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières.

    De surcroît, l’utilisation de la « mesure contraignante » qui implique le maintien physique d’un élève lorsqu’il représente une menace pour lui-même, le personnel ou pour les autres élèves, peut donner lieu à des représailles, telles des enquêtes pouvant conduire jusqu’au congédiement.

    On aura beau mettre sur pied le meilleur protocole d’intervention en situation d’urgence, tant et aussi longtemps que les élèves bénéficieront d’une certaine « immunité », les cas d’élèves violents se perpétueront et les enseignants seront placés devant un cul-de-sac inévitable…c’est la quadrature du cercle

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