«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

On aurait peut-être pu éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain

L’effacement programmé de la mémoire

Le Québec tout détricoté

De « Je me souviens », à « Je ne me souviens plus de rien », à « Il faut absolument que je m’en souvienne »

Editorial de Vigile
jeudi 18 août 2016
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Certains éditoriaux sont plus difficiles à écrire que d’autres, non pas tant parce qu’ils exigent beaucoup de recherche, mais parce qu’ils requièrent un long approfondissement. J’ai commencé ma réflexion sur celui dont vous entreprenez la lecture il y a près de dix mois lorsqu’on m’a demandé si j’étais disposé à écrire la préface d’un ouvrage sur l’histoire du Québec au titre provocateur, Le Canada français, de Jacques Cartier au génocide tranquille, qui vient de paraître en France, aux Éditions Dualpha.

En fait, pour être plus juste, cela faisait déjà quelque temps que je m’interrogeais sur les rapports des Québécois avec leur histoire, et j’avais déjà abordé la question au moment du débat sur la laïcité qui avait tant soulevé les passions dans quelques articles intitulés Y’a toujours ben un « boutte » à prendre les Québécois pour des caves !, Un « front d’beû » et la mémoire courte , et Un « cheval » sur la soupe.

Si les recherches que j’avais faites pour ces articles m’avaient permis de me rendre compte à quel point le Québec était rendu loin dans sa soumission aux diktats du Nouvel Ordre Mondial, je n’étais pas encore pleinement conscient des conséquences de son action sur l’avenir du Québec, et sur ce qui deviendrait nécessaire pour redresser la barre et reprendre le contrôle de notre destin.

En acceptant de partager une tribune à Montréal quelques mois plus tard avec Pierre Hillard, un universitaire français, essayiste et docteur en sciences politiques, spécialisé dans l’étude du mondialisme, je ne me doutais pas que j’allais être ébranlé aussi profondément dans ma compréhension des enjeux pour le Québec et les Québécois.

Même si j’ai la chance d’avoir reçu une formation en humanités classiques qui me permet de ne pas me sentir étranger à certains débats sur l’histoire et la philosophie, j’ai fait toute ma carrière dans les affaires, un monde dont l’essentiel de la doctrine et des préoccupations se résume à la rentabilité et aux moyens d’y parvenir. J’avais donc passé plusieurs années sans trop me préoccuper du sens dans lequel notre société évoluait, et je n’étais pas pleinement conscient de la gravité de la situation, ni surtout que les enjeux avaient acquis pour la société québécoise une dimension existentielle.

C’est donc avec une grande surprise que j’entendis Pierre Hillard, dans une conversation qui avait précédé notre débat public, me dire que le Québec et les Québécois étaient perdus s’ils ne parvenaient pas à renouer avec leur passé religieux et l’Église catholique. Mon premier réflexe intérieur fut de me dire qu’il déraillait, qu’il n’était qu’un autre de ces universitaires français qui débarquent et qui croient tout nous apprendre sur nous-mêmes. Mais le débat sur la laïcité que nous venions tout juste de tenir au Québec, de même que mes constats et découvertes à cette occasion, m’incitaient à la retenue, et surtout à ne pas écarter ses propos du revers de la main.

Malachi Martin

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D’autant plus que, dans la foulée de l’avènement du nouveau pape François, un jésuite argentin, je venais d’entreprendre la lecture d’un roman-à-clé sur la politique étrangère du Vatican, écrit par un autre jésuite, irlandais celui-là, Malachi Martin, intitulé Windswept House, traduit en français et publié l’automne dernier aux Éditions Saint-Rémi sous le titre La maison battue par les vents.

J’avais découvert cet auteur par hasard il y a plusieurs années en bouquinant entre deux avions dans les librairies d’aéroport américains, à un moment où mes activités professionnelles m’amenaient très fréquemment aux États-Unis. J’avais lu deux ou trois de ses ouvrages dont l’un justement sur les Jésuites. Je le trouvais formidablement bien renseigné et j’étais fasciné par sa capacité à rendre vivants et captivants des sujets arides, voire même franchement rebutants.

J’ai d’abord pris Windswept House pour une de ces intrigues vaticanes divertissantes à la Morris West ou à la Dan Browne, mais je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait d’un ouvrage beaucoup plus sérieux, et même carrément difficile par moments, qui fait plonger le lecteur au cœur des enjeux sur lesquels l’Église s’est déchirée lors du Concile Vatican II. J’ai donc mis plusieurs mois à le lire, en me ménageant des espaces de répit. Certains passages décrivant l’affrontement brutal des forces du Bien et du Mal au sein même de l’Église m’inspiraient un grand sentiment d’inconfort. Dieu et le diable ne sont pas de fréquentation facile, chacun pour des raisons différentes.

Si j’ai persisté dans ma lecture, c’est que le récit de Martin permet de comprendre l’effondrement progressif de l’Église catholique à partir du concile Vatican II, et la tentative de substituer à son magistère une nouvelle autorité et un nouvel ordre répondant à d’autres principes et valeurs que ceux de sa doctrine traditionnelle. Sur une période de trente ans, le récit entremêle la fiction et la réalité sur fond de crise des valeurs et politique internationale, tensions Est-Ouest, construction européenne, chute du mur de Berlin, effondrement de l’Union Soviétique, etc., dans la perspective du Vatican. Publié en 1996, l’ouvrage n’a pas perdu une once d’actualité, certains « faits » de ce « roman » étant même devenus depuis réalité, aussi récemment que lors de la dernière visite du Pape François en Pologne il y a quelques semaines.

Malachi Martin sait de quoi il parle. Il fut proche du cardinal Augustin Bea (chargé des relations avec les autres églises chrétiennes et les Juifs à la fin des années 1950), et conseiller des papes Jean XXIII et Paul VI au début des années 1960. Il doit ses facultés d’anticipation à l’utilisation d’une grille géopolitique pour la construction de ses récits.

En superposant l’histoire de l’Église et de la diplomatie vaticane sur les données incontournables de la géographie, il fait apparaître des lignes de force, de tension et de fracture, et bâtit sa narration sur les hypothèses les plus vraisemblables que lui permettent de formuler ses analyses. Cela dit, Malachi Martin a un biais. Déçu des réformes postconciliaires, il a quitté les Jésuites en 1965, et ses activités subséquentes l’ont mis en relation avec le courant traditionnaliste de Mgr Lefebvre.

En lisant ses notes biographiques très complètes sur la version anglaise de Wikipédia, vous découvrirez toute l’envergure intellectuelle du personnage.

J’invite les lecteurs curieux d’en savoir davantage sur Malachi Martin, les troubles qui agitent l’Église catholique romaine, son oeuvre et sur l’ouvrage dont il est ici question à prendre connaissance d’un condensé (en français) d’une entrevue accordée à un journaliste canadien en 1997, peu de temps avant sa mort.

À travers l’œuvre de Martin, on comprend que le Québec est loin d’être le seul « pays » à être touché par l’effondrement postconciliaire progressif de l’Église catholique. Le sont également tous les pays européens de tradition chrétienne exposés aux mêmes influences, et les États-Unis.

Bien sûr, en raison de la place occupée par l’Église jusqu’au début des années 1960 et du rôle joué par le clergé séculier et les communautés religieuses pour structurer et encadrer son développement, notamment dans les domaines de l’Éducation et de la Santé où ils étaient omniprésents, le Québec a encaissé de plein fouet le choc de ce « grand défrocage » qui a vu, sur une quinzaine d’années, des milliers de prêtres, de frères et de sœurs à la vocation chancelante demander à être relevés de leurs vœux pour rejoindre la vie civile, dans un mouvement amplifié par la création du ministère de l’Éducation et la mise sur pied de l’assurance-hospitalisation, grâce auxquelles ils allaient retrouver leur liberté et des emplois bien rémunérés, alors qu’ils vivaient jusque-là, dans des presbytères ou des couvents, des maigres soldes que leurs versaient les évêchés, ou à la charge de leurs communautés.

Cinquante ans plus tard, il devient possible de mesurer le vide laissé par le retrait de l’Église catholique, de constater qu’il n’a peu ou pas été comblé, et que le Québec, dont on prenait autrefois une certaine fierté à vanter combien il était tricoté serré, se retrouve aujourd’hui tout détricoté. Les mailles se sont relâchées et apparaissent des trous béants qui nous révèlent toute notre vulnérabilité et la précarité de notre avenir. Bien sûr, la férule de l’Église était lourde, mais elle n’avait pas que du mauvais. On aurait peut-être pu éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain.

En attendant, il nous faut absolument renouer avec notre passé religieux pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.

C’est le sens de la préface que j’ai écrite pour l’ouvrage de Jean-Claude Rolinat et Rémi Tremblay dont je vous ai parlé au début, et que voici :

De « Je me souviens », à « Je ne me souviens plus de rien », à « Il faut absolument que je m’en souvienne »

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Bien entendu, s’ils l’ont déjà su, les Québécois ne s’en souviennent plus, mais c’est au début des années 1960 qu’apparaît sur les plaques des véhicules immatriculés au Québec la devise « Je me souviens », suivant en cela la mode américaine. Ainsi, pour ne retenir que cet exemple, au New Hampshire, on retrouve sur les plaques d’immatriculation la devise de cet État, Live free or die, La liberté ou la mort.

Mille neuf cent soixante, c’est également l’année de l’arrivée au pouvoir des Libéraux de Jean Lesage à qui l’on attribue tout aussi couramment qu’à tort la paternité de la Révolution tranquille. Disons seulement, pour faire court, que la Révolution tranquille a pris son essor sous son gouvernement.

Le lien entre l’apparition de la devise « Je me souviens » sur les plaques d’immatriculation et la Révolution tranquille est pertinent parce que c’est justement à partir de cette époque que les liens entre les Québécois et leur Histoire vont commencer à se distendre, comme le souligne avec une grande justesse d’analyse l’ouvrage que vous tenez entre vos mains, Le Canada français, de Jacques Cartier au génocide tranquille, de Jean-Claude Rolinat et Rémi Tremblay :

« Mais le desserrement du carcan catholique dont les dogmes avaient pourtant permis aux francophones de survivre par une exceptionnelle démographie, allait immanquablement déboucher sur une révolution des mœurs, laquelle du même coup allait dangereusement hypothéquer l’avenir du peuple québécois. Le vieux pays français devenait un laboratoire d’idées avec les risques que représentent toujours des expériences mal maîtrisées. »

Non seulement les francophones du Québec ont-ils survécu sous le carcan catholique, mais ils sont parvenus à se donner les moyens de prendre le contrôle de leur territoire, en l’occupant et le développant sous l’impulsion de religieux comme le Curé Labelle dans les Pays-d’en-Haut ou l’Abbé Ivanhoë Caron, missionnaire-colonisateur en Abitibi-Témiscamingue.

Mais on aurait tort de croire que la contribution de l’Église catholique au développement du Québec se limite à ces quelques cas isolés. Aussi déplaisante pourra-t-elle se révéler pour certains qui ont encore un rapport difficile avec l’Église catholique à cause de son emprise et de son omniprésence passée, de même que certains abus inacceptables dont une minorité de pommes pourries se sont rendues coupables, la vérité est que cette contribution fut non seulement exceptionnelle, mais déterminante.

Sans elle, le Québec, en tant qu’entité politique, sociale, économique et culturelle, n’existerait tout simplement pas. Et après la lecture du présent ouvrage qui constitue un excellent mais bien bref survol d’une Histoire que nous avons, comme d’autres pays, reléguée aux oubliettes sous l’impulsion d’acteurs puissants dont l’agenda est aux antipodes du bien commun, et dont le succès repose sur l’affaiblissement graduel de notre capacité à le définir à partir de la conscience collective qui se forge dans une identité partagée, j’espère que vous serez nombreux à vous y intéresser. Pour en comprendre toute la richesse, il faut absolument lire l’Histoire de l’Église catholique au Québec de 1608 à 1970, publiée sous ce titre chez Fides en 1971.

La révolution des mœurs qu’évoquent les auteurs Rolinat et Tremblay dans l’ouvrage cité plus haut n’est pas particulière au Québec, même si elle paraît l’avoir plus fortement ébranlé que d’autres en raison du contraste violent avec la situation qui prévalait avant qu’elle ne l’atteigne, et de la rapidité avec laquelle elle s’est installée. Dans d’autres sociétés, l’évolution a tout simplement été plus graduelle et n’a donc pas fait figure de « révolution ».

Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Qu’il s’agisse d’une évolution ou d’une révolution, ce qu’il faut retenir, c’est son caractère radical et la rupture profonde qu’elle marque avec les valeurs – chrétiennes et catholiques, il faut bien le dire - qui étaient jusqu’alors au cœur de notre identité.

Au Canada et au Québec, la brèche s’est justement ouverte en 1960 avec l’adoption par le gouvernement fédéral de la Déclaration canadienne des droits sous le premier ministre conservateur John Diefenbaker dont la culture juridique personnelle (il était avocat) était tout à fait étrangère à l’esprit de cette loi, immédiatement critiquée pour sa portée limitée et son inefficacité.

