«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Y a-t-il encore un Québécois dans la salle ?

Haute voltige constitutionnelle à l’horizon

Le plan machiavélique de Stephen Harper pour gagner les prochaines élections fédérales

Et avec une forte majorité, en plus !

Chronique de Richard Le Hir
dimanche 22 juin 2014
11 400 visites 19 messages

Texte modifié à 11h00 le 21 juin pour y ajouter certaines références pertinentes. - Richard Le Hir

La chose vous a peut-être échappé, mais la prochaine campagne électorale fédérale a été déclenchée hier, avec l’annonce par le gouvernement Harper de son feu vert à la construction de l’oléoduc Northern Gateway prévu pour acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers la côte Pacifique pour exportation vers l’Orient.

Mais, me direz-vous, n’est-ce pas là une bien drôle de façon de lancer une campagne électorale vu les 20 sièges que détiennent les Conservateurs en Colombie-Britannique et la forte opposition de l’opinion publique à ce projet dans cette province ?

Vous avez raison si l’on continue de jouer le jeu selon les règles actuelles, mais tort si les règles changent, et tout indique que Stephen Harper, confronté à une forte possibilité de défaite électorale et à la dislocation progressive du pays en raison de son affaiblissement économique, soit décidé à tenter le tout pour le tout.

En fait, il n’a pas le choix.

Pour comprendre ce qu’il s’apprête à faire, il faut connaître toute l’importance vitale que revêt pour l’Alberta et le Canada le désenclavement du pétrole des sables bitumineux. Stephen Harper est un élu de l’Alberta et il est premier ministre du Canada. Il est particulièrement bien placé pour savoir que l’Ontario n’est plus la locomotive économique du Canada, et que seule l’Alberta avec son pétrole est désormais en mesure de jouer ce rôle.

Au cours des dernières semaines, deux organismes internationaux, le FMI et l’OCDE, ont souligné dans leurs interventions la nécessité pour le Canada de régler ce problème d’enclavement pour être en mesure de jouer pleinement son rôle dans la croissance de l’économie mondiale. Avant de quitter son poste à la Banque du Canada pour prendre la direction de la Bank of England, Mark Carney avait dit la même chose

Harper sait également, comme le pape d’ailleurs, que l’économie mondiale est menacée d’effondrement à court terme, et que la capacité du Canada de continuer à jouer un rôle dans la redistribution de la richesse par le truchement des transferts aux provinces et de la péréquation, et de résister aux tensions internes entre les provinces pour l’obtention de la meilleure part du gâteau, est en jeu. La raison d’être du Canada est en jeu !

Il ne lui reste plus qu’une seule carte à jouer. L’article 92(10) c) de la Constitution canadienne prévoit en effet que le parlement peut déclarer à l’avantage général du Canada, « ou pour l’avantage de deux ou d’un plus grand nombre des provinces », toute infrastructure ou réseau d’infrastructures « entièrement situés dans [une] province ». L’effet de cette déclaration est de donner pleine compétence au gouvernement fédéral sur l’infrastructure ou le réseau ainsi qualifié, sur tous les aspects, y compris ceux qui sont de compétence provinciale..

Ce pouvoir, appelé pouvoir déclaratoire, a été largement utilisé par le parlement fédéral dans le passé, souvent à mauvais escient, et certains auteurs, comme l’éminente juriste Andrée Lajoie, le croyaient tombé en désuétude depuis les années 1960. Pourtant, il a permis la constitution du réseau ferroviaire trans-canadien, et, comme il figure toujours dans les textes officiels, rien n’empêche le parlement fédéral de le sortir des boules à mites au nom de la même logique, pour déclarer tout le réseau d’oléoducs du Canada, construit ou à construire, à l’avantage général du Canada.

Sur le plan politique, Stephen Harper perdrait peut-être plusieurs de ses députés en Colombie-Britannique, mais il en gagnerait ailleurs, non pas tant dans l’Ouest où presque tous les sièges sont déjà acquis aux Conservateurs, mais certainement en Ontario où le gouvernement Libéral nouvellement élu sait pertinemment que la province va avoir de plus en plus besoin du fédéral pour redresser ses finances publiques. L’Ontario ne figure-t-elle pas depuis quelques années sur la liste des bénéficiaires de la péréquation ?

