«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pas évident comme stratégie

Le grand écart de Jean-François Lisée

samedi 24 décembre 2016

Jean-François Lisée tente le grand écart : il songe à ne pas présenter des candidats dans toutes les circonscriptions pour laisser de la place à Québec solidaire tout en courtisant les électeurs de droite qui ont déserté le PQ.

La stratégie électorale du nouveau chef péquiste repose sur un difficile équilibre : rallier les fédéralistes déçus du PLQ et les citoyens plus à droite de la CAQ, tout en faisant alliance avec Québec solidaire. Il n’exclut pas d’ailleurs de donner le champ libre à la formation politique de gauche dans les comtés qu’elle détient déjà. « Je pense que rendu là, ce sera réglé dans les cinq premières minutes [des négociations] », a-t-il lancé lors d’une entrevue de fin d’année avec le Bureau parlementaire.

Il va ensuite « regarder les comtés qu’on n’a pas, ni l’un ni l’autre » : il vise les châteaux forts libéraux, qui semblent prenables lorsqu’on additionne les votes péquistes et solidaires. Ne pas présenter des candidats dans toutes les circonscriptions pour laisser de la place à Québec solidaire est une « combinaison possible » et sera étudiée.

Les « fédéralistes de droite »

Son mantra, battre les « fédéralistes de droite pro-pétrole », semble toutefois peu conciliable avec sa volonté de rapatrier les électeurs plus à droite. Lors des élections partielles au début du mois, le PQ a terminé troisième dans Arthabaska, et le Parti conservateur du Québec a devancé QS dans ce secteur situé dans le Centre-du-Québec.

« On a deux ans pour préparer tous les terrains. La clarté et la constance qu’on va imprimer d’ici deux ans vont permettre d’intégrer ces éléments », croit le chef Lisée, qui veut mettre de l’avant son discours pro-entrepreneur.

Le message qu’il lancera aux électeurs qui ne voient plus la différence entre le PQ et QS ? « OK, vous n’aimez pas Amir Khadir, mais vous voulez renverser les libéraux et vous aimez nos propositions pour les PME ? Maintenant, choisissez », dit-il.

Plan

Son plan repose sur une croyance : « lorsqu’elle reconnaît les difficultés de la réalité, la volonté politique peut changer la réalité ». M. Lisée revient de loin. Après avoir affirmé que Pierre Karl Péladeau est une bombe à retardement et s’être retiré de la précédente course à la direction du PQ, un éminent chroniqueur l’a déclaré mort politiquement.

« Je m’en souviens très bien. Je ne suis pas rancunier, mais j’ai une bonne mémoire », lance-t-il. « Si un homme ou une femme politique a la volonté de durer en politique, ce n’est pas tuable. »

Un homme d’équipe ?

Jean-François Lisée a la réputation d’être un « loose cannon ». Lorsqu’on lui demande s’il est un homme d’équipe, il a une réponse toute prête : il a été directeur du Centre de recherche en études internationales de l’UdeM pendant 8 ans. « Je faisais des réunions régulièrement. Je voulais même que les secrétaires soient là », a-t-il lancé.

La maison à 5 M$

Jean-François Lisée ne regrette pas son attaque contre la maison « à cinq millions $ » de François Legault, jugée durement par les analystes. « Quand François a essayé de faire semblant de ne pas être dans l’élite, il ne faut pas faire ça. Il ne faut pas faire semblant d’être autre chose que ce que l’on est. »

Couillard pas équipé pour parler de souveraineté

Jean-François Lisée, qui promet de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat, a adopté une stratégie unique lors de ses affrontements en chambre avec Philippe Couillard : il propose de faire un débat télévisé d’une heure sur l’indépendance. « Il revenait toujours avec l’indépendance au lieu de répondre aux vraies questions. Mais il ne veut pas débattre. Ce n’est pas vrai qu’il est capable de soutenir un argument cohérent pendant une heure puisqu’il refuse le débat. » Le stratège estime que Philippe Couillard n’utilise presque plus cette technique.


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