Il faut donc comprendre que le gouvernement Diefenbaker l’a adoptée sous pression, et il ne s’agissait pas de la pression populaire. Personne ne se battait dans les rues pour l’adoption d’une telle législation. Pas plus d’ailleurs par la suite pour l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés ni pour son enchâssement dans la Constitution de 1982. Avec le temps on a fini par découvrir l’existence d’une oligarchie mondiale extrêmement puissante et influente attachée à la mise en place d’un nouvel ordre, d’une gouvernance élitiste et internationaliste dégagée de toute obligation envers les différentes bases électorales nationales, en vue, prétendument, d’assurer la prospérité générale et répondre aux besoins matériels de chacun.

Pour mettre en place ce nouvel ordre, il était nécessaire de briser un à un tous les liens constitutifs d’identité, en commençant par la cellule familiale. Se sont donc succédées une série de mesures qui avaient cet effet : abaissement de l’âge de la majorité, libéralisation du divorce, libéralisation de l’avortement, banalisation du mariage, ouverture à l’union libre, relâchement des règles sur la filiation, etc., chacune d’entre elles passant pour une avancée sociale et un gain au plan des droits individuels, le contexte général d’émancipation féminine et de reconnaissance des droits de la femme - des mesures absolument nécessaires qu’il ne s’agit aucunement de remettre en question - servant d’accélérant.

Pas un mot, bien sûr, de la déresponsabilisation individuelle et des autres conséquences qu’elles auraient sur la démographie et la nécessité de suppléer à la baisse de la natalité par une politique d’immigration agressive pour, officiellement, maintenir les taux de remplacement et de croissance de la population à un niveau adéquat, mais, dans les faits, diluer l’identité nationale dans le multiculturalisme et le communautarisme pour atomiser la société à sa plus simple et malléable expression, l’individu, les nouvelles technologies servant dans ce cas d’accélérant.

Et que dire de ces nombreuses réformes de l’éducation dont l’effet a été, au nom de l’égalitarisme, d’abaisser le niveau général des connaissances au point que l’analphabétisme fonctionnel est devenu un véritable fléau de société, que l’Histoire est désormais peu ou prou enseignée, que nos jeunes ne savent plus d’où ils viennent, où ils vivent, ni où ils s’en vont, qu’ils n’ont plus la moindre idée de ce que sont la grammaire, la morphologie et la syntaxe, que plus personne n’est capable d’aligner cinq phrases qui se tiennent sans faire au moins trois fautes d’orthographe par ligne… quand ils sont même capables de rédiger des phrases de plus d’une ligne…

À qui profite ce crime, car c’en est un, sinon à ceux qui ont conçu ce projet diabolique de gouvernance mondiale ?

Fort heureusement, la partie n’est pas perdue. Le succès du projet mondialiste repose sur la mise en place de structures politiques de type fédéral ou supranational à l’insu des populations, avec la complicité des élites nationales vendues, au propre comme au figuré, à ses thèses. Cette mise en place n’est cependant possible que lorsque la croissance économique permet à ces structures d’échapper à l’attention des populations trop occupées à partager, dans le travail et la consommation, la richesse créée.

Lorsque la croissance n’est plus au rendez-vous, que le travail se fait plus rare, et que la capacité de consommer diminue, les populations deviennent beaucoup plus vigilantes, la capacité de redistribution des structures fédérales ou supranationales diminue, la machine se grippe et elles sont remises en question. C’est exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons au moment d’écrire ces lignes, autant de ce côté-ci de l’Atlantique qu’en Europe.

Il existe donc une possibilité de renverser la situation qui repose entièrement sur la capacité des pays de retrouver leur souveraineté pour ceux qui l’avaient et qui en ont cédé des parties ou même des pans entiers, et pour ceux qui ne l’ont jamais eue, qui l’ont en partie, ou qui y aspirent, de l’obtenir. Les pays européens appartiennent bien entendu à la première catégorie, le Québec, l’Écosse et la Catalogne appartenant à la deuxième.

Particulièrement éprouvé par vingt ans de mesures incessantes pour réduire sa résistance à l’intégration dans le grand tout (le grand rien ?) canadien, le Québec doit retrouver sa confiance et sa fierté identitaire, et pour ce faire, il doit absolument se réapproprier son Histoire et se réconcilier avec son passé religieux en raison de l’importance du rôle que l’Église catholique a joué dans celle-ci.

Il ne s’agit absolument pas de suggérer qu’il doit redevenir religieux. La foi est une grâce divine qui n’est pas donnée à tous. De plus, la sensibilité de l’époque n’est pas du tout en phase avec un renouveau religieux. C’est donc à la distance de l’histoire et de la culture que cette réconciliation pourrait s’effectuer, par la reconnaissance et la valorisation des nombreuses contributions de l’Église catholique au développement du Québec et à son essor, en commençant par le respect et la mise en valeur de son patrimoine religieux, notamment architectural.

J’ai toujours été frappé par l’importance de ce patrimoine en Europe et par l’intérêt touristique qu’il suscite. Certes, le Québec n’abrite pas de cathédrales romanes ou gothiques, mais on y retrouve de très beaux et très intéressants spécimens d’art et d’architecture religieux qui ne demandent qu’à être mieux connus, et que nous gagnerions à mieux connaître pour découvrir ce qu’ils ont à nous apprendre sur nous. Nul doute que nos visiteurs y trouveraient tout autant d’intérêt que nous en trouvons à découvrir les leurs. Et c’est sans compter tout le reste...

S’il devait ouvrir les yeux des Québécois à cette nécessité de refaire corps avec leur Histoire, l’ouvrage de MM. Rolinat et Tremblay ferait œuvre très utile.

Commentaires

  • Pierre Marchand, 20 janvier 09h58

    @Jean Brilland, 19 janvier 12h26

    Bonjour,

    Il y a beaucoup de matière intéressante dans votre commentaire ! Qui porte peut-être à interrogations sous plusieurs aspects pour plusieurs lecteurs, par exemple, quant à la destinée véritable de ce monde et des hommes qui y habitent pour un temps, qui tire maintenant à sa fin aujourd’hui !

    Et je vous en remercie ! Je vous ai lu avec attention ! Je vois que vous êtes déjà ouvert d’Esprit sur le non-sens de ce monde : son injustice !

    Je pourrais bien ajouter quelques paroles à votre commentaire par plaisirs d’échanger !

    Voici le portrait que je tisse !

    Vous parliez de manichéisme, de machiavélisme, de dualité insidieuse qui incite les hommes à lutter, à combattre, à débattre, à concurrencer, à s’opposer, à se déchirer mutuellement, à se faire la guerre…etc., etc., pendant qu’une race de prédateurs derrière le théâtre du monde, tire les ficelles pour que l’humanité s’entredéchire et s’autodétruise. On pourrait résumer ce stratagème diabolique par l’expression : « Diviser pour mieux régner ».

    Dans le plan dit « Divin » de la fin de ce monde, de la fin des temps de ce monde et de notre matrice terrestre, où l’humanité était prisonnière, en quarantaine, d’une race dite « archontique », luciférienne, satanique ou ahrimanienne, tout est entrepris actuellement pour sortir l’humanité de son impasse, par la Source et les plans de la Création où une multitude de civilisations existent et sont impliquées actuellement à la Libération de la terre !

    Sortir de cette prison, c’est sortir de la gravité terrestre, c’est sortir des griffes de la loi du bien et du mal !

    L’arnaque de ce monde était de faire croire à l’homme, qu’il pouvait par l’effort, par la raison, par l’émotion, par l’apprentissage, par l’amélioration, par l’évolution, par la connaissance, par le mérite, par l’étude, par la science, par la religion…, etc., etc., résoudre l’équation du bien et mal, le karma, avec l’aide de sa petite « volonté de bien », de sa « bonne volonté » afin de se libérer de ce monde de souffrances, en recherchant sans cesse le dit « bien » à l’encontre d’un dit « mal », qui changeait de place selon les époques, les cultures, les religions, la géographie, les âmes…, etc., etc. ; le moins que l’on puisse dire, c’est que ce bien et ce mal fluctuaient avec le temps !

    Vous l’avez compris cet arnaque n’était qu’un mensonge !

    L’homme ne peut pas s’en sortir, sortir de cet enfer, de cet enfermement, avec sa petite volonté égocentrique, ses petites volitions : son fameux libre-arbitre étant une fumisterie !

    Il est impossible de sortir de la matrice, de l’inconscient collectif ou du monde de la mort avec sa volonté propre !

    Ceux derrière ce théâtre, les forces démoniaques, représentés par « Chronos », Satan, les forces du Temps, du Temporel, encouragent les hommes à se taper dessus ! À croire au libre-arbitre ! À croire au karma ! À croire à l’évolution ! À croire au bien et au mal ! À croire qu’ils sont ces corps physiques ! À croire qu’ils sont ces âmes ! À croire qu’ils sont mortels ! À croire qu’ils sont et qu’ils seront éternellement des pécheurs ! À croire qu’ils sont cette histoire ! À croire qu’ils sont cette vie éphémère, et qu’après ça c’est terminé !

    Pourquoi l’homme est-il pris avec la propension maladive à croire, à croire, à croire, à croire à ceci, à cela, à faire la guerre aux autres croyances, comme si croire, la croyance, était la Réalité et la manifestation de l’Absolu Vérité ?

    Ce qui faisait partie de l’arnaque, du mensonge !

    La croyance est un palliatif temporel nécessaire par obligation, mais elle n’est qu’illusoire et sans intérêt face à la Réalité de la Création !

    L’homme a besoin de croire, parce qu’il est ignorant de sa Vraie Identité, parce qu’il a été déconnecté de son Esprit Véritable !

    L’homme en tant qu’Esprit, en tant qu’Être de la Création, en tant qu’Absolu, lorsqu’il s’est approché de ce monde dénommé « la terre », en tant que fils créateur, s’est projeté dans une créature terrestre, une enveloppe, une forme, un véhicule d’exploration, ce corps physique que nous occupons tous présentement, pendant que ce que nous étions réellement, restait immobilisé, prisonnier, à l’intérieur de notre soleil, à l’image du scaphandrier qui descend dans les abysses, en maintenant continuellement une connexion tubulaire avec le chalutier, afin de pouvoir respirer et se maintenir vivant, lors de sa descente dans les profondeurs d’une mer inconnue.

    Mais voilà ! Une race de prédateurs déjà présente sur ce monde « la terre », coupa le cordon ombilical qui nous reliait à notre Corps d’Éternité présent dans le Soleil de notre système, coupa la connexion à notre Esprit Réel, à ce que nous étions tous vraiment, avant notre projection créative sur ce monde.

    Nous étions dès lors tous nus, éberlués, sans connexion, sans Esprit, à l’intérieur d’une âme, d’un corps physique, tourné vers la matière. Nous étions vides, en crise existentiel, aveugles et ignorants, c’est alors que cette race de prédateurs, à l’aide d’une matrice, entrepris de remplir notre vide existentiel, et nous construisirent une forme de plénitude fictive comme palliatif, des systèmes de croyances, de valeurs, de connaissances, d’embryon de science, nous formatant un semblant d’esprit, de personne, de personnalité, de personnage, d’individualité, d’égo !

    Je sais c’est long, j’y arrive !

    Ce que nous vivons aujourd’hui, c’est un processus de résurrection, de reconnexion à notre Esprit Présent dans le Soleil ! À notre Corps de Lumière ! Qui lui est intemporel ! Le processus est de rapatrier la créature qui avait été projetée sur ce monde, par un processus de transmutation, et de la fusionner avec ce que nous sommes réellement de toute éternité, c’est-à-dire l’Être de Lumière présent actuellement dans le soleil ; on passe alors d’une conscience focalisée sur la matière de ce monde, à une conscience expansée qui se rapproche des sphères de la création.

    Cette transmutation prend un certain temps terrestre relatif à chacun, c’est pour cela que la venue de Trump comme personnage dans ce théâtre terrestre est bénéfique, et permet de stabiliser l’occident face à l’orient, en redonnant à la terre, aux nations, aux peuples et aux hommes, un relatif équilibre dans les polarités, et en permettant ainsi que le processus de transmutation puisse se conforter et se finaliser dans les meilleures conditions possibles, en accordant un temps supplémentaire au plan divin en cours, en cours de récupération des âmes, qui ont été castrées et déconnectés par subterfuges, par les prédateurs lucifériens et sataniques, toujours présents à la tête de nos gouvernements et de nos institutions.

    Une preuve que la transmutation opère actuellement, et que la Lumière et la Conscience s’élève et s’installe sur ce monde, c’est que l’establishment n’avait pas vraiment prévu que Trump vaincrait ! Je pourrais élaborer mais je vais m’arrêter là !

    « Père, que ta volonté se fasse, et non la mienne. » Le Père représentant ce que nous sommes tous réellement de toute éternité, la Source, et au-delà, des Absolus ! Père ! Je remets mon petit esprit entre tes mains ! Comme une sorte de renoncement, de crucifixion, de capitulation de l’ego, de la personne, de la personnalité, s’en remettant à la Source, en abandonnant sa volonté propre ! Les tempêtes solaires et géomagnétiques ne représentant que les descentes de particules solaires, vents solaires, expressions de la descente de L’Esprit en l’homme et sur la terre, en la matière et sa transmutation dite « transsubstantiation » ! Et la résurrection étant la résultante et la fin du processus !

  • Pierre Marchand, 21 novembre 2016 23h52

    Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est du Feu !

