«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Indépendance ou gouvernance souverainiste

Le message ambigu de Pauline Marois

Tribune libre de Vigile
jeudi 13 février 2014
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Pauline Marois multiplie les signaux montrant qu’elle a abandonné le projet souverainiste. Ainsi a-t-elle récemment déclaré qu’il y aura un référendum seulement si la population en veut. Or, comment le saura-t-elle ? En faisant un référendum pour savoir si la population veut d’un référendum ? Ben non ; elle le saura grâce aux sondages.

Or, depuis quarante ans, les Québécois n’ont jamais voulu de référendum ; la raison principale étant que les fédéralistes, qui ont presque toujours été majoritaires, ne voulaient pas de la souveraineté.

Si, malgré cela, nous avons quand même eu droit à deux référendums, c’est parce que, depuis 1976, nous avons eu deux VRAIS chefs qui ont décidé de faire le travail pour lequel ils avaient été élus sans se soucier de l’opinion des fédéralistes. Comme Lévesque et Parizeau avaient été élus par les souverainistes, ils leur ont donné ce qu’ils voulaient puisque c’était à leur tour de profiter du pouvoir. Ces deux hommes d’État ont décidé. Ils ne nous ont pas dit : ¨Je dois suivre la foule parce que je suis leur chef¨.

La stratégie du PQ actuel pour éviter de réaliser une souveraineté dont ses chefs ont peur comporte trois volets :

Le premier consiste à multiplier les obstacles pour y parvenir. Il faut se faire élire minoritaire, puis se faire réélire majoritaire, puis obtenir un ou plusieurs sondages favorables, puis tenir un référendum ¨au moment jugé opportun¨, puis le gagner avant de finalement aller négocier la moitié de la souveraineté.

Le deuxième volet de la stratégie du PQ consiste à sacraliser le troisième référendum ¨qu’il ne faudrait surtout pas perdre¨ selon ses stratèges. Ici, l’idée est de tout faire dépendre du référendum pour ensuite trouver toutes les excuses possibles et imaginables pour ne jamais en faire. En démocratie pourtant, les votes ne sont jamais définitifs ; la raison étant que la population a toujours le DROIT de changer d’avis, même cent fois, même mille fois. C’est pour ça qu’il y a des élections à tous les quatre ans. Le retour régulier aux urnes est d’autant plus nécessaire en démocratie que la population ne cesse de se modifier par suite des naissances, des décès, de l’immigration et de l’émigration.

Disons-le carrément : nous, les vrais souverainistes, on s’en fout des défaites ; on est habitué depuis le temps... Ce qu’on veut, c’est une victoire ! On veut une chance de gagner !

Le troisième volet de la stratégie électoraliste du PQ - le plus important pour ses chefs - est bien sûr de ne jamais rien tenter pour faire monter la fièvre souverainiste au-delà de 50%, notamment en profitant des occasions offertes par la conjoncture. Ce dernier élément de la stratégie du PQ est responsable du fait qu’en politique québécoise, le chiffre de 50% a quelque chose de magique et de miraculeux.

Posons-nous la question en effet : pourquoi, compte tenu de la complexité des mouvements de population, l’appui à la souveraineté ne s’est-il pas arrêté à 17%, à 36% ou à 77% avant de refluer ? Pourquoi est-ce arrivé exactement à 50% ? C’est tout simplement parce que le PQ a arrêté de faire la promotion du projet dès qu’on s’est approché du 50% qui l’aurait obligé à le réaliser.

Voilà pourquoi le PQ se garde bien de crier au vol quand le Fédéral annonce qu’il fera payer aux seuls automobilistes québécois la reconstruction du pont Champlain en y installant des péages. En effet, ce dont les Québécois ont besoin pour traverser le Saint-Laurent jusqu’à la rive sud, c’est d’un pont bas et économique à six ou huit voies de circulation ; un pont comme il en existe justement un à une centaine de mètres à l’ouest de l’actuel pont Champlain (on appelle ça l’estacade du pont Champlain).

Le coût d’un tel pont serait facile à calculer puisqu’il en existe plusieurs du même genre autour de l’île de Montréal (cent millions de dollars ?). Or, ce coût devrait être la partie du coût total du nouveau pont Champlain que devraient payer les Québécois. Tout le reste de la facture devrait être payé par l’Ontario puisque, si le nouveau pont Champlain sera si coûteux, ce sera parce qu’il sera très haut et complexe de manière à laisser passer les bateaux à destination de l’Ontario.

Notons que les bateaux se rendant en Ontario devraient aussi payer de généreux frais de transit à un Québec indépendant pour utiliser sa voie maritime, exactement comme ils le font quand ils passent par les canaux de Panama ou de Suez. Mais de cela non plus, nos chefs ne parlent jamais !

