«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Liquider le modèle québécois

Le français : cette langue est-elle devenue si peu de chose ?

vendredi 7 novembre 2014

Bien pauvre paraît notre langue lorsqu’on entend des ministres du gouvernement libéral, tels Yves Bolduc, Gaétan Barrette ou encore Francine Charbonneau pour ne citer que ceux-là, l’employer avec autant d’imprécisions et d’erreurs.

Sortie de leurs bouches, notre langue n’est qu’un amas de mots diffus et confus sans aucun relief. Privée de sa force et de sa vitalité, elle est réduite à une fonction strictement utilitaire, celle de faire des annonces qui prennent bien souvent la forme de ballons d’essais.

Quelle aigreur !

Il n’y a dans cette façon d’appréhender le politique aucune idée substantielle, aucune pensée qui sous-tend une démarche réfléchie. Bref, un manque cruel de vision. Sur le front économique et social, les mêmes recettes que le gouvernement Charest sont recyclées. L’éducation est considérée comme une dépense, les services de garde, une perte nette de revenus et les personnes souffrant de maladies mentales, un boulet. Pour rétablir l’équilibre ? On coupe. POINT.

Liquider le modèle québécois

Le français : cette langue est elle devenue si peu de chose ?Faut-il encore nous accabler par des discours insensés qui désignent notre modèle de société et notre singularité francophone responsables de notre péril économique ? Pourtant, on se refuse à des réformes profitables à l’ensemble de la collectivité de peur de nuire à des intérêts occultes peu portés à descendre dans la rue et à l’origine de la corruption et du délitement des biens et de l’argent du peuple.

Ainsi les égoïsmes ne cessent de s’exprimer, les mieux pourvus n’hésitant pas à exiger des sacrifices des plus petits. Surtout, on s’épargne les contraintes qu’on impose aux autres. Bolduc pige gloutonnement dans la caisse publique et personne de son caucus ne considère un tel geste comme une anomalie.

Dans ce contexte, les entorses se multiplient. On regarde benoîtement le gouvernement fédéral jouer Champlain contre Maurice Richard. Surtout, on ne pipe pas mot. On fait semblant de regarder ailleurs, encore une fois, alors que le Canada au service des pétrolières de l’Ouest veut faire de notre fleuve à Cacouna un déversoir de bitume.

Forcément, le thermomètre social monte dans l’indifférence de nos dirigeants. Et puis ?

Je parle français, tu parles français, NOUS parlons ANGLAIS …

Notre langue n’est plus celle du travail, de la diplomatie, du rêve, de la fierté, de l’amour et de la beauté. Notre langue est celle des coupures et de l’austérité. Elle n’est que démission, renoncement et impuissance. Elle est une boule qu’on crache ici et là pour calmer les ardeurs des journalistes impatients. Il n’est plus rare d’assister à un point de presse ou de lire une déclaration qu’on préfère d’abord faire en anglais.

Notre langue est celle de la gêne, des besogneux et des salutations froides. Avec le choix qu’à fait le premier ministre Couillard de s’adresser à ses interlocuteurs à l’étranger en anglais, le bouchon vient d’être enfoncé davantage. Plus rien ne compte. Pas même cette règle d’or qui exige qu’un chef d’État s’exprime dans la langue officielle de son pays lorsqu’il prend la parole à l’extérieur.

Non pas parce qu’il ne maîtrise aucune autre langue. Là n’est pas la question d’ailleurs.

Car un chef d’État doit d’abord avoir le souci des siens avant d’avoir le souci des autres.

Il doit avoir le souci de l’ouvrier de l’usine de chez nous avant d’avoir le souci du patron américain.

Il doit avoir le souci de son peuple avant une quelconque autre considération. Cet état d’esprit masque bien des choses. Le Couillard d’après l’élection n’est pas si différent du Couillard d’avant l’élection. On retrouve chez lui toujours ce même reflexe : le mépris de notre langue commune.

A l’envers de l’histoire

Cette attitude remet frontalement en cause un choix historique et politique que nous avons fait collectivement. Celui de faire du français notre langue de tous les jours ainsi que celle des grands jours. La posture nouvelle qui nous est imposée ne peut que susciter une terrible inquiétude pour le devenir de notre langue.

Il y a quelque chose de pathétique dans ce rapport, l’aveu d’une nation à bout de souffle qui ne trouve plus de femmes et d’hommes politiques pour assurer son existence d’une façon honorable et digne dans sa propre langue.

Le Devoir rapporte les résultats d’une grande enquête réalisée pour le compte de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

« Les auteurs de « La langue française dans le monde 2014 » estiment que le nombre de francophones a progressé de 7 % depuis la dernière édition de cette publication en 2010, ce qui ferait 13 millions de locuteurs en plus. Le français est toujours la cinquième langue la plus parlée au monde avec 274 millions de locuteurs, dont 212 millions qui l’utilisent quotidiennement. Elle se situe derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol et, selon les estimations, de l’arabe ou de l’hindi. L’étude dirigée par Alexandre Wolff nous apprend aussi que le français est la quatrième langue sur Internet, la troisième des affaires et la deuxième en ce qui concerne l’information internationale dans les médias. »

Dommage qu’avec ce gouvernement, nous nous inscrivions dans le sens contraire de l’histoire.

Qu’on se le dise : ceci n’est pas une fatalité.


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