    20 novembre 2016

    Le Marais et le Feu

    “Le Marais” c’est le nouveau nom de la secte globaliste, des adeptes de la société ouverte, des pervers LGBT, de l’armée de Soros, des post-humanistes et ainsi de suite. Il est absolument impératif d’assécher le Marais, pas seulement pour les États-Unis : c’est un défi global pour nous tous. De nos jours, chaque peuple est prisonnier de son propre Marais. Nous, tous ensemble, devons commencer la lutte contre le Marais russe, le Marais français, le Marais allemand, etc. Nous avons besoin de purger nos sociétés de l’influence du Marais. Au lieu de nous battre entre nous, asséchons-le ensemble. Assécheurs du Marais du monde entier, unissez-vous !

    L’autre point c’est que l’anti-américanisme est fini. Non pas parce que c’était faux, mais exactement le contraire : parce que le peuple américain lui-même a commencé la révolution justement contre ce côté des États-Unis que nous avons tous haï. Maintenant l’élite dirigeante européenne, ainsi qu’une partie de l’élite russe (qui est encore libérale), ne peuvent pas être blâmées comme avant d’être trop pro-américaines. Ils doivent désormais être blâmées à cause de ce qu’ils sont : une bande corrompue, pervertie, avare de banksters et destructeurs des cultures, des traditions et des identités. Alors, laissez-nous égoutter le Marais européen. Assez avec Hollande, Merkel et Bruxelles ! L’Europe pour les européens. Soros et sa secte doivent être publiquement condamnés !

    Dorénavant, le Marais est un phénomène extraterritorial, exactement comme un réseau terroriste international. Le Marais est partout et nulle part. Hier, le centre du Marais, son noyau, était situé aux États-Unis, mais plus maintenant. C’est une chance pour nous tous de commencer à les chasser. Le Marais ne se manifeste plus sous une forme fixée au niveau régional. Néanmoins, il existe et a toujours une puissance extrêmement grande. Mais son caractère antinational est maintenant explicitement évident. Le Marais ne peut plus se cacher derrière l’Amérique. Il est parti en exil. Mais où ? Au Canada ? En Europe ? En Ukraine ? Pour d’autres planètes où divers acteurs et actrices dopés promettaient d’émigrer dans le cas de la victoire de Trump ? Maintenant, il est temps pour eux de tenir leur promesse. Tout cela semble être l’ascension des globalistes. Ils sont maintenant absorbés dans un non-lieu, une utopie, dans la terre de l’utopie libérale – un “no man’s land”. Nous sommes maintenant témoins de la déterritorialisation du Marais, de l’élite mondialiste et du gouvernement mondial.

    Quelle est la structure du Marais ?

    Premièrement, le Marais est une idéologie – le libéralisme. Nous avons besoin d’un procès de Nuremberg pour le libéralisme, la dernière idéologie politique totalitaire de la Modernité. Fermons cette page d’histoire.

    Deuxièmement, le Marais est une culture spéciale postmoderniste. Elle est basée sur la décomposition de toute entité par digitalisation, schizomorphisme obligatoire, et ainsi de suite. Le drainer signifie de rétablir l’unité de l’art apollinien. L’art doit revenir au holisme.

    Troisièmement, c’est le capitalisme mondial transnational. Ceci est le moteur matériel du Marais. Ce sont des emprunts et la Réserve fédérale qui imprime des billets verts virulents. Nous devons mettre fin à tout cela et revenir au secteur productif réel et à l’approche mercantiliste.

    Je propose de redécouvrir les idées de Pitirim Sorokine. Il a noté que la dynamique sociale de l’histoire est une chaîne de paradigmes sociaux qu’il appelait idéationnelle, idéaliste, et sensualiste. L’idéation est la domination absolue de l’esprit sur la matière, l’ascétisme et la soumission vigoureuse du monde matériel à l’aspiration spirituelle et religieuse. Le type idéaliste est équilibré et fondé sur la coexistence harmonieuse de l’esprit et de la matière, où la partie spirituelle est légèrement dominante, mais non exclusive (comme dans le type idéationnel). Le type sensualiste de la société est la domination de la matière sur l’esprit, le corps sur l’âme. Le Marais est le type sensualiste de la société. Jusqu’à récemment, il semblait que “sensualiste” et “américain” étaient synonymes. Mais après le triomphe de Trump, tout est différent. Maintenant sensualiste signifie global et excentrique. Il y a une sorte de “translatio imperii” nulle part et partout.

    Sorokine a souligné que la nature cyclique de la société suit l’unique chaîne de succession : de l’idéationnel à l’idéaliste, puis au sensualiste. L’idéaliste ne peut pas succéder au sensualiste, comme il est impossible pour le Marais de se retransformer en semi-Marais. Après le Marais vient le Soleil, c’est-à-dire le Feu, l’Esprit – l’Esprit dans sa forme radicale et idéationnelle. Pour dessécher le Marais, nous avons besoin du Feu Solaire, un Grand Feu qui devrait être en abondance.

    Le Marais et le Feu sont deux éléments opposés répartis à travers la terre. La géopolitique devient alors verticale. Les deux peuvent être trouvés à tout endroit. Le sens du lieu maintenant est l’élan du processus de drainage du Marais. Où ? Ici et maintenant.

    Le Marais n’est plus l’hégémonie américaine car le Président de l’Amérique lui-même rejette une telle hégémonie. C’est donc l’hégémonie “tout court”, l’hégémonie comme telle avec un vide purement postmoderniste au centre.

    Les États-Unis sont l’Extrême Occident du monde. C’est l’espace de Minuit. Et là, le dernier point de la Chute est atteint. Le moment qui se déroule est celui du changement de pôles. L’Occident se transforme en Orient. Poutine et Trump sont dans les deux coins opposés de la planète. Au XXème siècle, ces deux extrêmes étaient incarnés par les formes les plus radicales de la Modernité – le capitalisme et le communisme – deux monstres apocalyptiques – le Léviathan et l’Hippopotame. Maintenant, ils se sont transformés en deux promesses eschatologiques : la Grande Russie de Poutine et l’Amérique qui se libère sous Trump. Le XXIème siècle a enfin commencé.

    Donc tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est du Feu.

    Alexandre Douguine

    http://echelledejacob.blogspot.ca/2016/11/le-marais-et-le-feu.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+LchelleDeJacob+(L’%C3%89chelle+de+Jacob)

  • Pierre Marchand, 27 octobre 2016 09h42

    Le président du Pérou consacre son pays « à l’amour et à la protection de Dieu tout-puissant par l’intercession du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie

    Bien loin de l’attitude laïcarde et haineuse des gouvernements maçonniques occidentaux, le président de la république du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, a consacré son pays « à l’amour et à la protection de Dieu tout-puissant par l’intercession du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie ». Il a récité cette prière publiquement lors de sa participation au « Déjeuner National de Prière » au Swissotel de Lima.

    On pourrait reprendre l’argument du pari de Pascal : à ceux qui n’y croit pas, qu’ont-ils à y perdre ? Mais si Dieu existe, alors autant lui demander son intercession ! Là est une véritable volonté du bien commun du pays. Ce qui montre que la haine des loges, des « libres penseurs » et autres sectes occultes n’a rien d’une position ou d’une conviction de l’absence de Dieu, mais plutôt d’une haine de Dieu qui révèle une volonté d’installer le chaos. Ils ne croient pas en Dieu disent-ils ? Mais on ne hait pas ce qui n’existe pas !

    Cet évènement est l’occasion de montrer que l’État et son chef peuvent publiquement se montrer comme catholiques. C’est d’ailleurs le premier engagement et la première volonté de Civitas en France : remettre Dieu au centre, afin de mener une politique de service qui œuvre à l’harmonie sociale et au bien commun de la société.

    Il est bon aussi de rappeler que c’est à la demande du Vatican, suite à la révolution du concile Vatican II et notamment de son décret sur la liberté religieuse, que les pays catholiques d’Amérique latine ont renoncé à la religion catholique comme religion d’État. Cette consécration est un acte authentiquement catholique qui répond dramatiquement au discours maçonniques et mondialistes de la hiérarchie dite catholique, avec à sa tête le pape François.

    Voici le texte de la consécration :

    « Moi, Pedro Pablo Kuczynski, Président de la République du Pérou, avec l’autorité qui m’a été conférée, je fais un acte de consécration de ma personne, de ma famille, en présence de mon épouse, et de la République du Pérou à l’amour et à la protection de Dieu tout-puissant par l’intercession du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie.

    « Je remets entre Ses mains amoureuses mon Gouvernement avec tous les travailleurs et citoyens qui sont sous ma responsabilité. J’offre à Dieu tout-puissant mes pensées et décisions comme Président afin que je les utilise pour le bien de notre pays et que je sois toujours conscient dans ma gouvernance des Dix Commandements. Je demande à Dieu qu’à travers l’intercession du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, Il écoute et accepte mon acte de consécration et couvre notre pays de sa protection particulière.

    « En faisant cette demande je demande pardon à Dieu pour toutes les transgressions qui ont été commises dans le passé, toutes celles qui ont été faites sous la République et pour toutes les décisions qui ont été prises en opposition à Ses commandements et je lui demande Son aide pour changer tout ce qui nous sépare de Lui.

    « Moi, Pedro Pablo Kuczynski, en tant que Président de la République du Pérou, je proclame ce serment solennel devant Dieu et les citoyens de notre pays, aujourd’hui, 21 octobre 2016. »

    https://www.youtube.com/watch?v=acXawJkOQe8

    http://www.medias-presse.info/le-president-du-perou-consacre-son-pays-a-lamour-et-a-la-protection-de-dieu-tout-puissant-par-lintercession-du-sacre-coeur-de-jesus-et-du-coeur-immacule-de-marie/63295?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=Mailing+quotidien

  • Pierre Marchand, 18 septembre 2016 01h04

    Partie 3

    La sagesse du Soi peut être assimilée à celle de l’eudaimon : le « bon génie » dont parlait Aristote, la voix intérieure qui montre le chemin d’une vie vertueuse, c’est-à-dire une vie au service de l’équilibre et de l’harmonie individuelle et collective.

    Martin Seligman, l’un des initiateurs du courant de la psychologie positive, a montré que ce genre de vie fait partie des conditions indispensables pour connaître le « bonheur authentique » – un bonheur qui ne dépend pas seulement de la capacité à éprouver des émotions agréables et du plaisir (hédonisme) mais aussi et surtout de la capacité d’actualiser le meilleur de soi en relation avec les autres (eudémonisme) ; ce qui revient à exprimer les meilleures qualités du Moi au service du Soi – les meilleures qualités de la personnalité au service de l’essence de ce qui fait la vie : l’équilibre et l’harmonie de tout ce qui est.

    D’un point de vue énergétique, il est intéressant de noter que le Moi répond à la pulsion de survie. Il sur-vit : il est en défense permanente ; il dépense énormément d’énergie pour refouler des souffrances qui l’empêchent de fonctionner ; il se donne beaucoup de peine pour cacher les parties de lui-même qu’il ne veut pas montrer de peur de perdre le contrôle sur ceux dont il espère tirer profit ; il s’épuise à vouloir prouver à lui et aux autres qu’il existe en tant que personne performante et bien distincte ; il est condamné à s’agiter pour continuer à éprouver le sentiment d’exister ; il n’est jamais apaisé.

    Le Soi, de son côté, répond à la pulsion de vie. Il vit, tout simplement, calmement ; il permet à toutes les parties de l’être de se rassembler en lui, sans dépenser la moindre énergie ; il ne cache rien puisqu’il accueille tout dans l’amour inconditionnel ; il ne doit ni faire ni posséder pour prouver son existence puisque, de tout évidence, il est – il est vivant, il est la vitalité.

    « Le Moi s’agite, tandis que le Soi habite », dit-on pour résumer cet différence d’état.

    On comprend donc que le fait de vivre principalement identifié au Moi finit par épuiser voire même par rendre malade (tant physiquement que psychiquement).

    Alors que le fait de vivre dans le silence et dans la paix du Soi est extrêmement ressourçant et favorise la guérison (tant physique que psychique).

    Wilhelm Reich et Alexander Lowen ont montré comment la libération des tensions physiques dues aux attitudes défensives et aux comportements névrotiques du Moi, provoque une détente corporelle liée à la prédominance du Soi.

    Automatiquement, l’agitation mentale fait place au silence intérieur et à l’apaisement. La joie se manifeste de façon spontanée et sans objet. Cette joie-là ne dépend d’aucun facteur extérieur, elle n’est pas un contentement mais simplement une joie d’être vivant. Elle témoigne du sentiment de plénitude qui surgit lorsque l’on lâche prise pour se laisser être, simplement, dans la pleine vitalité du Soi.

    Afin d’éviter la confusion liée à l’utilisation du mot self (qui désigne le Moi en anglais), Donald Winnicott a proposé de parler de false self et de true self.

    Le false self étant considéré comme « le paraître », on peut le traduire par le Moi.

    Le true self étant « l’être », on peut le traduire par le Soi.

    Certains courants psycho-spirituels issus de la culture du New Age proposent de parler de lower self et de higher self.

    En référence aux notions de dualité et d’unité associées au Moi et au Soi, nous avons traduit ces termes par le Séparateur et l’Unificateur. Et, afin de bien décrire les attributs de ces deux personnages intérieurs, nous avons introduit la notion de Masque (persona en grec) : « le paraître » associé au Séparateur (la personnalité, le Moi, l’Ego), et la notion d’Observateur : la pure conscience qui se manifeste lorsque l’objectivité et la compassion révèlent la nature de « l’être » (le Soi).

