«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

le cimetière exclusif religieux est un non sens civique

Le droit religieux ne doit prévaloir sur les droits civiques dans une société laïque.

Labeaume n’a pas réfléchi. quel gâchi sociétal !

Tribune libre de Vigile
dimanche 6 août
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Faire des cimetières par religion rend la religion au-dessus de la citoyenneté. Une nation moderne doit enterrer ses morts dans des perspectives laïques et non religieuses. On est un citoyen avant d’être un croyant religieux.

Or, le Québec par les lois canadiennes a une position légale ambiguë. En effet, le préambule de la Constitution de 1982 au chapitre I met sur le même pied la suprématie de Dieu et la primauté du droit. Ce qui met en péril le principe de la séparation de l’Église de l’État. En corollaire, il vient mettre de l’ambiguïté dans la notion de laïcité.

D’une part, le citoyen avant d’être croyant rend au droit sa primauté. De l’autre, la notion de religieux rend à l’église son caractère de suprématie ; une forme de suprémacisme indifférenciée ; une forme d’organisation religieuse d’une domination absolue et au-dessus de toute autre chose.

Cette notion n’est pas loin des formes de racisme, mais attribué à la religion ou Dieu, elle devient de religiosité, dit-on acceptable, mais ô combien mal aisé, — ce mal à l’aise morale comparable à celui qui fait son épicerie chez Wallmart, mais pourfend les multinationales impératrices qui laissent les marchés locaux en charpies.
Cela n’empêche pas le Québec et sa population d’être manifestement et généralement contre la suprématie de la religion, se mettant en porte à faux avec le reste du Canada (ROC).

Mais voilà, nous n’avons pas fait les pas nécessaires politiques pour légiférer sur le sujet sachant que de nombreux pièges de droits couvent sous ces délicates questions.
Y aller avec la tronçonneuse sans principes est de trancher un peu trop facilement ce sujet.

Ainsi, le blogueur Claude Villeneuve dans le JDM du 5 août défend Labeaume qui vend un terrain d’usage pour cimetière à des musulmans qui veulent l’exclusivité d’un territoire pour les citoyens de religion musulmane. Labeaume veut respecter sa promesse politicienne prise sous le coup de l’émotion et sans avoir réfléchi. Point barre !

Il donne comme contre-argument aux adversaires qu’il associe par son texte à des racistes et des gens de haine s’ils passent à l’action violente, qu’au Sénégal « où l’islam regroupe 90 % de la population, mais où tous les cimetières comportent une section chrétienne ».

Pis ! Un cimetière qui n’exclut pas un quelconque citoyen pour des motifs religieux ou autres respecte le principe de laïcité. Où est l’argument ? Il n’y a pas de racisme à vouloir contrôler les religions qui veulent exclure des droits citoyens, des terres québécoises. Le droit de propriété n’est pas absolu. Et le droit des religieux, quoiqu’il soit ambigu, ne doit prévaloir sur le droit civique.

Or, la vraie question est plutôt doit-on accepter en 2017, en principe et en droit, qu’un cimetière exclut tout citoyen pour non pratique de cette religion ? Je dis non clairement, à privilégier l’exclusivité des droits religieux au lieu des droits de citoyens.

L’exclusion religieuse des cimetières a existé anciennement jusqu’au débordement de place. Doit-on persister à faire ce que le Québec a décidé, à la Révolution tranquille, de séparer l’église de l’État et de donner primauté au droit du citoyen dans la cité ? Je réponds clairement que toutes les formalités légales pour la question doivent être de contrôle civique et laïc plutôt que religieuse.

Nous devons refuser comme société de permettre que des citoyens aient une exclusivité légale sur un territoire pour privilégier les formalités ou procédures reliées à une religion. La loi existe pour favoriser l’ordre et exercer un contrôle sur la vie citoyenne. L’origine sur ce sujet vient de l’ordonnance 188 sous l’arrêt Villers-Cotterêts de 1539 du roi François premier. Elle oblige à des formalités et procédures, sous peine de sanctions, dans le cas de décès.

Aujourd’hui comme hier, ce droit doit être sécularisé. Séculariser est de vivre dans un lieu, sur une terre, qui n’est sous l’autorité d’aucun ordre religieux. Il ne faut pas confondre le droit à un lieu de culte privé, ce qui est une synagogue, église avec la formalité de décès civique. Si un cimetière catholique n’acceptait pas les musulmans, il serait considéré comme organisation de citoyens racistes.

Pourquoi un cimetière de contrôle musulman à l’exclusivité pour musulmans serait privilégié par l’État ? Et quand est-il des exigences de séparer les hommes des femmes, de la loi coranique, la sharia, et des autres, témoins de Jéhovah et que sais-je ! Le contrôle de formalités de décès par une religion est une intromission et une intrusion dans les droits de l’État.

De même, le principe de laïcité est incompatible avec la neutralité religieuse de l’État. Mais la neutralité religieuse permet aux citoyens d’exercer toute forme de croyances. Elle appartient aux droits citoyens et non pas aux obligations de l’état. L’État doit défendre l’État et prendre position pour l’État. Pour ne pas privilégier quoi que ce soit ou qui que ce soit, le juge comme le policier prend habit d’État.

En définitive, le principe de la laïcité sur tout territoire est incompatible avec l’acte de rendre religieux un territoire avec ses procédures et formalités légales dans les cas de décès.
Tous les cimetières doivent universellement accueillir tout citoyen. En faire une exclusivité va à l’encontre de la primauté des droits civiques sur les droits religieux. Bien que les jugements s’enlisent dans des considérations qui permettent l’improbable, faire triompher la religion qu’elle soit islamique, juive ou chrétienne, doit s’arrêter dans l’espace citoyen.

Commentaires

  • Ivan Parent, 12 août 11h50

    À M. Christian Néron

    Il faudrait que les politiciens aient une colonne vertébrale et un minimum de jugeotte. Ce qui est loin d’être évident. Quand on pense que la France a voté pour un homme qui prétend qu’il n’existe pas de culture en France. Ça s’est de l’assoupissement exposant trois.

    Ivan Parent

  • Christian Néron, 7 août 16h22

    LA PRIMAUTÉ DE LA « LAÏCITÉ »

    Toute prétention à la supériorité, même morale
    et religieuse, est assimilable à une forme de ra-
    cisme et d’impérialisme.

    Le millénarisme n’est-il pas une forme d’impéria-
    lisme mystique.

    Dans le monde moderne, c’est la laïcité qui fonde
    le lien social et la citoyenneté.

    Nos politiciens devraient être les premiers à se
    porter à la défense de la laïcité.

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