«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le crucifix du CHU de Québec

Nouvelle victoire des intégristes

Tribune libre de Vigile
jeudi 2 mars
461 visites 10 messages

La direction du Centre hospitalier universitaire de Québec est revenue sur sa décision et a réinstallé le crucifix de l’hôpital du Saint-Sacrement qu’elle avait retiré suite à une plainte d’un patient.

Ce revirement fait suite aux pressions exercées par la droite catholique et l’arrière-garde identitaire qui manifestement ne comprennent rien à la laïcité de l’État et n’ont pas hésité à recourir à la menace terroriste pour atteindre leur fin. Autant il fallait saluer la décision éclairée de donner suite à la plainte, autant le revirement est déplorable et constitue une capitulation devant l’intégrisme religieux.

La décision de retirer le crucifix était fondée en droit. L’administration du CHU l’avait en effet justifiée par un avis de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse soulignant que « la présence dans une institution publique d’un symbole religieux, tel qu’un crucifix ou une croix » peut revêtir « un caractère coercitif […] lorsque la clientèle de l’institution est vulnérable, parce que captive […] ». Le CHU de Québec considérait avec raison que ceci s’applique à un hôpital étant donné le caractère captif de la clientèle.

Mais ce caractère particulier de la clientèle n’est nullement nécessaire pour réclamer le respect de la liberté de conscience et la liberté de religion des usagers. L’administration aurait pu s’en remettre au jugement du Tribunal des droits de la personne dans l’affaire de la prière municipale à la ville de Saguenay dans lequel il considérait que la présence d’un crucifix conférait un caractère religieux à l’enceinte où il était exposé et ordonnait son retrait. (Cet aspect du jugement n’a pas été considéré par la Cour suprême mais uniquement à cause d’un point technique de l’enquête et non sur le fond du jugement.)

Dans cette même affaire de Saguenay, la Cour suprême déclarait : « La neutralité de l’État […] impose à celui-ci de ne pas encourager ni décourager quelque forme de conviction religieuse que ce soit. Si, sous le couvert d’une réalité culturelle, historique ou patrimoniale, l’État adhère à une forme d’expression religieuse, il ne respecte pas son obligation de neutralité. »

Le fait que certains considèrent le crucifix de l’hôpital du Saint-Sacrement comme patrimonial ne lui enlève en rien son caractère religieux. Soutenir le contraire est une insulte aux catholiques. Le retirer ne brime par ailleurs aucunement la liberté de religion et respecte la liberté de conscience de tous et chacun. Tous les patients peuvent par ailleurs apposer des symboles religieux dans leur chambre qui constitue un espace semi privé et recevoir la visite des conseillers ou officiants religieux de leur choix.

Le caractère patrimonial de l’hôpital du Saint-Sacrement fondé par les Sœurs de la charité est fort bien préservé par le maintien de son nom d’origine malgré son intégration à un centre universitaire et par la présence d’une plaque commémorative dans le hall d’entrée.

Il est fortement déplorable que, dans les circonstances, les politiciens se soient avérés incapables de jouer le rôle attendu d’eux, soit d’expliquer à la population que la liberté de conscience et l’égalité des religions exigent la neutralité religieuse des institutions publiques et que cette laïcité ne porte aucunement atteinte au patrimoine religieux ou historique identitaire du peuple québécois ni à la liberté de religion. On ne pouvait évidemment pas s’attendre à une telle intervention de la part du gouvernement anti-laïcité de Philippe Couillard et du ministre François Blais. Aucune surprise donc de ce côté.

Le plus renversant est plutôt la position prise par l’ex-ministre Bernard Drainville qui a invité, sur sa page Facebook, à signer la pétition pour la remise en place du crucifix. De trois choses l’une : ou bien il fait preuve d’une contradiction fondamentale dont il serait inconscient (ce qui m’étonnerait), ou bien il a changé de position, ou bien il a toujours logé à l’enseigne de la catho-laïcité. J’incline maintenant à penser en faveur de la troisième hypothèse.

En passant, combien de ceux qui ont signé cette pétition ont un crucifix chez eux ?

