«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le Philippe Pétain de notre temps

Lettre à mon premier Sous-ministre [Version finale]

Tribune libre de Vigile
mercredi 9 novembre 2016
698 visites 5 messages

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Le Philippe Pétain de notre temps
Lettre à mon premier Sous-ministre

Dogmatisme - Intolérance - Incompétence - Corruption - Usurpation et Trahison tout en un

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[Version définitive d’un texte dont le premier jet parut également chez Vigile même]

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« À s’mer du vent de cette force-là
Tu t’prépares une joyeuse tempête.
Pt’être ben qu’tu t’en aperçois pas...
 »

Gilles Vigneault, Lettre de Ti-cul Lachance à son premier sous-ministre [1971]

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M. Philippe Couillard
Premier ministre du Québec

Ambassadeur du nationalisme québécois en vertu de votre fonction même, vous ne jurez que par le Canadian Nationalism. Champion et gardien de la Langue française en sol nord-américain, par votre fonction également, par cent et une manières vous considérez celle-ci, à toutes fins utiles, comme un simple idiome parmi d’autres, et avalisez de ce fait (quand vous ne les initiez point de votre propre chef) tous les reculs de notre unique Langue officielle. Cinglant et dogmatique dans vos opinions, d’ailleurs souvent impulsives et peu réfléchies (rigidité psychique), sinon solipsismiques à l’occasion, et rarement fondées rationnellement (intégrisme idéologique), et par là même extrêmement discutables (épithète clé de toute démocratie qui ne soit pas strictement nominale), vous stigmatisez jusqu’à l’ostracisme quiconque ne partage pas cet aveuglement qui vous habite en quasi-permanence. Bref, votre simplisme intellectuel – d’un funeste inouï – est tout simplement confondant.

Héraut des « vraies affaires » (services auprès de la population la plus démunie réduits à peau de chagrin en concomitance, cherchez l’erreur, avec une dette exponentielle et incontrôlée), et toujours incapable à ce jour de saisir que le Non-Je éradique per se tous les Tu possibles (le Non-Je tue le Tu. Ou, dit autrement : point d’altérité sans identité), vous êtes parvenu, monsieur, sur presque tous les plans de la vie collective, à réexpédier la nation québécoise cinquante – voire cinquante-sept ans – derrière le Nous laborieusement, opiniâtrement construit. Jusqu’alors.

Homme intolérant qui au surplus ne dédaigne point cultiver la détestation, c’est à tous vents – ô surprise ! – que vous dénoncez l’intolérance. Vous vous présentez malgré tout, et non sans insistance, sinon ostentation, vous et vos troupes, comme des parangons de vertu, alors que le parti politique que vous dirigez « fièrement », né au XIXe siècle, est devenu à tous égards (à la faveur d’un Trésor public considéré comme un bien privé... de tout scrupule) une institution vile et extraordinairement corrompue. Ce qui de mémoire d’homme – bien qu’en la matière j’accorderais sans renâcler un satisfecit à votre prédécesseur, collègue et ami Jean Charest – est sans équivalent dans l’Histoire du Québec. Sous ce rapport, incidemment, est-il nécessaire de le rappeler, même les Taschereau et les Duplessis – voire le Bourassa première mouture (le second s’étant ‘contenté’ de jouer les naufrageurs) – peuvent aller se rhabiller.

En conséquence, monsieur le Premier ministre, cessons de noyer le béluga québécois dans les eaux frelatées de la rectitude politique en déclarant sur-le-champ, là-contre, et sans détour, que vous êtes un véritable fauteur de violence. Car un homme qui troque le scalpel aseptisé des interventions chirurgicales pour le bistouri de la dilacération furieuse du tissu social – comme si l’internat accordait le génie politique – est assurément un homme dangereux. Indubitablement dangereux. À savoir : qui saigne infiniment plus aisément son patient qu’il ne le soigne.

Votre gouvernance, franchement pathologique, confine à la schizoïdie. À la formation réactionnelle dans la meilleure, mais vraiment, dans la meilleure des éventualités. Et dans tous les cas de figure cliniques susceptibles d’expliquer votre « inco-errance » constitutive, et volontiers asociale (et je ne parlerai pas ici – de l’Éthique au Judiciaire et à l’Économique, via le monstrueux gâchis Santé – de votre prodigieuse incompétence), il s’agit en récurrence, objectivement parlant, il importe sérieusement d’en prendre acte, de manœuvres de trahison ouverte à l’égard de la Nation que vous aviez, n’est-ce pas, le mandat et de hausser, et de fortifier et de faire progresser vers un avenir en embellie. Et ce, dans la plus grande Liberté qu’il est naturellement autorisé d’espérer chez tout peuple digne de ce nom.

