«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le cirque de Louis-Hébert

Et la chute du PQ

Tribune libre de Vigile
vendredi 8 septembre
383 visites 6 messages

Quel cirque dans Louis-Hébert. Deux candidats qui tombent le même jour pour une vieille histoire de harcèlement au travail. Du jamais vu. Bienvenue en 2017.

Je ne suis pas du genre parano mais vous ne trouvez pas bizarre que le scandale sorte cette semaine plutot qu’après le 16 septembre où il serait devenu impossible de changer le candidat ?

Je paranoi : Couillard savait que Tétrault s’en allait à l’abattoir. Pour éviter la défaite, il décide de couler le rapport à La Presse (libérale) qui signe l’arrêt de mort de Tétrault. Couillard a une bonne raison de le flusher. Mais bon c’est juste de la paranoïa. Oubliez ce que je viens d’écrire.

Louis-Hébert est l’un des comtés les plus riches au Québec. C’est Cap-Rouge, St-Augustin, la pointe de Sainte-Foy. En 2010, le revenu moyen était de 51,927$ contre 36,352$ pour le Québec ; la valeur médiane des logements était de 269 604$ vs 214 537$ pour le Québec.
http://www.electionsquebec.qc.ca/documents/pdf/dossier-socio-economique/2011/653.pdf

C’est aussi un quartier âgé :
. 2% de plus de personnes agées que la moyenne québécoise
. 4 ans plus âgé que l’âge médian québécois

Coté ethnique (2010),
. 2% d’Anglophones
. 3% d’Allophones

Mais ce sont de vieux chiffres : une mise à jour nous montrerait une augmentation marquée d’Allophones, plutot pauvres, dans les blocs d’appartements le long de Henri 1V. La combinaison anglos-allos est autour de 8% voire 10% aujourd’hui -ce qui est beaucoup pour Québec qui en passant n’est plus une ville homogène blanche depuis une bonne décennie (faudrait le dire aux columnists de la Grosse Presse).

Le comté a bougé un peu avec les années, se déplaçant vers l’ouest. Mais le tissu socio-économique n’a pas beaucoup varié hormis les allophones dans les blocs. C’est un comté riche, scolarisé, âgé.

Au référendum de 1980, le OUI avait fait 51,6% (l’un des 15 comtés seulement à avoir voté OUI) et en 1995, 53% (voilà pour ceux qui pensent encore que Québec a voté NON !).

Louis-Hébert c’était un fief péquiste jusqu’à la fin du 20e : Claude Morin dans les années 70-80, puis Paul Bégin dans les années 90. Morin a même fait un incroyable 61% en 1981 ! Aujourd’hui le PQ est 3e, avec à peine 18%, en 2014. Que s’est-il passé pour le PQ dégringole autant ?

Le PLQ a toujours eu une solide base, mais jusqu’en 1998, le PQ était plus fort. Bégin a remporté le comté en 1998 avec 46% vs 40% pour le PLQ.

C’est après que les choses se gâtent. En 2002, Hamad met la main sur le comté avec 44%, un score somme toute normal considérant la base rouge très solide dans le comté.

C’est le PQ qui s’effondre à 29% avec une bonne candidate pourtant : Lynn-Sylvie Perron. Que s’est-il passé ? L’ADQ fait son apparition : le prof Guy Laforest va chercher 24%. Un score énorme en 2002 pour le petit parti à Mario Dumont.

Après Hamad s’installe soldiment et devient imbattable face à une opposition divisée entre PQ (qui croule) et ADQ-CAQ qui montent. En passant, dans combien de capitales du monde occidental, le quartier le plus bourgeois de la Capitale élit un Arabe ? Un Arabe incapable de parler correctement la langue nationale. Voilà pour ceux qui depuis quelque temps décrivent Québec comme le Mississipi du nord ! (On va me dire que Londres et Calgary ont un maire musulman, mais combien de votes ont-ils eu dans les quarties les plus bourgeois et les plus WASP ?)