    La spiritualité hindoue désigne cette pure conscience d’être – le « Je suis » qui observe les agrégats de l’Ego sans s’identifier à eux – par le concept d’âtman (de atta, en pali : le souffle, le principe de vie, l’essence).

    Pour les hindouistes, l’âtman est le vrai Soi, le principe immortel et libre, le divin qui réside en chacun, l’âme individuelle dont la nature est, selon l’Advaita Vedanta (philosophie de la non-dualité), identique à celle du brahman – l’âme universelle, la base divine de toute existence, la Conscience infinie qui se connaît en tout ce qui existe, la Réalité ultime dont la manifestation (maya) n’est qu’une illusion, le Soi suprême qui ne peut se définir qu’en énonçant ce qu’il n’est pas (neti-neti : ni ceci, ni cela).

    La spiritualité bouddhiste, de son côté, considère que l’existence d’un Soi individuel (âtman) ou d’un Soi universel et absolu (brahman) n’est pas compatible avec l’impermanence et la vacuité de tous les phénomènes.

    Pour les bouddhistes, tout est vacuité (synyata) ; les phénomènes sont vides de substance propre car ils ne sont jamais créés à partir de rien (ils sont toujours dépendants d’autres phénomènes ou agrégats et ils se transforment sans cesse) ; de ce fait, un phénomène, quel qu’il soit, ne peut être défini par une nature qui lui serait propre, il est défini par l’ensemble des rapports qu’il a avec les autres phénomènes (le karma – loi d’interdépendance et de causalité) ; il n’existe donc aucune âme ni aucune essence à trouver, mais la simple agrégation de phénomènes conditionnés (skandha).

    Dès lors, les bouddhistes parlent d’anâtman (le non-soi). Et, plutôt que d’identifier un Soi, il décrivent différents niveaux de conscience.

    Tout d’abord vijnana : la conscience discriminante (ou connaissance discriminante) qui fait partie des cinq agrégats (phénomènes éphémères) qui forment l’Ego, et qui se décline en six modes de connaissance : visuel, auditif, olfactif, gustatif, tactile, et intellectuel.

    Ensuite alayavijnana : véritable conscience intégrative (conscience réceptacle de toutes les autres), elle aussi changeante et transitoire, à la fois source et produit du karma, cause et manifestation de klistamanas (le mental souillé qui, du fait de sa croyance en l’existence d’un Ego séparé, construit un Moi à partir de la conscience intégrative).

    Enfin amalavijnana : la pure conscience, absolument non personnelle et non duelle, dans laquelle se fond la conscience intégrative lorsque l’Éveil se produit.

    Ainsi, pour les bouddhistes, il ne peut donc y avoir d’Absolu à rechercher ou à trouver, mais simplement une conscience pure (amalavijnana) qui, au-delà du mental, s’éveille et constate la vacuité de toute chose.

    Pour un bon nombre de philosophes bouddhistes cette pure conscience est immuable et permanente, ni produite, ni détruite, inconditionnée, au-delà de la pensée ; totalement libre, elle observe et contient tous les phénomènes sans s’identifier à eux.

    La notion de brahman de l’hindouisme correspond à cette pure conscience – la conscience-source, infinie, que l’on pourrait qualifier (comme le font parfois les bouddhistes à propos d’amalavijnana) de Conscience cosmique tant elle est vaste et contient tout ce qui est créé.

    La non-dualité de la pure conscience dont il est question dans l’Advaita Vedanta hindouiste se retrouve donc dans le bouddhisme (particulièrement dans le bouddhisme Mahayana dont font partie le Chan chinois, le Zen japonais et le Dzogchen tibétain ; peut-être moins clairement dans le bouddhisme Theravada répandu en Asie du Sud-Est).

    Elle est présente dans le taoïsme (avec les concepts tao – la « mère du monde », principe qui engendre tout ce qui existe – et wu ji – la vacuité absolue, unité primordiale, réservoir de tous les potentiels, qui se manifeste à travers la dualité yin et yang du tai ji).

    On la retrouve dans la plupart des enseignements ésotériques des grandes religions ; par exemple dans l’expérience des grands mystiques chrétiens (comme les Pères du désert, Jean de la Croix, Maître Eckhart), dans le soufisme, ou encore dans la Kabbale juive. Ainsi que chez bon nombre de philosophes occidentaux (notamment chez les présocratiques Héraclite et Parménide, chez les stoïciens Sénèque et Marc-Aurèle, chez le néoplatonicien Plotin, ainsi que chez Baruch Spinoza, Arthur Schopenhauer, Edmund Husserl, Martin Heidegger et Karl Jaspers).

    Sans forcément aller jusqu’à l’éveil mystique qui dissout complètement l’identité de l’Ego dans la pure conscience de l’unité de ce qui est, nous pouvons tous apprendre grâce à la méditation à nous désidentifier des agrégats qui constituent le Moi.

    Au-delà de la confusion de nos sensations, des perturbations de nos émotions et du bavardage de nos pensées, nous découvrons alors, en nous, un espace paisible et silencieux dans lequel l’Ego se désagrège en ses multiples constituants.

    Du coup, nous réalisons l’impermanence et la vacuité de ce que nous croyions être nous.

    Nous comprenons que le « je » qui réalise cela n’est encore qu’un des agrégats qui constitue le Moi (on pourrait assimiler ce « je » à la conscience alayavijnana).

    Ce « je » là s’écrit avec un « j » minuscule pour souligner son impermanence ; il sent, il perçoit, il éprouve, il pense, il dit, il fait, il possède ; son identité varie en fonction de ses actions (des actions qui sont en fait des réactions conditionnées) ; il est condamné à agir (disons même : à réagir) pour perpétuer son sentiment d’exister ; il ne connaît jamais la complète tranquillité.

    Plus notre méditation s’approfondit, plus notre « je » devient un « Je » que nous pourrions écrire avec un « J » majuscule pour en souligner le caractère non personnel et permanent.

    Ce « Je » là ne pense pas qu’il est. Il est.

    Il est hishiryo – « au-delà de la pensée » – disent les bouddhistes zen japonais. Il est wu wei – « non-agir » – disent les taoïstes chinois. Il est non-action (en tout cas non réaction), silence et paix, infinie sérénité, vacuité absolue, source de tous les possibles, pure conscience. Il ne peut dire que « Je suis ». Il est wu ji. Il est brahman ou amalavijnana. Il est Bouddha. Il est Allah. Il est Le Caché, Celui qui n’a pas de nom. Il est Dieu. Il est Soi. Peu importe comment nous l’appelons, ce qui compte ce ne sont ni les mots ni les représentations mais l’expérience que nous en faisons.

    Faire l’expérience du Soi plonge notre Ego dans un espace paisible et silencieux où il se dissout. Cela ne veut pas dire que le Moi est détruit mais simplement qu’il ne dirige plus les mouvements de notre existence.

    L’espace du Soi est un lieu d’acceptation totale et entière de ce qui est – un lieu d’amour inconditionnel – qui permet de contempler le Moi tout en accueillant ses différents constituants dans la conscience, sans que celle-ci ne doive s’identifier à autre chose qu’elle-même en train de contempler le Moi.

    C’est un espace de liberté dans le sens où les réactions conditionnées du Moi, jusqu’alors non conscientisés, ne s’enchaînent plus de façon aussi automatique et chaotique.

    Des actions effectuées en pleine conscience peuvent alors être posées, inspirées par le Soi (sous la forme de véritables inspirations – intuitions), dans le but de perpétuer le silence et la paix du Soi.

    La pratique méditative permet de découvrir que le silence et la paix du Soi sont toujours là, accessibles à l’arrière-fond (au-delà des sensations, des émotions et des pensées), comme un noyau profond recouvert par la personnalité (bavarde et agitée) de l’individu.

    Nous pourrions donc parler de l’Essence de l’être dans le sens où le silence et la paix du Soi (le silence et la paix de la pure conscience non personnelle) constituent la nature première et ultime de l’être – ce qui est présent depuis le commencement et qui sera présent jusqu’à la fin mais qui ne peut être perçu que dans l’instant présent. Le mot « essence » vient de essentia en latin, qui veut dire « la nature d’une chose », un mot qui vient de essere : « être ».

    Postuler que notre nature véritable est pure conscience paisible, silencieuse et non personnelle implique que cette conscience est partagée par tous les êtres humains, devenant ainsi non pas la conscience de chaque individu mais la Conscience qui se manifeste en chaque individu.

    Cela pourrait laisser penser que cette Conscience existe de toute éternité.

    En d’autres mots : parler d’essence pourrait nous obliger à soutenir la thèse de l’existence d’un monde des idées distinct du monde des sens (comme le faisait Platon) ou d’un dieu transcendant et immortel dont la substance se trouverait en chaque individu.

    Opter pour ce genre de thèse obligerait alors à considérer la pure conscience du Soi comme un état absolument non conditionné par le mental et totalement indépendant du fonctionnement cérébral.

    Quelques chercheurs qui étudient les cas de NDE (expériences proches de la mort) envisagent cette possibilité. Néanmoins, la plupart des scientifiques considèrent que le phénomène que l’on appelle « conscience » est étroitement lié au fonctionnement du cerveau.

    Pour eux, l’activité cérébrale engendre plusieurs types de consciences (nous avons vu que les bouddhistes parlent de plusieurs vijnana) : une conscience perceptive et discriminante (visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile, intellctuelle) qui dit « je vois, j’entends, je sens, je goûte, je perçois, je comprends » ; une conscience intégrative des précédentes (alayavijnana) qui procure une identité à l’individu en lui permettant de se percevoir comme un Moi qui dit « je perçois, je comprends et je pense donc je suis une personne », du fait de sa croyance en l’existence d’un monde formé d’objets séparés les uns des autres (klistamanas) ; et, enfin, une conscience capable de suffisamment de recul (amalavijnana) pour, dans un premier temps, observer la conscience intégrative en train de créer le sentiment personnel d’être un Moi et, dans un second temps, générer le sentiment non personnel de l’existence d’un Soi originel et universel qui dit simplement et sereinement « Je suis conscient » et même plus simplement encore « Je suis ».

    Cette conscience pure n’émergerait que dans certaines conditions, soit spontanément (comme cela se produit lors d’une fulgurance de conscience ou lors de ce que l’on appelle un Éveil spontané), soit au cours d’une quête spirituelle (durant laquelle l’entraînement au calme mental et à l’amour inconditionnel prépare à un Éveil qui se produit sans que l’on cherche à l’obtenir).

    La pure conscience jaillirait alors au-delà du mental, totalement déconditionnée des automatismes mentaux, sans qu’il n’y ait plus d’identification à une conscience qui dirait « je suis conscient d’être ceci ou cela », pouvant seulement constater que « Je suis » (« Je suis indépendamment de ceci ou de cela).

    Cette pure conscience (que nous appelons aussi le Soi) ne pense pas, elle n’interprète pas, elle n’explique pas ; elle ne sait rien à propos des êtres et des choses, elle les connaît ; elle perçoit l’essence calme et paisible qui est en tout ; elle communique de Soi à Soi, dans un plan de transcendance où les notions de temps et d’espace n’ont plus lieu ; elle contemple la vacuité de tout ce qui se manifeste (elle voit que rien n’existe en dehors de l’interdépendance des phénomènes) ; elle est la vacuité absolue (l’espace paisible et silencieux qui n’est pas vide mais tongpa nyi, comme disent les Tibétains – tongpa : le vide inconcevable, nyi : la possibilité que tout peut advenir ; cette vacuité qui est un vide plein, un espace de tous les possibles, le lieu où, grâce à l’interdépendance des phénomènes, tout peut apparaître, se transformer et disparaître).

    Cette pure conscience non personnelle embrasse l’unité du monde, elle est « tournée vers le tout », tant à l’intérieur de l’individu qu’à l’extérieur ; elle englobe l’univers (unus en latin : un ; versus : tourné vers), elle devient universelle. Telle une lumière, elle diffuse sa sagesse à travers un bon sens relié à l’essentiel, dans le respect de l’équilibre et de l’harmonie qui permettent à la vie de se perpétuer.

    http://www.edlpt.com/concepts-reperes/le-soi

  • Pierre Marchand, 18 septembre 2016 01h02

    Partie 2

    Le processus d’individuation que Jung appelait aussi « la réalisation du Soi », apparaît donc comme une sorte de révélateur des potentiels (positifs et négatifs) qui étaient contenus dans l’état de paix et de complétude indifférencié des premiers moments de l’existence.

    Il s’achève par l’acceptation inconditionnelle de ces potentiels – une sorte de réconciliation avec tout ce que nous avons exprimé et manifesté ; inévitablement, cela permet de refaire l’expérience, cette fois en conscience, de la paix et de la complétude du début.

    Cette réconciliation est comme un retour à la source. Une occasion de nous souvenir de notre essence : le Soi qui existe avant la construction névrotique du Moi.

    On retrouve la description de ce « retour à la source » dans de grands mythes comme celui d’Isis et d’Osiris où l’amour inconditionnel incarné par Isis rend possible le remembrement d’Osiris (remember, en anglais : se souvenir) – c’est-à-dire la prise de conscience de tout ce qu’est Osiris – qui lui donne accès à la vie éternelle.

