«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Il importe de retenir les arguments de Leon Craig

Le dilemme canadien

Si on pense à l’avenir du Québec...

Tribune libre de Vigile
mercredi 11 novembre 2015
313 visites 1 message

Depuis les dernières élections canadiennes, les médias du Québec et de l’Ontario pressentent le parti qui sortira le Canada du purgatoire dans lequel le PCC l’a plongé.

Dans ces couvertures, rien n’est dit sur l’appui du PLC (39,4% en 2015 contre 39,6% pour le PCC en 2011) et peu d’analystes ont planché sur les effets du rejet du PCC sur l’avenir des Prairies et sur les problèmes qu’engendreront les ajustements que le PLC entend mettre de l’avant pour poursuivre l’exploitation du pétrole des sables bitumineux et assurer son transport.

Or, ce sont des points qui inciteront les promoteurs de l’indépendance de l’Alberta comme des Prairies à relancer cette idée. En 2006, 40 % des électeurs de l’Alberta et plus de 30 % des Prairies la voyaient d’un bon œil et n’avaient aucunement comme stratégie d’en faire un élément de chantage, désireux qu’ils étaient de payer moins d’impôt et de se doter d’un pouvoir politique reflétant leur conception du « vivre ensemble » et de la démocratie.

Cette année-là, lors d’une entrevue (voir : http://www.freealberta.com/latest_news.html), Leon Craig expliqua clairement leurs attentes.

Dans un contexte de baisse du prix du pétrole jumelé à l’élection du PLC, du retour des valeurs prisées par ce parti, du renforcement du pouvoir de Bay Street et au déploiement de nouvelles contraintes pour l’extraction et l’exportation du pétrole des sables bitumineux, 2015 pourrait vite devenir l’année du chant du cygne du Canada.

Le motif : les Prairies connaîtront un ralentissement économique majeur et, en réaction, elles voudront se doter des pouvoirs d’un pays pour faire valoir leurs valeurs et trouver des débouchés autres que ceux recherchés depuis plusieurs années au sud, à l’ouest et à l’est.

Comme le sud et l’ouest rejettent les projets envisagés, l’est deviendra la planche de salut du Canada. Je vois mal comment le peuple québécois acceptera de l’être, car ça implique qu’il s’associe à l’extraction d’un pétrole plus polluant que le charbon alors qu’il a tout en main, sauf un pays, pour promouvoir l’usage de ressources renouvelables, dont l’électricité.

Aussi suis-je enclin, depuis les dernières élections, à penser que l’euphorie des vainqueurs se transformera en un cauchemar sans fin, les Prairies et le Québec en étant la cause et le Canada, d’ici deux ans, se retrouvant coincé par le pire dilemme de son existence.

Dès lors, si on pense à l’avenir du Québec, il importe de retenir les arguments de Leon Craig. Pour l’essentiel, ils élaguent la soumission au Canada, manière PLQ ou CAQ, aussi le couteau sous la gorge, mais précisent clairement les motifs que pourraient mettre de l’avant les promoteurs de l’indépendance du Québec, ce qui changerait la perception actuellement passéiste de ce mouvement.

Commentaires

  • Michèle Clément, 14 novembre 2015 15h27

    Trudeau père a dit un jour que si l’indépendance était bonne pour le Québec, ce serait lui qui la ferait. L’indépendance est toujours bonne pour le Québec mais elle est aussi devenue bonne pour l’Ouest depuis le référendum de 1995 qui leur a donné l’occasion d’y réfléchir et de la planifier mais, dans leur cas, en direction d’une adhésion aux États-Unis d’Amérique.

    Au lendemain des élections provinciales d’avril 2014, Trudeau fils s’est empressé de dire que, pour lui, l’idée de l’indépendance était toujours bien vivante. Couillard aussi.

    À mon avis, les libéraux fédéraux du QC sont déjà à l’oeuvre, et ça depuis 1995, pour préparer la partition du Canada devenu de plus en plus difficilement gérable en tant qu’entité. Les libéraux fédéraux du QC sont les mieux à même de réaliser la partition du Canada dans un avenir prévisible.

    Pourquoi eux et pourquoi maintenant ?

    Le Canada tel que nous le concevons traditionnellement et que la dernière campagne nous l’a abondamment dépeint avec sa grandeur, ses valeurs, sa vision du monde, c’est la nôtre, québécois, celle que nos pères, nos ancêtres, nos prédécesseurs et les leurs ont exporté à Ottawa et que le ROC a simulé partager aussi longtemps que ces mêmes libéraux ont mobilisé le pouvoir au Canada grâce à nous, grâce à nos votes. Le jour où on n’a plus cru à leur utilité après 1995, la trahison, le vol, le mensonge et l’impunité, on les a simplement délaissés.