Comment expliquer donc la dégringolade du PQ dans Louis-Hébert ? Chacun a son opinion. Voici la mienne.

Hamad a livré pour le comté et la région ce qui lui a valu une certaine célébrité. En plus il a pu compter avec les années sur la montée du vote ethnique dans le comté, phénomène qui a beaucoup joué en 2014, les Musulmans s’étant mobilisé contre la Charte des Valeurs.

La montréalisation et la « gauchiaisation » du PQ ont fait chuter le parti partout
à Québec. Lisée qui s’amène dans Louis-Hébert en guerre contre le pipeline est un bel exemple d’un parti montréalais déconnecté de Québec.

Mais la vraie explication de la descente du PQ et de la montée de la CAQ est essentiellement due aux radios-poubelles qui, à partir du début du 21e siècle, se sont solidement implantées à Québec. Leurs attaques quotidiennes, répétées, sans nuances, contre les gras-durs de la Fonction publique (associés au péquistes), et leur apologie de la libre-entreprise, solutions à tous les problèmes, ont largement favorisé l’ADQ à Dumont et la CAQ à Legeault.

En 2017, la région de Québec est une zone sinistrée pour le PQ qui ne s’est jamais préoccupé d’avoir un poste de radio souverainiste à Québec pour contrer la propagande fédéraliste des COGECO, RNC Media et Leclerc Communication , tous ultrafédéralistes.

1976 :

PQ : 58% (Claude Morin)
PLQ : 34% (Jean Marchand)

1981 :
PQ : 61% (Claude Morin)
PLQ : 37%

1985 :
PQ : 38% (Louise Beaudouin)
PLQ : 52% (Réjean Doyon)

1989 :
PQ : 45% (Guy Bertrand)
PLQ : 48% (Réjean Doyon)

1994 :
PQ : 39% (Paul Bégin)
PLQ : 24%
André Arthur : 28%

1998 :
PQ : 46% (Paul Bégin)
PLQ : 40%
ADQ : 12%

2002 :
PQ : 29% (Lynn-Sylvie Perron)
PLQ : 44% (Sam Hamad)
ADQ : 24% (Guy Laforest)

2007 :
PQ : 25% (André Jolicoeur)
PLQ : 34% (Sam Hamad)
ADQ : 33%

2008 :
PQ : 29%
PLQ : 49% (Sam Hamad)
ADQ : 16%

2012 :
PQ : 21%
PLQ : 38% (Sam Hamad)
CAQ : 33%
QS : 3,5%
ON : 1,8% (Sol Zanetti)

2014 :
PQ : 18%
PLQ : 49% (Sam Hamad)
CAQ : 26%
QS : 5%

Commentaires

  • Robert J. Lachance, 18 septembre 05h34

    Il y a 10 candidat.e.s dans la partielle de Louis-Hébert, les 7 nommé.s.s au tableau plus Vincent Bégin indépendant, Denis Blanchette NPD et Jean-Luc Rouckout Équipe autonomiste.

    Inscrite après le 10 seulement, Lhssane El Ghernati connaît le meilleur gain de la semaine mais au cumul, demeure derrière Normand Beauregard 442, Geneviève Guilbaut 416 et Guillaume Boivin 341. Les gains des autres candidat.es sont loin de la centaine.

    Ex député de Louis-Hébert aux communes pour le NPD de 2011 à 2015, Denis Blanchette sera peut-être la quille qui mettra du chien à cette partielle pas gagnée d’avance entre fédéralistes. Le taux de participation le 2 octobre pourrait être élevé pour une partielle.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_Blanchette

    Pour voir ici des tableaux des semaines précédentes :

    http://vigile.quebec/Faut-il-miser-sur-le-PQ-ou-sur-la-82675

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  • Robert J. Lachance, 17 septembre 06h32

    En 2012, PLQ 14602, en 2014, 18327 ; gain de près de 4000 votes en dépit d’une légère baisse de la participation. CAQ 12510, 9650 ; baisse de près de 3000 votes, plus forte que la baisse moyenne visible au graphique. PQ 8127, 6841 ; baisse moyenne.

