«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le club des marcheurs de minuit moins cinq

Cette désolante Convergence

Tribune libre de Vigile
mercredi 11 mai 2016
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Certes, ce n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre. Quand même : pourquoi se casser le bicycle à tenter de fabriquer une « Convergence » dont personne ne veut avec la sincérité nécessaire- si les cœurs n’y sont pas- si par ailleurs il devenait de la plus grande simplicité à un gouvernement péquiste nouvellement élu, de tendre la main aux indépendantistes de bonne volonté, à tous les québécois de bonne volonté mais provenant d’horizons différents, (mais à ceux-là seuls qui comptent…) afin qu’ils accèdent à un gouvernement de coalition, un conseil des ministres très-très élargi, pléthorique même, jaloux de son Pouvoir autant que dédié à vous savez quoi ?

L’Indépendance n’est pas l’affaire d’un seul parti politique, c’est l’évidence même. Mais c’est encore moins l’affaire d’une « convergence » de partis dans l’opposition, qui sont essentiellement des machines destinées à la conquête du Pouvoir, et qui sont, pour cette raison, invariablement dressés les uns contre les autres.

L’Indépendance, c’est d’abord (et simplement) une affaire de gouvernements et de conjonctures. Autrement dit, ce n’est pas une réunion, l’indépendance, ni une somme, ni une messe ni une communion de fidèles, ce qu’est essentiellement un référendum. L’Indépendance, c’est une habile manœuvre politique du Pouvoir contre d’autres pouvoirs, en particulier contre celui actuellement hégémonique du West Island. C’est donc l’affaire, la seule et la « vraie Affaire » d’un gouvernement provincial décidé, mais décidé… lorsqu’il se présente une conjoncture favorable.

La seule game à jouer, c’est donc la prise du Pouvoir provincial. C’est cette game-là qui est si malaisée à jouer actuellement, et dont les sondages révèlent avec une lancinante régularité que le navire amiral fait du surplace.

Mais pourquoi donc cette game-là est-elle si malaisée à jouer ?

Quoi qu’en pensent les péquistes les plus intègres et les plus fidèles, en particulier les partisans d’une meilleure pédagogie de l’Indépendance, la stagnation actuelle de notre idéal politique tient essentiellement au fait que le P.Q. est un parti déstabilisé depuis (au moins) les deux dernières élections provinciales. Depuis « au moins »…c’est le moins qu’on puisse dire ! Les deux dernières élections fédérales n’ont pas été pour remonter le moral des indépendantistes non plus, non plus que la récente démission de P.K.P.

La réalité, c est que le P.Q. peine à s’extraire du souverainisme de l’ambiguité qu’il a lui-même fabriqué. Alourdi par cette maudite cargaison alors que le vent est tombé, le navire-amiral n’est plus seulement en manque de vent et mal positionné en prévision de 2018, il est désarmé, totalement offert et vulnérable au feu de l’ennemi. Quand bien même la succession de P.K.P. semblerait vouloir paraître ouverte, ouverte même à la brigade plus que légère d’O.N., ce qui serait une pure péquisterie et une pure absurdité, quand bien même elle se voudrait une succession translucide et même transparente, progressiste et même syndicaliste, rassembleuse du matin au soir, le cœur sur la main ou même encore les baguettes en l’air… SI LE P.Q. N’EST PAS MÊME CAPABLE DE RASSEMBLER LA NATION CONTRE LE GOUVERNEMENT DE LA GANG À COUILLARD QUI L’ACCABLE, le Combat pour le Pays tournera court, peut-être définitivement en faveur du West Island.

Le P.Q., reste un récidiviste. C’est lui seul, EN PARTICULIER SA DÉPUTATION, qui se place actuellement tout à fait inutilement en dehors du formidable courant politique qui se gonfle. Certes, les classes moyennes (déterminantes) sont encore attentistes et dans l’expectative, mais elles le sont de moins en moins. Et c’est bien lentement que se gonfle un courant politique irrespectueux à l’égard de la Liberté, de la Souveraineté et de l’Indépendance. Cependant, s’il se gonfle lentement, ce maudit courant politique se gonfle depuis longtemps. La « Vague Orange » ne fut sans doute qu’un très sérieux avertissement quant à la capacité de l’électorat du Nous de tout revirer à l’envers. Une autre « vague » scélérate pourrait bien se préparer, cette fois aussi déplaisante pour le P.Q. qu’il y en eut une déplaisante pour le Bloc.

Pourquoi ne pas l’écrire en noir et blanc : péquisteux et péquisteuses, tous ces péquisto-référendistes un peu gênés, soudainement déguisés en forcenés de la Convergence, s’appliquent avec une belle application à impatienter l’Électorat du Nous. Mario Dumont parle d’une « gigantesque erreur » péquiste sur le thème de l’Identité, et Joseph Facal d’une idée péquiste niaiseuse sur le même sujet. La « Convergence » intervient donc beaucoup à la manière d’une très subtile fuite en avant, surtout de la plus insignifiante mise au rancart du thème de l’Identité, et qui aura pour conséquence de transformer le navire amiral en Titanic.

