«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Faut-ils qu’ils nous méprisent pour penser qu’on ne les voit pas faire...

Les gros sabots de l’Empire Desmarais

Le Québec pris Dassault, en Rafale !

Un « coup d’la Brink’s », à l’envers

Tribune libre de Vigile
vendredi 14 mars 2014
4 792 visites 7 messages

Cette élection est trop cruciale. Quelque chose se prépare, et on vient peut-être d’en avoir une idée hier, dans une nouvelle qui a été jouée presque en sourdine, mais qui pourrait être le premier acte d’un nouveau coup de la Brink’s.

Le coup de la Brink’s, vous connaissez ? Ça s’est passé en 1970, à la veille d’une élection où le tout nouveau Parti québécois de René Lévesque commençait à talonner le Parti libéral dans les sondages ? Quelques jours avant le scrutin, neuf camions blindés de la Brink’s transportent des certificats de valeurs vers l’Ontario.

Il y en a pour des centaines de millions de dollars (des milliards, en valeurs d’aujourd’hui). Semble-t-il, car ce n’est que de la frime. Une manoeuvre pour faire peur au monde. Mais la nouvelle parue d’abord dans The Gazette fait l’effet d’une bombe. Dans le temps de le dire, elle est répercutée partout, jusqu’aux États-Unis, où d’importants journaux clament : « L’argent commence à fuir le Québec par peur d’une victoire séparatiste ».

Lévesque est comparé à Castro. Le PQ écope. « Dans les derniers jours, le vote nous filait entre les mains, a raconté plus tard Parizeau. On le sentait nous glisser des doigts comme du sable... Dans mon comté, les francophones ont cru dur comme fer que la substance du Québec se transportait à Toronto ! »

Le chantage économique l’arme de prédilection des fédéralistes a, depuis lors, pris un nom : le coup de la Brink’s. On va le refaire plusieurs fois par la suite, et de maintes façons. Préparez-vous, le vieux bonhomme sept-heures va revenir.

Justement, « comme par hasard », quelque chose s’est profilé hier. Comme un avion furtif, dans le ciel orageux de la campagne électorale. En fait, il s’agit d’avions de chasse. Une grosse commande. Des dizaines de milliards de dollars en jeu.

Voici de quoi il s’agit :

« Le groupe français Dassault Aviation s’est dit jeudi prêt à assembler son avion de combat Rafale au Canada et transférer une partie de la technologie si Ottawa porte son choix sur cet appareil pour remplacer sa flotte de F-18 américains. »

Les retombées économiques pourraient être énormes. Toujours selon la dépêche de l’Agence France-Presse :

« Le marché pour uniquement l’achat de 65 F-35 avait été estimé à 9 milliards de dollars, ce qui en ferait le plus gros contrat pour le Canada. Mais un audit avait révélé que les coûts complets du cycle de vie de l’appareil revenaient au final à quelque 46 milliards de dollars sur 42 ans, soit trois fois plus qu’initialement envisagé pour une période de 20 ans. »

La nouvelle est d’abord apparue à Radio-Canada, à la suite d’une entrevue réalisée avec Yves Robins, vice-président de Dassault Aviation. Elle a été ensuite diffusée par l’Agence France-Presse et reprise par La Presse, presque en sourdine, si on peut dire.

Mais on va y revenir, comptez-y !

Quel est le rapport avec la Brink’s, allez-vous me dire ?

Mais les emplois, voyons, les emplois !

On imagine facilement comment les Couillard et Legault vont se ruer là-dessus, sans compter Harper et Trudeau fils. Si jamais vous élisez un gouvernement péquiste qui mène à la séparation du Québec, cette manne d’emplois vous échappera, chers électeurs. Elle échappera au Québec, qui en a tant besoin, n’est-ce pas ! Des milliers d’emplois dans l’aéronautique, un secteur fort concentré dans la région de Montréal.

Voici ce qu’écrit aujourd’hui Alain Dubuc, « comme par hasard », dans un article intitulé Les 25 500 emplois perdus :

« Les gouvernements ne créent pas les emplois, mais ils contribuent indirectement à la situation. Le fait que l’emploi, après avoir explosé à l’automne 2012, a plafonné et baissé tout au cours de 2013 ne peut pas être que le fruit du hasard. Ce n’est pas arrivé ailleurs au Canada. Et c’est arrivé quelques mois après l’arrivée au pouvoir du PQ. Assez pour y voir une partie de l’explication, quoiqu’il y a évidemment d’autres facteurs. »

Le plus troublant est qu’il y a un lien entre Dassault et La Presse. Les deux sont reliées à Power Corporation. Laurent Dassault, héritier de l’Empire Dassault, fait partie du conseil d’administration de Power.

Y aurait-il là le début d’une manoeuvre télécommandée ?

Comme autrefois la supercherie de la Brink’s avait été télécommandée du cabinet de Trudeau, se pourrait-il qu’aujourd’hui un autre coup de même nature soit télécommandée dans les officines de Power, où règne toujours l’esprit du défunt Paul Desmarais, grand manipulateur s’il en fut ?

Enfin, à ceux qui commenceraient déjà à claquer des dents au sujet de ces milliers d’emplois hypothétiques qui pourraient échapper au Québec, il faut dire une chose essentielle : si de grands joueurs de l’aéronautique se sont établis au Québec, ce n’est pas pour nos beaux yeux sur fond de fleurs de lys.