L’Ontario est également aux prises avec un problème majeur qui mine la compétitivité de son secteur manufacturier, autrefois (il n’y a pas si longtemps) la vache à lait du fédéralisme canadien. Le coût de l’électricité y est trop élevé. Avec l’encouragement du fédéral qui essayait d’imposer la filière Candu, l’Ontario a cru faire une bonne affaire il y a une quarantaine d’années en prenant le virage nucléaire.

Mais ses centrales encore en exploitation sont désormais vétustes, leur mise à niveau exigerait des investissements de plusieurs milliards de dollars, le fédéral a mis fin à son programme nucléaire devant le peu d’intérêt des clients étrangers et il n’y a donc pas de technologie de remplacement, et elles ne suffisent pas à la demande.

L’Ontario se retrouve donc sans véritable stratégie énergétique, et les investisseurs potentiels hésitent de plus en plus à y investir par crainte de perdre le contrôle sur leurs coûts d’approvisionnement en énergie, ce qui compromettrait gravement la rentabilité de leurs projets.

Devant ce dilemme, de plus en plus de gens d’affaires en Ontario estiment que la province devrait pouvoir compter sur le Québec pour venir à son secours. Comme par hasard, les intérêts qui encouragent l’évolution de cette réflexion sont les mêmes, l’Empire Desmarais et ses associés pour les identifier clairement, qui tentaient de faire perdre au Québec son contrôle sur Hydro-Québec en 2009, de manière indirecte comme cela aurait été le cas si cette dernière avait mené à terme son projet d’acquisition d’Énergie Nouveau-Brunswick.

En effet, l’absorption par Hydro-Québec des activités de son homologue du Nouveau-Brunswick aurait eu pour effet de la faire passer sous contrôle fédéral à titre d’entreprise inter-provinciale. Il aurait alors été facile pour Jean Charest d’annoncer la privatisation d’Hydro-Québec en justifiant sa démarche par la perte de contrôle du Québec sur les activités de l’entreprise, désormais assujettie à la compétence fédérale.

L’échec de ce projet a forcé l’Empire à trouver d’autres stratégies pour parvenir à ses fins. Un temps il a cru qu’il parviendrait au même résultat par le truchement de l’Accord économique Global Canada Europe, mais les chances de voir ce projet se concrétiser apparaissent de plus en plus incertaines en raison du contexte économique et politique européen de moins en moins favorable, et les termes de l’entente ne garantissent pas le résultat escompté.

J’ai déjà eu l’occasion dans plusieurs de mes écrits de démontrer l’implication de l’Empire Desmarais dans l’affaire du Nouveau-Brunswick et l’AÉGCL. Pour le volet dont il est ici question, je vous invite à prendre connaissance de cet article du professeur Pierre-Olivier Pineau des HEC, paru dans La Presse du 27 mai dernier. Sa parution précédait de quelques jours l’intervention qu’il allait faire lors d’ un colloque de l’université York à Toronto sur le thème Ontario, Quebec and Electricity - Time for a New Relationship ? .

Ce colloque était soutenu par le Conseil canadien de recherches en sciences humaines désigné sur le site du colloque sous son acronyme anglais SSHRC.

Titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie.aux HEC, Pierre-Olivier Pineau est l’auteur d’une étude publiée en mars 2012 sous le titre Integrating electricity
sectors in Canada : Good for the environment and for the economy
que vous pouvez trouver sur le site de... L’idée fédérale, ce groupe de pression dirigé par André Pratte de La Presse. Bien entendu, le fait qu’Hélène Desmarais soit la présidente du CA des HEC n’est que le fruit du hasard !

Par contre, avec l’élection au Québec du gouvernement Couillard, le plus inféodé au fédéral et aux intérêts anglos-canadiens depuis Adélard Godbout, les perspectives d’y parvenir se sont singulièrement améliorées, à condition de ne pas placer le gouvernement Couillard dans la position où il devrait prendre lui-même l’initiative, ce qui risquerait de le placer en porte-à-faux avec son opinion publique.

Notons en passant que le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, siégeait avant son élection au CA de « L’Idée fédérale ». Vous comprenez donc pourquoi l’idée de la privatisation d’Hydro-Québec a fait surface dès les premiers jours du retour des LIbéraux au pouvoir.

C’est dans ce contexte que s’ouvre le créneau pour Harper.