    Au graphique en bleu pâle, le taux de participation varie entre 70 et 86 % autour d’une moyenne élevée à 81,4. En 1994, avec la candidature d’André Arthur comme indépendant plutôt qu’indépendantiste, point gris pâle à 28,9 en début des lignes, elle avait atteint 85,9, juste un peu moins qu’en 2014 pour Hammad où elle a culminé à 86,6.

    En 2008, le faible taux de participation, 57,43 pour la province, a favorisé le PLQ et le PQ au détriment de l’ADQ. En 2012, la forte participation a favorisé l’ADQ et défavorisé le PQ. En 2014, une baisse de la participation a encore favorisé le PLQ.

    À une partielle, le taux de participation chute. À la partielle dans Gouin, il a été de 32,8, sans une participation du PQ et en présence d’un candidat vedette, élection gagnée d’avance.

    Aux partielles du 5 décembre 2016, il a été de 43,1 dans Arthabaska, incertaine gagnée par la CAQ ; de 25,7 dans Marie-Victorin, gagnée d’avance PQ ; de 33,9 dans Saint-Jérôme, incertaine gagné par le PQ ; de 29,1 dans Verdun, gagnée d’avance par le PLQ ; moyenne 33 %. Le taux de participation à la générale de 2012 a été de 74,6 et à celle de 2014 de 71,4 ; moyenne de 73 %.

    J’adopte comme indice provisoire de participation 33 sur 73, soit 45 % auquel j’ajoute un boni de 81,4 sur 73, 1,15 en raison de l’historique en Louis-Hébert. Je m’attends donc à un taux de participation de 50,2 %.

    Le nombre total d’électeurs inscrits en 2014 a été de 44 887, en 2012 de 44 263. En 2017, j’estime qu’il sera d’environ 46 000. Ainsi, je m’attends à environ 23 000 électeurs le 2 octobre pour une campagne sans éclat, à plus en raison d’une montée de la CAQ.

    J’imagine une répartition du vote milieu entre 2012 et 2014 et j’inscris au tableau sous 2017 ?, dans la colonne du centre les pourcentages attendus par parti.

    Et j’ajoute,

    J’imagine que le PLQ n’a pas l’appui de Sam Hammad et que le retrait d’un premier candidat est un départ difficile de sa campagne, sans parler de ce qui se passe à son deuxième étage. Les résultats économiques de ce gouvernement sont positifs mais les taux de satisfaction révélés par les sondages sont bas. Ça mérite un boni négatif en plus d’un simple retour de balancier négatif de 1870 votes. La majorité sur la CAQ avant campagne ne serait pas de 3312 mais plutôt de 1442.

    Le PLQ me semble à la portée de la CAQ beaucoup plus que du PQ, de QS, du PCQ, d’ON et d’Équipe autonomiste. Son sort dépendra du taux de participation. Le PCQ pourrait venir jouer le trouble-fête. Je rappelle qu’au référendum de 1995, le taux de participation dans Louis-Hébert avait été de 97,92. Le oui l’avait emporté sur le non à 53 %.

    Le PQ ne peut que rebondir, QS progresser et ON donc !

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  • Robert J. Lachance, 16 septembre 09h46

    Fort phare éclairant sur la circonscription de Louis-Hébert !

    Radio-poubelles pour ce qu’on y dit ou ce qu’on cherche et trouve à y vendre ? Je dirais radio de conversation, radio de salon aux heures de forte circulation. Radios commerciales ; radios de partage. On est loin comme contenu de chez Miville, du Zoo, de La Jungle, d’André Arthur, de Jacques Boulanger, de Richard Garneau et de Robert Gillet.