Philippe Couillard, il n’est plus possible de dissimuler votre personnalité politique. Qui est celle, permettez l’oxymore, d’un authentique usurpateur comme le Québec n’en avait jamais connu à ce jour. Soyons clairs : vous êtes le Philippe Pétain de notre temps.

Aussi, à titre de fils de la nation soumis contre sa volonté citoyenne la plus intime à cette déconstruction concertée, méticuleuse et finement ciselée du pays de mes ancêtres (refondé au demeurant avec vision, panache et intelligence, labeur et courage aussi, chemin faisant, par les pères et les mères de la Révolution Tranquille), et bien que simple individu, par ailleurs, parmi plus de huit millions de compatriotes (une forme de Ti-cul Lachance version 2016, en quelque sorte), j’estime, en mon âme et conscience, et ce par-devers toute partisanerie ou petite politique politicienne de même eau, monsieur le Premier ministre, que vous êtes rien moins qu’un véritable criminel.

Si tant est qu’il soit rigoureusement exact (et je le crois) – aux dires de l’illustre Chateaubriand, qui, sa longue et honorable vie durant, du règne de la monarchie de droit divin aux soulèvements européens de 1848, en passant par la Révolution française, la Terreur, l’Empire napoléonien, la Restauration des Bourbon et les Glorieuses de Juillet, en aura vu et entendu plus que nécessaire – que « l’ambition dont on n’a pas les talents est un crime ».

Sur ce, monsieur, puisque rien n’est plus inquiétant qu’un homme honnête (dixit un mafioso influent au sein d’une cité en perdition), c’est à la manière du grand Boris que je vous informe que « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’arme.

Et qu’ils pourront tirer ».

Stadaconé, le 9 Novembre 2016
(texte originellement daté du 16 Octobre 2016 - Quantième du 46e anniversaire de l’invasion du Québec par la Canadian Army)

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Commentaires

  • Francis Déry, 14 novembre 2016 07h43

    Que reprochez vous exactement à Pétain pour l’amalgamer à Couillard ?

    Couillard est un servile serviteur de Sa Majesté britannique qui fait avec les franc-maçons (Arthur Porter) et qui a servi dans le Conseil Privé.

    Pétain fut un officier bloqué par les franc-maçons pour cause de croyance religieuse. Il détestait patriotiquement les Allemands et a su redresser le Front en économisant des vies françaises. Une différence par rapport aux sociopathes franc-maçons prêts à se battre jusqu’au dernier chrétien de France.
    Pétain a su ranger sa rancœur germanophobe parce qu’il voyait que l’Angleterre se spécialisait dans les poignards dans le dos à l’instar de la relaxe de Trotsky à Halifax en février 1917.

    DeGaulle était un croyant catholique. Il fut capturé sans blessure et passa le restant de la Grande Guerre en prison allemande. Ce qui fut un déshonneur dans les yeux des allemands. D’où son refus de l’armistice négocié entre Pétain et Hitler. Le but de Pétain est de remonter une démographie française pour assurer un avenir à la nation.
    L’axe France-Allemagne est une refondation de l’Europe qui brise la politique de Concorde qui a débuté sous Palmerston. DeGaulle, faute d’appuis anglo-saxons, il a recherché sa légitimité chez Staline, puis il a refait l’axe franco-allemand avec Adenauer. DeGaulle, agacé par Israël, a démontré un antisémitisme et il s’est frotté contre l’Empire anglo-saxon en exigeant le paiement en or et en soutenant la montée de l’indépendance au Québec.

    Donnez-moi Pétain ou Marine Lepen, mais reprenez Couillard.

  • Marcel Haché, 11 novembre 2016 09h21

    Après qu’il fut lamentablement déchu, le maréchal de la confusion en France, Philippe Pétain, laissa entendre qu’il avait dû ruser avec les nazis, ce qui laissait entendre du même coup qu’il rusait encore, cette dernière fois avec les forces de la Libération.

    Couillard ne prétend pas, et ne prétendra pas non plus lorsqu’il sera déchu, qu’il avait rusé de quelque façon avec l’institution fédérale. Couillard n’est pas confus. C’est un faible qui Nous trahit. Ce n’est pas du tout un rusé qui Nous dira un Jour... qu’il avait dû ruser.