En déclarant Hydro-Québec à l’avantage général de plusieurs provinces et du Canada tout entier dans la foulée d’une déclaration similaire sur les réseaux d’oléoducs, il se trouverait à répondre aux attentes des consommateurs de l’Ontario, tant industriels que particuliers, qui lui en sauraient sûrement gré aux urnes, ce qui lui permettrait de gagner quelques dizaines de sièges au détriment du PLC et du NPD.

Au Québec, il séduirait tous les Anglos qui redoutent comme la peste la perspective d’une séparation du Québec et qui verraient là l’occasion d’arrimer de façon irréversible le Québec à la fédération canadienne. Du coup, il et ramasserait au moins une quinzaine des sièges qu’ils contrôlent à l’ouest du Boulevard St-Laurent.

Et dans les provinces atlantiques, il réussirait le grand chelem et ramasserait tous les sièges. Le Nouveau-Brunswick se retrouverait avec les avantages de la transaction de 2009 sans la menace de se faire dévorer par Hydro-Québec, la Nouvelle-Écosse améliorerait sa sécurité d’approvisionnement en plus de bénéficier de certaines retombées d’une plus grande intégration avec les États du Nord-Est des États-Unis, et Terre-Neuve se libèrerait du contrat de Churchill Falls en plus d’obtenir des débouchés assurés pour sa production d’hydro-électricité à de meilleurs prix.

Dans ce dernier cas, il faut savoir que l’Empire Desmarais soutient depuis plusieurs années une initiative de pure propagande dont le but est de culpabiliser les Québécois en leur faisant croire que le contrat de Churchill Falls est inique, malgré deux décisions de la Cour suprême qui en ont confirmé la légalité.

Harper deviendrait le héros national qui serait parvenu à raffermir les liens politiques et économiques au pays et entre les provinces, et à relancer le Canada sur des bases nouvelles. Le PLC et le NPD seraient lavés et leurs chefs acculés à la démission. La victoire totale ! Harper réaliserait le rêve d’Hitler, un « Reich » de mille ans, pour retourner contre lui le genre de comparaison dont les Conservateurs sont friands.

Quant au Québec, il deviendrait enfin, à la satisfaction générale, une province comme les autres.

Tels sont les enjeux de la prochaine campagne électorale fédérale.

Y a-t-il encore un Québécois debout dans la salle ?

Commentaires

  • Mario Sénécal, 19 juillet 2014 13h36

    Monsieur Le Hir,
    J’ai lu récemment votre livre sur les erreurs de la CDPQ, à quand Hydro-Québec ?
    0bjet de fierté nationale, faut-il se souvenir que des équipements brésiliens ont été installés à la Baie James ! Sans oublier ces compteurs importés !
    Plus que jamais, nos ressources doivent aider à notre développement, et l’hydro-électricité ne doit pas devenir ces rails qu’on a financé pour produire une identité à l’opposé de la notre.
    Assez la générosité libérale, les Québécois sont généreux, mais cessons de nous faire plumer par nos adversaires pas si démunis !
    Nous avons plus intérêt à échanger nos expertises avec des pays vraiment démunis et qui communiquent en français et qui savent ce qu’est le colonialisme.
    Et achetons QUÉBEC !
    Mario

  • Yves Côté, 4 juillet 2014 04h10

    Oui-oui, il reste toujours au moins un Québécois debout dans la salle…
    Même que sans aucun doute, il y en a bien plus d’un.
    Sauf que ce colibri-là ne trouve toujours pas à faire plus qu’avec son petit bec pour combattre le feu de forêt qui se prépare. Ni au Québec ni en France, il ne trouve d’éditeur assez courageux pour publier le petit conte acidulé qu’il a écrit : La couleuvre et le béluga.
    Alors, il ne voit rien que sa modeste part restreinte à son bec. Et même debout bien droit à siffler autant qu’il est possible de le faire, sans matériel d’amplification, son message ne fait que rester confidentiel.
    Avec le pipeline en question et l’éventuel port de Cacouna, le Canada cherche à créer un précédent qui justifiera officiellement que son propre droit asservisse définitivement celui démocratique du peuple québécois sur son territoire national. Ce travail sournois n’est rien d’autre qu’un geste d’impérialisme et de nationalisme canadien d’une violence si illégitime et intolérable, qu’il ne se mérite que d’être ouvertement dénoncé à l’échelle internationale.
    Ce qui reste encore entièrement à réaliser, il me semble, puisque même mon béluga ne trouve toujours pas à faire entendre sa révolte...