L’auteur est vice-président
Mouvement laïque québécois

Commentaires

  • Jean Lespérance, 5 mars 21h28

    Dans mon commentaire, j’ai commis une erreur d’esthétique que tout artiste a su déceler je crois. Les deux côtés du visage face à face plutôt que dos à dos. Qu’importe ce n’est pas ça qui est le plus important, l’important c’est de savoir s’améliorer, s’inspirer, se motiver, sans rejeter le meilleur de nous-mêmes. Quand le bien ne trouve pas sa place, le mal s’y installe. On ne chasse le mal que par le bien, pas par le vide. Là où est le bien, le mal ne trouve pas sa place. Sur quoi l’esprit se guidera si cette étoile polaire de notre esprit n’existe plus ? Nous avons besoin de quelque chose de plus grand, de plus fort pour nous unir, nous montrer la route à suivre, l’objectif à réaliser. La paix, l’unité, la fraternité sont impossibles à réaliser sans un esprit de justice. Dans tous les pays, l’injustice nous divise. Les riches écrasent les pauvres, ils déplacent la pauvreté d’un endroit à l’autre avec des accords de traîtres, de vendus dont l’esprit a comme seule boussole l’argent. Dans l’esprit de nos politiciens, le crucifix est inutile, le veau d’or l’a remplacé. Il faudrait qu’ils nous disent ce qu’ils voient de mieux que le crucifix, posons-leur la question.

  • Jean Lespérance, 5 mars 11h19

    La neutralité n’est pas la nullité. Derrière ce qui nous a construit, il y a quand même des principes auxquels nous avons adhérés et qu’on ne peut rejeter. Et si ces principes sont représentés par des symboles, ils ont en eux-mêmes un certaine valeur. La croix est le symbole du sacrifice, du sacrifice pour les autres. Que serions-nous devenus si nos ancêtres ne se seraient pas sacrifiés pour leurs descendants, pour nous offrir une vie meilleure et un monde plus juste ? Cette valeur correspondait à un idéal à une époque antérieure où de multiples communautés vivaient isolées dans des régions éloignées les unes des autres Aujourd’hui avec nos moyens de communication modernes sophistiqués, une valeur nouvelle s’ajoute aux anciennes et est devenue une nécessité. Quelle est donc cette valeur ? C’est la fraternité universelle, pour éviter les divisions, les guerres et amener la paix et l’harmonie sur la terre. Et comme je l’ai dit dans un commentaire précédent qui a été rejeté, le seul symbole que je voudrais mettre à la place du crucifix est la photo du Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov que lui-même probablement aurait refusé. Il a consacré toute sa vie à créer cette fraternité sur la terre. Comme il avait une âme d’artiste, il aurait accepté le côté gauche de sa figure sculptée sur la porte gauche de l’entrée et l’autre côté de sa figure sur la porte droite de l’entrée pour raison esthétique. Comme le sacrifice pour les autres sera toujours une valeur noble, je ne vois pas pourquoi , on ne pourrait pas lui trouver une endroit approprié qui inspire ceux et celles qui ont des idéaux élevés. Le vide, la nullité, n’inspire personne.

    Si la plus grande des lois est l’amour de son prochain, de l’aider, de ne pas le laisser dans la misère, quand cette loi-là disparaît pour les caprices des politiciens, pas étonnant que le crucifix apparaît à certains comme un reproche, une faute pointée du doigt, une réprimande, un blâme qui les fait sentir coupables.

    À défaut de ne pas savoir le remplacer par quelque chose de mieux, je préfère qu’on le laisse là où il est. Le vide, la nullité, qu’on laisse cela aux nuls.

  • Francis Déry, 3 mars 19h10

    La France s’est bâtie sur la foi chrétienne depuis Clovis. Elle fut décapitée par la Révolution et se décompose depuis.
    La laïcisation de la France suivi du fichage des fonctionnaires catholiques l’a précipité dans la Grande Guerre alors que l’Allemagne avait mis un terme au kulturkampf en réconciliant ses factions religieuses pour un Deutschland über alles.

    La Nouvelle-France et le Québec d’avant Vatican II se sont bâties sur la foi catholique.
    Familles et villages sont les piliers de notre nation. Pas Boaz, ni Jakin.
    C’est dans le moule des paroisses que le Mouvement Desjardins s’est constitué
    .
    Depuis, c’est le Grand Détricotement auquel participe Daniel Baril et le MLQ de mèche avec le Grand Orient de France qui nous pousse dans l’autogénocide.

    Mon nationalisme, c’est de bâtir un état souverain pour la nation canadienne-française.
    Pas une utopie pour tout le monde et qui fait qu’être Québécois, c’est n’importe quoi.

    Mes parents ont des crucifix chez eux. Moi, je suis très laïc merci. Mais je respecte mes aïeux et j’aime fréquenter les églises et chapelles, surtout quand le silence règne pour permettre l’écoute des anges.

