«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’étude confirme ce que l’on peut entendre et comprendre en écoutant des adolescents et de jeunes adultes parler

Le français en perdition

La mauvaise maîtrise de la langue par les étudiants pose un problème aux enseignants

Le piètre français des étudiants préoccupe les enseignants du cégep, qui affirment qu’il s’agit du principal problème auquel ils sont confrontés en classe.

C’est du moins l’une des conclusions d’une étude menée par Thierry Karsenti, directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante. L’enquête a été réalisée ce printemps auprès de 166 enseignants de la formation générale répartis dans 17 cégeps à travers la province.

La quasi-totalité des enseignants interrogés (91%) considèrent que la maîtrise du français est le premier défi qu’ils rencontrent en classe. La motivation des étudiants arrive au deuxième rang (89%), suivie par leur faible habileté et leur faible intérêt pour la lecture (68%).

Par ailleurs, les difficultés en français sont loin d’être réservées aux étudiants allophones. Des enseignants ont même affirmé que le problème est parfois encore plus présent chez les élèves francophones, souligne Thierry Karsenti, qui rappelle que les difficultés en français et en lecture ont aussi un impact important sur toutes les autres matières.

Manque de motivation

Le manque de motivation fait aussi partie de l’équation, ajoute le chercheur. « Il y a énormément de ressources d’aide qui sont mises à la disposition des étudiants qui éprouvent des difficultés, mais ils ne les utilisent pas », dit-il.

Ce n’est pas la première fois que les difficultés en français des cégépiens font les manchettes. Le Journal rapportait récemment que le nombre d’étudiants qui ont dû s’inscrire à un cours de mise à niveau en français au cégep a grimpé de 50%, au cours des 10 dernières années.

Formation générale obligatoire

Sans surprise, les enseignants interrogés se prononcent par ailleurs pour le maintien tel quel de la formation générale au cégep, qui comprend notamment quatre cours de français obligatoires.

Au cours de la dernière année, des voix se sont élevées pour réclamer plus de souplesse dans la formation générale offerte au cégep, où davantage de cours optionnels pourraient être offerts aux étudiants.

M. Karsenti considère toutefois qu’il y aurait un « risque énorme » à rendre les cours de français optionnels puisque les étudiants qui éprouvent des difficultés avec la langue de Molière éviteraient de s’y inscrire, par peur d’échouer.

« Donner plus de choix, ça voudrait dire permettre à des étudiants de ne pas avoir certaines compétences de base. C’est un risque important », affirme-t-il.

Principaux défis rencontrés par les enseignants de cégep

  • Maîtrise du français : 91%
  • Motivation : 89%
  • Intérêt et habiletés en lecture : 68%
  • Méthodes de travail  : 54%
  • Culture générale : 47%
  • Niveau intellectuel  : 38%
  • Assiduité : 22%
  • Usage des technologies : 19%
  • Compétences informationnelles : 10%
  • Élèves en difficulté : 9%

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Langue française — la « dynamique du déclin »

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