«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Affaire Michaud suite et fin

Le Parti québécois a eu un comportement exemplaire

Tribune libre de Vigile
mardi 27 décembre 2016
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Permettez que j’insiste parce que je crois que c’est important. Certes, on peut critiquer le Parti québécois et sur Vigile, on ne s’en prive pas. Toutefois, il faut être juste, équitable et, autant que possible, constructif. On peut aussi confier des missions au chef actuel du Parti québécois, mais il faut le faire en se fondant sur une analyse juste.

En continuant mes recherches, j’ai eu l’agréable surprise de constater que lors de l’affaire Michaud, le Parti québécois a eu un comportement exemplaire. Il en résulte que Jean-François Lisée n’a pas à présenter des excuses au nom du Parti québécois. Ce qu’il pourrait plutôt faire, c’est de reprendre à son propre compte les positions qui ont été prises par le Parti québécois de 2010-2011. Et, sans s’excuser de quoi que ce soit, rejeter carrément et sans nuance la démarche de l’Assemblée nationale du Québec, sous l’impulsion du duo Lucien Bouchard-Jean Charest, qui a conduit à l’adoption à l’unanimité d’une résolution qui condamne Yves Michaud. C’est l’Assemblée nationale qui doit s’excuser pas le Parti québécois. Avec les libéraux au pouvoir qui refusent d’admettre qu’ils ont commis une mauvaise action le 14 décembre 2000, c’est très difficile sinon impossible à obtenir. Mais, par principe, on pourrait essayer. En tenant compte de tous les aspects de la question, qu’on y réfléchisse.

Je pense que par son comportement, le Parti québécois, par ses membres et par son Conseil national ont gagné de l’autorité morale dans cette affaire puisque c’est leur appui à Yves Michaud qui est une des causes de la démission de Lucien Bouchard, le 11 janvier 2001.

En guise de preuve, citons une déclaration d’appui à Yves Michaud signée par de nombreux membres du Parti québécois et par des associations péquistes le 19 décembre 2000 soit cinq jours après le vote de blâme de l’Assemblée nationale. Et, je le rappelle parce que c’est important, le contenu de cette déclaration a été voté 400 à 2 par le Conseil national du 24-25 février 2001.

(Notons que Jacques Parizeau et Bernard Frappier, le fondateur de Vigile, ont signé ce texte.)

En voici des extraits.

« L’Assemblée nationale a condamné, le 14 décembre 2000, sans l’entendre, un citoyen pour des propos qu’il aurait tenus à l’occasion des audiences de la Commission des États Généraux sur la langue française. (…)


Nous, soussignés, estimons qu’il y a là à la fois un véritable détournement de la mission de l’Assemblée nationale, une atteinte grave aux droits et libertés des citoyens et une violation de la Charte qui les consacre, un acte flagrant d’injustice et une manifestation stupéfiante d’arbitraire, dont tout citoyen peut désormais redouter d’être victime. Une résolution de deux lignes, hâtivement rédigée, sans même que soient cités les propos incriminés, adoptée dans la précipitation : c’est pour le moins une formule expéditive !
De plus, l’Assemblée nationale, par sa consternante initiative, fait revivre, cautionne et consacre le délit d’opinion et l’on sait d’expérience jusqu’où cela peut conduire. Yves Michaud était condamné d’avance, avant même la comédie du vote par appel nominal : on était partagé entre l’incrédulité et l’indignation devant ce spectacle, devant l’approbation programmée de la condamnation, dans une unanimité aussi affligeante que suspecte. On approuvait sans l’ombre d’un débat, sans même que quelques élus aient eu un scrupule, se soient interrogés sur le bien-fondé de la condamnation, aient demandé qu’on entende au préalable l’accusé. (…) »




Ont signé à Montréal, ce dix-neuvième jour de décembre 2000. Et moi, je l’aurais signé si on me l’avait demandé.

Yves BEAUCHEMIN, écrivain, Marie-Andrée BEAUDET, professeure de littérature
française (Université Laval), Jules BÉLANGER, ancien candidat du PQ dans Gaspé,
Jacques BERGERON, président section Ludger-Duvernay de SSJBM, BOCK-COTÉ, Mathieu, resp. du contenu dans l’exécutif national du Forum Jeunesse du Bloc Québécois,
Nicole BOUDREAU, ancienne présidente SSJBM, Georges-Étienne CARTIER, psychiatre et ex-candidat du PQ dans Notre-Dame-de-Grâce, Fernand DAOUST, ancien président de la FTQ, Jean DORION, ex-président de la SSJBM, Marcelle FERRON, peintre, Sacha GAUTHIER, président des jeunes du PQ Montréal-Centre, Jean-Claude GERMAIN, dramaturge, Pierre GRAVELINE, éditeur, Louis LA ROCHELLE, membre du Comité exécutif du PQ de Mercier, Denis LAZURE, ancien ministre du gouvernement du Québec, Yolande LEBLANC, adjointe du député Gérald Godin (1977-1994), Jean-Marc LÉGER, journaliste, Gaston LAURION, ancien candidat du PQ dans Westmount, Gaston L’HEUREUX, animateur, Fernand OUELLET, poète, Jacques PARIZEAU, ancien Premier ministre du Québec, Hélène PEDNAULT, écrivaine, Hélène PELLETIER-BAILLARGEON, écrivaine, Daniel POURCHOT, historien et pasteur, Paul-André QUINTIN, président du Comité des relations internationales du PQ, André RENY, président du PQ de Mercier, Nicole RICALENS-POURCHOT, linguiste, Claude SAINT-LAURENT,
psychanalyste, Gilles TREMBLAY, compositeur.

