«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une déclaration difficilement réconciliable avec son intention exprimée de faire du français la langue d’État

Le Québec peut aussi parler au monde en anglais

MONTRÉAL — Le Québec doit parler au monde en français et en anglais, estime le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Il cautionne ainsi le geste du premier ministre Philippe Couillard, qui a fait une déclaration solennelle dans les deux langues lundi, à la suite de l’attentat meurtrier dans la mosquée de Québec.

Il est de coutume pour le chef du gouvernement du Québec de faire ses déclarations en français, la seule langue officielle du Québec.

Cependant, M. Couillard a fait exception lundi dans une déclaration d’une longueur égale dans les deux langues, dans le hall de l’édifice Honoré-Mercier, le siège du Conseil exécutif à Québec.

Le Parti québécois, instigateur de la loi 101, prompt à promouvoir et défendre la langue française, lui donne toutefois raison d’avoir procédé ainsi.

« Quand le monde nous regarde, je n’ai aucune difficulté à ce que le premier ministre ait fait ce qu’il a fait », a déclaré M. Lisée, dans une conférence de presse, mercredi après-midi, au terme du caucus de ses députés dans un hôtel de Montréal.

Même si le français a un statut international, il faut admettre que l’anglais s’est imposé dans le monde, a soutenu M. Lisée.

« Il faut vivre dans le réel, a-t-il affirmé. Si on veut passer (au réseau américain) CNN et que tout le monde comprenne exactement ce qu’on a à dire, et qu’on parle bien l’anglais, pourquoi pas ? »

Le chef péquiste a cité deux exemples où le premier ministre du Québec s’était adressé au monde en anglais.

Lorsqu’il était conseiller de Jacques Parizeau, il avait suggéré au premier ministre, à l’élection de son gouvernement en 1994, de faire une déclaration en anglais, parce que CNN et (le réseau public britannique) BBC étaient sur place.

De même, à l’issue du référendum de 1995, une déclaration en anglais avait été préparée et préenregistrée.

« Le monde regardait le Québec et c’était normal qu’il s’adresse en anglais (au monde) », a-t-il résumé.

Cependant, quand le monde ne regarde pas le Québec, « notre langue commune c’est le français », ou quand le premier ministre va en Islande ou ailleurs, il doit parler en français, quitte à répondre à des questions en anglais, a précisé M. Lisée.

Rappelons que Philippe Couillard avait provoqué une controverse en s’adressant en anglais à l’auditoire d’une conférence internationale en Islande en 2014.

Il avait alors plaidé qu’il n’y avait pas de service de traduction simultanée et que tout le monde savait qu’on parlait français au Québec.

Quand il est retourné en Islande en 2016, il s’était alors appliqué à parler en français.

À l’été 2016, lors d’une visite officielle en Allemagne, il avait écrit dans le livre d’or de la société Siemens en anglais seulement, par « automatisme », avait-il reconnu, pour ensuite convenir qu’il aurait dû écrire en français.


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