    Souvent accusé de mysticisme par ses confères freudiens, Jung décrivait le Soi comme une expérience transpersonnelle, une expérience de la totalité que d’autres appellent l’Âme, la Conscience ou l’Être.

    « Je dois reconnaître que c’est le Soi que j’ai en tête lorsque je m’occupe de l’idée du Christ, écrit-il.

    Au demeurant, je n’ai pas d’autre accès au Christ que le Soi, et comme je ne connais rien qui soit au-delà du Soi, je m’en tiens à ce concept. »

    Pour Jung, le Soi correspond au divin, à l’universel et au cosmique.

    Il est l’autorité de sagesse en nous qu’il faudrait contacter avant de s’affranchir de l’autorité de contrôle du Surmoi.

    « Le Surmoi est un succédané nécessaire et inévitable de l’expérience du Soi », écrit-il.

    Totalement apaisé, le Soi ne se préoccupe pas des petits intérêts personnels du Moi apeuré ; il est au service de la collectivité, soucieux de préserver l’équilibre et l’harmonie qui permettent à la vie de se perpétuer.

    C’est la raison pour laquelle, d’un point de vue sociologique, il paraît important d’aider les individus à se laisser inspirer par l’autorité intérieure du Soi avant de les encourager à se libérer du joug des autorités extérieures représentées par les préceptes moraux et religieux intériorisés dans leur Surmoi.

    Si ce travail d’individuation n’est pas accompli, le risque de sombrer dans le narcissisme, l’individualisme et l’égoïsme est grand.

    Le chaos qui s’en suit peut alors favoriser l’émergence de régimes politiques collectivistes et autoritaires qui justifient leur contrôle abusif sur les individus en dénonçant les effets dévastateurs du narcissisme, de l’individualisme et de l’égoïsme.

    La sauvegarde des libertés individuelles paraît donc bien difficile à assurer dans une société composées de personnes (des Moi égotiques et individualistes) ; elle serait certainement plus facile à maintenir dans une société composée d’individus au sens le plus vrai du mot (des êtres connectés au Soi apaisé).

    On peut même se demander si la pérennité d’une démocratie n’est pas liée à la capacité de ses élites d’agir à partir de la sagesse du Soi et d’accompagner le plus grand nombre dans le processus d’individuation qui mène au Soi.

  • Pierre Marchand, 18 septembre 2016 00h58

    Partie 1

    "Je me souviens"

    Le Soi : l’essence de l’être

    Et au-delà du Soi, il y a ultimement l’Absolu, l’Ultime !

    C’est de cela que nous devons nous souvenir !

    Pour nous donner une idée ! Voici un texte intéressant !

    Le Soi – das Selbst en allemand – est une notion que l’on pourrait assimiler au Dasein – « être là » – de Martin Heidegger. C’est l’état de pure conscience auquel l’individu peut s’identifier lorsque la conscience est simplement et entièrement consciente d’elle-même – un état qu’il n’est possible d’atteindre que lorsque l’on est suffisamment attentif et apaisé pour accepter de façon inconditionnelle tout ce qui est constaté dans l’instant présent.

    Vouée à l’étude de la névrose, la psychanalyse freudienne n’a pas exploré cette part absolument non névrotique de la psyché. Sigmund Freud réduisait la capacité d’acceptation inconditionnelle à un renforcement narcissique, une disposition du Surmoi dont la tâche ne se limitait pas seulement à contrôler le Moi pour éviter les débordement impulsifs du Ça, mais aussi, disait-il « à approvisionner en amour le Moi docile et méritant ».

    Carl Gustav Jung, riche de son ouverture sur l’anthropologie, la mythologie et l’étude comparative des religions, a proposé d’élargir la vision freudienne en y incluant le concept du Soi.

    Pour Jung, le Soi est à la fois le contenant et le centre psychique de l’être. Il est la source, le moteur et le but du processus d’individuation que chaque être humain devrait effectuer au cours de sa vie – un processus qu’il ne faut pas confondre avec celui de l’individualisation.

    L’individualisation permet à l’individu de prendre conscience de sa personnalité en tant que Moi. Ce processus est nécessaire dans un premier temps afin de construire un Ego sain, capable de s’adapter aux circonstances de la vie et de s’ancrer dans la réalité du monde extérieur.

    Néanmoins, si l’individualisation se poursuit indéfiniment et de façon exclusive, elle mène au narcissisme, à individualisme et à l’égoïsme.

    L’individuation, quant à elle, permet à l’individu de prendre conscience et d’accepter tout ce qu’il découvre en lui ; à ce moment seulement la personne qu’il croyait être devient un véritable individu (individuum en latin signifie « que l’on ne peut pas coupé, indivisible »).

    La processus d’individuation commence comme par une phase d’individualisation, au moment où l’enfant réalise que sa réalité intérieure est différente de la réalité extérieure.

    Il perd alors le sentiment de constituer un tout indifférencié – un Soi non conscientisé – et il construit une représentation mentale de sa réalité intérieure qui lui procure le sentiment d’être une personne – un Moi différent et séparé des autres.

    À partir de là, son Ego se développe jusqu’à devenir hypertrophié à l’adolescence ; puis, il se dégonfle lentement en prenant conscience de ses propres limitations et de la répétition des peurs et des frustrations entraînée par ses comportements névrotiques.

    Parvenu à l’âge de 40-50 ans, l’adulte amorce un retour vers le Soi – un Soi différencié et conscientisé, cette fois. Il se désidentifie de la construction mentale qu’est le Moi, il prend du recul par rapport à sa personnalité névrotique qui finit par se dissoudre dans une conscience plus vaste qui est le Soi.

    Dès que le Moi laisse la place au Soi ; le paraître perd de l’importance au profit de l’être, l’admiration du Moi (culte de l’image) est remplacée par la reconnaissance du Soi ; la sensation d’être unifié à l’intérieur s’installe (du fait de l’acceptation inconditionnelle de tout ce qui est découvert en soi) ; le sentiment d’être séparé et opposé aux autres s’estompe, laissant la place à une profonde conviction d’être relié (individué mais relié) ; autrui n’est plus vu comme un objet qu’il faut contrôler et dont on peut tirer profit, mais comme un sujet que l’on peut rencontrer d’égal à égal ; la névrose – cet « état de désunion d’avec soi-même », comme la qualifiait Jung – est moins active, les peurs s’apaisent, l’agitation se calme, les comportements névrotiques diminuent ; les préoccupations narcissiques sont remplacées par des aspirations altruistes ; le superficiel est abandonné au profit de l’essentiel. La vieillesse est alors synonyme d’une sénescence heureuse et la fin de vie est vécue avec un sentiment d’accomplissement de l’être.

    Dans le cas contraire, si vers 40-50 ans l’individuation est interrompue par une reprise de la volonté égotique de paraître, les comportements névrotiques s’amplifient, leurs conséquences deviennent pathétiques, et le vide d’être peut se transformer en effondrement dès que le Moi n’a plus les ressources nécessaires pour compenser le manque de Soi. La vieillesse est alors synonyme de sénilité, il existe un sentiment d’inaccomplissement et la mort n’est jamais accueillie avec sérénité.

  • Michel Matte, 24 août 2016 21h34

    M. Lachapelle souligne un point important : « comment "renouer avec un sentiment religieux" libérateur, autre que culpabilisateur ? »

    Je pense qu’il faut distinguer le message de la religion, son contenu qui est l’Évangile, de son contenant qui est l’institution de l’Église. Le message est un guide surtout moral qui répond à des valeurs universelles accessibles à la raison :
    « La vérité vous libérera (Jean 8,32) ». L’Église remplit son rôle lorsqu’elle incarne dans la pratique le message qu’elle enseigne.

    Ainsi le Québec a pu se déveloper dans un contexte défavorable en s’inspirant de principes élevés. Ces principes ont mené à la Révolution tranquille qui se voulait au départ un mouvement libérateur. Mais comme toutes les révolutions, elle a été noyautée par des agents de discorde. Au lieu de promouvoir l’égalité, elle a plutôt encouragé des luttes entre les classes, les partis, les sexes et les ethnies. Donc au lieu de promouvoir des principes communs accessibles à tous, ce qui est conforme à l’Évangile, on a plutôt favorisé des luttes entre intérêts divergents ce qui est conforme au libéralisme anglo-saxon.

  • Pierre Marchand, 23 août 2016 21h18

    Revenir en arrière, n’est peut-être pas la solution !

    Le « Je me souviens » est de l’ordre du sacre, du sacré, des sacrements, du sacrifice, et même des sacres proverbiaux des québécois qui ont fait le tour du monde ! Les québécois sont reconnus pour leurs sacres, qui déculottent les plus récalcitrants c’est bien connu ! Pour certains, c’était un péché, mais en fait, c’était tout le contraire, à tel point que Satan lui-même, prenait la poudre d’escampette !

    Ce qui nous occupe présentement au Québec, et ici dans cette étude, c’est l’identité des québécois.

    On peut approcher cela d’un point de vue temporel, vous savez bien, le passé, le présent et le futur ! Notre histoire détermine ce que sera notre futur : c’est le déterministe ! En cela, les québécois sont des créatures du temps, des créatures du bon dieu, laissant supposer qu’il y a aussi un mauvais dieu, mais passons !

    Alors, si nous faisions tous fausse route en cette approche !

    Le « Je me souviens » est intemporel, il transcende le temps et l’histoire terre à terre du Québec et de la planète entière, de cette civilisation, et de tous ses peuples.

    Notre drapeau, notre fleurdelisé est aussi d’un ordre qui transcende le temps !

    Notre territoire aussi ! Nos corps physique aussi !

    Ce que les disciples du Nouvel Ordre Mondial rebutent c’est le Christ !

    Et le Christ, pas en tant que personnage historique, mais en tant que principe : le principe de l’Amour.

    Il est présent, IL Est Présence dans tous les cœurs des québécois, comme dans tous les Hommes-Âmes de la planète qui l’accepte : c’est ça la grâce, et c’est gratuit, on a qu’à l’accepter, c’est tout ! C’est si simple pour l’ego que c’est compliqué !

    Le Christ en tant que conscience nous permet de transcender le temps et de vaincre les forces de matérialisation que représentent l’image de Satan, de Lucifer ou d’Ahriman.

    Mon royaume n’est pas de ce monde ! Ce monde et ce nouvel ordre mondial n’est pas celui du Christ ! Là nous entrons dans la véritable géopolitique !

    Tout ce qui constitue ce théâtre matériel en dehors de l’Essentiel, de l’Absolu, de l’Esprit… du Christ, quelque que soit le concept que nous utilisions d’ailleurs, n’est que distractions, divertissements, abstractions, divagations, jeux, abrutissements …et ne servent qu’à noyer le poisson, et à nous entraîner dans des voies de services en dehors des mondes et des univers d’où nous venons tous et dont nous ne sommes que de passage sur ce monde.

    Pour en revenir à notre véritable identité, au-delà de nos croyances et de nos dénis, nous venons des étoiles. Nous l’avions oublié, d’accord, ou plus précisément on nous l’a fait oublier, mais passons !

    Mettons que c’est la fin de cette civilisation, mettons que nous vivons tous en ce moment même un processus d’extinction globale de cette dimension sur ce monde, en même temps qu’un processus d’alchimisation invisible sur nos corps, notre émotionnel, notre mental, sur notre âme, pour ceux qui en ont une, et sur notre esprit frauduleux.

    Alors il est normal que tout s’effondre autour de nous et en nous et que tout perd son sens actuellement et depuis toujours sans que nous en ayons été conscient par le passé pour la majorité.

    Cela sert, même nos psychopathes servent, car le plan divin est parfait, et il est actuellement en cours, ça se voit partout, le plan divin se sert de tout, à nous détacher du personnage, du scénario que nous jouons tous sur ce monde dans cette histoire, qui, nous le savons tous aujourd’hui, n’a été qu’une fumisterie et une arnaque, enfin j’espère, pour la majorité, ici sur ce site : un mensonge.

    La résurrection du Christ hier, n’était qu’une préfiguration de ce qui arriverait à tous les Hommes-Âmes aujourd’hui. Ce que nous sommes tous réellement n’est pas le personnage que nous jouons sur ce monde dans cette histoire qu’est notre vie éphémère, n’est pas ce que nous croyons être...Pierre, Jean, Jacques, Georgette, Artémise... notre véritable identité se situe au-delà, il faut donc la réfuter, non pas la rejeter, mais la réfuter, prendre nos distances avec elle, en faire le sacrifice, d’où le sacre, la sacralisation, nous sommes tous des Absolus Ultimement !

    Et nous sommes en voie d’y retourner si nous nous reconnaissons comme tels ! C’est de cela qu’il faut se souvenir ! Mais pour cela il faut le vivre dans son cœur !

    Les Québécois, de même que les autres Hommes qui l’acceptent dans leur cœur seront sacrés par l’Esprit, le Feu Solaire, c’est ce qui est en cours ! Le reste n’est que passe-temps !

  • 23 août 2016 18h24

    « Puis-je vous suggérer qu’en 1859, avec les yeux et les valeurs de l’époque, elle ne l’était pas du tout. »

    Oui, les valeurs ultramontaines de Mgr. Bourget ralliaient beaucoup de monde. Mais, il y avait aussi, à la même époque, un grand courant libéraliste personifié par l’Archevêque Taschereau à Québec.