Ont signé le texte qui précède, du 20 décembre 2000 au 4 janvier 2001

 



Exécutif du Parti Québécois d’Outremont


Exécutif du Parti Québécois de Bourassa


Exécutif du Parti Québécois de Charlesbourg


Exécutif du Parti Québécois de l’Estrie (dont Orford et Saint-François et plusieurs autres)

Exécutif du Parti Québécois de La Pinière

Exécutif du Parti Québécois de Mercier

Exécutif du Parti Québécois de Montréal-Centre


Ont aussi signé une soixantaine de membres d’exécutifs d’associations de comté du Parti québécois.
 
(L’essentiel de ce texte a été voté 400 à 2 au Conseil national du Parti québécois tenu les 24 et 25 février 2001)

Ma position s’appuie sur des faits historiques incontestables. Les membres du Parti québécois, les associations de comtés du Parti québécois, le conseil national du Parti québécois, c’est le Parti québécois qui n’a absolument rien à se reprocher dans l’affaire Michaud. L’aile parlementaire et le chef du Parti québécois de 2000, ce n’est que l’élément le plus visible d’un parti et cette fois-là, Lucien Bouchard en tête, ils ont erré.

D’ailleurs 51 députés du Parti québécois ont dit regretter leur vote.

Il ne faut pas ternir la réputation du Parti québécois en lui attribuant une responsabilité juridique ou morale qu’il n’a pas dans l’Affaire Michaud. Au contraire de ce que dit un éditorial de Vigile, le Parti québécois est une institution qui a eu une attitude exemplaire. J’apprécierais que l’on respecte des faits historiques. Il n’y a pas de honte à admettre qu’on s’est trompé.

En guise de taquinerie, je dirais qu’il n’est pas nécessaire d’être avocat ou ex-avocat pour comprendre ça. Il s’agit de connaître les statuts du Parti québécois pour savoir que le chef et l’aile parlementaire font partie d’un ensemble. Lucien Bouchard pour des raisons de politique partisane personnelle a entraîné l’aile parlementaire dans une mauvaise action. Ce faisant, il a trahi le Parti québécois qui l’a rejeté et pratiquement forcé à démissionner. Telle est la réalité historique incontournable qui est bien connue de tous ceux et celles qui s’intéressent à la politique québécoise.

Bonne et heureuse année à tous les lecteurs et lectrices de Vigile qui aiment le Québec. Cet amour du Québec devrait nous aider à rechercher ensemble ce qu’il y a de mieux pour le Québec.

Sur l’affaire Michaud, n’oubliez pas le jugement de Gilbert Lavoie qui est juste et qui devrait contribuer à donner de la sérénité à Yves Michaud.

« Michaud a perdu sa bataille devant les tribunaux et n’a pas eu gain de cause à l’Assemblée nationale mais il a gagné la guerre aux yeux de l’histoire. »

La persistance de ses amis à nous le rappeler à chaque anniversaire de la résolution scélérate y contribue grandement.

Commentaires

  • Jean brilland, 14 janvier 14h39

    "Cette propagande pro-Bouchard était tellement valorisante que de nombreux députés du PQ sont tombés dans le panneau et se sont mis à critiquer publiquement leur chef Parizeau."


    Francois Gauthier (en commentaire)

    A ce sujet, j’ai une amie qui à l’époque, oeuvrait à la campagne pour le Oui, et lorsqu’elle fut témoin à répétition du sabotage éhonté de Bouchard (pour freiner le oui), elle quitta le PQ et... la ville. Les bras étaient (et restent) longs...

    Après son élection, j’ai vite compris à qui nous avions à faire par tant de contradiction entre ses décisions et celle d’un gouvernement qui cherche à faire l’indépendance :
    la fusion forcée des villes (en pleine nuit comme des voleurs),
    coupe sauvage dans le système de santé (dont nous nous sommes jamais remis),
    l’applenventrisme devant les banques et Standard and Poors (http://www.ledevoir.com/politique/quebec/283286/la-souverainete-n-est-pas-realisable-dit-bouchard ), elle-même coupable de corruption (http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/430830/subprimes-standard-et-poor-s-evite-un-proces-en-versant-1-5-milliard-us# ) puis,
    l’assassinat politique d’un des plus efficaces défendeurs des droits citoyens...

    Yves Michaud représente un symbole fort du courage citoyen ainsi qu’un rappel criant pour la mise en place d’une démocratie citoyenne.

    De fait, le temps est probablement venu pour’"instituer" le 14 décembre 2017 comme la journée de la démocratie citoyenne Québécoise.

    L’invitation est lancée.


    "En somme, le calcul fait n’a infiniment pas de raison. Il doit se mesurer à notre amour de la patrie, de la préservation de l’innocence de naissance, des honneurs et de la dignité du pays pour ainsi rendre à ce grand patriote son honneur et sa dignité, ainsi qu’un hommage sans précédent et les mille excuses afférentes non seulement du parti, bien sûr, mais l’exiger de tous les élus de complicité coupable de l’Assemblée nationale. Jamais l’infâme doit se répéter."

    Michel Blondin (en commentaire sur ce fil)

    Merci Monsieur Blondin pour cet amour de la patrie.

  • François Gauthier, 10 janvier 22h17

    LES PLANS A ET B en 1995

    Si le plan A du fédéral était de gagner le référendum de 1995 par tous les moyens, licites et illicites, il y avait aussi un plan B.

    On oublie trop facilement la nature du plan B. Qu’était le plan B ?

    Si le Parti Québécois était vainqueur du référendum il fallait à tout prix prévoir un successeur à Parizeau, un successeur complice du pouvoir anglophone afin de saboter les réformes du premier gouvernement d’un Québec en voie de faire son indépendance.

    N’oublions pas le discours de Bouchard au Centaur qui rassurait les anglophones. Ce n’est pas par hasard que Radio-Canada et les journaux de Power Corporation ont présenté une image extrêmement valorisante de Lucien Bouchard pendant plusieurs mois avant qu’il soit choisi chef, presque unanimement, par le caucus des députés. Pendant des mois ces merdias fédéralistes ont critiqué les pseudos-lacunes de Parizeau tout en vantant Bouchard.

    Il ne faut pas oublier que la propagande, c’est d’abord et avant tout de l’orchestration idéologique. Il faut toujours connaître qu’il y a un chef d’orchestre.

    Cette propagande pro-Bouchard était tellement valorisante que de nombreux députés du PQ sont tombés dans le panneau et se sont mis à critiquer publiquement leur chef Parizeau.

    Dans de nombreux autres dossiers les élites du Parti Québécois se sont faits les chantres de la propagande idéologique du fédéral. Ils se sont souvent comportés comme des groupies du fédéral.

    François Gauthier, président de Solidarité Yves Michaud.

  • François Gauthier, 10 janvier 21h34

    Luc Drapeau a raison de rappeler le texte complet de cette lettre signée par quelques centaines de personnes dont Jacques Parizeau et le fondateur de Vigile, Bernard Frappier, cela dans les jours qui ont suivi le vote de blâme.

    Il a aussi raison de signaler que c’est cette trahison de Lucien Bouchard (complot avec son ami fédéraliste Jean Charest - deux ex-ministres conservateurs au fédéral) pour régler son problème interne au Parti Québécois qui a mené à sa démission comme premier ministre et chef du parti.

    Quand aux députés du parti, la vaste majorité de ces députés a fait amende honorable en s’excusant personnellement auprès de Yves Michaud.

    Outre la manipulation de Bouchard, il y a eu défaillance de la députation au complet, notamment celle des députés du Parti Québécois (dont on pouvait s’attendre à mieux) qui n’a pas vu que l’Assemblée nationale (pouvoir législatif) se transformait en pouvoir judiciaire pour juger de l’opinion d’un citoyen et le condamner à l’opprobre public, faisant alors fi du principe de la séparation des pouvoirs, principe pourtant connu depuis plus de deux siècles. Quelle ignorance !

    J’invite les lecteurs à visiter notre site www.solidarite-yvesmichaud.org et surtout à faire des dons.

    Nous prévoyons encore des frais judiciaires dans la poursuite contre la Commission des droits de la personne qui refuse de statuer sur le fait que les droits fondamentaux de Yves Michaud ont été lésés. Cette poursuite est importante car il faut que la Commission statue (peu importe comment) pour que nous puissions porter plainte devant les instances de l’ONU.

    François Gauthier, président de Solidarité Yves Michaud

  • André Gignac , 3 janvier 11h49

    Erreur à corriger...

    ...On le met sur le système d’écoute électronique par satellite Échelon qui peut le repérer où qu’il soit juste par son empreinte vocale. - Merci.

    André Gignac 3/1/17

  • André Gignac , 3 janvier 02h00

    @ M. Jean Brilland (suite et fin)

    Et ça se passe (suite à mes deux commentaires précédents) dans le supposément "pluss" meilleur pays au monde selon toujours Jean Chrétien. Franchement, il est plus que temps que les Québécois allument et qu’ils cessent d’avoir comme seul idéal collectif une coupe Stanley pour le Canadien de Montréal le printemps prochain. L’assimilation est à nos portes ! Réveillez-vous Québécois si vous avez un minimum de fierté nationale et de respect de vous-mêmes ! INDÉPENDANCE OU ASSIMILATION !

    André Gignac 2/1/17

  • André Gignac , 2 janvier 18h19

    @ M. Jean Brilland

    Dans les fausses rumeurs qui circulent sur le dissident, on tente de lui nuire en passant le message qu’il est un passeur de drogue ou qu’il fait partie de sectes religieuses etc... Belle tactique pour isoler le dissident et le rendre infréquentable. Et le comble, on le met sur le système d’écoute électronique Échelon qui peut le repérer n’importe où il est juste par son empreinte vocale. Le dissident est mis à nu partout où il se trouve ; toutes ses conversations sont filtrées. C’est facile pour les services secrets de monter des scénarios à partir de cette cueillette d’informations pour le harceler et lui nuire. Oui ! Oui ! ça se passe ici au Canada même dans le pays des belles montagnes Rocheuses de Chrétien.

    André Gignac 2/1/16

  • François Ricard, 2 janvier 16h43

    Ce malheureux incident est un bel exemple de notre pseudo-démocratie.
    Les élus, de quel que parti ils sont, ont le devoir de dire comme le chef, d’agir comme le chef, d’approuver toutes les décisions du chef.
    En 1982, les 74 élus libéraux ont voté pour Trudeau alors qu’à l’unanimité le Québec politique rejetait le tout.
    Pourtant personne ici ne dénonce ce système antidémocratique. Le système est dysfonctionnel et l’on s’en prend aux symptômes.

  • André Gignac , 2 janvier 13h04

    @ M. Jean Brilland

    Pour faire suite à votre paragraphe suivant : On aurait pu menacer sa vie ou celle d’un membre de sa famille, on aurait pu aussi le ruiner (par de perfides manipulations) ou encore nuire à la réputation de sa famille, voire même l’accuser de pédophilie (sous encore de fausses accusations) mais non, on a décidé pour cette fois,... - Fin du paragraphe.-

    Je rajoute ceci : On harcèle l’individu dissident, on l’isole, on fait circuler de fausses rumeurs sur son compte avec des "p’tites" enveloppes brunes pour effectuer des petites "jobs sales", on le pousse tranquillement vers le suicide etc... Très bon commentaire de votre part que j’ai lu avec beaucoup d’attention !

