«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

On sait aujourd’hui pourquoi

Le Rwanda : il y a 10 ans, La Presse se faisait thuriféraire de Paul Kagame

samedi 11 mars


Il y a 10 ans jour pour jour, alors que j’ai été candidat du Parti Québécoise aux élections générales dans le comté de Saint-Henri-Sainte-Anne, j’ai été la cible d’une énorme campagne de salissage médiatique menée par La Presse et soutenue fortement par Radio-Canada en raison, disaient-ils, d’un livre sur le Rwanda que j’avais écrit quatre ans auparavant, qui s’intitulait Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali.


Le 8 mars, La Presse publie à la Une, une grosse manchette avec photos m’accusant d’être un négationniste – oui j’ai même eu des gens qui m’accusaient de nier le génocide contre les Juifs – et me taxant de tous les maux imaginables, dont celui de banaliser le viol (ils ont choisi de publier l’attaque le 8 mars).


Dans les jours qui ont suivi j’ai eu droit à une demande formelle de destitution du premier ministre Jean Charest (lui qui avait vu deux films sur le Rwanda), à pas moins de deux éditoriaux du futur sénateur André Pratte, sommant le chef du PQ, André Boisclair, de me désavouer, à une caricature de Chapleau, à des reportages en boucle de Radio-Canada et de TVA, à des caméras – les trolls de l’époque – qui me suivaient partout dans ma campagne, à un éditorial et à des articles venimeux dans The Gazette, à un éditorial de Gerald Caplan dans le Globe & Mail, à des attaques mesquines d’autres politiciens, dont Christine Saint-Pierre du Parti Libéral et Françoise David de Québec Solidaire, et j’en passe. En effet, ce cirque médiatique a duré près d’une semaine dans une campagne électorale de moins d’un mois.


Malgré la virulence des attaques, le chef André Boisclair n’a pas bronché. Le Parti Québécois a fini par se faire battre, mais le comté de Saint-Henri-Sainte-Anne a connu des résultats supérieurs à la moyenne nationale du Parti Québécois, grâce notamment à l’appui des fortes communautés congolaises et rwandaises qui y habitent et qui, elles, savent la vérité sur le Rwanda.


 



Les dix années qui ont suivi cette campagne ont été riches en révélations et en décisions des tribunaux au sujet du Rwanda. Tellement riches que c’est par dizaines que des gens qui avaient cru, voire appuyé, les ragots racontés par La Presse sont venus s’excuser auprès de moi en disant grosso modo, « Finalement tu avais raison sur le Rwanda » ou encore, « Je me rallie à ta position ».


En revanche, malgré toutes les révélations et toutes les décisions des tribunaux, le régime de Kagame continue à sévir en Afrique centrale, surtout parce qu’il jouit du soutien de puissants pays amis, qui ont intérêt à ce qu’il reste au pouvoir pour être le gendarme de la région. Parmi les plus connus de ses amis figurent William et Hilary Clinton et Tony Blair.


Aujourd’hui je tiens à remercier des gens qui sont restés solidaires dans la tempête. Ce sont notamment l’ancien chef du Parti Québécois, André Boisclair ; les formidables militantes et militants du PQ de Saint-Henri-Sainte-Anne, dont François Lemay, Philippe Dubeau, Marc-André Payette, Anita et André Beauchamp, feu Clément Citeya, Caroline Bonin, Patrick Giguère et beaucoup d’autres ; les formidables communautés rwandaises et congolaises du Québec qui subissent le régime rwandais de Paul Kagame depuis bientôt 23 ans ; certains médias dont l’aut’journal, L’Action nationale, CIBL et Le Devoir ; certains journalistes, dont Louis Cornellier et Lysiane Gagnon ; l’éditeur des Intouchables, Michel Brûlé… Leur solidarité a été remarquable.


 


Le boomerang de La Presse


Finalement, je dois remercier La Presse qui, par sa grossière campagne, a incité les gens à percer le brouillard entretenu au sujet du Rwanda et à chercher la vérité. Aussi, ce journal a donné une visibilité inouïe au livre Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali, qui, à mon avis, demeure d’actualité.


De plus, le pouvoir démesuré de l’empire Desmarais qui publie La Presse m’a incité à écrire un autre petit livre-réplique sur le Rwanda intitulé, Rwanda : crimes, mensonges et étouffement de la vérité mais aussi de publier en 2008 Derrière l’État Desmarais : Power.


Beaucoup d’informations et de documents permettent aujourd’hui de connaître la vérité sur le Rwanda, le Congo et toute la région des Grands lacs africains. En voici quelques uns.

  • Les décisions du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) : après de longs procès déséquilibrés en défaveur des accusés, aucun des accusés n’a été trouvé coupable de planification du génocide.
  • Reconnaissance par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme de la dévastation du Congo par le régime de Paul Kagame ainsi des actes de génocide qu’il y a commis dans ce qu’on appelle le Rapport du Projet Mapping :
  • http://www.friendsofthecongo.org/pdf/mapping_report_fr.pdf
  • Reconnaissance sans équivoque par le chanteur Corneille que ce sont les troupes du FPR dirigés par Paul Kagame qui ont massacré toute sa famille à Kigali en avril 1994, faisant de lui un orphelin, et que ce sont des Hutus, dont un dirigeant du parti gouvernemental qui lui ont sauvé la vie. (La où le soleil disparaît, Autobiographie, XO Éditions 2016)

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