  • Georges Tremblay, 3 mars 13h53

    La campagne contre la prière au Saguenay, organisée par Le Mouvement Laïque Québécois ainsi que l’ensemble de la secte des "Humanistes" a été financée grassement par les organisations juives (Fondation de la Famille Trottier et George Soros). Ces mêmes organisations financent grassement, annuellement, l’Hôpital Général public juive de Montréal et l’Hôpital public anglicane Saint-Marys de Montréal. (vous trouverez les montants de ces financements dans leurs rapports annuels. Celui de Soros dévoilé par wikileaks).

    L’ensemble de l’arrière garde identitaire québécoise et canadienne angophone que fait semblant de dénoncer Daniel Baril est aussi financée par ces mêmes organisations juives.

    Le but étant de protéger les institutions juives et anglicanes tout en fomentant une guerre entre les Québécois et les musulmans.

    C’est la stratégie derrière la laïcité "neutre" du Mouvement Laïque Humaniste (Grand Orient de France - B’nai B’brith) en association avec la Charte des Droits de la Personne.

    Faut-il rappeler qu’il s’agit d’institutions religieuses et non des personnes ?

    Le crucifix ne représente aucune institution religieuse particulière. Toutes les institutions chrétiennes l’utilisent. Ce symbole existe depuis bien avant la fondation de la première église chrétienne. Il représente le sort de celui qui manifestait pour une séparation de l’État et de l’Église.

    "À César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu"

    La laïcité. La vraie.

    Voilà pourquoi le crucifix au Québec est le diable pour les Humanistes, Israël, et la Gouverneure de l’Église Anglicane.

    Voilà pourquoi Duplessis l’a accroché au dessus du trône du Président de l’Assemblée Nationale du Québec au centre des huits symboles qui représentent l’union de la Reine de l’État du Commonwealth britannique avec l’Église Anglicane.

    Non pas le symbole de l’Église Catholique (emblème du Pape aux trois couronnes) , mais un simple crucifix. Symbole de laïcité.

  • Gilles Verrier, 3 mars 00h28

    @ l’auteur

    J’avais envie de réfuter point par point ce nouveau bréviaire de la laïcité. Faute de temps, je ne peux laisser sans réponse cette bonne conscience qui se croit de « gauche » et forcément de si bon droit. On ne peut laisser s’abattre les foudres de la religion maçonnique dirigée contre le catholicisme, religion historique de la Nouvelle-France, du Canada-français et du Québec, quelle aubaine ce serait ! Quelle belle victime pour une si belle cause, quand on ne combat que du bout des lèvres, et encore, le racket du casher qui frappe 90% de nos produits alimentaires.

    Conséquemment, il faut noter que les tribunaux de notre oppression nationale sont de grands vizirs pour Monsieur Baril : Cour suprême de sa majesté, chef de l’Église protestante anglicane en passant, mais là, pas de soucis, on aime bien les jugements de sa cour entachés de religion et de pouvoir, surtout qu’ils vous favorisent idéologiquement, n’est-ce-pas M. Baril ? Et ces tribunaux des droits si peu démocratiques et si peu crédibles... On les aime bien aussi, n’est-ce-pas ?
    Tout le mécanisme argumentaire des Baril et de son mouvement est de s’appuyer sur l’oppression politico-judiciaire, de nos usurpateurs, faute de pouvoir s’en remettre au peuple. Belle tartufferie que cette laïcité de l’État ! Cheval de troie pour éliminer tout ce qu’il reste de ce qui constitue notre pierre apportée à un monde multi culturel. Oui, vous avez bien lu, un monde multi culturel à préserver car c’est ce qui en fait la richesse. Le problème du multiculturalisme ne réside pas dans son existence, c’est un fait des sociétés humaines, mais dans l’idéologie malade qui vise à faire de chaque terroir, de chaque nation organique un espace multiculturel, donc, un processus d’élimination de toutes les cultures par leur dilution forcée.

    La laïcité, quant à elle, excroissance consubstantielle du christianisme, est la voie pavée du multiculturalisme des religions occidentales, un pas de plus vers la mise à plat de l’écologie humaine.