    André Gignac 2/1/17

  • Jean-Louis Pérez-Martel, 1er janvier 18h17

    La Justice parallèle et l’omerta politique seront éradiquées au Québec par la Démocratie directe

    Lors des élections générales de 2018 le parti des nationalistes-patriotes présentera dans son programme une proposition de loi afin que l’ANQ reconnaisse les préjudices moraux et autres causés à Monsieur Yves Michaud par les députés ayant voté pour son assassinat politique*.

    JLPM


    *. Campagne contre l’« exécution parlementaire » d’Yves Michaud
    http://vigile.quebec/Campagne-contre-l-execution

  • Pierre Cloutier, 31 décembre 2016 12h41

    Message à Jean Brilland,

    En regardant votre photo sur les nazis et le personnage qui refuse de faire le salut hitlérien, cela me permet de faire une petite comparaison avec l’affaire Michaud, en prenant toutefois le soin de mentionner que "comparaison n’est pas raison". Je vais le faire tout de même.

    Le 14 décembre 2000, à l’Assemblée nationale du Québec, tous les députés n’ont évidemment pas fait le salut nazi, mais tous ont baissé le pouce symboliquement - comme faisaient les Romains dans les arènes pour tuer les gladiateurs qui avaient mal combattu - pour "exécuter" Yves Michaud, sans que personne ne se lève pour demander l’ombre du début d’un soupçon de preuve sur la nature des propos dont on l’accusait. Pas un seul. Tous se sont comportés comme les nazis le font sur cette photo, en donnant leur adhésion de façon moutonnière et bête à une consigne donnée par leur "cheuf" Lucien Bouchard.

    Il y a un seul député qui a réagi en "allant aux toilettes" pour ne pas avoir l’obligation de voter. Son nom : Claude Boucher, ex-député de Johnson. Il faut le dire et s’en rappeler.

    Mais 51 autres députés se sont rachetés par la suite en présentant leurs excuses à Yves Michaud et certains, comme Bernard Landry et Jean-Pierre Charbonneau - qui n’a pas voté comme président de l’Assemblée nationale, continuent de travailler pour que justice soit rendue. Il faut le dire aussi.

  • Jean Brilland, 30 décembre 2016 22h44


    "La politique est l’art de se servir des hommes en leur faisant croire qu’on les sert. "

    Louis Dumur


    Entre 1930 à 1945, les allemands se sont tus devant les abus répétés du pouvoir en place. Résultats : des atrocités commises sur des millions d’européens, dont nos frères et sœurs d’origine juive.

    Entre 1980 à 2016, la forte majorité des occidentaux se sont tus devant les abus démentiels de la ploutocratie (http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/de-capitalisme-a-ploutocratie-2/ ; http://iris-recherche.qc.ca/blogue/lelite-et-loligarchie ). Résultats : l’annihilation du pouvoir des peuples dans la protection de leur patrimoine matériel, immatériel et naturel.

    Yves Michaud (Robin des banques) est l’un des rares ayant défendu bec et ongle, le pouvoir du peuple Québécois. Pour avoir osé aller plus loin dans son désir de servir le peuple, il fut assassiné politiquement.

    Yves Michaud avait menacé le pouvoir de certains membres de cette ploutocratie, dont un vassal en Lucien Bouchard et un seigneur en Paul Desmarais (pour ne mentionner que ces deux-là).

    Tous les députés de l’époque sont coupables d’avoir appuyé cette infâme motion. Cette injustice citoyenne ne fut possible qu’en raison de cette honteuse rectitude politique dont l’assemblée nationale est tapissée mur à mur, et ce, jusqu’à ce jour.

    Et quoi de plus éloigné de la rectitude politique que de parler d’une souffrance universelle qui n’appartient pas exclusivement aux juifs, ou encore que de parler des effets pervers d’une immigration massive qui n’est pas accompagnée de mesures d’intégration efficaces à la communauté d’accueil ?

    Michaud a payé le gros prix pour avoir eu une grande gueule dans la cours des brigands, un courage dans un monde de pleutres, une vive intelligence dans un monde d’ignorants, et une rare authenticité dans un monde d’hypocrites.

    Michaud révéle les fibres d’un patriote. Et un patriote de sa trempe, fait peur à des pleutres comme Bouchard et Desmarais.

    Pour l’anéantir, il fallait sortir les outils de l’arsenal qui sont destinés à des hommes comme lui.

    Il fallait frapper là où cela fait mal.

    On aurait pu menacer sa vie ou celle d’un membre de sa famille, on aurait aussi pu le ruiner (par de perfides manipulations) ou encore nuire à la réputation de sa famille, voire même l’accuser de pédophilie (sous encore une fois, de fausses accusations) mais non, on a décidé pour cette fois, ....

    .... de lui faire la peau, en le traitant d’antisémite sous de grossières et criantes accusations mensongères.

    Or aujourd’hui, le type et le niveau de propagande à ce sujet est tel, qu’un homme ne se remet que très rarement d’une telle accusation. Le coup est porté pour marquer au fer rouge.

    Michaud est marqué à vie. Certes, l’histoire retiendra qu’il fut un homme innocent brulé sur la place publique mais retiendra t’elle que nous nous sommes levés pour lui et pour tous ceux qui ont subi les affres de ce système corrompu ?

    Les dommages moraux et financiers à l’homme mais aussi à notre nation sont encore sous-estimés.

    Une assemblée de politiciens qui peut encore, jusqu’à ce jour, condamner injustement un citoyen, ne mérite plus d’exister. Les marchands du temple doivent être chassés. Notre survie en dépend.

    Bien au delà des mièvres excuses des dé-putés, je retiens qu’aucune leçon véritable ne fut tirée de l’affaire Michaud.