    Comment procède-t-il, notre assiégé de premier sous-ministre ? Voici comment : il le fait tout à fait consciemment, au profit de sa gang, en fédérant tout un électorat anti-Nous, déjà la dernière fois avec le ténébreux référendum, bientôt avec l’Indépendance et la Liberté, maintenant avec ce lamentable projet de loi 62. C’est de cette façon, lui et toute sa gang, qu’ils Nous trahissent : au moyen d’une loi tout à fait en règle avec la loi et l’esprit de la loi provenant du rapatriement de 1982, ce rapatriement qui Nous avait tant humilié et qui Nous humilie encore, un simple projet de loi 62, provincial à souhait, et le plus à genoux qui soit possible de Nous tenir dans cette position, projet qui Nous divise maintenant, et facilement, mais qui fédère dans le même temps et radicalement tout l’électorat du West Island.

    Couillard est un pion qui avance lentement. Mais ce n’est pas un pion aussi inoffensif qu’il n’y paraît. L’hypocrisie de ce pion permet à la puissante machine de propagande du Canada de prendre le relais et de Nous faire valoir, la bouche en cœur, que nous sommes tous des « canadiens et des canadiennes ». Cette détestable propagande contribue puissamment à diviser les uns et fédérer les autres, exactement les mêmes par ailleurs- ce n’est pas un hasard, oh que non !- que ceux visés par le faiblard Philippe Couillard et toute sa gang de vous savez quoi itou.

    Un « criminel » P. Couillard, écrivez-vous Jean Luc Gouin ? Peut-être, en effet. Mais ce chef de gang est très certainement un anti-Québécois de première, un « mange-canayen » comme nous le disions entre Nous il y a longtemps, qui respecte en cela une vieille tradition de mépris à l’égard de ce que Nous sommes, et bien plus encore à l’égard de ce que Nous pourrions et devrions être.

    C’était paraît-il pour sauver la France que Pétain s’en était pris aux français. Philippe Couillard est dressé contre Nous. Toute sa gang l’est itou.

  • Ernest Dufresne, 10 novembre 2016 23h48

    Ah, quel texte ! C’est avec délectation que je vous lisais M. Gouin. Vous utilisez de belle façon la langue française pour exprimer ce que tant de Québécois pensent et repensent dans le silence de la résignation. Comment se fait-il que nous laissons de tels zigotos nous ruiner de toutes les manières sans protester. Sommes-nous vraiment nés pour un p’tit pain ? Je lisais un peu plus tôt les graves et insondables insultes que Rigolo Fournier formulait à la CAQ et son chef. Une insulte d’enfant d’école. Il le traitait de Trump. Ça devrait même être un compliment mais venant de ce Fournier ce n’est guère plus élevé que son locuteur.

    Vous rendez-vous compte que M. Trump a vaincu contre tout et tous, contre la surpuissance des médias et même contre son propre parti. M. Gouin a exprimé notre écoeurantite de superbe façon mais, quand donc la population va-t-elle s’exprimer comme nous venons de le voir au sud de la frontière ?

    Rêvons en chœur mes frères.

  • Ouhgo St-Pierre, 9 novembre 2016 23h09

    la phrase de conclusion, empruntée à Boris Vian, fut d’abord formulée autrement : prévenez vos gendarmes, que j’emporte mon arme et que je sais tirer !

  • François A. Lachapelle, 9 novembre 2016 23h00

    Félicitation Monsieur Gouin pour cette analyse politique et psychologique de notre Premier Sous-ministre, un triste sir.

    Vous avez raison d’écrire, je cite : « vous êtes parvenu, monsieur, sur presque tous les plans de la vie collective, à réexpédier la nation québécoise cinquante – voire cinquante-sept ans – derrière le Nous laborieusement, opiniâtrement construit. Jusqu’alors. »

    Il est inadmissible, inconcevable, que Philippe Couillard ne réalise pas tout le dommage qu’il impose à tout un pan de la société du Québec " laborieusement, opiniâtrement construit. "

    Ce bel esprit ne réalise pas à quel point il fait oeuvre de déconstruction d’un État sous le prétexte de l’argent des finances publiques qu’il gère comme un gérant de dépanneur.

    On habite sur terre un pays très riche et Philippe Couillard parle d’austérité sans aucune considération pour la santé physique et mentale des Québécois. Sa vision du Québec est diluée au point de ne pas exister. Il est porteur d’un virus d’absence d’humanité. Cet homme sans vision doit partir avec tout son argent gagné en Arabie saoudite caché pour ses vieux jours qu’on appelle avec force.

    Il nous trompe ! Mais pourquoi, qu’on m’explique.

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