    Vive le Québec libre !

  • Richard Le Hir, 30 juin 2014 14h49

    Réponse @ Lise Pelletier

    La Constitution est muette sur la possibilité pour le gouvernement fédéral d’invoquer prépondérance sur les droits des Premières Nations en cas d’urgence nationale. Cependant, ce pouvoir lui est acquis contre les provinces.

    Il y a donc tout lieu de croire que le fédéral pourrait opposer aux autochtones son pouvoir prépondérant en cas d’urgence de la même façon qu’il peut le faire aux provinces.

    Richard Le Hir

  • Bruno Deshaies, 28 juin 2014 10h30

    28 juin 10:21

    @ Ouhgo, 27 juin 14h41
    @ Manon, 27 juin 07h44
    @ Émilie B., 25 juin 10h41
    @ Francis Déry, 24 juin 15h29

    La lutte électorale entre les partis politiques fédéraux se fait toujours DANS le régime. Le Bloc qui a voulu faire la lutte électorale SUR le régime a été chassé par les électeurs québécois au profit du NPD. Monter vers l’indépendance n’est pas une mince affaire.

    Le plan machiavélique de Stephen Harper n’est qu’une facette du plan canadian des partis politiques fédéraux au Canada. Un premier ministre du Canada, quelle que soit son allégeance politique, agit à sa manière et selon son style, comme un défenseur du « système » canadian. Il ne faut pas s’illusionner sur le fonctionnement de la démocratie au Canada. La légitimité des partis politiques fédéraux repose sur l’électorat des provinces dont celui de la Province of Quebec (une parmi les autres) sur lequel dépend le sort de toutes les formations politiques du système électoral fédéral pancanadien dans un Parlement uni, celui d’Ottawa.

    La logique est simple. Stephen Harper veut gagner son élection, Thomas Mulcair veut gagner son élection, Justin Trudeau veut réussir de même et le Bloc de Mario Beaulieu veut gagner son élection au Québec dans le Parlement uni du Canada à Ottawa. Cette expérience parlementaire remonte à 1792 avec une courte interruption en 1791. Mais depuis 1842, c’est le Canada uni confirmé, en 1867, et reconfirmé, en 1982, puis consolidé, en 2000, par la Loi sur la clarificationde Chrétien-Dion (deux Québécois).

    Le gouvernement fédéral de l’État canadien/canadian ne changera pas de cap quant à la défense, bec et ongles, de l’unité canadienne/canadian A mari usque ad mare.

    Il faut un MOUVEMENT INDEPENDANTISTE GÉNÉRALISÉ AU QUÉBEC pour faire enfin bouger majoritairement l’aiguille démocratique à la faveur de l’optique indépendantiste.

  • Lise Pelletier, 28 juin 2014 09h09

    M. Le Hir,

    Selon vous, étant donné la décision de la Supreme Court sur la reconnaissance des traités des droits autochtones sur leurs territoires, le recours à cette loi fédérale d’aller contre les populations dans l’intérêt du Canada sera-t-elle tout de même utilisée par Harper ?

    Couillard a été très prudent dans sa réaction devant cette décision.

    Il serait aussi intéressant de connaître l’opinion de M. Sauvé à ce sujet.

  • Ouhgo, 27 juin 2014 14h41

    Manon : pas peuple distinct mais "nation distincte dans Canada uni" ! Pas pareil ! Duceppe avait répliqué que le sens à donner était : ne serions plus une nation en dehors du Canada. En résumé, une nation parmi les autres du Canada multiculturel.

    Et la dernière fourberie de nos deux P.M. à la fête nationale : Prétendre que Canada consent, par nouvelle collaboration, 5 milliards pour réparer les infrastructures du Québec. Harper prétend que son gouvernement a converti les séparatiss... et Couillard prétend avoir ficelé lui-même cette entente déjà conclue avant son élection du 7 avril.

  • Manon, 27 juin 2014 07h44

    J’attire aussi votre attention sur la récente décision du canadian government de couper les vivres à Radio-Canada. Moins de productions télévisuelles et plus de numériques.