    Devant un tel bris de démocratie, les politiciens du PQ (et des autres partis) doivent aller bien au delà des excuses. Ces derniers doivent proposer une motion ferme qui révèle le désir collectif pour qu’une injustice comme celle subit par Yves Michaud, ne se reproduise plus jamais à l’assemblée nationale. Il en va de la crédibilité des politiciens et de l’institution qu’ils disent servir...


    "La motion de blâme contre Yves Michaud est un cas d’utilisation du poids de l’État pour fausser le jeu de la démocratie. C’est également un geste sans précédent contre un patriote québécois. En toute lucidité, il devient impossible de croire que ceux qui peuvent aussi facilement retourner leurs armes contre un des leurs et essayer de faire oublier leur geste avec le temps peuvent constituer un leadership solide, capable de réunir les conditions pour déclencher un référendum et le gagner."


    Gilles Verrier

    "Je regrette que derrière votre soucis de ce que vous appelez la rigueur, loge un jugement superficiel qui se contente de conclure sur l’apparence des choses ; les documents que vous présentez pour tout argumentaire en font foi. Se réfugier derrière le vote du Conseil national pour proclamer l’exemplarité du parti manque décidément de substance. Il faut retenir que le Conseil national n’a jamais pu obtenir la moindre effectivité quant à son vote et il ne l’a d’ailleurs jamais réclamé."

    Gilles Verrier

  • Michel Blondin, 30 décembre 2016 15h05

    Monsieur Luc Drapeau,

    L’histoire à écrire l’exige.

    J’étais présent dans les conseils nationaux dans ces moments. Je suis encore indigné. Je me permets quelques commentaires sur votre démarche rigoureuse et rationnelle à trancher.

    Primo,
    Mieux vaut d’innocenter mille traîtres plutôt que de juger coupable un seul patriote innocent
     !
    Ce qui a été fait à la personne du citoyen et patriote Michaud ne mérite pas une formalité de statut partisan interne, mais oblige à l’humilité de nos dirigeants patriotes, des élus du parti de la patrie et des élus de l’opposition à l’Assemblée nationale de faire des déclarations des plus appropriées et pertinentes. Cela vous devez l’exiger à qui de droit.

    Ce n’est plus une question personnelle à un homme, mais plus que vous voulez l’imaginer dans la mémoire collective des patriotes et de la patrie. Elle transcende la démarche rationnelle. Elle est intimement liée à l’image du peuple de lui-même, de sa justice, de sa démocratie. L’examen de conscience doit continuer.

    En second, le tort fait par tous ceux qui ont voté à l’Assemblée nationale la résolution honteuse et abjecte créait un accroc sans précédent et probablement sans répétition dans le futur, au plus haut principe de la bonne foi, pierre d’assise du droit et de la démocratie.
    Eux, ces élus, coupables de complicité de mauvaises fois en bande, contraires aux fondements des rapports humains dans l’honneur et la dignité universels, doivent recevoir sanctions à la mesure des torts. L’histoire les suivra.

    Tertio
    , le double tort, lui aussi encore de vigueur, sous la poigne du président du Parti Québécois Lucien Bouchard et chef des élus sous la bannière du Parti Québécois à l’Assemblée nationale vient non pas de l’insuffisance d’être reconnu comme une résolution scélérate par les péquistes en conseil national, mais de la non-reconnaissance encore de certains des compatriotes élus, de l’immense tort de la sanction à ce qui n’a de nom qu’une traître mascarade de contrer la démocratie interne au parti qui s’est transformé en un déni de justice fomenté le plus abject dans l’enceinte de la plus haute instance, pour disqualifier un amoureux de la patrie. Le tout, j’insiste, sous la gouverne du maître chef du parti.

    Le double tort exorbitant au patriote émérite mérite mieux pour le meilleur et non le moindre.

    En somme, le calcul fait n’a infiniment pas de raison. Il doit se mesurer à notre amour de la patrie, de la préservation de l’innocence de naissance, des honneurs et de la dignité du pays pour ainsi rendre à ce grand patriote son honneur et sa dignité, ainsi qu’un hommage sans précédent et les mille excuses afférentes non seulement du parti, bien sûr, mais l’exiger de tous les élus de complicité coupable de l’Assemblée nationale. Jamais l’infâme doit se répéter.

    Rien de moins, rien de plus.

    MB

    PS : seul baume est que l’opposition n’est pas en reste. Elle est aussi de complicité coupable.

  • Marcel Haché, 30 décembre 2016 08h09

    Évidemment, JFL ne peut pas tout réparer à lui seul. Mais lui seul peut envoyer le signal que tout sera éventuellement réparé.

    S’il n’y a rien à réparer, le silence du chef d’un parti si parfaitement exemplaire pourra être facilement interprété que le P.Q. tataouine (encore) avec la rectitude politique.

    Tataouiner sur l’affaire Michaud, c’est peut-être un bon signal envoyé à Q.S., qui fait profession de casser du sucre sur le dos de tous ceux qui ne sont pas de la gauche démissionnaire…Mais cela restera révélateur du malaise qu’ont les péquisteux à l’égard du nationalisme.

    Et pour plaire à qui, maudite misère ? Au West Island ? Good luck !

    Pendant qu’à Ottawa les grandes manœuvres anti-Québec sont commencées, pendant que le gouvernement de Justin, comme celui naguère d’Elliot, entend même passer par-dessus la tête du gouvernement Couillard pour en découdre une bonne fois avec les « séparatists », les valeureux « progressistes » du P.Q. en sont encore à prendre la pose exemplaire de la rectitude, preuves à l’appui, provenant des résolutions de ceci et de cela et de tout le bataclan de ce que René Lévesque appelait des chinoiseries.

