«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le chat devait sortir du sac

Briser le silence

Tribune libre de Vigile
samedi 8 novembre 2014
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Comme on pouvait s’y attendre, l’annonce par Justin Trudeau de la suspension de deux des députés de son caucus pour « fautes personnelles » et harcèlement contre des députées néodémocrates est en train de tourner malheureusement en joute partisane de bas étage menée par Thomas Mulcair.

Pourtant, quand on analyse le déroulement de ces pitoyables événements, il m’apparaît que le chef libéral n’avait d’autre choix que de suspendre illico les présumés coupables des allégations qui pèsent contre eux. Quant à la présomption d’innocence, elle a toujours sa raison d’être tant et aussi longtemps que ces allégations ne seront pas confirmées par un tribunal.

À mon sens, le seul reproche que l’on pourrait adresser à Justin Trudeau est qu’il aurait dû aviser les parties concernées de ses intentions d’informer la population de sa décision. Pour le reste, le chat devait sortir du sac pour le plus grand bien de saines relations entre les hommes et les femmes au sein du Parlement, particulièrement en cette période où des femmes osent lever le voile sur les agressions dont elles ont été victimes.

Briser le silence

Dans la foulée du scandale entourant l’animateur Jian Ghomeshi, un simple clic sur #BeenRapedNeverReported a suscité la débâcle de la digue qui retenait prisonnières des millions de personnes, majoritairement des femmes, des agressions dont elles avaient été victimes.

Au Québec, s’inspirant de ce mouvement, la Fédération des femmes du Québec, sous l’impulsion de sa présidente, Alexa Conradi, a lancé sur Twitter #AgressionNonDénoncée, Mme Conradi y levant le voile sur l’agression sexuelle qu’elle avait vécue. Ce n’est ni par vengeance ni pour se donner en spectacle, mais plutôt parce qu’elle sentait que, comme présidente de la Fédération des femmes du Québec, elle pouvait contribuer à faire évoluer les mentalités. Elle pouvait ébranler les tabous en prenant la parole. Le courage de celles qui ont osé dénoncer lui a donné du courage. « Le poids de ce silence est lourd », ajoute-t-elle, tout en rappelant que 90 % des agressions sexuelles ne sont pas dénoncées. L’avalanche des messages a suivi.

Aujourd’hui, c’est le parlement fédéral qui est entaché par des allégations de harcèlement de la part de deux députés libéraux vis-à-vis deux députées néo-démocrates. Jusqu’où ira cette avalanche ? Personne ne le sait. Toutefois, une chose est sûre. Plus les langues se délieront en défiant le silence dans lequel sont emprisonnées les histoires de viols, plus notre société ne s’en portera que mieux dans ses rapports entre les hommes et les femmes.

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