    Moins de productions télévisuelles et plus de numériques veut aussi dire moins de présence de culture québécoise. Le canada nous porte un coup qui pourrait bien nous être fatal... Lui qui nous a pourtant reconnu comme peuple distinct...

    Il faut nous lever. Il est minuit moins une.

  • Émilie B., 25 juin 2014 10h41

    Harper répète sans cesse « Un Québec uni dans un Canada uni ». Quand est-ce que les indépendantistes vont lui répéter sans cesse un Québec uni dans un Québec indépendant uni ?

    Il faudrait prendre l’habitude de riposter au lavage de cerveau des fédéralistes et de leurs complices libéraux du Québec.

  • Francis Déry, 24 juin 2014 15h29


    Mercifully, however, no one in the federal government has asserted any intention to do anything so provocative.

    Il faut donc une crise, tel un Pearl Harbour, pour créer une hystérie collective.
    Une fois l’hystérie créée, Ottawa s’obligera pour faire cette tâche ingrate au bénéfice de la nation canadienne.

    Le G&M prépare le terrain en rappelant l’existence de cette clause.
    Une solution existe. Maintenant, il faut le problème pour cette solution.

  • Richard Le Hir, 22 juin 2014 18h19

    Le hasard veut que le jour où Vigile mettait ce texte en ligne, le Globe and Mail publiait un éditorial qui évoque justement l’utilisation par le fédéral du pouvoir déclaratoire prévu à l’article 92(10)c) de la Constitution pour forcer le jeu en Colombie-Britannique :

    Some observers had speculated that the goverment would invoke the clause of the Constitution Act, 1867, that gives Ottawa paramountcy over the provinces for “undertakings” that are “declared by the Parliament of Canada to be for the general Advantage of Canada or the Advantage of two or more of the Provinces.”

    The Harper government could certainly do that legally, for the very arguably advantageous “undertaking” that is Northern Gateway, but in the present range of views about Canadian federalism, it would be treated as an outrage, especially to the government and people of British Columbia, starting with Premier Christy Clark, wielding her famous five conditions for any consent to Northern Gateway.

    Mercifully, however, no one in the federal government has asserted any intention to do anything so provocative.

    Comme je le souligne dans mon article, c’est la position traditionnelle. Cependant cette tradition est sur le point d"être remise en question par le prochain effondrement économique dont tous les observateurs avertis s’accordent à prédire l’imminence qui va justifier le gouvernement Harper de passer outre et d’utiliser ce pouvoir.

    Richard Le Hir

  • Mario Du Paul, 22 juin 2014 12h00

    Il est grand temps d’avoir un parti de coalition indépendante fédéral L’indépendance doit se faire pas juste au Québec mais aussi dans les autres provinces et territoires pour que le Bouclier Canadien devienne une regroupement de pays autonome qui ont chacun leurs intérêts indépendamment des autres. En plus du Québec qui peut donner plus de 70 député(es) l’Alberta la Colombie Britannique, Terre Neuve, le Nouveaux Brunswick pourraient fournir la différence qui manque au pouvoir. Pour un tel parti prendre le pouvoir doit impliquer le début du processus de démantèlement du Canada. Il ne faut pas se protéger de l’ennemie il faut l’éliminer définitivement et la seul façon est de démanteler l’ennemie (canada) une bonne fois et pour toujours. Les lois et les juges qui les interprètent s’ont a Ottawa pour nous diriger alors c’est la ou nous devons nous battre a Ottawa.

  • Ernest Moreau, 21 juin 2014 22h35

    Afin d’appuyer mon commentaire précédent concernant l’attachement des provinces à leur indépendance énergétique, je voudrais ajouter que le commentaire de monsieur Jean-Jacques Nantel, que l’on retrouve plus haut, illustre très bien cet attachement. Sur ce point, il a écrit :

    « À plus long terme, le fait que l’Ontario devienne dépendante de l’électricité québécoise augmentera la puissance d’un éventuel Québec indépendant. Souvenons-nous, en effet, que si l’Ontario s’est lancée dans le nucléaire, c’était, non parce qu’il n’y avait pas d’électricité disponible sur le marché – le Québec était là - mais parce que les Ontariens désiraient devenir autosuffisants en énergie. Avec l’abandon annoncé de la filière nucléaire, tout cela est terminé et le Québec devient essentiel. »

    Au fond, les provinces savent très bien que la dépendance énergétique envers un autre état les rend vulnérables. Elles ne voudront surtout pas nous donner davantage de puissance géopolitique. C’est pourquoi les autres provinces n’en veulent pas de notre électricité.