C’est également pour ne pas faire monter la cote de la souveraineté que le PQ n’a pas crié au meurtre quand une compagnie de pétrole a tué des dizaines de Québécois à Lac Mégantic avant de déclarer faillite de manière à nous laisser supporter tous les coûts de l’accident avec nos taxes provinciales et fédérales. Ce que le PQ aurait alors dû dire à la population, c’est qu’un Québec souverain obligerait les compagnies de pétrole à suivre des normes beaucoup plus sévères lors de leur traversée du pays et qu’en plus, il les forcerait à payer annuellement des taxes de transit de centaines de millions de dollars, exactement comme cela se fait dans tous les autres pays normaux.

On pourrait multiplier ainsi les exemples de vols que le PQ-Marois refuse systématiquement de monter en épingle : le financement avec des taxes québécoises du projet hydroélectrique des Basses Churchill au Labrador, les huit milliards de dollars de contrats maritimes dont le Québec a récemment été privé, etc. etc.

Signalons que le lancement de la fameuse charte de la laïcité fait partie de la stratégie bassement électoraliste du PQ ; une charte qui sera invalidée par la Cour suprême du pays d’à côté et que le PLQ éliminera dès qu’il aura repris le pouvoir ; trois événements qui sont INÉVITABLES d’ici cinq ou dix ans si nous ne réalisons pas la souveraineté.

Évidemment, comme il y a de la corruption fédéraliste au Québec, les souverainistes doivent tous penser à très court terme et aider Pauline Marois à garder le pouvoir pour un autre petit cinq ans avant de le reperdre aux mains des Libéraux.

Et quand nous prenons le pouvoir, nous devons laisser la majorité fédéraliste décider à notre place s’il y aura ou non un troisième référendum.

Quant à Pauline Marois, elle se prépare à nous refaire le coup de Lucien Bouchard de 1998 en nous déclarant quelques minutes à peine après son élection majoritaire qu¨elle n’a pas le pourcentage pour faire un référendum¨. Et le tour sera joué…

Vous avez choisi le mauvais chef, les amis !

Commentaires

  • Huguette, 18 février 2014 18h21

    C’est certain que M.Nantel ne verra jamais rien de bon en Pauline Marois ,li il préfère Françoise David et son Q.S
    Si vous croyez Mr.que la l’indépendance va se faire avec des B.S ce que Françoise semble croire que le Québec va mieux réussir en donnant tout et en plus baisser les impôts c’est être naif pas juste un peu.
    Pour l’indépendance,c,est cause des gens comme vous qui divise au lieu de chercher à travailler à unir les partis et si on travaillais à avoir un parti majoritaire ensuite forcer le P.Q et Marois a faire ce pourquoi le parti existe.
    Elle l’a dit que c’est le peuple qui décide s’il veut un pays,c’est à nous de pousser notre gouvernement à agir.

    En voulons nous un pays à nous ou pas ?

  • Jean-Claude Michaud, 18 février 2014 16h57

    Dernière heure... Un sondage annonce un gouvernement PQ majoritaire à 40% donc il est possible qu’on ait un référendum dans les prochaines années en additionnant les votes souverainistes des autres partis. Le PLQ ne représente plus que 33% des votes. 1/3 d’inconditionnel du Canada.

    Si la volonté de Madame Marois est là, on pourrait avoir les conditions gagnantes plus vite que je le pensais en début de semaine.

    Alors M. Nantel, ne désespérez pas le pays est peut-être à notre portée.

  • Mathieu Lepage, 18 février 2014 11h48

    Ce qui est tout de même assez étrange dans votre façon de voir les choses c’est que vous reprochez à la madame de vouloir avoir une majorité à la prochaine élection...

    Comment faire l’indépendance où simplement en parler et en faire la promotion si au final, elle n’est pas élue de façon majoritaire ? A quoi bon se jeter dans un référendum le plus vite possible si au final on le perd encore suite a notre trop grand empressement.

    À quoi bon faire des vidéos sur l’indépendance en allumant un brasier, si au final vous êtes vous même celui qui éteind le feu par la suite.

    L’erreur des indépendantistes depuis 1980, c’est d’avoir laissé leur jeu à la vue de tous, et ainsi donner l’occasion à l’adversaire de prévoir et prévenir ce qui allait en sortir...

    Et pour ceux qui critiquent les développements du pétrole, sachez que pour être indépendant, il n’y a pas meilleur moyen que de l’être dans tous les domaines ! Une marche à la fois quitte à parfois revenir sur la précédente pour mieux reprendre son air d’aller.

