«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La situation financière du Québec se compare avantageusement avec celle des autres provinces en raison de la faiblesse de son rythme d’endettement

Le déficit zéro de plus en plus hors d’atteinte

Le ministre Marceau dévoile les comptes publics pour l’année 2012-2013

vendredi 1er novembre 2013

Québec — À mesure que le temps passe, l’atteinte du déficit zéro dès cette année semble de plus en plus hors de portée du gouvernement Marois.

En dévoilant les comptes publics pour l’année 2012-2013 aux côtés du président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a indiqué que la prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 1,3 % au Québec devrait à peu près tenir. « On devrait être dans ces eaux-là », a-t-il dit.

Mais c’est le PIB nominal, ce qui comprend l’inflation, qui compte pour les revenus de l’État. Et là, l’évolution est négative. « Il y a une baisse significative du PIB nominal, a prévenu Nicolas Marceau. Allez voir le rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada : vous allez constater à quel point l’inflation est faible au Canada et, au Québec, elle a été encore plus faible qu’ailleurs. Alors, ç’a des répercussions sur nous. »

Mise à jour

Le ministre doit présenter sa mise à jour économique et financière à la fin de novembre ou au début de décembre, moment où le montant du déficit prévu pour l’année en cours devrait être connu. Dans les officines gouvernementales, le chiffre de 2 milliards circule. Les fonctionnaires des Finances s’affairent à « mesurer l’ampleur de la croissance plus faible des revenus avec laquelle nous devons vivre », a dit le ministre, tout en tâchant de déterminer combien de temps durera cette période de vaches maigres.

« Il n’est pas question, de notre côté, de poser des gestes qui pourraient mettre à mal la croissance économique », a affirmé Nicolas Marceau. En clair, il est hors de question de résorber le déficit par de nouvelles compressions ou en cessant de soutenir l’économie québécoise.

De son côté, Stéphane Bédard trouve un réconfort dans les comparaisons avec l’Ontario. « Par rapport à nos voisins aussi, on a une position qui est avantageuse », s’est-il réjoui. Ainsi, le déficit du Québec l’an dernier s’élevait à 0,4 % du PIB contre 1,4 % en Ontario, selon le communiqué diffusé jeudi par le cabinet de Nicolas Marceau.

En commission parlementaire

Fait positif, la lutte contre la corruption et la collusion s’est traduite par des économies pour l’État l’an dernier. La dette brute du Québec a augmenté de 8,4 milliards au lieu des 10,3 milliards prévus. La moitié de l’écart de 1,9 milliard vient de la baisse du coût des immobilisations. Des précisions sur cette réduction des coûts des contrats viendront sous peu.

Par ailleurs, Nicolas Marceau n’a guère prisé de recevoir une assignation à comparaître le 20 novembre en commission parlementaire. Il devra se présenter avec des informations financières en main sur les organismes extrabudgétaires et les fonds spéciaux. Le ministre, qui devait comparaître en commission mercredi, avait refusé de fournir ces données parce qu’elles sont incomplètes en cours d’année financière. « Ils sont dans des procédés farfelus [qui trahissent] une grande méconnaissance de nos institutions », a accusé le ministre.


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