  • Ernest Moreau, 21 juin 2014 21h24

    Très bon article M. Le Hir.

    Il y a une chose cependant. Si le fédéral mettait à exécution ce plan machiavélique, il n’est pas certain que l’électricité du Québec serait vendue dans les autres provinces. N’oublions pas que les provinces sont farouchement attachées à leur indépendance énergétique. C’est pourquoi la transaction pour prendre le contrôle d’Énergie NB a avorté. On se rappellera d’ailleurs le tollé qu’a provoqué cette transaction dans la population.

    Même si le fédéral prenait le contrôle d’Hydro-Québec et constituait un siège social Hydro-Canada à Toronto, les autres provinces n’en voudront pas davantage de l’électricité du Québec. De fait, les autres provinces craignent trop la menace de l’indépendance du Québec, car elles ne veulent surtout pas devenir dépendante énergétiquement d’un pays étranger. De toute manière, ce plan serait voué à l’échec et, partant, il ne ferait que rendre le gouvernement Harper encore plus impopulaire.

    Juste une précision, même si Hydro-Québec acquiert des actions d’une compagnie d’électricité d’une autre province, cela n’aurait pas pour effet de rendre Hydro-Québec sous juridiction fédérale. D’ailleurs, il n’a jamais été question de démanteler la société Énergie NB. C’est comme Churchill Falls. Il ne faut pas oublier qu’Hydro-Québec détient 34,2% des actions de la société Churchill Falls (Labrador) Corporation Limited ou CF(L)Co. Hydro-Québec en est devenue actionnaire lors de la nationalisation des compagnies d’électricité du Québec. En effet, Hydro-Québec avait alors acquis la Shawinigan Water and Power Company, le plus grand distributeur d’électricité privé au Québec à cette époque. Cette société avait comme filiale la Shawinigan Engineering. Cette dernière était associée avec la British Newfoundland Corporation Limited (Brinco), consortium qui était chargé du projet des chutes Churchill.

  • Alain Contant, 21 juin 2014 13h32

    Vous voyez loin, même très loin, monsieur Le Hir ! Sous des apparences presque nationalistes, Philippe Couillard ressemble à Daniel Johnson fils et à Jean Charest, fédéralistes à mort. Il en faudra de la vigilance pour empêcher le désastre.

    Un sondage de ce matin nous apprend que François Legault est en tête dans le coeur des Québécois. Comme la CAQ n’est que l’Union nationale ressuscitée, il faut s’attendre à ce que la formule gagnante de Duplessis renaisse, modernisée mais au fond encore la même : entreprise privée plus autonomie provinciale. Si jamais Harper et Couillard touchaient à Hydro-Québec, une montée de fièvre comme celle d’il y a 24 ans se produirait. Le 22 juin 1990, ça vous dit quelque chose ? Et pire encore : quelques excités, encouragés en sous main par Ottawa, sinon carrément instrumentalisés, se mettraient à faire sauter des bombes. Pendant ce temps, les coquins qui s’intéressent à la politique que pour y faire la passe s’emploieraient à piger à quatre mains dans la boite à biscuit. Qui dit que la politique est ennuyeuse ?

  • Mario Boulet, 20 juin 2014 15h25

    Un autre plan machiavélique si Stephen Harper voudrait le faire, serait de tenir un référendum, au Québec, permettant à diverses régions de se séparer du Québec et de devenir canadienne.

    Par exemple, il pourrait offrir aux gens de l’Outaouais de s’associer définitivement avec ceux de l’Ontario. Ainsi, il pourrait scinder le Québec. Stephen Harper deviendrait un « héros » de l’histoire canadienne dans les bouquins d’histoire dans 50, voire même 100 ans.

    Il faut s’en méfier comme la peste.

    Oserait-il faire ce qu’il condamne de la Russie avec certaines régions de l’Ukraine ?