    Pour finir, souvenez-vous, le Messie ne représente rien si autour de lui il n’y a personne pour porter son message. Et encore moins si c’est pour faire le jeu de ceux qui n’y ont jamais cru.

  • Normand Paiement, 17 février 2014 14h13

    Monsieur Nantel,

    Vous suggérez rien de moins qu’un putsch !

    J’ai hâte de regarder votre prochaine vidéo pour voir comment vous comptez vous y prendre.

    Cordialement,

    Normand Paiement

  • Jean-Jacques Nantel, ing., 17 février 2014 11h06

    Cher monsieur Paiement,

    Personnellement, je crois que l’indépendance ne peut pas être empêchée et qu’elle va de soi pour des raisons purement économiques et géopolitiques. Même si nos chefs refusent de le dire (moi, je le fais), l’indépendance, ce sera payant.

    Je crois aussi que, si Pauline Marois manque totalement de courage, elle est par contre une fonctionnaire très intelligente qui sait manœuvrer pour exploiter nos sentiments patriotiques et notre angoisse existentielle dans le seul et unique but de se faire élire. Entre autres, c’est pour tous vous détourner du débat national qu’elle a inventé cette charte de la laïcité. Et elle a réussi !

    Pour moi, le vrai ennemi de la souveraineté, c’est le PQ qui se prépare à nous faire perdre quatre mandats (les deux du PQ plus les deux du PLQ) sans faire de référendum alors que le PQ lui-même maintient une immigration de masse qui promet de nous minoriser. Le PQ-Marois se traine les pieds alors que le temps presse.

    Il faut bien s’en rendre compte, hormis son verbiage sans conséquence sur la charte de la laïcité, le PQ ne fait et ne fera pratiquement rien pour faire avancer nos intérêts. Il n’a même pas le courage de franciser les Cégeps anglophones en trop ; c’est dire !

    Je serai franc et direct ici : personnellement, je crois carrément que les dirigeants du PQ ont trahi ; non pas par vice ou par méchanceté, mais par peur. Il faut donc les dégommer du pouvoir au plus vite pour ensuite reprendre le contrôle du parti et nous relancer à la conquête de notre indépendance. La population est prête !

    Les souverainistes n’ont rien à espérer du PQ actuel !

    Si vous voulez savoir ce qui, selon moi, va arriver et ce que je propose de faire, vous n’aurez qu’à visionner ma prochaine vidéo, la numéro 30, où je commence à répondre à cette question.

    Salutations,

    Jean-Jacques Nantel, ing.

  • Normand Paiement, 17 février 2014 07h30

    Monsieur Nantel, je poursuis ma réflexion, commencée dans mon précédent message :

    Les plus âgés d’entre nous se souviendront de cette chanson de Félix Leclerc intitulée "Attends-moi, ti-gars", dont le refrain se termine par ces paroles d’une grande justesse : "Le plaisir de l’un / C’est d’voir l’autre se casser le cou". Lorsqu’on pense aux préjugés à la limite du machisme et de la misogynie véhiculés par trop de nos contemporains (souverainistes et fédéralistes confondus) à l’endroit de notre première ministre, on ne peut qu’en venir à la conclusion que ce grand chansonnier avait très bien compris la nature étroite et mesquine de ce trait de caractère propre aux colonisés que sont restés bon nombre de nos compatriotes depuis l’époque de la Conquête. Ne serait-il pas temps d’en finir avec cette tendance malsaine à dénigrer l’autre pour mieux se mettre soi-même en valeur ? de nous débarrasser enfin de ce complexe de supériorité qui parvient de plus en plus difficilement à masquer notre complexe d’infériorité ? de faire dorénavant preuve de respect les uns envers les autres et de maturité dans nos rapports entre nous ?

    Car qu’importe au fond que Mme Marois ait toujours eu pour ambition d’être la première femme premier ministre du Québec ? C’est son droit le plus strict, après tout ! L’essentiel, c’est qu’elle ait aussi l’ambition de passer à l’Histoire en tant que première chef d’un État du Québec souverain ! Je n’ai rien contre ça. Du moment qu’elle est prête à faire du Québec un pays en échange, je veux bien l’aider et l’encourager à réaliser ses rêves ! Et vous ?...