    Ces deux-là se sont affrontés souvent, et personnifiaient les deux grands courants de l’époque. Mais, au final, quand le pape a dû faire un choix pour le premier Cardinal du Québec, c’est Taschereau qui a remporté la mise. C’était le début de la fin pour l’ultramontainisme.

    Mais, qu’importe, je reconnais le rôle important de l’Église dans l’histoire et le développement du Québec. Taschereau, autant que Bourget, ont été de grands bâtisseurs, et malgré leurs petits défauts, méritent tout notre respect.

  • François A. Lachapelle, 23 août 2016 12h02

    Retenons que Monsieur Le Hir a coiffé son article du sur-titre " L’efface programmé de la mémoire ".

    Le texte de Monsieur Le Hir présente plusieurs conclusions, plusieurs pistes dont : « À qui profite ce crime, car c’en est un, sinon à ceux qui ont conçu ce projet diabolique de gouvernance mondiale ? » Ici, nous sommes sur la piste de Malachi Martin.

    Le titre des auteurs ROLINAT et TREMBLAY, je cite : « Le Canada français, de Jacques Cartier au génocide tranquille, » contient aussi une conclusion que je qualifie de constat dans l’expression " génocide tranquille ". En 2016, plus de 50 ans après la Révolution tranquille, la situation socio-politique du Québec présente une identité et une existence en danger.

    Autre constat de Monsieur Le Hir, je cite : « Cinquante ans plus tard, il devient possible de mesurer le vide laissé par le retrait de l’Église catholique, de constater qu’il n’a peu ou pas été comblé, ... » et « En attendant, il nous faut absolument renouer avec notre passé religieux pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.  »

    Je parlerais ici du comment "renouer avec un sentiment religieux" libérateur, autre que culpabilisateur ? Sauf erreur, je crois que le Pape Jean-Paul II lors de son passaga au Québec a précisé que la religion catholique n’était pas une démocratie.

    Pourtant au Québec, une partie de la religion catholique dans son administration terre-à-terre des paroisses via la Loi des fabriques fait appel à la démocratie dans l’élection des marguillers. Cette même démocratie peut aller plus loin selon le bon vouloir du curé en place. Je cite ici l’exemple du Curé Chamberland de Trois-Rivières qui a promu le propriété immobilière pour les ouvriers de son quartier.

    Je m’empresse de dire que l’entr’aide et la charité de partage moral et matériel sont des formes de démocratie exemplaire surtout lorsque cette entr’aide et cette charité sont destinées aux plus faibles de la société.

    Conclusion : comment secouer l’indifférence de la foule de Québécois sur le sujet que nous débattons compte tenu de l’importance du matérialisme dans lequel nous baignons ?

  • Richard Le Hir, 23 août 2016 10h41

    Réponse @ Gaston Carmichael

    En tout respect, Monsieur Carmichael, vous accordez beaucoup trop d’importance à cette circulaire de Mgr Bourget de 1859.

    En la lisant avec vos yeux et vos valeurs de 2016, vous la trouvez choquante. Puis-je vous suggérer qu’en 1859, avec les yeux et les valeurs de l’époque, elle ne l’était pas du tout.

    Quand on lit l’histoire, il faut s’abstenir de tout jugement fondé sur des critères différents de ceux qui l’ont vécue, au risque de mal l’interpréter ou de mal la comprendre.

    Les choses qui nous paraissent importantes ou significatives aujourd’hui n’avaient ni la même importance ni le même sens à l’époque.

    On étudie l’histoire pour comprendre, pas pour juger, une erreur beaucoup trop répandue aujourd’hui qui amène nos dirigeants à nous culpabiliser, très sélectivement en fonction de leur agenda partisan d’ailleurs, pour des prétendues erreurs ou injustices remontant parfois à plusieurs siècles.

  • Gaston Carmichael, 22 août 2016 21h27

    "À titre d’exemple, l’historien Serge Bouchard dit de lui qu’il « est un tyran, un taliban catholique », en faisant allusion à une circulaire du 21 juillet 1859, dans laquelle « Mgr Bourget recommande aux curés de décrier en chaire l’opéra, le théâtre, le cirque et les autres divertissements [jugés] profanes et scandaleux" (Wikipedia)

    Si sa vision ou son idéologie aurait triomphé, le Québec serait sans doute aujourd’hui le plus grand constructeur de cathédrale au monde. Toutefois, je doute fortement que cela nous aurait conduit à l’indépendance.

    Par ailleurs, dans les 492 pages du livre recommandé par M. Le Hir, je n’ai retrouvé aucune référence à cette circulaire.

  • Richard Le Hir, 22 août 2016 16h02

    Réponse @ François A. Lachapelle

    Je vous invite à relire attentivement le passage de mon éditorial consacré à Malachi Martin. J’y indique très clairement qu’il a un biais traditionaliste et l’inconfort que j’ai ressenti à la lecture de certains passages sur l’affrontement entre les forces du Bien et du Mal.

    L’intérêt du roman de Malachi Martin est de nous faire découvrir que cet affrontement, auquel chacun réagit selon ses propres croyances et sa Foi, a aussi une dimension politique de haute importance que la plupart d’entre nous ignorions. On peut croire et penser ce qu’on veut de cet affrontement, mais on ne peut pas faire abstraction de sa portée politique, comme Malachi Martin parvient si bien à en faire la démonstration en employant sa grille géopolitique.

    Le Québec catholique pratiquant n’a pas échappé aux affrontements postconciliaires, comme en témoigne la saga du Curé Normandin dont les plus âgés se souviendront qu’elle avait défrayé la chronique au milieu des années 1970. Vous pouvez trouver un rappel de cette affaire en cliquant ici.

    En faisant ma recherche pour mon éditorial, j’ai lu son livre, et l’avocat que je suis a été très impressionné par la force et la qualité de son argumentation, tant sur la forme que sur le fond, une force et une qualité qui commandent le respect et l’admiration qu’on partage ou non ses convictions. Il est d’autant plus inacceptable que, dans certains milieux, on ait tenté de le faire passer pour un hurluberlu.

    Par ailleurs, vous en prenez avec vigueur à Mgr Bourget et à ses ultramontains. je vous suggère la lecture d’un ouvrage intitulé Le Siècle de Mgr Bourget
    (1840-1960), un recueil d’essais sur l’histoire politico-religieuse du Québec de Jean-Claude Dupuis, Fondation littéraire Fleur de Lys, Lévis, Québec, 2016, 492 pages, ISBN 978-2-89612-503-6. Vous pouvez même le télécharger gratuitement en format PDF ici.

  • François A. Lachapelle, 22 août 2016 14h03

    Je fais deux commentaires, un sur un extrait de la préface que vous avez produite pour le livre des auteurs Jean-Claude Rolinat et Rémi Tremblay, et le 2e commentaire sur la pensée de l’auteur Malachi Martin qui a écrit " La maison battue par les vents - Le roman du Vatican ", Ed St-Rémi, 2015 traduction de l’anglais.

    A) Voici l’extrait que je retiens : « Non seulement les francophones du Québec ont-ils survécu sous le carcan catholique, mais ils sont parvenus à se donner les moyens de prendre le contrôle de leur territoire, en l’occupant et le développant sous l’impulsion de religieux ...  »

    Il serait intéressant de savoir à quoi vous faites référence exactement en mentionnant être parvenus au "contrôle de leur territoire" par les Québécois. En 2016, le contrôle du territoire du Québec est truffé de passoires que ce soit aux frontières, que ce soit en territoire autochtone, que ce soit en la possibilité de la partition de l’ïle de Montréal orchestrée par le pouvoir fédéral. Anecdote : en visite à Québec cet été, j’ai constaté l’avancement de la reconstruction du Manège militaire sur la Grande-Allée, fin des travaux prévue à temps pour le 150e du Canada. En 2016, le contrôle du territoire du Québec par le Québec ne se manifeste nulle part.

    B) La grille d’analyse de l’auteur Malachi Martin telle que lue dans un résumé de neuf pages dans une recension de sa pensée de romancier sur catholicapedia.net est très traditionaliste, même intégriste.

    L’auteur Martin écrit le livre " La Maison battue par les vents " ( Ed St-Rémi, 2015) avec le sous-titre important " Le roman du Vatican ". Le romancier jouit d’une totale liberté avec le choix des styles.

    Ce que la recension lue fait ressortir, c’est que le message choisit par l’auteur est très très traditionaliste. On parle de l’influence de satan et de ses représentants infiltrés dans la haute direction de l’Église de Rome.

    On parle d’égarement de plusieurs hauts prélats sous le vocable d’apostasie. Est apostat celui qui ne condamne pas l’homosexualité, qui ne condamne pas l’avortement, qui ne condamne pas le divorce et l’accès des divorcés aux sacrements.

    Ailleurs, on parle, je cite : « Un événement s’est produit au début des années 1960 qui marque le début de l’auto-démolition de l’Église. Le 29 juin 1963 eut lieu l’intronisation de Lucifer au Vatican. » Ailleurs, on parle de : « des prélats qui sont devenus membres des loges sataniques, .. » ou d’un pacte avec les ténèbres sous la conduite d’un " Nouvel ordre mondial ".

    Il me semble qu’il est inapproprié de faire un parallèle assez étroit entre les déboires du Vatican et la baisse de la foi catholique au Québec depuis la Révolution tranquille. Même si la mondialisation en ratisse large au plan économique et au plan des moyens de communication, je retiens une phrase de Monsieur Le Hir, extraite du 3e avant-dernier paragraphe de sa préface, je cite : « La foi est une grâce divine qui n’est pas donnée à tous. »

    Malachi Martin dans son roman utilise la foi comme clé de voute d’interprétation de l’histoire avec un grand H. Je crois que cette clé de voute a ses limites dans la compréhension de l’histoire du Québec. La conclusion de Monsieur Le Hir sur le respect envers l’architecture religieuse du Québec en la valorisant est excellente.

    La revalorisation de la religion catholique romaine au Québec est difficile à faire parce que Rome est menotté dans un traditionalisme stérilisant un peu comme le démontre l’islam politique et violent actuel. Par son traditionalisme, Rome exerce son autorité avec violence envers les consciences. Tel était le cas au temps de l’ultramontanisme de Mgr Bourget et consorts. Paraphrasons : le Québec était plus catholique que le Pape !. Cela ne peut pas être un modèle. Les besoins de la foi chrétienne sont multiples et variés. Malheureusement, l’Église catholique du Québec semble immobilisée dans une absence de liberté.

    Si Dieu est miséricordieux comme les humains doivent l’être entre eux, rien ne peut nous égarer. Même Satan s’en trouvera confus.

  • Richard Boulé, vieil historien débutant., 22 août 2016 11h28

    Militant indépendantiste de 1977 à 1995 et pourtant agnostique, j’étais déjà conscient de l’absurdité de fonder l’essentiel du discours nationaliste sur les seuls principes libertaires et multiculturels de l’ennemi canadien. J’observais que nos racines chrétiennes ou plus simplement humanistes ou francophones étaient systématiquement traînées dans la boue pour induire le mépris ou même la haine de soi des franco-québécois. Je n’ai jamais réussi à faire comprendre, sans même parler d’accepter, ce point de vue à nos dirigeants ultra-progressistes péquistes, tellement le discours fédéraliste les avait imprégnés (ou infiltrés). Ce choix idéologique a bien logiquement dégoûté une bonne partie de l’électorat francophone (et fort dénigré ) de l’Union nationale et du parti créditiste jusqu’en 1995.

    La position récente du candidat à la chefferie Cloutier, à propos d’un racisme systémique québécois, va toujours en ce sens, après les nombreux systèmes de préférence à l’embauche, aux habitations sociales, les nombreuses lois et répressions antiracistes et la promotion du multiculturalisme par tous nos (?) gouvernements. Une nouvelle commission ne pourrait guère que recommander la déportation des Franco-Québécois ou l’interdiction de leurs mariages hétérosexuels uni-ethniques. Avec de tels nationalistes que ce M. Cloutier, l’électeur moyen peut aisément pressentir que nous pouvons fort bien continuer d’être noyés par une immigration de masse tout en restant simplement dans le cadre canadien, comme le démontre avec évidence notre démographie.

    Après 30 années de questionnements sur la domination de cette idéologie au Québec, la consultation des médias internationaux et surtout alternatifs m’ont enfin permis d’en connaître les origines et d’en arriver à des conclusions similaires à celles de M. Hervé Hillard. Une "élite" mondialiste s’applique au moins depuis 1945 eà éradiquer les racines culturelles, nationales et morales de tout l’Occident. L’Europe et en particulier la France, a bien subi une évolution similaire à celle du Québec, sous l’égide de la CIA manipulant politiciens et médias. L’Italie a été victime d’un copié-collé de l’assassinat mystérieux de Pierre Laporte avec celui du ministre du travail italien Aldo Moro en 1972, c’est dire le degré d’uniformisation des manipulations dans le cadre de l’OTAN... Les migrations accélérées dernièrement, avec l’appui même de tous ces gouvernements fantoches, sont le coup de grâce vers un chaos final. Le but des élites de cet empire mondial, en favorisant l’individualisme forcené, antisocial, même sociopathique, est l’ imposition du libéralisme extrême pour le matériel inanimé comme pour les êtres vivants. Les humains sont de plus dégradés au niveau de la marchandise, sinon même d’une vermine à éradiquer en partie. Même un agnostique peut constater qu’il s’agit là bel et bien des principes sataniques tels que décrits par nos religions, d’où l’urgence de discréditer ces dernières par tous les moyens aux yeux des masses.

