«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les placements au Québec tirent la Caisse vers le haut

Le Québec payant pour la Caisse

jeudi 27 février 2014

À ceux qui peuvent encore en douter, la Caisse de dépôt et placement a de nouveau fait la preuve qu’il peut être payant d’investir au Québec et elle ne s’en prive pas. Depuis cinq ans, l’institution a investi 11,9 milliards de dollars dans les entreprises québécoises et a démontré qu’il n’y pas d’inéquation entre le fait de participer au développement économique et celui d’obtenir des rendements.

Michael Sabia le répète souvent. Il serait stupide de ne pas profiter des occasions d’investissement au Québec puisque c’est le marché que les gestionnaires de la Caisse connaissent le mieux.

En 2013, la Caisse a consacré 3,6 milliards à de nouvelles participations dans des entreprises québécoises, que ce soit pour le rachat d’une participation de 50% de la Place Ville-Marie ou pour prendre des engagements de 600 millions auprès de PME québécoises.

La Caisse de dépôt exerce davantage sa présence québécoise depuis 2008, lorsque le poids de ses actifs « autochtones » comptait pour 18,8% de ses actifs totaux.

À l’époque, le volet obligataire de ses actifs québécois était tout juste inférieur à ses autres placements en entreprises : immobilier, placements privés, participations boursières...

En 2013, les actifs québécois représentent près de 23% des actifs totaux de 200 milliards que gère l’institution, et les investissements dans le secteur privé totalisent 32,5 milliards, alors que la valeur des titres publics s’élève à 21,3 milliards.

La présence nettement plus affirmée de la Caisse au Québec n’a pas affecté pour autant sa capacité à produire des rendements. Bien au contraire, selon Michael Sabia, les actifs québécois sont parmi les meilleurs générateurs de rendement de l’institution.

Que ce soient les 40 centres commerciaux que sa filiale Ivanhoé Cambridge exploite dans 14 villes québécoises ou ses immeubles de bureaux du centre-ville de Montréal, dont le 1000 de la Gauchetière, l’édifice Sun Life ou la Place Montréal Trust, la Caisse obtient sa juste part de rendement sur ses investissements.

Les participations boursières que la Caisse détient dans les entreprises québécoises lui ont permis d’obtenir un rendement de 16,3% sur le marché des actions canadiennes, ce qui est bien supérieur aux 9,57% de gains qu’a générés l’indice de la Bourse de Toronto.

On le sait, les titres québécois ont, de façon générale, surperformé le marché canadien en 2013, enregistrant un rendement global de 32%, selon l’indice Morningstar/Banque Nationale.

Or, les titres québécois représentent 32% du portefeuille d’actions canadiennes de la Caisse, alors que leur poids dans l’indice S&P/TSX n’est que de 14%. Cette surpondération a très bien servi à grossir le bas de laine des Québécois.

Accélérateur de croissance

En présentant ses résultats annuels hier, Michael Sabia a insisté sur le rôle d’accompagnement que remplit la Caisse de dépôt avec ses partenaires québécois.

« On ne fait pas seulement qu’investir dans les entreprises mais on les accompagne, surtout dans leurs démarches à l’extérieur du Québec. On est le pont entre l’économie québécoise et le monde », a imagé le PDG.

Au cours des deux dernières années, la Caisse a participé au financement du déploiement à l’international du groupe CAE, de CGI et de Genivar, tout comme à la percée américaine de Cascades et de Cogeco. « On travaille à accélérer la croissance de nos entreprises », a résumé le PDG.

Au cours des quatre dernières années, la Caisse a haussé de près de 14 milliards la valeur de ses actifs dans les entreprises québécoises, au moment même où l’institution a réalisé des désinvestissements importants, notamment de 1,5 milliard dans Québecor et de quelques centaines de millions dans BRP.

Mais la valorisation des actifs n’est pas une affaire de court terme. La Caisse, a rappelé Michael Sabia, demeure un investisseur de long terme qui mise sur la qualité des actifs qu’elle choisit.

Le cas de Rona est un exemple de la patience dont peut faire preuve l’institution, et cette patience doit être reconnue par le marché, estime le PDG de la Caisse.

Michael Sabia a dit hier qu’il accueillait favorablement certaines recommandations du Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises, qui souhaite protéger les sociétés cotées en Bourse contre les offres d’achat hostiles.

Une entreprise n’est pas une commodité, a plaidé Michael Sabia, et il faut distinguer entre les actionnaires touristes - ceux qui sont là pour profiter de toute valorisation subite - et les actionnaires citoyens, ceux qui sont là pour le long terme.


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