    Cordialement,

    Normand Paiement

  • Normand Paiement, 17 février 2014 07h22

    Monsieur Nantel,

    Comme vous et bon nombre de souverainistes, je désespère de voir un jour le PQ mettre résolument le cap sur l’indépendance en posant à cette fin les gestes de rupture courageux qui s’imposent ; je doute aussi fortement que Pauline Marois ait les capacités et la détermination nécessaires pour mener à bien cette tâche immense ; je pense même qu’elle nous mène actuellement en bateau dans le seul but de remporter les prochaines élections et de former un gouvernement majoritaire, après quoi elle va se dégonfler et tergiverser comme à son habitude. J’ajouterais enfin qu’une fois que le PLQ aura repris le pouvoir dans cinq ans, avec à sa tête un chef plus coriace que Philippe Couillard, c’en sera fini de notre projet de pays.

    Vous voyez, nous sommes sur la même longueur d’ondes sur ce point !

    Mais une fois qu’on a fait ce constat amer, on fait quoi !?... Voilà ce que j’aimerais vous entendre dire à partir de maintenant.

    On s’abstient de voter aux prochaines élections ? On vote ON ou QS, voire PI ou même CAQ (ou encore PLQ, tant qu’à faire !), et ce dans l’espoir que le PQ morde la poussière et se (nous) débarrasse ensuite (enfin !) de "matante" Pauline ?

    En quoi notre cause commune en sortirait-elle grandie pour autant ? Êtes-vous devenu défaitiste au point de croire que la politique du pire peut vraiment servir cette cause ou que notre peuple n’a plus d’avenir ? Êtes-vous par ailleurs conscient que votre attitude a pour seul effet de démobiliser les troupes, comme j’ai pu le constater à la lecture de la majorité des commentaires (lisez ou relisez-les, vous verrez !) que votre texte a suscités ? (Je n’ai noté que deux exceptions au moment où j’écris ces lignes : Gilles Verrier a choisi de "laisse[r] la chance au coureur" ; Émilie B., quant à elle, vous demande non sans raison : "Me semble que quand on veut gagner la guerre on tire dans le camp ennemi. Pour qui vous travaillez exactement ?") La question se pose, effectivement : Est-ce délibérément que vous vous placez dans la position d’allié objectif de nos adversaires par vos propos improductifs et démoralisants ?

    Quel but recherchez-vous au juste ? Je vous le concède, les péquistes ont "choisi le mauvais chef", "misé sur le mauvais cheval". Mais quelle peut bien être l’utilité de répéter cette évidence ad nauseam ? Entre deux maux, ne devrait-on pas choisir le moindre ?

    Cordialement,

    Normand Paiement

  • Jean-Claude Michaud, 16 février 2014 15h58

    @Émilie B.

    M. Nantel est indépendantiste et a fait beaucoup ici sur vigile pour présenter des arguments en faveur de notre indépendance nationale. Je ne doute pas de ses convictions.

    M. Nantel est simplement plus pressé que moi de tenir un référendum. Critiquer le PQ est nécessaire pour s’assurer que le vaisseau amiral du mouvement souverainiste s’enligne dans la bonne direction.

    Pour ma part, je suis souverainiste mais pas péquiste bien que j’ai voté la plupart du temps PQ incluant la dernière élection. De plus, j’ai aussi appuyé le BLOC dans le passé. Je trouve le PQ et le BLOC trop interventionniste et trop à gauche car je suis un conservateur fiscal, un progressiste sociale et un nationaliste conservateur. Je crois qu’une gauche efficace serait un compromis intéressant dans le contexte du Québec et le PQ aurait du faire ce virage. Le seul parti de gauche efficace au Québec est la CAQ.

  • Émilie B., 16 février 2014 11h15

    M. Nantel vous faites des analyses sur des impressions, sur des suggestions subjectives, sur la méconnaissance de ce qui se passe en privé au PQ etc. Moi aussi je pourrais critiquer et en faire des analyses, mais il me manque des informations logistiques pour le faire puisque je ne vis pas à l’intérieur des décisions qui se prennent au PQ.

    Faire le coq c’est facile mais gouverner et être élu c’est un autre monde et vous ne faites pas partie ni vous ni moi de ce monde intérieur qui prend des décisions pour nous. Vu de l’extérieur on peut se permettre toutes les politiques que l’on veut mais administré de l’intérieur c’est autre chose car le monde est continuellement en mouvement et le PQ n’y échappe pas aussi et en plus il est minoritaire pour le moment, ce qui le limite dans ses actions et ce qui lui donne le double d’ouvrage pour arriver à ses fins.

    Douter que Mme Marois n’est pas indépendantiste me dit que vous avez de la misère à suivre ses actions et que vous ne comprenez pas du tout sa stratégie pour arriver à l’indépendance. Essayez de comprendre sa stratégie serait plus rassurant pour vous et vous permettrait de ne pas tirer dans votre propre camp qui comme vous l’affirmez est indépendantiste. Prouvez le mais pas en le démolissant.