Il y a, bien sûr, la présence de Bombardier qui est capitale. Mais aussi Bell Helicopter, CAE et Pratt & Whitney, parmi les maîtres d’oeuvres, des leaders mondiaux dans leur domaine, et une quinzaine d’équipementiers avec un vaste réseau de sous-traitants et de fournisseurs hautement spécialisés.

Cette industrie dispose d’un réservoir hors pair de main-d’oeuvre hautement qualifiée, formée dans nos collèges et nos universités. Elle ne s’évaporera pas du jour au lendemain parce que le Québec acquiert son indépendance politique.

Le coup de la Brink’s a pris le Québec par surprise en 1970. Maintenant, on connaît le tabac. Restons quand même sur nos gardes. Pour pas que l’électorat québécois soit pris d’assaut, en rafale... par des avions de chasse !

Commentaires

  • Ouhgo, 20 mars 2014 15h26

    "Mais on peut regretter que Québécor n’oriente pas mieux ou ne choisisse pas mieux les commentateurs qui y écrivent pendant que La Presse, le Soleil, les autres médias de Power Corp et toute la presse anglophpone combattent activement notre émancipation nationale."

    Citation de Gilbert Paquette. PKP se soumettra-t-il longtemps à cette réserve ?

  • Gilles, 18 mars 2014 14h42

    Le problème n’est pas de savoir si nous pouvons fabriquer un avion de chasse. Le problème est de savoir, qui donne la commande.

  • 16 mars 2014 11h58

    Le coup de la Brink’s n’avait pas été celui des camions remplis d’argent, c’était la nouvelle elle-même, c’était le mauvais coup lui-même de médias mercenaires, qui s’étaient comportés comme de véritables terroristes de l’information.

    Le coup de la Brink’s n’est pas un mauvais coup à venir bientôt, ni pour les avions comme naguère les camions, c’est aujourd’hui même qu’il se déploie le coup, et c’est encore les mêmes médias qui font main basse sur la démocratie québécoise.

    Marcel Haché

  • rlx, 15 mars 2014 11h01

    Beau jeu de mots ! C’est vers 1990 qu’a commencé le BS des compagnies... C’est un édifice fragile. Il faudrait explorer plus largement notre potentiel pour bien asseoir notre économie, aller au delà de l’aérospatiale et de l’oligarchie. Le Japon, l’Allemagne, la Corée, Taiwan sont les moteurs de leur propre développement. Nous sommes aussi capables qu’eux. Nous n’avons pas besoin de plaire aux étrangers pour les attirer ici. Tant mieux s’ils veulent venir, sinon on s’arrange avec ce qu’on a et on en a beaucoup de ressources, de créativité et de courage.

  • Jean Lespérance, 14 mars 2014 21h40

    M.Pelletier, nous présenter ce contrat comme un autre coup de la Brink’s est un peu fort, tiré par les cheveux.
    Si le gouvernement Harper se sent incapable de faire fabriquer un avion de chasse par des canadiens ou des québécois, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas en faire un.

    Nous avons prouvé dans le passé que nous pouvions fabriquer un avion de chasse, nous pouvons encore en fabriquer un aujourd’hui. Si on ne veut pas utiliser notre talent, notre savoir-faire, c’est probablement parce que certaines personnes espèrent retirer une ristourne comme d’habitude. Les mauvaises habitudes ne se perdent pas facilement.

    Je pose une question : avons-nous plus besoin d’avions que de brise-glace ? Si les russes ouvrent la route du Nord à notre place, ils se l’approprient automatiquement. Pourquoi ce sujet n’est pas abordé ?

  • François A. LACHAPELLE, 14 mars 2014 20h56

    Le Gouvernement du Québec de mars 2014 doit-il constituer une réserve "spéciale et ponctuelle" de liquidités pour être en position de racheter des milliards de ses obligations en circulation et éviter une dévaluation vengeresse de ses obligations dans le cas d’une élection majoritaire du PQ le 7 avril 2014 ?

    En 1995 sauf erreur, Jacques Parizeau avait prévu le coup en rendant disponible une telle réserve spéciale et ponctuelle de liquidités dans les mains du Gouvernement.

    La brisure du Canada, cette vieille porcelaine fragile, est évoquée dans les médias anglos-canadiens et l’ombre de la peur est facilement agitable chez le bon peuple du Québec.

  • Jean, 14 mars 2014 16h28

    Raison de plus pour prendre notre indépendance et imprimer nous-mêmes nos propres valeurs représentatives ; sept millions d’individus ça ne peut pas se transporter dans un camion.

    Serge Jean

Écrire un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document
Ajouter un document

Éviter les réponses à un autre commentaire, les commentaires s'appliquent au texte seulement.

Pas d'attaques personnelles ni de propos injurieux ou discriminatoires.

Vigile se réserve le droit de refuser tout commentaire sans avoir à justifier sa décision éditoriale.

Veuillez lire attentivement les consignes détaillées avant de soumettre votre premier commentaire.

Consignes détaillées

Québec - Élections générales 2014
Un seul enjeu : le contrôle de notre État.
Non au Québec des prédateurs.

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
10 905$  18%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 16/06 Richard Carrier: 50$
  • 16/06 Marc Labelle: 50 $
  • 16/06 Les Amis de Vigile : 350$
  • 16/06 Jacques Bergeron: 100$
  • 16/06 PeeWee Troodeau: 100$
  • 15/06 Réal Coutu : 50$
  • 15/06 Serge Labossiere: 100$
  • 12/06 Michel Pauzé: 25$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités