«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Petit guide de la dépossession de moins en moins tranquille

Le patronat aux commandes de nos services publics et instruments collectifs

Le patronat aux commandes de nos services publics et instruments collectifs

Ce que je suis content. L’ex-présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, a été nommée, par Justin Trudeau, présidente du conseil d’administration de VIA Rail, une société d’État fédérale (Le Devoir, 20 avril 2017). L’article ne mentionne toutefois pas son salaire annuel pour cette job à temps « très » partiel. Justin aime bien la dame de l’organisme patronal, une sorte de représentante de commerce, puisque l’an passé, il l’avait nommée présidente [encore une fois] d’un comité « d’experts » provenant du privé afin de se pencher sur l’avenir de Postes Canada. Madame Bertrand, anciennement professeure et ex-vice-rectrice universitaire convertie au privé, a tous les talents depuis son repositionnement. Elle est experte des trains publics de passagers et bien d’autres domaines, comme la poste. On dirait que son passage du privé l’a transfigurée.

Alors que la Fédération des chambres de commerce du Québec milite toujours pour la privatisation de nos services et de nos biens publics, est-il alors approprié de mandater l’ex-patronne de ce syndicat patronal, madame Françoise Bertrand, à la tête d’importants instruments collectifs ? Il est pourtant évident que pour VIA Rail, elle va recommander la nationalisation des voies ferrées, qui est un vrai bien public, et mettre à sa place les matamores du CN et du CP. Il est aussi certain qu’elle va suggérer que Postes Canada se dote de services bancaires, afin de concurrencer un tant soit peu le monopole bancaire canadien, et que les bureaux de poste soient autorisés à vendre de la marijuana, nouveau marché prometteur qui en fait saliver plusieurs, comme l’ex-ministre libéral fédéral Martin Cauchon, actionnaire de l’entreprise ontarienne Delshen faisant « partie de la liste fédérale de producteurs autorisés de cannabis à des fins médicales depuis le 28 février 2017 » (Le Devoir, 25 avril 2017).

Aujourd’hui, les conseils d’administration des hôpitaux, des universités, de la SAQ, de Loto-Québec, d’Hydro-Québec, de Postes Canada, de VIA Rail, etc., sont majoritairement constitués de gens très futés issus du privé. Très réconfortant et très démocratique n’est-ce pas ? En 2015, madame Bertrand, recommandait à la plèbe de faire preuve de lucidité et de persévérer dans l’austérité afin de maintenir les privilèges de l’élite (La Presse, 28 décembre 2015). Opinion intitulée tout simplement « Persévérance ». Très sage comme conseil, n’est-ce pas ? Ah oui, toujours dans le même quotidien, elle avait, le 14 octobre 2014, pondu une perle : « Optimiser vos programmes ». Les optimiser dans quelle direction, selon vous ? Je vous le demande.


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La Dépossession tranquille

 

Le détournement de l’État et de nos grandes institutions collectives

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