    Ce mouvement est là pour ajouter à la confusion. Prétendument de « gauche », il n’est pas sorti des siècles passés. Le problème le plus cuisant de notre état n’étant pas sa séparation de l’église, mais pour nous au Québec, celui de sa continuité et de sa légitimité devant l’histoire. Voilà notre combat, celui des patriotes. Et, tant qu’à y être, la séparation de l’état et du capital, soit de l’état et de la banque, pressent bien davantage que celui de l’élimination du dernier crucifix que les âmes sensibles et intolérantes ne peuvent souffrir.

    Finalement, Monsieur Baril demande :
    « En passant, combien de ceux qui ont signé cette pétition ont un crucifix chez eux ? »
    J’ai envie de répondre, sourire en coin, en quoi cela vous concerne-t-il ? Sommes-nous en face d’une nouvelle inquisition ou d’un nouveau stalinisme ? Mais je n’irai pas jusque là. Reculant devant la démagogie, trop facile, j’ajouterai toutefois que l’inquisition et le stalinisme ne sont pas ce que bien des gens en pensent, sommairement. Néanmoins, ce qui nous attend pourrait être bien pire.

  • Pierre Grandchamp, 2 mars 18h00

    Dans une société laique, on peut souligner des faits historiques.La croix, à l’hôpital Saint-Sacrement, elle rappelle ce qui suit :

    Tiré du livre de Claude Gravel,journaliste retraité, paru en 2010. “La vie dans les communautés religieuses L’âge de la ferveur 1840-1960 ». Un excellent livre, fort documenté, au plan historique.

    Titre du chapitre : « Des bâtisseuses d’hôpitaux à une époque où les subventions étaient rares ».

    L’auteur écrit : « A la fin des années 1950, les communautés de femmes étaient propriétaires de 105 hôpitaux dans la province, dont certains gigantesques. Il y avait bien plus. Les religieuses catholiques administraient à la même époque 36 des 66 hôpitaux situés à l’extérieur de la province de Québec »..

  • Pierre Grandchamp, 2 mars 12h25

    “Ce revirement fait suite aux pressions exercées par la droite catholique et l’arrière-garde identitaire qui manifestement ne comprennent rien à la laïcité de l’État “

    J’ignore si je suis de droite ou de gauche. Cependant, je fais partie de ceux “ qui ne comprennent rien à la laïcité de l’État “. Manifestement ! Disons que je suis plutôt de centre penchant un peu vers la gauche.

    Cette croix me rappelle le travail de pionnières fait par des femmes admirables qui, au nom de leur foi, ont fait fonctionner cet hôpital pendant de nombreuses années à bout de bras, alors que les subventions étaient rares..

    Devrait-on faire un balayage généralisé et faire disparaître du paysage toutes les traces de la toponymie reliées au passé judéo chrétien du Québec : hôpitaux, rues, villes, municipalités, écoles, collèges ?

  • Alain Rioux, 2 mars 10h51

    Aucune loi ne saurait être rétroactive. De sorte que, même en promulguant, demain, une loi sur la laïcité des institutions publiques ou parapubliques québécoises, il ne saurait être question de revenir sur le caractère patrimonial du passé, même sacré.

  • Mario Goyette, 2 mars 08h34

    La comparaison est toujours odieuse mais je me risque tout de même.

    Dans la bande dessinée Astérix, Assurancetourix est le barde du village. Il a une voix épouvantable quand il chante . Lui est persuadé d’avoir du talent - tous les autres sont convaincus du contraire. Assurancetourix habite la seule hutte du village construite en hauteur au sommet d’un arbre.
    il est, avec le druide Panoramix, le seul homme du village spécifiquement non combattant, ce qui en fait un des personnages les plus inoffensifs. Cela lui a valu d’être enlevé par les Romains (Astérix gladiateur), puis offert en cadeau à César.

    Astérix et Obélix décident de partir pour Rome afin d’aller sauver leur barde. Les villageois célèbrent alors le retour de nos héros avec un banquet, Assurancetourix étant comme toujours ligoté et bâillonné.

  • Michel Beaumont, 2 mars 07h22

    Pour moi, que ce soit un crucifix ou autre objet, je m’en sacre.

    Ce qui m’a immédiatement frappé dans cette saga, c’est qu’à la demande D’UNE SEULE PERSONNE on a immédiatement enlevé le crucifix alors que, au tout début de l’histoire, 615 personnes étaient contre qu’on enlève cet objet.

    Bref, 1 contre 615 l’emporte.

    Oui, le poids démographique de 1 est plus lourd que 615 !!!!

    Je ne comprends pas encore.

    Imaginez un référendum qui indique : 32 oui contre 769 non. Que diriez-vous si le oui gagnait ???

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