    Si François Legault a un peu de drive, cela lui sera facile de vaincre les péquisteux qui s’enferment dans la rectitude politique comme dans une ligne Maginot… On jase.

  • Gilles Verrier, 29 décembre 2016 19h25

    Monsieur Drapeau,
    Je vous ai lu et relu. J’apprécie votre ténacité et votre soucis d’exposer votre point de vue de façon rationnelle. Je regrette que derrière votre soucis de ce que vous appelez la rigueur, loge un jugement superficiel qui se contente de conclure sur l’apparence des choses ; les documents que vous présentez pour tout argumentaire en font foi. Se réfugier derrière le vote du Conseil national pour proclamer l’exemplarité du parti manque décidément de substance. Il faut retenir que le Conseil national n’a jamais pu obtenir la moindre effectivité quant à son vote et il ne l’a d’ailleurs jamais réclamé. À ma connaissance, au prix d’un vote, son devoir était accompli. Certes motivé par de bonnes intentions, le vote du Conseil national apparaît donc, au choix, un « minimum syndical » ou une intervention à la Ponce Pilate ; autrement dit, la soupape de sécurité a permis d’évacuer le surplus de vapeur provenant de la base sans que rien ne change. Qui mène au Parti québécois ? Décidément pas le Conseil national, ce défouloir des militants. Pas étonnant que la plupart de ses résolutions sont classées sans suite, ce qui fut le cas de la résolution sur l’affaire Michaud. Personne en a tenu compte, même pas la première instance concernée, soit la majorité parlementaire péquiste qui avait voté l’infâme motion, n’est-ce-pas ? À votre place, je m’intéresserais davantage aux rapports de force avant de produire une analyse, la vôtre s’appuyant exclusivement sur un formalisme documentaire qui fait perdre l’essentiel.

    Dans son discours de 2388 mots du 21 janvier 2001, dit discours de Verchères, à l’occasion duquel il annonçait son intention de se porter candidat à la direction du Parti québécois, soit entre le 14 décembre 2000 (date du vote de blâme) et le Conseil national de février 2001, Bernard Landry eut l’outrecuidance d’en référer aux « grands hommes qui se nomment Pierre Bourgault et André D’Allemagne », sans jamais et précautionneusement mentionner le sort de son ami personnel de longue date que l’on venait de « blâmer sans nuance ». À part ça, que des éloges pour Lucien Bouchard. Pilate aurait dit : « Je ne connais pas cet homme ». Mais, pour vous, Bernard Landry n’est pas le Parti québécois, c’est le Conseil national qui le serait !!! Foutaise.

    J’ai déjà exprimé passablement ce que j’avais à dire, mais voici un autre document, tiré de Vigile celui-là, un an après la motion de blâme du 14 décembre 2000. Je maintiens que ce qui importe plus que tout, c’est le sens politique de cette affaire qui a fait éclater le bluff politique du Parti québécois sur la question de l’indépendance du Québec. Puisqu’il faut vous mettre les points sur les i.
    http://vigile.quebec/archives/////////dossier-michaud/1-12/14-verrier.html