  • Jean-Jacques Nantel, ing., 20 juin 2014 13h24

    À plus long terme, le fait que l’Ontario devienne dépendante de l’électricité québécoise augmentera la puissance d’un éventuel Québec indépendant. Souvenons-nous, en effet, que si l’Ontario s’est lancée dans le nucléaire, c’était, non parce qu’il n’y avait pas d’électricité disponible sur le marché – le Québec était là - mais parce que les Ontariens désiraient devenir autosuffisants en énergie. Avec l’abandon annoncé de la filière nucléaire, tout cela est terminé et le Québec devient essentiel.

    On se retrouve exactement avec la même situation dans le cas de la tentative fédérale pour désenclaver le pétrole de l’Alberta en faisant passer des pipelines à travers le Québec. Et c’est encore la même chose avec le fait que la Transcanadienne, le réseau ferroviaire pan-canadien et la Voie maritime du Saint-Laurent passent par le Québec.

    Chacun de ces cinq cas met en évidence la puissance de la position stratégique du Québec ; une position unique qui en fait la seule province essentielle du Canada sur l’axe est-ouest. Le Québec est la seule province où tous les Canadiens de l’Ouest doivent passer s’ils veulent atteindre l’Atlantique et les Maritimes de façon économique. Ces passages, rappelons-le, sont d’autant plus économiques que les Canadiens anglais traversent le Québec sans lui payer de frais de transit…

    À cette puissance géopolitique du Québec de sens est-ouest s’ajoute deux faits qui la renforce, soit le déclin économique de l’Ontario, qui est entraînée dans le spectaculaire effondrement de la région des Grands Lacs américains et, surtout, le fait que l’économie québécoise se tourne de plus en plus vers le marché américain dans un sens nord-sud. Autrement dit, la puissance du Québec ne cesse d’augmenter dans l’axe est-ouest (qu’il contrôle) alors que son économie se développe plutôt dans l’axe nord-sud.

    Curieusement, ces puissants arguments économiques n’ont jamais été utilisés par les chefs souverainistes pour montrer à la population qu’un Québec souverain serait d’autant plus viable qu’il aurait le possibilité de taxer lourdement les traversées canadiennes de son territoire par voitures, par camions, par trains, par bateaux et par pipelines, exactement comme cela se fait dans les pays où les gens pensent normalement (qu’on songe aux canaux de Suez et de Panama).

    Si nos chefs refusent de parler de tout ça à la population, c’est parce qu’ils ont été entraînés à jouer aux gentils-gentils avec un Canada anglais qui, lui, n’hésite pas à nous menacer, à mots couverts, de nous massacrer dans une guerre de partition si jamais nous osons voter ¨oui¨.

    Nos chefs montent à l’assaut avec un revolver à six coups et, d’eux-mêmes, ils enlèvent quatre balles du barillet. Pas étonnant qu’ils perdent à tous coups…

  • Stéphane Desmarteaux, 20 juin 2014 11h29

    La plus grande menace si vous avez raison, ce sont les avantages budgétaires à très très court terme dont les québécois pourraient bénéficier et qui seront le fer de lance de la propagande qui nous attend

  • Luc Bertrand, 20 juin 2014 11h19

    Wow ! Monsieur Le Hir, vous ne cesserez jamais de m’impressionner tellement vous voyez plus loin que les murs de notre petite province que 42% ont imposée aux 58% d’autres le 7 avril dernier ! Une chance que ce n’est pas vous que Stephen Harper a choisi comme conseiller économique ou spécialiste du Québec !

    Ce scénario est tellement plausible que les Canadians devraient être inquiets de la vacuité politique (PLC, NPD) qui entoure les conservateurs. Même si le parti de Re-PET devancerait présentement le PCC par 9 points, ça ressemble aux sondages qui avantageaient le PQ en février dernier au point de déclencher des élections avec le résultat que l’on sait.

    Vivement l’indépendance au plus sacrant !

  • Jean Claude Pomerleau, 20 juin 2014 06h10

    La géopolitique de l’énergie.

    Les intérêts en jeu ; les rapports de forces et le principes d’effectivité (qui contrôle le territoire : les provinces, états naturels ou l’État centrale, état arbitraire) :

    Trois textes pour comprendre ce qui se joue :

    http://www.vigile.net/L-implosion-du-Canada

    http://www.vigile.net/La-dislocation-de-la-federation-la

    http://www.vigile.net/Alberta-Quebec-de-l-importance-du

    JCPomerleau

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