  • Glles Verrier, 21 août 2016 23h09

    Je me permets d’intervenir de nouveau sur ce fil.

    @ l’auteur

    Il y aurait bien plus à répondre à M. Charron mais votre choix de vous en tenir à l’essentiel est probablement le bon. Car l’essentiel est dans votre réponse. Le reste a son importance, mais ça se discute.

    Selon moi, il faut mettre fin à l’omerta des pseudos progressistes, soutiens inconscients du système (pour ne pas dire « idiots utiles ») qui lèvent le nez depuis des décennies sur notre assumation nationale intégrale, pour y substituer une identité artificielle, à la carte, qui puise comme vous le dites dans notre patrimoine sous bénéfice d’inventaire, préférablement dans des événements marginaux et sans importance pour l’époque, comme le manifeste du Refus global. Je l’ai lu et ça ne vole pas haut. Mais on en fait tout un plat, à lire La Presse. Cette querelle des Anciens et des Modernes est un faux débat, une diversion.

    Pour être, le Québec doit s’assumer pleinement. Il doit se reconnaître tant dans le catholicisme que dans la Nouvelle France. C’est de là que nous venons, et pas de la mythique Révolution tranquille. Événement surfait, qu’on a interprété à tort comme une renaissance alors qu’il s’est agi bien plus sur le plan identitaire d’un délestage de nos traditions et de notre responsabilité devant l’histoire. L’apparition du « Je me souviens » sur les plaques d’immatriculation tenant de la novlangue, signifiant donc exactement son contraire.
    La tant célébrée révolution tranquille coïncide avec la désagrégation de notre identité, transmise jusque là par voie orale et à la vitesse de la lecture d’un livre. La déferlante sous-culture américaine amenée par la télévision et la radio remplace brusquement le dispositif qui nous avait sauvé de la répression brutale, éventuellement de la disparition finale, sans l’intervention de l’Église, seule institution encore debout, qui, à la grâce de Dieu, contrecarra le plan Durham au lendemain des aventures de 1837-38.

    Or, pour avoir été séduit par la mise en scène d’un monde ludique et facile, conçu entre Hollywood et Washington, en opposition aux succès de l’Union soviétique qui avait gagné la guerre dans la souffrance et en y payant le prix fort. Désolé Hollywood. Il faudrait pour ce mirage gommer l’essentiel de notre histoire et croire que le Québec moderne est le fruit de notre américanisation forcée, donc le fruit d’une manipulation destinée à faire échec à la menace communiste ? Pour faire l’indépendance du Québec, il faudra commencer à lire le dessous des cartes. Globalement, la révolution tranquille est un leurre qui ignore la géopolitique et les subterfuges de domination de l’après guerre. Une révolution colorée avant la lettre, appelons la « la révolution bleue », destinée à rendre le Québec traditionnel perméable à la financiarisation de l’économie, à l’OTAN et à NORAD via les appâts tendus aux tout jeunes baby boomers et à leurs parents déstabilisés.

    Duplessis devait partir car il n’empruntait pas sur les marchés financiers et refusait d’endetter le Québec. Quelle belle cause ! En voilà une facile pour les services américains et les « progressistes » qui viennent toujours à leur rescousse, comme un jeune prometteur tel que Pierre-Elliot Trudeau.

    Certes, le pouvoir accru du Québec à l’encontre de l’Église, au motif de « moderniser », dans le sens de rendre accessible aux marchés, est largement transféré à Ottawa, se plaint-on. Or, pendant ce temps, le pouvoir d’Ottawa est transféré à Washington et aux pouvoirs internationaux semi clandestins, en tout cas non imputables, pouvoirs oligarchiques qui échappent à toute règle démocratique et à toute constitution. Ai-je nommé Bilderberg ou la NED ? Je fabule ? La matrice des politiques d’immigration est la même pour au moins trente pays occidentaux. Quoi que vous fassiez et qui que vous votiez il est comme impossible de la changer. Vous êtes vous déjà demandé pourquoi ? Et ce n’est qu’un exemple. La dictature oligarchique mondiale est adaptée à chaque pays, du moins dans le bloc de l’OTAN, mais elle existe bel et bien. On se déchire sur les détails, petit peuple, mais rien ne peut changer. Je crains que la cause de l’indépendance du Québec rejoigne ce niveau d’impuissance à changer quoi que ce soit, tout en croyant changer quelque chose. L’indépendance se définit essentiellement comme une force armée, le contrôle des frontières, de son commerce, de sa monnaie et de sa banque. Si les indépendantistes québécois ne veulent pas lutter pour ça il serait plus honnête de parler d’adaptation linguistique et culturelle au fédéralisme canadien. Car en fait, ce qu’ils demandent n’est pas autre chose. Et, disons-le franchement, le pouvoir d’un vote à l’ONU, c’est de la m...

    L’indépendance du Québec est un défi considérable à l’époque de la dictature mondialiste. Vaut mieux en prendre note que de lutter contre des moulins à vents. Sans un retour assumé à la tradition, comme les ceintures fléchées de 1834-37, le Québec n’a aucun avenir dans le monde de demain. Le Québec sera comme le souhaitait Papineau, un État américain, pour ensuite se fondre dans le « grand rien ».

  • Richard Le Hir, 21 août 2016 18h23

    Réponse @ Claude G. Charron

    La religion est un choix individuel et l’histoire est un patrimoine collectif, qu’elle nous plaise ou pas. L’histoire ne s’accepte pas sous bénéfice d’inventaire en nous laissant la possibilité de ne retenir que les pages ou les chapitres qui font notre affaire.

    C’est un fait historique que l’Église catholique a joué un rôle de premier plan et même un rôle déterminant dans notre histoire, et c’est cette histoire qui nous a faits telle que nous sommes. Elle est dans nos gênes. Le nier ou le renier, faire la fine gueule pour ceci ou cela, fait de nous des déracinés, des gens qui se privent volontairement d’une partie importante de leur identité, des handicapés identitaires et culturels, car la religion est aussi un phénomène identitaire et culturel, n’en déplaise à quiconque.

    Nier ou renier une part de ce que nous sommes dans notre démarche vers l’indépendance, c’est partir en guerre un bras attaché dans le dos et en béquilles. Ça paraît dans le résultat, vous ne trouvez pas ?

  • Claude G. Charron , 21 août 2016 15h52

    À partir de mon vécu et de mes lectures, il semble bien que j’ai une vision différente de ce que peuvent faire comme interprétation de notre histoire les amis Richard Le Hir et Jean-Claude Pomerleau sur Vigile. C’est d’ailleurs ce qui ressort des deux plus récents de mes textes dont je me suis commis cet été sur la même plateforme.

    Avec Quand Fanfreluche casse la baraque, je tends à démontrer comment a perdu la mise, une église montréalaise ultramontaine, Même si elle avait déjà la mainmise sur tous les cycles du système scolaire, elle a toujours voulu que le modèle s’insère dans le domaine des loisirs.

    C’est ce monopole qui semble s’effriter dans les années cinquante. L’affaire Yaroshevskaya, ce bris de tabou que d’accepter une juive dans un organisme de loisirs, n’est pas le seul événement qui a cassé la baraque dans les années 40 et 50 au Québec.

    On peut penser au manifeste du Refus Global, au trois étudiants qui ont fait le pied de grue au devant le bureau de Duplessis, et de bien d’autres actes de résistance. Il reste qu’il y a surtout la télé qui a fait entrer dans nos chaumières les idées trop souvent contraires à la doctrine de l’Église.

    Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en même temps que noua demandions la décléricalisation de nos institutions parce que elle devait maintenant relever de l’État, la population a voulu que cet État relève plus de Québec que d’Ottawa. Nous savons comment, grâce ;a Trudeau, le Fédéral a a réagi à cette très légitime demande : Finies les folies pour notre télé, multiculturalisme et bilinguisme from coast to coast afin d’éliminer toutes idées voulant que le Québec forme une nation.

    Avec La foi gardienne de la langue– Vraiment ?, j’ai tenté de démontrer, que, si cet axiome nous a bien servi dans le passé, il a perdu de sa pertinence pour tous les Néo- Québécois - catholiques ou non - dont on cherche à intégrer à notre culture.

    J’admets tout de même que, dans notre situation de paupérisation que nous a laissé la défaite des Patriotes, nous a fait grand bien l’invitation qu’a faite Mgr Bourget aux communautés religieuses persécutées de France à venir s’établir ici pour enseigner à peu de frais dans nos écoles et pour gérer sagement nos hôpitaux.

    Il reste que la politique de la revanche des berceaux servant à ce que nous restions assez nombreux en ce coin d’Amérique s’est faite au détriment de la santé de bien des femmes.

    Une Gazette très distanciée de son fondateur, mon troisième texte, peut faire des flammèches auprès des lecteurs de Vigile en donnant un rôle bénéfique au très voltairien Fleury Mesplet. Il l’a indirectement rempli pendant la guerre d’indépendance américaine, mais plus directement encore à la fin de ce conflit en propageant ici par son journal, du moins au moment où il en était maître à bord, les idées de liberté et de souveraineté des peuples. Je suis convaincu que ce Mesplet mérite d’être mieux connu.

    Tout ma présente prose semble être en contradiction avec le fait que, présentement sur Vigile, nos plus grosses pointures semblent être en pamoison avec un certain Malachi Martin qui, dans un de ses livres, remet en cause les bienfaits du Concile Vatican II.

    Si j’ai bien compris, ce concile a fait qu’au Québec nous avons été portés à jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce qui fait que nous avons perdu en mémoire tout ce que le catholicisme nous a apporté comme bienfaits Le débat est lancé.

  • Mario Goyette, 21 août 2016 11h56

    Dernièrement dans la glorieuse capitale nationale des radio- poubelle de Québec, un admirateur nostalgique de Stephen Harper de la droite, m’a t-il spécifié fièrement :
    Et ben les séparatisses qui veulent se séparer du Canada sont des racistes parce qui aiment pas les anglais...

    Bonne chance M.Drainville, le seul vrai journaliste dans cette mer de bouffons incultes qui répètent sans cesse leur haine pour les gauchistes et les syndicaleux à toutes les deux phrases.

    La radio en « zone de guerre » à Québec cet automne
    http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2016/08/16/006-rentree-radio-quebec-fillion-normandeau-drainville.shtml

  • Jean Lespérance, 20 août 2016 19h08

    Je vous ai dit que j’avais une bonne mémoire. Figurez-vous donc qu’en voyant Laurent Lessard qui va remplacer Daoust, je me suis demandé si j’avais bien lu ou si je n’avais pas la berlue. Pour ceux ou celles qui ne s’en souviennent pas, Laurent Lessard est celui qui était ministre des Affaires municipales au temps où le calife Gérald Tremblay était maire de Montréal. Toute une époque ! Même si on avisait le ministre que les choses ne tournaient pas rondement à la ville de Montréal, celui-ci ne voyait rien, n’entendait rien et restait silencieux. Et c’est ce même inutile qui va être en charge, diriger, (c’est douteux) le plus gros donneur de contrats du Québec. S’il ne voyait rien du temps de Gérald Tremblay, que nous réserve l’avenir ?

    Je peux vous le dire tout de suite, je n’ai pas besoin d’une boule de cristal, l’avenir nous réserve une période d’aveuglement encore pire que celle du temps du calife. Quand on pense que Couillard n’a pas été capable de trouver mieux, notre premier ministre vient de se mériter une médaille de rouille.

  • Marcel Haché, 20 août 2016 18h20

    L’Église fut longtemps la seule structure de pouvoir qui Nous est restée. Nous pouvions être rouges à Ottawa et bleus à Québec, tous ces rouges et tous ces bleus étaient ensemble, rassemblés et réunis à l’église.

    Toute une nation, apparemment divisée, était en réalité unie, serrée sur elle-même. Notre nation s’est longtemps comportée comme une majorité. Elle était dominée, certes, mais elle n’en était pas moins consciente de sa majorité.

    Puis les indépendantistes sont venus. Se sont joints à tous ceux qui cherchaient querelle au clergé. Ce sont les indépendantistes qui ont été les premiers à dire à toute une nation jusque-là réunie : élisez-nous, nous serons un bon gouvernement. Quant à la souveraineté, nous procéderons par référendum. Facile, ne sommes-Nous pas la majorité ?

    Toutes les familles se sont divisées, parfois définitivement. Toute une nation s’est ainsi divisée sans pouvoir désormais faire appel au clergé qui l’avait jusque là rassemblée, celui-ci ayant été congédié au nom d’un progressisme de misère.

    Ce sont maintenant les indépendantistes qui se divisent à propos du référendum…cependant que la nation cherche à tâtons à refaire son unité, elle pourtant majoritaire encore… mais elle encore dominée…

    Maintenant que Nous sommes divisés, ce n’est pas mettre le Pays sur la table qu’il faut faire, c’est affronter nos démons, ceux inféodés au West Island, si évidemment on peut croire que seule une nation réunie est capable d’assumer son destin. À ce jour, la québécitude est un échec. Mais ce n’est pas sa destinée…

  • Jean Lespérance, 20 août 2016 14h20

    Quand je pense au Québec, j’ai bonne mémoire et ça me révolte. Et malheureusement, je ne peux pas m’empêcher de commenter, d’y mettre mon grain de sel et de fortes épices. Vous allez me comprendre sans que je fasse un dessin.

