«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le Québec est mûr pour l’indépendance

Le Québec est-il digne de demeurer dans le Canada ?

mercredi 31 juillet 2013

« It’s time to demand that Quebec follow the laws of the rest of Canada or we should hold a referendum to decide if Canada wants Quebec to remain in the Dominion. »

L’auteure Diane Weber Bederman pose une question que bien des Canadiens semblent se poser dans un article fort partagé dans la version ROC du Huffington Post : « Is Québec good enough for Canada ? »

Permettez-moi d’abord de commencer par la mise en garde suivante : non je ne verserai pas dans le mépris et les accusations grotesques qui sont à la base de l’argumentaire (un tissu de préjugés est-il vraiment digne d’être appelé un argument ?) de ce torchon. Fascisme, intolérance, tout le tralala. Ce texte ne sera pas une réponse directe, plutôt le point de départ d’une réflexion...

Comme la plupart des Québécois qui habitent l’Outaouais, j’entretiens des rapports plus que cordiaux avec les anglophones qui habitent de l’autre côté de la rivière. Ma vie professionnelle m’a amené à voyager beaucoup dans le Canada, et j’y compte de nombreuses connaissances et même quelques amis. Le Canada est un pays que je respecte et j’aime y voyager à l’occasion. C’est un pays vaste et magnifique par sa diversité naturelle et culturelle.

La langue commune y est l’anglais, et comme je suis parfaitement bilingue (c’est aussi le cas de la plupart des francophones de l’Outaouais), je n’ai aucune difficulté à communiquer avec les gens et comprendre les nuances qui différencient les multiples régions canadiennes. Je conçois bien que ce soit plus facile pour moi de comprendre l’anglais qu’on me parle habituellement à Lethbridge que celui que j’entends dans certains quartiers de Vancouver, mais généralement, dans la grande majorité des cas, les Canadiens parlent anglais et le partage comme tissu linguistique commun.

Deux peuples fondateurs ?

Depuis la Conquête, le français en Amérique s’est transmis parmi une collectivité d’irréductibles qui ont surpris par tant de résilience à le parler, à le partager, à en faire le tissu linguistique d’une nation qui a réussi à le préserver tout en s’ouvrant, sur le tard il est vrai, sur le monde. De Wolfe jusqu’aux attaques encore entendues aujourd’hui par des torchons de mépris comme celui que je cite plus haut, certains anglophones sont exaspérés de devoir composer, cohabiter avec ce peuple d’irréductible et préféreraient leur assimilation à la majorité anglophone en Amérique.

Les relations entre les deux collectivités linguistiques au Canada se sont beaucoup transformées avec le temps. Les minorités francophones hors Québec ont manifesté beaucoup de résilience, mais leurs droits ont été réduits, conscrits et parfois attaqués, si bien que dans bien des cas, le français relève dans certaines provinces plus du folklore que d’un droit à l’existence pleine et entière dans la langue d’un des deux peuples fondateurs. Sinon, comment expliquer encore récemment le mépris de ces droits par une décision de la Cour suprême du Canada envers la minorité francophone de la Colombie-Britannique ?

style="float:La même chose peut être dite du combat perpétuel de la collectivité franco-ontarienne qui continue de faire rayonner le français dans sesininstitutions, mais qui doit aussi le mépris d’activistes francophobes comme Howard Galganov. Les francophones du Comté de Prescott-Russell peuvent en témoigner longuement. Accepterait-on pareille propagande haineuse si elle était dirigée envers la minorité anglophone au Québec ?

Je passerai outre les facéties méprisantes dont est tissé le texte de Diane Weber Bederman en ce qui concerne l’intolérance des Québécois et le fascisme de ses représentants politiques et autres citoyens un tant soit peu préoccupés par la pérennité du français. Avant d’attaquer les paroles de Jacques Parizeau suite au référendum de 1995, pourquoi ne nous parle-t-elle pas des Commandites, d’Option Canada et dtoutus ce que l’on sait aujourd’hui des fédéralistes du Québec dont on entend encore beaucoup parlé aujourd’hui à la commission Charbonneau ? Et si elle veut citer Jacques Parizeau, une petite lecture, pour autant que cette dame lise le français, car c’est un excellent texte de Monsieur.

Je lui rappellerai cependant que si elle veut se faire la porte-parole d’un troisième référendum sur la place de la nation francophone du Québec dans le Canada, et bien qu’elle mette ses babines à la place de ses bottines. Après Meech et Charlottetown, on risque de bien rigoler. Un tel référendum pourrait permettre cette fois-ci à tout gouvernement du Québec d’avoir toute la légitimité nécessaire de faire ce que Bourassa aurait dû faire, c’est-à-dire proclamer l’Indépendance du Québec.

Le Québec est-il donc digne de demeurer dans le Canada ? Par sa grande tolérance et son acceptation de collaborer au système démocratique canadien, même quand cela le pénalise ou quand il se rend compte que le Canada se développe contre ses intérêts (le registre des armes, la loi sur les jeunes contrevenants, la Commission des valeur pancanadienne, etc), le Québec montre quotidiennement qu’il est digne du Canada, mais encore plus qu’il est mûr pour l’Indépendance, madame Bederman.

Car l’indépendance du Québec, on ne la fera pas contre le Canada, on la fera pour le bien de la collectivité du Québec.


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