    En juin, j’avais produit le tableau joint de données de la DGEQ. On y constate un sommet de l’ADQ en 2007 à 13594 et sa chute en 2008 à 5872 ; la chute à un plancher du PQ à 6841 en 2014 ; la lente montée de l’U.F.P. à QS de 402 à 1840 ; le déclin d’ON avec le retrait de son fondateur de 706 à 266 ; la percée modeste du Parti conservateur du Québec - Équipe Adrien Pouliot à 266.

    Avec une majorité de 7137 en 2008 et 8677 en 2014, le PLQ se présente avec une barrière haute pour la CAQ, une barrière impossible pour le PQ sans un meilleur argument que son virage vert. J’irais pour une élection partielle référendaire sur le mode de scrutin. Je sais, c’est utopique.

    J’ai un autre tableau pour vous qui montre une barrière moins haute pour la CAQ.

    À demain !

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  • Claude Chiasson, 12 septembre 18h17

    Il n’y a pas d’autre solution : présenter un bon candidat et espérer gagner. Sauf que la règle devrait être que là où il y a plus de 2 candidats, il devrait y avoir un deuxième tour de scrutin. C’est ça la démocratie. Sinon, on risque d’être gouverner par un gouvernement élu par la minorité, comme en ce moment.

  • Marcel Haché, 11 septembre 11h10

    La montréalisation et la « gauchiaisation » du PQ ont fait chuter le parti partout à Québec. Martin Pelletier

    Vous avez raison Martin Pelletier. Si seulement cette maudite montréalisation faisait que le P.Q. en mène large à Montréal,cela aurait quelque valeur.

    Hélas pour les péquisteux, Montréal est devenu la capitale de la Diversité canadienne, de telle sorte que le destin du P.Q. s’y décline maintenant au passé.

  • Martin Pelletier, 10 septembre 07h51

    Tétrault et Sauvageau, deux hommes blancs québécois, viennent d’être flushés par leur parti à cause de leur passé d’harcèleurs au travail. Mais la présidente de la discrimination systémique et le racisme au Québec, Tamara Thermitus, qui sème la terreur parmi son personnel de 150 employés (c’est du monde à messe !) comme le révelait La Presse dernièrement, n’a pas encore été démissionnée par Couillard !

    http://www.lapresse.ca/actualites/201708/29/01-5128799-commission-des-droits-de-la-personne-la-presidente-au-centre-dune-crise.php

    "Six mois après son entrée en fonction, sa nouvelle présidente, Tamara Thermitus, est déjà visée par trois plaintes pour abus d’autorité, mauvaise gestion et manque de respect envers le personnel.

    Mme Thermitus se livre à un véritable « derby de démolition », selon les mots d’un témoin au sein de l’organisme. Cette situation a été un facteur déterminant qui a poussé pas moins de sept employés à quitter leur poste, temporairement ou de manière permanente.
    Des membres du personnel qui ont témoigné anonymement, pour éviter de s’exposer à des représailles, ont évoqué « une atmosphère de suspicion et de terreur », marquée par de « l’intimidation et une attitude méprisante ». Ils ont relaté des relations de travail extrêmement tendues où ceux qui sont soudainement pris en grippe par leur grande patronne s’exposent à des mesures punitives.

    « On passe facilement du camp des aimés au camp des mal-aimés. »

    Le cas échéant, « la présidente [leur] tourne physiquement le dos dans les réunions et refuse de [leur] adresser la parole ».

    « Il y a une véritable chasse aux sorcières », a tranché une source interne. Une autre source, qui nous avait exprimé, en février, sa satisfaction relativement à l’arrivée de Mme Thermitus, a déchanté depuis. La nouvelle présidente, estime-t-elle, a mis « le bordel » à l’interne avec son « style pitbull », nuisant ainsi au bon déroulement des travaux de la Commission.

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