  • Jean-Jacques Nantel, ing., 16 février 2014 00h38

    Chère Émilie B.

    Je ne sais pas ce qui n’est pas clair dans mes propos. Je ne suis pas péquiste ; je suis indépendantiste. Je m’en contrefous que le PQ prenne ou non le pouvoir s’il ne fait pas l’indépendance et, surtout, s’il manœuvre pour ne pas avoir à la faire.

    Le PQ (surtout sa chef bien sûr) a peur de faire l’indépendance. Ses chefs trompent les souverainistes et exploitent leur ferveur patriotique dans le seul et minable but de se faire élire. Ils nuisent à notre peuple par pur égoïsme.

    Par peur des chicanes, ils ne font même pas ce que la constitution canadienne leur permet de faire pour améliorer notre situation (refaire les fusions municipales à Montréal, franciser les institutions anglaises en trop, etc.) ; c’est dire...

    Et les militants souverainistes se laissent manoeuvrer !

    Jean-Jacques Nantel, ing.

  • François Janvier, 15 février 2014 15h34

    Pauline Marois n’est peut-être pas capable d’amener le Québec à son indépendance. Cependant, elle pourrait au moins s’engager à nous protéger de l’assimilation par des mesures relativement simples relevant de la compétence du gouvernement provincial. Par exemple :

    - Réduire le nombre d’immigrants au Québec en le faisant passer de 50000 à 35000 par année. Au prorata de la population ce nombre serait encore supérieur au nombre d’immigrants autorisés aux États-Unis et en France.

    - Avoir une politique nataliste qui ferait passer le nombre de naissances au Québec de 89000 à 105000 par année. À cet égard, s’inspirer des politiques natalistes de la France et de la Suède.

    Appliquer aux CEGEPS les dispositions de la loi 101 d’accès aux écoles anglophones du primaire et du secondaire.

  • Émilie B., 15 février 2014 12h10

    C’est bizarre M. Nantel à chaque fois que je vous lis je trouve votre message ambigu face à l’indépendance. Vous tentez à chaque fois de démolir le PQ tout en vous disant indépendantiste. Me semble que quand on veut gagner la guerre on tire dans le camp ennemi. Pour qui vous travaillez exactement ?

  • ssauve, 15 février 2014 11h54

    Stepheistein relève un sapré bon point. Cette charte est un écran de fumée.

    C’est d’autant plus le cas depuis que l’on sait le PQ enligné sur une immigration massive.

    Il y a incohérence presque mur à mur depuis l’élection de ce parti. La vision n’y est pas. L’opportunisme cependant gonfle le torse à plein...Un jour on nous dit vouloir se désengager du pétrole, pousser pour l’électrification du transport, l’autre jour on perce la caisse pour aller explorer avec fraction hydraulique les terres d’Anticosti et possiblement de Gaspé.

    Marois était à Davos. Elle croit à l’intégration nord-américaine et en cette mondialisation envers et contre tous. L’indépendance, du moins celle dont on discute ici, ne trouvera pas son compte avec elle comme capitaine.

  • ssauve, 15 février 2014 11h43

    Correction :

    J’ai écrit "L’indépendance, ce n’est pas seulement avoir un Québec comme pays, c’est surtout se donner les moyens de s’affranchir de ceux qui nous oppriment."

    Je voulais plutôt dire L’indépendance, ce n’est pas seulement avoir un Québec comme pays, c’est surtout se donner les moyens de s’affranchir de ceux QUE l’ON OPPRIME EN NOUS.

    L’opression que l’on percoit venir de l’autre n’étant qu’un reflet de l’opression que l’on refuse d’assumer pleinement la libération en soi.

  • Stepheinstein, 15 février 2014 08h35

    Je vous remercie Mr. Nantel. Ce texte est une analyse fine de la situation actuelle dont nous sommes tous confronté vis-à-vis du PQ-Marois.

    Il y a longtemps que je n’ai pas lu un texte nuancé et critique du PQ-Marois. Le dernier qui l’a fait systématiquement fût Pierre Cloutier. Pourtant, depuis les derniers mois, aucun texte contre le PQ-Marois est apparu. Un choix éditorial induit sinon délibéré de la part de Vigile ?