    Le sens politique de l’affaire Michaud, un an après

    Gilles Verrier
    14 décembre 2001

    Ce qui au départ aurait pu passer pour une bavure parlementaire s’est alourdi d’un silence qui s’étire depuis maintenant un an. Avec la probabilité de plus en plus grande qu’Yves Michaud sera maintenu en disgrâce par le parti qu’il a loyalement servi, cette fâcheuse affaire prend maintenant tout son sens politique que je tente ici de décoder sans complaisance. Aussi injustifiée qu’elle fût, la motion de blâme avait ceci de bon, aux dires de ceux qui l’appuyèrent, qu’elle mettrait fin aux calomnies concernant la nature pluraliste de notre lutte. Bernard Landry en témoignait de cette façon lors de son discours de Verchères (21 janvier 2001) :« D’abord, jamais plus il ne faut tolérer ici ou ailleurs que l’on assimile le projet québécois qui est totalement inclusif à quelque dessein ethnique que ce soit. » Ces paroles sont malheureusement restées sans lendemain. The Gâzette poursuit son oeuvre de diffamation de notre lutte et entretient une culture de la haine sans que personne sur Grande-Allée n’intervienne. L’affaire Michaud n’aura donc rien réglé à cet égard. La rectitude politique des parlementaires n’aura servi qu’à instiller un peu plus le doute dans nos rangs quant à la justesse de notre cause. Le refus de revenir sur cette affaire qui les déshonore, amoindrit les parlementaires et par extension tous ceux qu’ils représentent.
    Au-delà du prétexte de l’antisémitisme, c’est la volonté claire d’Yves Michaud d’agir à Québec à titre de défenseur de l’esprit de la Loi 101 qui fit s’abattre sur lui la motion de blâme, suivie de multiples calomnies et injures lancées par plusieurs élus. Ce déluge visait à le discréditer, bref à lui barrer la route de l’Assemblée nationale en rendant impossible son élection dans le comté de Mercier. En tuant l’élection de Michaud, les parlementaires trahissaient non seulement leur propre abandon de la lutte pour valoriser partout le français, langue nationale du Québec, mais trahissaient également leur refus de reconnaître un des chefs de file d’un courant d’opinion important du Parti québécois et de la population. La langue, on l’a vu sans cesse depuis l’adoption de la Loi 101, et en fait depuis la Conquête, est une matière explosive parce qu’elle touche le fond de la question : notre volonté, honni et toujours refusée par les Canadians, de nous comporter comme une majorité.
    Le lynchage précipité de M. Michaud et son maintien en disgrâce nous oblige à mettre des bémols sur la prétendue « coalition » dont se réclame le Parti québécois. S’il y a une coalition à la base, parmi les militants, tout va tant que ces derniers ne prétendent pas se faire une place au sommet. Comment ceux qui partagent les idées d’Yves Michaud peuvent-ils encore se sentir bienvenue au Parti québécois et libres de gravir les échelons ? Ce n’est pas une modification au règlement de l’Assemblée nationale qui dénouera l’atmosphère, c’est pourquoi je m’oppose à ce moyen de régler l’affaire parce qu’il est inapproprié. L’affaire Michaud est d’abord une affaire politique qui doit se résoudre par des moyens politiques et non par une formalité qui ne fera que pousser le problème en avant. C’est aux élus du Parti québécois qu’il revient de trouver le moyen de prendre la parole. Ils doivent s’expliquer et vider la question dans le sens des intérêts de la nation. Ils doivent commencer par avouer qu’il n’y a rien d’antisémite dans la vie et l’oeuvre d’Yves Michaud.
    La motion de blâme contre Yves Michaud est un cas d’utilisation du poids de l’État pour fausser le jeu de la démocratie. C’est également un geste sans précédent contre un patriote québécois. En toute lucidité, il devient impossible de croire que ceux qui peuvent aussi facilement retourner leurs armes contre un des leurs et essayer de faire oublier leur geste avec le temps peuvent constituer un leadership solide, capable de réunir les conditions pour déclencher un référendum et le gagner. Après un an, on note un refus partagé chez les parlementaires péquistes de réparer le tort, alors que, par ailleurs, la sympathie à l’égard de Monsieur Michaud dans les milieux souverainistes se maintient au beau fixe. Par le jeu des associations, l’inaction des parlementaires laisse planer un doute malsain sur la légitimité de notre cause entière. Le pourrissement de la situation est contraire à nos intérêts nationaux et conduit à une véritable crise de confiance à l’égard des parlementaires péquistes. Il y a urgence d’aborder le problème et il doit être abordé de front.
    Le refus panique des parlementaires de partager les banquettes de l’Assemblée nationale avec un partisan de l’intégration des nouveaux arrivants à la communauté francophone donne la mesure de leur frilosité. L’aile parlementaire manque d’ouverture, le Parti ne constitue pas à son sommet une coalition de différentes tendances souverainistes et il est désorienté au point de s’en prendre à ses plus fidèles supporteurs. Le surmenage des ministres et des députés dans tous les aspects de leur tâche qui revêt une nature strictement provinciale ne surprend plus et s’accompagne d’une absence de politiques et de gestes déterminés en ce qui a trait à la défense de nos intérêts nationaux. Tout cela se tient. Une juste résolution de l’affaire Michaud pourrait donner le signal de la relance, le début d’un véritable après Bouchard.
    Gilles Verrier

  • Drapeau Luc, 29 décembre 2016 14h47

    Monsieur Verrier,

    Je soumets à votre réflexion les éléments suivants :

    Premier document :

    Statuts du Parti Québécois
    Le conseil national est composé des personnes suivantes :

    a) les présidentes et les présidents de circonscription ou leurs substituts ; (125)
    b)une (1) déléguée ou un délégué nommé à cette fin par le conseil exécutif de chaque circonscription parmi ses membres ; (125)
    c)une (1) déléguée ou un délégué de moins de trente (30) ans nommé à cette fin par le conseil exécutif de chaque circonscription parmi ses membres ; (125)
    d)les présidentes et les présidents des conseils exécutifs régionaux ou leurs substituts ;
    e)les présidentes et les présidents régionaux des jeunes ou leurs substituts ;
    f)les députées et les députés du Parti ;
    g)les candidates et les candidats officiels du Parti aux élections à venir ;
    h) les membres du conseil exécutif du comité national des jeunes ;
    i)les membres du conseil exécutif national.

    Deuxième document :

    Extraits de
    Résolution d’urgence du comité exécutif du Parti Québécois de la circonscription de Mercier
 le 18 décembre 2000

    Résolution adressée :

    à Monsieur Lucien Bouchard, président du Parti Québécois et premier ministre du Québec, 
ainsi qu’au Comité exécutif national du Parti Québécois.

    Le Comité exécutif du Parti Québécois de la circonscription de Mercier vous demande à l’unanimité de faire en sorte que l’Assemblée Nationale du Québec entende le citoyen Yves Michaud pour qu’il connaisse la teneur exacte des propos qui lui sont reprochés et pour qu’il puisse présenter une défense précise et complète, selon les principes fondamentaux de notre état de droit et selon notre Charte québécoise des droits et des libertés.
    La motion de blâme de l’Assemblée Nationale du Québec à l’encontre d’Yves Michaud a été largement décriée comme une atteinte fondamentale aux droits et aux libertés du peuple québécois en général ainsi qu’un outrage grave à l’égard d’un grand citoyen, d’un militant de la première heure pour l’indépendance nationale, d’un grand défenseur de la langue française et d’un grand social-démocrate. C’est pourquoi nous demandons également que des excuses et des réparations soient faites à l’égard d’Yves Michaud dans les meilleurs délais. (…)

    Si justice n’est pas rendue rapidement à l’égard d’Yves Michaud, d’autres démarches seront entreprises dont une demande semblable à cette résolution qui sera faite lors du prochain Conseil national du Parti Québécois en février 2001.

    Source : Cette résolution a été publiée dans plusieurs journaux montréalais.

    (Documents sur l’affaire Yves Michaud, Marianopoiis College)

    Troisième fait historique.

    Le contenu de la résolution d’urgence du comté de Mercier telle que formulée le 18 décembre 2000 a été adopté par le Conseil national du Parti québécois du 24-25 février 2001 par un vote de 400 à 2. Notez que les députés font partie du Conseil national. Telle est la position officielle du Parti québécois sur l’affaire Michaud.