    Ton histoire est une éclopée des plus brillants exploiteurs,
    Et ta valeur de foi trompée protègera nos banquiers et nos rois, protèrera nos banquiers et nos rois.

    Comptez sur moi pour refaire l’histoire. Et si je vous dis qu’on doit faire voter le monde sur une nouvelle constitution, c’est pour déconstiper ceux qui ne sont même pas capables d’imaginer une question claire sur un référendum inutile.

  • Do, 20 août 2016 12h40

    Voilà, j’ai trouvé, c’est en 1978 que les plaques ont changés de la belle province à je me souviens..

  • Jean Claude Pomerleau, 20 août 2016 12h26

    Ce n’est pas notre histoire qui est honteuse, ce sont ceux qui la narrent ainsi.

    « Nous ne pouvons pas ne pas vouloir que l’histoire conduise à nous. » - Claude Habib, historien

    Depuis la Révolution tranquille, la narration de notre histoire est passé de glorieuse (sous l’Église) à honteuse (sous les laïcs). Une rupture qui prends maintenant l’allure d’une fatalité.

    « L’histoire étant la politique du passé et la politique de l’avenir » Saint Auclair

    Et, « la philosophie de l’histoire : instrument plus ou moins inconscient de la volonté de puissance collective » - Herder.

    Comment imaginer qu’une nation ainsi enfermée dans le dénigrement d’elle même, puisse se projeter avec puissance dans l’avenir. Le défi qui se pose pour notre nation est celui de refaire corps avec son histoire. Et cela commence par la reconnaissance du rôle primordiale joué par l’Église comme institution politique qui a porté et façonné notre nation durant des siècles.

    JCPomerleau

  • Ouhgo St-Pierre, 20 août 2016 09h59

    Le Québec n’aurait pas dû jeter le bébé avec l’eau du bain...

    1960 : Ministère de l’Éducation, rapport de Mgr Parent : Flouch !... on balance tout !
    Nous nous en glorifions encore... et vous nous rappelez que c’est à tort !
    Les communautés religieuses ont eu mauvaise presse ces dernières décennies... mais vous nous rappelez qu’elles ont maintenu le Québec en vie après la Conquête.

    On peut débattre du bien fondé de cette agonie... d’un peuple conquis. Une conquête inachevée ! Conquis ou pas ?... Une centaine d’années sans éducation autre que religieuse, dans les arrière terres du St-Laurent. Plusieurs essais à renaître, les Patriotes, écrasés, l’Union, écrasés, les conscriptions, 1970, les référendums, le rapatriement, écrasés ! Maintenant la mondialisation qui nous varlope ! Agonie d’un peuple qu’on a négligé d’assimiler proprement. Lord Durham le savait : Il eut fallu donner accès à ce peuple à la civilisation de l’Empire britannique, comme aux autres peuples conquis. Mais comme les déportés d’Acadie, nos ancêtres refusèrent de porter allégeance...

    C’est toujours déchirant de faire ce constat maintenant, devant la reddition légitime de nos dernières générations, quand on se rappelle cette belle éducation générale que nous ont prodiguée les communautés religieuses. La congrégation des Pères Ste-Croix de St-Laurent avait installé une mission d’enseignement au coeur des Bois-Francs, qui dura le temps béni de notre petit groupe de privilégiés : initiation gréco-latine, rigueur des langues française et anglaise, arts visuels et sonores, histoire religieuse et profane... On n’oublie pas le dévouement des infirmières religieuses (depuis Jeanne-Mance) qui enseignèrent enfin à nos mères des moyens efficaces pour réduire le volume de leur famille...

    Où est l’erreur ? L’eau jetée, le bébé eut pu devenir un libérateur de peuple.

  • Erik Lalancette, 19 août 2016 23h13

    Le livre de Martin Malachi a été traduit en français par les éditions St-Rémi. Il s’agit du titre : La maison battue par les vents. ISBN : 978-2816203141 - 770 pages. Pour votre info.

    JPEG - 42.1 ko
  • Glles Verrier, 19 août 2016 22h04

    Votre éditorial devait être écrit. Un sujet inhabituel et certes difficile mais combien nécessaire. Il faudra y revenir en élargissant les conclusions qui mériteraient de ratisser plus large. Pour ma part, le patriotisme qui pourrait conduire à l’indépendance du Québec ne peut qu’être en opposition à la doctrine mondialiste. Par conséquent, le mouvement indépendantiste ne peut être viable et porter des fruits authentiques que s’il est profondément enracinée dans notre histoire collective, dont le catholicisme est un fondamental.

    L’Acadie et certaines parties de l’Ontario canadien-français, qui ont mieux résisté aux chantres du progrès « made in California », forcément athée et déraciné, ont pu, grâce à leur conservatisme et à la présence religieuse, conserver relativement plus longtemps leur cohésion que le Québec en dépit de circonstances nettement moins favorables. Ailleurs, le renouveau de la Russie, cette grande puissance en refondation, est justement arrimé sur une formule originale qui renoue avec les traditions et la foi orthodoxe sans rejeter la modernité. Dans ce processus, le peuple russe se respecte. Il est lui-même. Il en irait de même pour le Québec et pour tous les pays qui veulent retrouver leur souveraineté. Selon moi, ils ne pourront le faire sans puiser dans leur tradition et s’éloigner des attraits trompeurs du « grand rien », présenté comme la voie d’un « progrès » inévitable pour tous, voire obligatoire.

    L’indépendantisme québécois devra représenter le Québec / Canada-français / Nouvelle- France de toujours. Ce qu’il a cessé de faire, brisant la chaîne des générations en rejetant le nationalisme traditionnel de Lionel Groulx (Michel Chartrand, Gaston Miron,..) plutôt que de l’intégrer dans notre continuité. Il devra pour revivre cesser de snober son passé ou de le considérer comme honteux. De nos jours, tout véritable indépendantisme ne pourra se réaliser en tournant le dos aux traditions sans lesquelles nous serions disparus. Très paradoxalement, à l’époque du mondialisme idéologique qui caractérise notre époque, où il faudrait faire table rase de tout ce qui nous a précédé, le traditionalisme des moeurs, des valeurs et de la foi pré-vaticane, pour certains, est la voie la plus révolutionnaire.

    Monsieur Lachapelle a raison de demander que la question de la place de nos traditions catholiques dans la lutte d’indépendance du Québec soit soumise aux candidats à la chefferie du Parti québécois. N’y a-t-il pas là une importante ligne de démarcation ? Celle entre le multiculturalisme insipide, produit cachère du mondialisme, et le socle national rassembleur ?

    J-C Pomerleau, merci de pointer ce livre qui met en lumière les déviations mondialistes vaticanes, ces fréquentations sataniques du parti qui devrait être celui de la vertu.

    En tout cas, le point final aux perspectives neuves qu’ouvre cet édito de Richard Le Hir est loin d’être posé. Pour ma part, compte tenu de l’état du monde, encore assombri par la possible élection de la va-t-en guerre Hilary Clinton, il y a comme un espoir à formuler la renaissance de la Nouvelle-France et de l’Église qui ont écrit les pages les plus glorieuses de notre histoire et à qui nous devons tout comme nation. Il faut le dire si nous ne sommes des apatrides ou des gens de nulle part.

  • Claude G. Thompson, 19 août 2016 18h18

    M. Le Hir.

    Je ne puis qu’être d’accord avec ce que vous écrivez et les quelques conclusions auxquelles me conduisent vos propos me rappellent « l’épopée de l’Église du Très-Saint-Nom-de-Jésus » du cartier de Maisonneuve en 2010 alors que je pris fait et cause pour la conservation de l’Édifice et de l’orgue Casavant de 1915 qu’il abrite. Cette saga fut tout à fait représentative de ce dont il est question dans votre préface et m’a ramis en mémoire la lettre ouverte que j’avais fait parvenir à Mme la ministre de la Culture de l’époque et dont voici deux extraits qui expriment bien l’état d’esprit qui m’habitait alors et qui rejoint vos propos.

    La lettre ouverte fut publiée dans Vigile le vendredi 23 juillet 2010.

    “[…Madame la Ministre, en espérant pouvoir vous convaincre de la nécessité de sauver l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus et les trésors patrimoniaux qu’elle contient, je vous offre ces quelques notes historiques, biographiques et anecdotiques qui les mettent en valeur. Nous sommes une jeune nation et nous devons impérativement veiller à conserver ce que nos pères ont construit. Un peuple sans histoire est un peuple mort. Une nation qui ne respecte pas son patrimoine culturel s’achemine irrémédiablement vers son extinction. Le grand penseur et psychologue des profondeurs Carl Gustave Jung affirmait que « rien ne mérite de "n’être que" ». Avec lui je déclare avec conviction que tout ce que représentait et représente encore l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus pour ses paroissiens et leurs ancêtres, pour la population de Montréal pour le Québec et ses artisans, ses artistes, ses architectes, ses musiciens, peintres, sculpteurs et tous les corps de métiers qui ont construit nos villes et nos villages et qui le font encore, « mérite d’être et de demeurer »…]

    […J’espère que ces quelques considérations historiques, anecdotiques et biographiques trouveront chez vous quelques échos. Je ne suis ni le premier ni le dernier qui vous interpellera sur la nécessité que quelque chose soit fait pour notre patrimoine bâti religieux. Comme monsieur Antoine Leduc, organiste et ex-secrétaire de la Fédération des amis de l’orgue l’a déjà écrit dans la Presse le 26 avril dernier, il est de votre responsabilité de voir à la conservation et à la protection de nos édifices patrimoniaux et il serait plus que temps que le Québec dispose d’une politique claire à cet égard attendu qu’il s’agit d’une question sociétale qui transcende l’Église et ses représentants. Vous et votre gouvernement êtes redevables au regard de l’histoire et de nos valeurs collectives qui jugeront sur ce que vous aurez fait ou omis de faire pour en assurer la pérennité…]”

    Dans un ouvrage intitulé « Du chaos à la complexité » sous-titré « Individus et société en mutation », publié en 1997 aux Éditions de l’Imprévu , Jean-Jacques Dubois, docteur en sciences des religions, consacrait son chapitre V à l’histoire du peuple québécois sous l’angle religieux en prenant pour trame le mythe de Caïn et Abel. Dès le premier paragraphe, nous retrouvons les éléments qui vont dans le sens de votre réflexion :

    […La religion détermine l’histoire d’une société. Autrement dit et dans les mots de Lévi-Straus, “la vie sociale vérifie la cosmologie”. Nous avons vu que l’archétype (cosmologie ou religion) damnation / rédemption détermine notre conception moderne de la maladie / santé, dimension capitale de la vie sociale. Nous y avons vu que cet archétype était le plus global, le plus total des archétypes judéo-chrétiens : la damnation / rédemption résume l’alpha / oméga ou Adam / Christ. Nous avons vu que cet archétype pouvait, en plus de la vie individuelle, déterminer aussi la vie communautaire et même planétaire…]”

    Ce court extrait peut paraître hermétique à première lecture, mais la suite est extraordinairement révélatrice de la réalité mise en lumière aux vues de ce dont il est question dans ce que vous nous avez présenté.

    La saga de Saint-Nom-de-Jésus nous a donné l’occasion de voir et de comprendre l’importance des patrimoines religieux, culturels et filiaux qui constituent le ciment des peuples tout autant que la pierre d’assise de leur survie.

    Claude G. Thompson

  • Jean Claude Pomerleau, 19 août 2016 13h22

    Complément d’information :

    L’Église et le ralliement, de Philippe Prévost

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Reedition-Kontre-Kulture-L-Eglise-et-le-ralliement-de-Philippe-Prevost-40697.html

    JCPomerleau

  • François A. Lachapelle, 18 août 2016 22h35

    Nous réfléchissons avec votre excellent article à l’empêchement de la disparition de la culture et des valeurs d’un peuple au XXIième siècle, celui qui habite une portion extraordinaire de la planète terre nommée " Le QUÉBEC ".

    Cette disparition de culture et de valeurs au Québec depuis 1960 doit-elle commencer par se nommer " remplacement de valeurs " et " reconstruction de valeurs " ? Dans cette présente hypothèse, c’est la question du "comment faire cette lourde tâche" ?

    Richard Le Hir suggère une voie pour cet immense travail, je cite : « Il ne s’agit absolument pas de suggérer qu’il doit redevenir religieux. La foi est une grâce divine qui n’est pas donnée à tous. De plus, la sensibilité de l’époque n’est pas du tout en phase avec un renouveau religieux. C’est donc à la distance de l’histoire et de la culture que cette réconciliation pourrait s’effectuer, par la reconnaissance et la valorisation des nombreuses contributions de l’Église catholique au développement du Québec et à son essor, en commençant par le respect et la mise en valeur de son patrimoine religieux, notamment architectural. »

    Le présent sujet abordé par Monsieur Le Hir devrait être aussi abordé par les candidats.es dans la course à la direction du Parti Québécois.

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