«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le PQ doit retrouver le sens de l’extraordinaire

IDÉES

Le « moment Lisée » du Parti québécois

Le chef du PQ semble croire qu’il serait impossible de convaincre « les jeunes » des excellentes raisons d’étendre la loi 101 au cégep

vendredi 5 mai

Depuis sa fondation en 1834, la Société Saint-Jean-Baptiste, que j’ai l’honneur de présider, a vu se succéder des dizaines et des dizaines de partis et de chefs politiques. Au fil du temps, quelques personnalités politiques ont « osé » se démarquer du lot. Ainsi, les Louis-Joseph Papineau, Honoré Mercier, Jean Lesage, Camille Laurin, Lise Payette, Jacques Parizeau auront réussi, chacun à leur manière, à générer de l’extraordinaire.

 

Aujourd’hui, le PQ vit son « moment Lisée ». Tout en proposant plusieurs idées intéressantes, le PQ de 2017 a opté pour une approche un peu plus ordinaire de la politique, pour ainsi dire. Cette approche consiste essentiellement à se rabattre sur un objectif opérationnel, lequel s’avère d’ailleurs commun, par définition, à tous les partis politiques, quels qu’ils soient : prendre le pouvoir et, en l’espèce, renvoyer les libéraux dans l’opposition.

 

Dans l’espoir d’atteindre cet objectif légitime, les politiciens commettent souvent l’erreur de vouloir plaire à tout un chacun, pour « rassembler » le plus largement possible, jusqu’à se laisser tenter par le clientélisme. Mais, au-delà de la nécessité de plaire, il y a la nécessité de convaincre, d’inspirer, sachant de toute façon qu’on ne peut plaire à tout le monde — tel est le propre de l’action publique. Il n’y a jamais eu, en politique, de lien de proportionnalité directe entre « renoncer davantage » et « rassembler davantage ». C’est un mauvais calcul qui, au final, ne plaît véritablement à personne, car au fond, ça fait hypocrite, à tort ou à raison.

 

En l’occurrence, M. Lisée semble croire qu’il serait impossible de convaincre « les jeunes » — cet argument d’autorité — des excellentes raisons d’étendre la loi 101 au cégep. Sur le fond, je renverrai le lecteur aux récents textes du statisticien Charles Castonguay, que nul n’a su contredire jusqu’ici.

 

« Les jeunes », dont je suis, ne seraient-ils que de la marchandise électorale ? Seraient-ils incapables de penser rationnellement et par eux-mêmes ce qui serait bon pour l’avenir du Québec, au-delà de leur petite réalité individuelle et de leurs préférences personnelles ? Aussi, les jeunes formeraient-ils un bloc monolithique ? Bien sûr que non.

 

Retrouver le sens de l’extraordinaire

 

En 2013, un sondage Léger révélait d’ailleurs que, parmi l’ensemble des Québécois, les jeunes de 18 à 24 ans seraient les plus prompts à faire du renforcement de la Charte de la langue française une priorité politique. Un autre sondage, CROP celui-là, a déjà révélé que 62 % des Québécois se disaient pour la loi 101 au cégep. Chez les 18-34 ans, ce pourcentage s’élevait à 63 %. En ce qui a trait aux non-francophones, 25 % se sont même dits d’accord avec cette idée… Pas mal ! Des chiffres qui surpassent nettement les intentions de vote en faveur du PQ au sein de ces « clientèles » !

 

Au-delà des sondages, il m’apparaît évident que le combat pour la langue française, si crucial, si essentiel pour notre société, se révèle sensiblement plus inspirant, plus rassembleur et mieux à même d’attirer « les jeunes » et « la diversité » que les peurs que nous racontait hier encore M. Lisée avec ses histoires de burqas et d’AK-47, comme si des mitraillettes ne pouvaient également se cacher sous des manteaux d’hiver…

 

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