    L’obsession (qui a été créé de toute pièce) d’avoir cette foutue charte m’a toujours paru comme une leurre pour nous distraire. Deux évènements vont marquer le déclin de la possible souveraineté québécoise de façon irrémédiable :

    1) La perte possible de plusieurs alumineries via les hausses d’électricité d’HQ. Nos médias ne font aucun rapprochement entre ces deux états de fait. Le QP-Marois va créer les conditions pour laisser les hausses de tarifs d’électricité passé. Pertes d’emplois et de pôles économiques garantie.
    2) La ratification de l’accord de libre échange Canada-Europe et du Trans-Pacific-Partnership. Des accords discutés en secrets et sans consultations publiques. Même pas un sommet ! On est très loin du temps de l’accord Canada-US.

    Pauline Marois ne veut pas de souveraineté afin que l’on ne puisse résister vis-à-vis du nouvel ordre mondial. Que l’on se le tienne pour dit.

  • ssauve, 15 février 2014 07h43

    @ Verrier.

    J’aimerais écrire comme vous. Ca coule de source. Merci de le faire ici sur Vigile.

    Votre dernier commentaire m’aide à prendre une certaine distance avec ma frustration de voir le clan Marois s’enligner sur une exploration/exploitation par fracturation hydraulique des sous sols de l’Anticosti et de Gaspé (pas confirmé encore).

    Il n’y a effectivement pas grand choix sur le menu. Une mort rapide sous le PLQ ou une morte lente sous le PQ.

    Mais diantre, on nous annonce il y a quelques mois à peine que le Québec irait dans le sens opposé de Harper et nous voilà en chantier pour le printemps prochain dans une course à l’exploration pétrolière dans une zone extrêment fragile du Québec !

    Expliquez moi quelqu’un.

    L’indépendance, ce n’est pas seulement avoir un Québec comme pays, c’est surtout se donner les moyens de s’affranchir de ceux qui nous oppriment.

  • Gilles Verrier, 14 février 2014 21h18

    Elle n’est ni une Lumumba, ni une Sankara. Elle n’est pas Ghandi. Elle n’est pas Chénier, Delorimier ou Papineau. Elle n’est pas Jefferson, Washington ; elle n’est pas Bolivar ; elle n’est pas Castro et pas Jose Marti. Elle n’est pas Chavez. Elle n’est pas Morales. Elle n’est pas Poutine. Elle est celle qui défend notre cause sur la pointe des pieds et du bout des lèvres. Elle tient à sa peau, mesure les risques. Et nous n’avons pas d’autre choix. La charge est énorme pour elle car si elle faisait l’indépendance ce serait la première fois qu’une leader qui ne s’en réclame pas davantage que ce qu’il faut, rivée sur le « minimum syndical », réussirait à peu de frais là ou bien d’autres ont échoué au prix de leur vie. Ici comme ailleurs. On verra bientôt si le nouveau paradigme est du solide ou s’il n’est qu’une nouvelle mystification. Pour l’instant, je laisse la chance au coureur, et je veux bien me nourrir d’un certain espoir... car d’autres coureurs ? Il n’y a pas. Il n’y a pas car notre société est gangrenée par l’individualisme, vertu cardinale de l’époque. Il faudrait oser donner sa vie pour l’indépendance et peu d’entre nous, voire aucun des nôtres n’est prêt à ce sacrifice. La préférence étant fortement en faveur de la mort fortement médicamentée, au lit, et pour cause de maladie.

    L’enjeu de la vie mis à part, le vrai test sera de voir si les nouveaux élus trahiront tout de suite leurs nouveaux électeurs, prêtant avec servilité un serment d’allégeance à une souveraine étrangère, pleins de cette innocence feinte, au mépris du plus élémentaire honneur national.

    Votre texte pêche par ailleurs par un certain idéalisme. Dans le monde réel, il ne faut pas croire que la vérité puisse triompher sans artifices. Selon moi, votre foi au mécanisme référendaire défaille de la politique pour rentrer dans le domaine de la mécanique. Or, la mécanique est à l’ingénieur ce que la politique est à la dynamique moins mathématique des sociétés. S’il faut user du « référendisme », il faut le faire avec modération. N’oublions pas que le référendum dans l’histoire des nations n’occupe qu’une très petite place. Les rapports de force sont davantage à prendre en considération. Ce sont donc ces derniers qu’il importe de comprendre et de construire en notre faveur. Pauline Marois pourrait nous y aider même à son corps défendant.

  • Ouhgo, 14 février 2014 20h03

    "Vous avez choisi le mauvais chef, les amis !"

    Ou bien sommes-nous devenu le mauvais peuple pour se donner un pays... La démocratie, c’est le peuple qui la fait. Nous n’avons pas su convaincre les transfuges des avantages de prendre toutes nos propres décisions. Nous avons cru à l’essentielle immigration pour la croissance du pays. Nous avons gardé les jeunes à l’écart des connaissances de leur histoire et de leur culture différente. Nous nous sommes laissé minoriser pour les votes importants.