Cependant…eh oui, cependant qu’une fois au Pouvoir, les choses pourraient aller tellement plus facilement, si évidemment, bien évidemment, s’il s’agissait d’un gouvernement « décidé », dont le numéro un serait le premier « décidé » au milieu d’une gang de ministres-militants décidés…

Comment d’ailleurs pourraient-ils ne pas être « décidés » et dédiés, le chef et son conseil (très élargi) des ministres, dès lors qu’il s’a girait d’un gouvernement de coalisés, capable à lui seul, (par sa seule composition), d’envoyer les messages appropriés dans toutes les directions à l’effet qu’il se passera un jour, CELA EN TOUT RESPECT DE LA NATION, quelque chose de sérieux dans cette maudite province de Québec ? Toute reculade des péquisto-récidivistes au Pouvoir serait inutilement appréhendée, pour cette raison implacable qu’ils seraient immédiatement sanctionnés par l’implosion du gouvernement. Il n’y aurait plus jamais aucun « beau risque » de merde possible… De fait, et pour la première fois depuis aussi loin que cinquante ans, Nous pourrions avoir ainsi un gouvernement provincial qui va de l’avant, un gouvernement décidé et dédié mais pas pressé, un gouvernement ayant les idées claires et en marche avant, qui prendrait tout le temps requis pour gagner vous savez quoi.

Dans la possibilité d’un gouvernement péquiste élu sur son seul mérite et sur ses seules capacités à rassembler la nation, conséquemment, eh oui, « conséquemment » ouvert ensuite à une Convergence et une Coalition des différents partis de la liberté, le tout premier Combat de l’Indépendance pourrait enfin-enfin-enfin être tenu. Il pourrait enfin être tenu, ou même ajourné, oui même ajourné… selon la conjoncture réelle, et non pas braqué et enligné selon une conjoncture fantasmée quelque part dans le saint programme d’un parti ou la feuille de route d’une sainte coalition. MAIS ALORS, LE COMBAT DE L’INDÉPENDANCE NE POURRAIT PLUS JAMAIS ÊTRE PERDU.

PLACÉS AU POUVOIR, LES DEUX MAINS SUR LE VOLANT ET LE PIED TOUJOURS SUR LA PÉDALE APPROPRIÉE, (PLUTÔT QUE LES DEUX PIEDS DANS LA MÊME BOTTINE RÉFÉRENDAIRE), LES LOSERS SERAIENT DÉSORMAIS EN MISSION DE GAGNER.

Ça prendrait simplement le temps que ça prendrait…

L’Indépendance « par en bas » (le Grand Soir) devient une idée de plus en plus fragile, précaire, soumise aux rêves et aux caprices des uns et des autres. Une simple « coquetterie » écrivait récemment Bock-Côté. Pourquoi alors ne pas miser sur l’Indépendance « par en haut », haut lieu de la realpolitik, seule capable de jouer la grande Game, par ailleurs la seule véritablement incontournable par un gouvernement qui ne renonce pas à gouverner ni à bosser dur ? Renoncer à bosser dur, c’est hélas ce qu’ont toujours fait tous-tous les gouvernements référendistes, parce que désavoués par la mécanique référendaire elle-même. Enfin, la realpolitik la plus élémentaire est la seule politique capable entretemps de porter le P.Q. au Pouvoir, précisément parce que la seule éminemment capable de rompre avec son passé…

Ceux qui rêvent encore qu’une « convergence » et ou une « union » réussiront à assurer le Pouvoir aux rêveurs du Pays, les prochains mois vont leur démontrer-les sondages ne manqueront pas et n’y manqueront pas, question pour la presse à genoux d’avantager la C.A.Q.- l’immense agacement de l’électorat à l’égard de ce qui lui rappellera une fois de plus que le P.Q. est un triste récidiviste, comme toutes ces années où le Bloc, lui aussi avec une remarquable persistance mais un effroyable entêtement, s’était trouvé tellement drôle¹ de Nous ignorer, son électorat naturel.

La « Convergence » actuelle ressemble donc à cette troupe de marcheurs un peu inquiets qui doivent entreprendre de nuit la traversée d’un cimetière ravagé, quelque chose comme un « champ de ruines ». Évidemment, les plus inquiets sont ceux-là qui ont le plus à perdre, l’aile parlementaire péquiste, ceux-là qui espèrent le plus secrètement mais le plus inutilement aussi, qu’ils pourront compter sur un nombre augmenté de siffleux pour les accompagner et leur tenir la main, au cours d’une traversée qui pourrait bien prendre les allures d’une randonnée historique.

Quoi qu’en pensent les mous et les caribous encore debout, ce n’est pas du tout nécessaire de traverser un cimetière la nuit, non plus qu’un « champ de ruines » le jour, pour gagner les prochaines élections. (Ce serait plutôt la façon la plus certaine de s’y faire enterrer…). Une autre Game peut être jouée.

Personne, pas même le P.L.Q. ni la gang à Couillard en tête, pas même le West Island ni Radio-Canada à sa tête, absolument personne excepté le P.Q. lui-même peut et doit décider du tracé politique qu’emprunteront les marcheurs de l’Indépendance s’ils sont décidés. Mais décidés… à gagner.

¹ Ici…Cet invraisemblable humour de l’humoriste Gilles Duceppe à propos des « nounous », ce ventriloque ex-chef du Bloc et défenseur des « intérêts du Québec », que Nous avons retourné chez lui par deux fois avec son humour et ses intérêts, et qui a maintenant, évidemment, ses entrées à Ici-Radio-Canada. Nous voyons par là que la Cause avance…dans le noir.

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