«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Lettre aux jeunes souverainistes

Le plan Marois néglige l’essentiel

lundi 8 novembre 2010

Lettre aux jeunes souverainistes - La lettre des jeunes souverainistes parue dans Le Devoir du lundi 1er novembre a interpellé Québec solidaire. Des militantes et des militants du Bloc et du PQ souhaitent une démarche claire vers l’indépendance et refusent de se contenter de pouvoirs arrachés à la pièce au gouvernement d’Ottawa.

Nous partageons le défi qu’ils proposent aux partis souverainistes : redonner au peuple québécois le goût de s’assumer pleinement et de construire un pays du Québec. Comment y arriver ?

Le plan Marois propose diverses avenues dont l’occupation par le Québec de ses champs de compétence (normal !), des gestes hautement symboliques (pourquoi pas ?) et l’acquisition de nouveaux pouvoirs comme la culture, l’immigration et les communications. Sur ce dernier point la confusion règne : si Ottawa dit oui, certains se demanderont pourquoi devenir un pays ? Si Ottawa dit non, pensons-nous vraiment que la population québécoise va se soulever et réclamer un pays ?

Ce plan néglige donc l’essentiel : une mobilisation populaire autour de l’idée-même de pays. Un pays pourquoi ? Un pays comment ? Il ressemblerait à quoi sur le plan des institutions démocratiques et des valeurs communes ?

Le pays dont nous rêvons, à Québec solidaire, n’est pas celui du Réseau Liberté. Nous voulons un pays pour tout le monde, où le développement est résolument durable, où l’État redistribue la richesse, où des services publics sont assurés partout, un pays d’ouverture et d’accueil. Nous ne serons pas des « porteurs de gaz » au profit de quelques-uns car cela n’est pas l’indépendance. La nôtre, c’est celle de tout un peuple qui, nous le pensons, veut vivre dans la justice, l’égalité, le respect de l’environnement. En français.

Ces temps-ci, beaucoup de gens se demandent où s’en va le Québec : diminution et privatisation des services publics mais tarifs plus élevés pour la population, exploration de gaz de schiste sans l’accord des communautés, accroissement des écarts de richesse, maintien des écoles passerelles, allégations répétées de corruption et de collusion entre le monde de l’entreprise et celui des politiciens. S’il fallait que le pays du Québec ressemble à cela, quel intérêt ? La population est désabusée et désenchantée lorsqu’elle observe la vie politique. Elle est sévère, et à bon droit, envers beaucoup de politiciens. Pourquoi ne pas lui proposer un projet, un défi à la mesure de ses rêves ? Et surtout, lui permettre de participer pleinement à son élaboration.

L’ assemblée constituante pour réfléchir ensemble

Voilà pourquoi Québec solidaire propose la mise sur pied d’une Assemblée constituante pour avancer dans la définition de l’avenir politique du Québec. Il s’agit d’une grande assemblée citoyenne élue au suffrage universel, paritaire (hommes-femmes ; ses membres proviennent de toutes les régions, de toutes les communautés et de tous les horizons politiques. Son mandat : susciter et organiser un débat collectif sur l’avenir politique du Québec et sur un projet de constitution. Le Québec a-t-il besoin de la souveraineté pour se développer pleinement ? Quelle constitution voulons-nous pour le Québec ? Une constitution, c’est le texte fondateur d’une nation, celui qui définit ses institutions politiques et ses valeurs communes. D’autres pays ont rassemblé leur peuple autour d’un projet de constitution et cela a donné lieu à de vastes mouvements citoyens, à de grands débats publics. On pense ici à la France, à l’Afrique du sud, à la Bolivie. Au terme de cette démarche, l’assemblée constituante consulte le peuple par voie référendaire sur l’avenir politique du Québec et sur un projet de constitution.

Un gouvernement Solidaire remettrait donc entre les mains d’une assemblée populaire l’immense responsabilité de rassembler nos concitoyennes et nos concitoyens, de les mobiliser, d’imaginer avec elles et eux le pays rêvé. Ce processus a le grand avantage de n’être lié à aucun parti politique en particulier. Après tout, une discussion sur la question nationale appartient au peuple tout entier et non aux seuls politiciens !

Voilà ce que propose Québec solidaire. Je m’adresse ici aux souverainistes, jeunes et moins jeunes. L’avenir du Québec nous appartient. Il ne peut reposer sur d’interminables chicanes stériles avec Ottawa. Pourquoi ne pas nous retrousser les manches et discuter ensemble du pays que nous voulons ? Dès maintenant.

Françoise David, présidente et porte parole

Québec solidaire


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