    Tout ça peut s’expliquer par la dénationalisation conséquente de la conquête militaire.

    Mais nous avons eu quelques occasions de nous redonner la cohésion nécessaire à renaître : Révolution tranquille (Ministère de l’éducation) et les attaques violentes subséquentes : Octobre ’70, Rapatriement de la constitution, vols référendaires, scandale des commandites... Printemps érable... Quelle vigueur nous a donc manqué pour qu’on pousse nos chefs à réaliser notre libération ? Peur de la chicane ? Manque d’entraînement à la confrontation ? Individualisme ?

    Si tout ça est récupérable, ce n’est pas un chef mais le peuple en constituante qui peut se donner le mandat d’informer la jeunesse du choix à faire : se laisser couler dans "la belle mondialisation" ou se serrer les coudes pour tabler sur notre identité propre et entrer en contact avec les autres Nations. Ils ont quelques exemples présentement, de peuples en lutte, parfois aux prises avec le même empire que le nôtre.

    Autrement, nous manquons d’effectifs humains. Trop de fédéraux, pas assez de Québécois !

  • Mike, 14 février 2014 19h32

    Je n’ai aucun "ADN" d’intellectuel. Par contre je sais compter. Je vous donne un exemple. Mon fils qui viens d’atteindre sa majorité me dits. Papa, je veux quitter la maison. Le père luis dit, comment vas-tu subvenir à tes
    besoins. En complétant mes études j’ai réussi quand même à me mettre de côté une somme de $20,000.00 Avec cet argent je vais pouvoir m’acheter des meubles, payer mon loyer, le temps que je me trouve un emploi qui corresponds avec mes études. Tu est chanceux mon fils d’avoir grandi dans un milieu qui t’as permis d’avoir cette possibilité. Cela
    n’est pas dû à tout le monde. En tant que parents nous allons t’appuyer et te donner un coup de main si nécessaire.
    Tiré de la série "Father Knows Best"

  • Jean-Pierre Gascon, 14 février 2014 17h43

    Un message ambigu du PQ ??? L’option constitutionnelle du PQ est un secret de Polichinelle. Qui peut lire entre les lignes sait très bien où campe le Parti québécois concernant la question nationale. Depuis le règne de sa majesté LuLu ce parti est devenu autonomiste-provincialiste que pour mousser la carrière de politiciens de province à l’intendance coloniale de la "Province of Kwibek". La promesse d’un livre blanc sur l’avenir du Québec n’est qu’une entourloupette pour ne pas faire, une fois de plus, de la souveraineté un enjeu de la prochaine élection, cette nouvelle esquive permettra de réunir les "conditions gagnantes" à l’élection d’un "bon gouvernement provincial" majoritaire. Pathétique.

  • Jean-Claude Michaud, 14 février 2014 16h48

    On peut pas perdre un troisième référendum. Ce serait tragique pour l’avenir national du Québec. Nous serions la risée de la planète et du ROC. Mieux vaut selon moi, bâtir un Québec fort et riche et laissez le mouvement souverainiste créer un consensus large en faveur de l’indépendance par le biais de l’action concertée des souverainistes de toutes tendances en même temps afin que le référendum soit une simple procédure pour entériner le souhait du Peuple du Québec de se donner un pays complet. Une défaite référendaire détruirait selon moi ce qu’il reste du mouvement souveraniste.

    Salutations M. Nantel !

  • ssauve, 14 février 2014 15h54

    Si ce gouvernement va de l’avant avec l’extraction du pétrole par mode de fracturation à Gaspé et sur l’ile d’Anticosti, il aura perdu mon vote et celui de nombreux indépendantistes qui tranquilement retournaient au bercail

    Misère qu’il manque de vision ce PQ de l’ère moderne !!!

  • 14 février 2014 15h37

    Monsieur Nantel

    Si le PQ ne veut pas jouer franc jeu avec la question de l’indépendance, les indépendantistes n’ont qu’à voter autrement ou s’abstenir tout simplement de voter à la prochaine élection afin de maintenir ce parti dans l’opposition point à la lettre. Il y a une cr....de limite de rire du peuple comme le PQ le fait, présentement. De plus, Marois gouverne pour les compagnies minières, les pétrolières, pour les riches. Ce gouvernement est plus intéressé à bâtir son carriérisme qu’à bâtir le pays du Québec.

    Cette prochaine élection devrait être référendaire ; pourquoi élire un gouvernement péquiste majoritaire pour le prochain mandat ? Que quelqu’un de sérieux sur Vigile m’explique pourquoi ? Avec 50 000 immigrants qui entrent annuellement au Québec, pas besoin d’être allé aux HEC pour comprendre que le nombre joue de plus en plus contre nous. Je perds de plus en plus le goût de me battre pour l’indépendance avec cette "gang" de bouffons". Une vraie risée !!!

