«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le zéro de la finance voudrait se faire passer pour un héros de la finance

Le papier commercial d’Henri-Paul

Combien la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a-t-elle réellement perdu avec le scandale du papier commercial (PCAA) qui a éclaté lors de la grande crise financière de 2008 ?

Sous la présidence d’Henri-Paul Rousseau, la Caisse était devenue à l’époque le malheureux leader incontesté au Canada du PCAA, c’est-à-dire du papier commercial adossé à des actifs de tiers, à savoir des prêteurs dans les secteurs hypothèques, prêts automobiles, cartes de crédit, etc.

Sur les 30 milliards de PCAA en circulation au Canada, la Caisse en détenait pour une valeur de 12,8 milliards de dollars, de loin le plus gros « joueur » de PCAA au pays.

CRISE DES SUBPRIMES

À la suite de la dernière bulle immobilière américaine, qui prend fin en 2007, on assiste à l’éclatement de la crise des subprimes (hypothèques à haut risque) aux États-Unis. Cette crise entraîne de nombreuses faillites au sein des institutions de crédit qui ont émis des subprimes. Et par l’effet domino, nombre de fonds d’investissement internationaux qui spéculaient sur ces subprimes tombent également en faillite.

Et cela provoque finalement la plus grave crise financière mondiale depuis la Grande Dépression des années 30.

Entre le haut des indices boursiers de 2007 et le creux des mêmes indices au début de mars 2009, toutes les bourses de par le monde affichaient des reculs allant de 50 à 60 %.

PIRE ANNÉE DE LA CAISSE

En tant que chef de file du PCAA au Canada, la Caisse allait connaître en 2008 une année désastreuse en la bouclant avec une perte de 25 %. Sa pire performance historique !

À elle seule, la valeur de son bloc de PCAA était passée de 12,8 milliards $ à seulement 7,2 milliards $, pour une moins-value (ou perte sur papier) de quelque 5,6 milliards $. En baisse donc de 44 %.

Comme il était devenu impossible pour les détenteurs de PCAA de trouver à l’époque des acheteurs, Henri-Paul Rousseau a eu la brillante idée (il faut le reconnaître) de regrouper les détenteurs de PCAA, des investisseurs et des institutions en vue de conclure avec eux une entente de restructuration dudit PCAA.

Surnommée « Accord de Montréal », cette entente allait permettre au fil des années d’écouler le fameux PCAA à un prix raisonnable... et non plus à celui d’une vente de feu.

DIX ANNÉES PLUS TARD

Qu’est-il advenu de « notre » PCAA de la Caisse ?

La Caisse n’aurait finalement perdu que 1,9 milliard de dollars dans son aventure du PCAA. Elle aurait ainsi récupéré 85 % de son investissement initial, m’a-t-on confirmé.

C’est donc dire qu’elle aurait récupéré une somme de 10,9 milliards $ sur son investissement initial de 12,8 milliards $.

Dans les circonstances de la fabuleuse crise mondiale du PCAA, une telle récupération est en soi une bonne nouvelle. Car à l’époque, peu de gens du monde de la finance croyaient en la survie du PCAA.

Force est d’admettre que l’ancien patron de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, a finalement eu raison d’élaborer le plan de restructuration du PCAA. Il a permis à la Caisse de sauver des milliards $ de pertes additionnelles.


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