    Le ROC a alors gérer lui-même le pays à sa façon, selon ses valeurs et sa vision du monde. Le fossé entre le ROC le Québec s’est alors élargi à grande vitesse et la couleur des deux mondes s’est révélée éblouissante.

    Ce sont eux, ces mêmes libéraux, qui nous ont entraînés dans cette aventure de la Constitution canadienne avec ses soubresauts et ses aléas. Le peuple attend leur mea culpa. Le peuple ne bougera pas sans eux. Dans la crainte, la peur, l’angoisse, ils ont toujours représenté notre zone de confort.

    Nous sommes arrivés au point de rupture avec le Canada des Papineau, Georges-Étienne Cartier, Henri Bourassa et autres Taschereau dont les noms émaillent les grandes artères de nos villes.

    La partition ne sera pas un affrontement mais un règlement des comptes.

    Elle fera ressortir clairement les limites territoriales des deux visions politiques, économiques, sociales et culturelles qui nous opposent depuis trop longtemps et paralysent l’évolution des deux communautés.

    Jusqu’à maintenant, l’Ouest a confié aux politiciens québécois la mission d’intégrer le Québec dans sa vision du monde. L’Histoire récente a confirmé l’échec de cette mission, non pas parce qu’ils n’ont pas été dévoués à la cause mais parce que la convergence de nos intérêts réciproques dépend d’abord des pleins pouvoirs pour chacun de gérer sa vision du monde et la place qu’il y occupe. Après, chacun choisira ses moyens d’y arriver. Les moyens ne seront pas les mêmes. Ça aussi, l’Histoire nous l’a appris. Il ne s’agit pas de juger les choix de chacun mais de les respecter et de les assumer en toute liberté et d’en négocier les alliances et les convergences dans nos relations internationales.

    Harper pourrait trouver plus d’intérêt à devenir le premier ministre d’un plus petit pays appelé à un nouveau développement que le chef de l’opposition d’un pays en stagnation économique sur une grande partie de son territoire, quoi qu’il en dise.
    .
    Trudeau n’aura d’autre choix que le pragmatisme. À défaut de quoi, les deux communautés sont en perdition. Déjà, le Canada d’un océan à l’autre est en voie de devenir la terre des vieux et des pauvres dominés par les rois étrangers de la consommation à prix d’entrepôts.

    Tous les nôtres susceptibles de créer du bien-être et de la prospérité à travers la création d’entreprises innovantes s’expatrient déjà de façon massive depuis que l’accès aux capitaux a disparu avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement Charest, en 2003. Le Québec Inc. s’est arrêté là. Dans le reste du Canada, depuis la fin du chemin de fer et le déclin de l’influence des grandes familles, on s’expatriait déjà allègrement vers les États-Unis.

    Des études récentes de l’Autorité des Marchés sur les capitaux de risque disponibles pour le démarrage et le développement d’entreprises innovantes ont révélé que la situation est partout la même, chez nous et dans le ROC, pas de capitaux pour la production et la création d’emplois.

    Le reste du monde est conscient des différences profondes entre nos deux communautés et des conditions nécessaires à notre épanouissement mutuel. Séparés, nos alliances nous rendront plus forts. Ensemble, nous continuerons à nous étioler au rythme de nos insatisfactions et nos frustrations réciproques ouvrant la voie à la domination étrangère sur nos vies.

    L’opération sera à la fois règlement des comptes financiers entre Québec et Ottawa, ce dont ils connaissent très bien les tenants et les aboutissants, mais aussi et surtout règlement de comptes entre les deux grands Partis politiques du pays depuis la Confédération, Libéraux vs Conservateurs, qui se partageront ce pays selon les limites territoriales de la vision culturelle, politique, économique et sociale qu’ils incarnent respectivement.

    Pas d’amertume après la poignée de main pour la photo. Là où on était "un" plein de malheureux, on est "deux" plein d’heureux. Pour la première fois de notre histoire, on deviendra vraiment des partenaires de plein gré.

    Dans l’éventualité qu’ils règlent la situation sur la base de la partition territoriale du Canada selon les idéologies dominantes entre l’Est et l’Ouest, selon les deux visions différentes du monde qui s’affrontent depuis des générations, je crois que les deux communautés y trouveraient une énergie nouvelle.

    L’élection de Justin Trudeau pourrait bien marquer, à son corps défendant, la fin du Canada de son père, qu’il nous a magnifié tout au long de la campagne, et le début de la négociation de la partition du pays.

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