    André Gignac 14/2/14

  • Jean-Jacques Nantel, ing., 14 février 2014 14h56

    Moi, je sais déjà que les souverainistes ont misé sur le mauvais cheval et que Pauline Marois ne cherche qu’à réussir son record (être la première femme première ministre du Québec) en se faisant élire, mais tout en évitant comme la peste de faire la souveraineté.

    Talleyrand, le ministre des affaires étrangères de Napoléon, disait : ¨Faites attention à la première réaction, c’est toujours la bonne !¨

    Or, Pauline Marois a souvent laissé percer ses intentions véritables quant à la souveraineté en laissant tomber certains commentaires par inadvertance.

    Ainsi, elle qui est une haute fonctionnaire dans l’âme et qui n’a jamais entrepris une réforme en profondeur de quoi que ce soit, a un jour déclaré qu’après la souveraineté, il y aurait des années de turbulences. Venant d’elle, cela veut clairement dire qu’elle a peur d’affronter le Canada anglais.

    Lors du débat sur la partition, j’ai été stupéfait de sa nervosité qui montrait un manque de courage tout à fait révélateur.

    APRÈS avoir pris le pouvoir, elle a aussi déclaré aux Anglo-Québécois qu’elle ne toucherait pas à leurs institutions en surnombre même si elle sait qu’elles sont financées avec des taxes volées aux francophones. Toujours la peur des turbulences. Elle a d’ailleurs imposé le silence sur le sujet à ses ministres, notamment du côté de Jean-François Lisée, qui s’est laissé faire. Comme je l’ai dit ailleurs, si Marois refuse de faire 5% de la souveraineté, elle n’essaiera certainement pas d’en faire 100%.

    Enfin, elle a récemment déclaré, comme je le dis dans mon article, qu’il y aurait un référendum seulement si la population en voulait. Il n’y aura donc pas de référendum puisque la majorité fédéraliste n’en veut pas !

    Que Pauline Marois soit de feu pour se faire élire, oui, mais jamais quand il s’agit de faire avancer la cause souverainiste en employant des arguments percutants.

    Tout cela pour dire qu’après Bouchard, Marois va nous faire gaspiller quatre autres mandats sans référendum (les deux du PQ plus les 2 du PLQ qui vont suivre).

    Elle nous coûte cher, la lâcheté de nos chefs !

    Jean-Jacques Nantel, ing.

  • Francis Robillard, 14 février 2014 13h48

    Les indépendantistes au Québec ne sont-ils pas minoritaire parce qu’ils se comportent en mineurs politiques, économiques et financiers, tout comme les idolâtres unionistes ?

    Les Sujets indépendantistes n’ont-ils pas encore réussit à s’émanciper vers un statut de citoyen du Québec, responsables, solidaires, authentiquement libre du système d’idéologie de la classe dominante qui nous casses les couilles depuis plus de 250 ans ?

  • Normand Paiement, 14 février 2014 12h23

    Monsieur Nantel,

    J’ignore si votre analyse de la situation est juste ou non, mais je ne peux m’empêcher de vous poser cette question qui me vient spontanément à l’esprit après avoir lu votre texte un tantinet pessimiste : Que suggérez-vous pour changer l’état actuel des choses ?

    Vous n’êtes pas sans savoir qu’on ne change pas de cheval une fois que la course est commencée. Or, la prochaine échéance électorale approche à grands pas (http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201402/13/01-4738756-un-budget-le-20-fevrier-des-elections-ensuite.php).

    Le PQ semble avoir le vent dans les voiles. Et Pauline Marois "est en feu" (http://www.lapresse.ca/le-droit/chroniqueurs/gilbert-lavoie/201402/13/01-4738493-pauline-marois-est-en-feu.php) ! À Trois-Rivières, elle a carrément "pété le feu" au début du mois (http://www.youtube.com/watch?v=4sRYntNE5rs) !

    "Show de boucane" que tout ça ou changement de ton salutaire ? Nous devrions savoir d’ici les cinq prochaines années si les Québécois ont "misé sur le bon cheval"...

    Dans l’intervalle, je propose que tous les indépendantistes obligent le PQ à tenir ses engagements et à aller au bout de sa démarche. (Ce que, soit dit en passant, vous savez faire à merveille !)

    À moins que vous ayez d’ores et déjà une meilleure solution à proposer ?...

    Cordialement,

    Normand Paiement

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