    Conclusion :

    Dans cette affaire, le Parti québécois tel que l’incarne le Conseil national n’a pas à présenter d’excuses car sa conduite a été irréprochable et exemplaire. Jusqu’à pousser le principal responsable, le premier ministre Lucien Bouchard à la démission. Cette position de principe de base est honorable. Au milieu de toutes les péripéties racontées dans le livre de Gaston Deschênes, elle reste inébranlable.

    Le 24-25 février 2001, par un vote de 400 à 2, le Conseil national du Parti québécois s’est dissocié complètement de l’ancien chef du Parti québécois Lucien Bouchard et a rejeté par une majorité écrasante la résolution Bergman-Boulerice du 14 décembre 2000 de l’Assemblée nationale.

    Toute analyse qui ne tient pas compte de ce fait historique ne peut que conduire à des exigences envers le Parti québécois qui sont exorbitantes. Simplement dire que l’Assemblée nationale a commis une injustice envers Yves Michaud et qu’il faut que l’Assemblée nationale répare cette injustice qui est une tache dans le dossier de la démocratie au Québec.

    Luc Drapeau, 29 décembre 2016

  • Pierre Cloutier, 29 décembre 2016 10h15

    Le Parti Québécois a une obligation morale dans l’affaire Michaud de prendre tous les moyens pour faciliter un règlement de cette affaire, mais n’a aucune obligation juridique de le faire. Des résolutions ont été adoptées, des gestes ont été posés, mais jusqu’à maintenant ils n’ont pas donné de résultats concluants.

    Pour le Parti Québécois c’est un dossier politique et sur le plan politique la marge de manoeuvre est beaucoup plus grande que sur le plan juridique.

    À court terme, il faut attendre la décision de la Cour supérieure sur le recours intenté en 2016 par Yves Michaud contre la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, dont l’audience aura lieu le 17 avril 2017.

  • Gilles Verrier, 29 décembre 2016 02h34

    Il est vrai, et je ne l’ai pas relevé explicitement dans mon commentaire précédent, que des initiatives comme la résolution du Conseil national inspirée par le PQ Mercier, allaient dans le bon sens. Vigile, dès cette époque, participait à cette contestation d’indignés. Mais ce mouvement a été ignoré au sommet. L’aile parlementaire commençait son hibernation dans le mutisme et l’indifférence, brièvement réveillée par la tentative de Bernard Landry de régler l’affaire. Tentative avortée qui a permis de comprendre que ceux qui étaient sans remords d’avoir torpillé un patriote innocent étaient toujours les plus forts. Pas rassurant pour ce qui est des valeurs profondes du PQ, en tout cas de l’aile parlementaire... ou des tireurs de ficelles. Tant que cette affaire ne sera pas réglée honorablement il sera non seulement permis mais légitime d’entretenir les doutes que commandent la prudence.

    Tout ce qu’a écrit M. Drapeau ne change rien sur le fond. Sa contribution aura été de nous sensibiliser sur les responsabilités respectives du parti, de l’aile parlementaire et du chef. Mais au fond, pour le citoyen lambda et le résumé de l’histoire, c’est le parti qui est en cause. Pour le « comportement exemplaire », c’est du pipeau et ça restera du pipeau.

  • Gilles Verrier, 29 décembre 2016 00h43

    Il faut prendre acte de l’entreprise de blanchissage du Parti québécois à laquelle se livre ici M. Drapeau. Avec un zèle partisan peu commun, il magnifie le secondaire pour laisser de coté l’essentiel, ce qui lui fait prétendre que le Parti québécois a eu une « conduite exemplaire ». M. Michaud, qui s’était fait rejeté par sa famille politique comme une brebis galeuse n’avait pas à demander d’excuses. C’était à son parti, présumant un élémentaire sens de l’honneur, qui aurait dû les lui offrir spontanément dès le lendemain de l’événement. C’est cette conduite, illustrant une volonté de réparation bien sentie qui aurait pu être exemplaire.

    Si des voix se sont exprimées, et tant mieux, elles ne le furent que de manière éparses, souvent sous la caution d’opinions personnelles. Bref, de quoi rester amplement sur sa faim. Quant aux députés qui avaient voté la ruine de la carrière politique de M. Michaud et sa réputation, il leur fallu un petit dix ans avant de commencer à s’excuser. Pas fort, mais c’est néanmoins ce que vous qualifiez d’« exemplaire » ? Le moins que l’on puisse dire c’est que vous avez l’exemplarité facile !

    Vous finassez sur les diverses instances du parti pour tenter d’absoudre le Parti lui-même, insistant pour le distinguer de l’aile parlementaire et de son chef. C’est ce qui s’appelle noyer le poisson. L’odieux de cette affaire a éclaboussé le Parti québécois au complet et c’est un fait que cette affaire, dont le plus grand responsable est sans doute Lucien Bouchard, continue de diviser et d’affaiblir ce parti. Les résultats de cette chute politique se voient partout.

    Mais ce n’est pas nouveau. Pierre Bourgault, qui avait procédé à la dissolution du RIN pour rallier le Parti québécois a été privé de carrière politique le reste de sa vie par René Lévesque, qui le considérait comme un indésirable, pour ne pas dire une brebis galeuse. Le Parti québécois a-t-il un problème avec le patriotisme et les patriotes ? Il semble bien que oui.

    Vous pouvez continuer à trouver le PQ exemplaire, beaucoup de gens le trouvent piteux et incapable de bien se tenir, avec les siens d’abord. Et pour cause !

  • Drapeau Luc, 28 décembre 2016 13h29

    Monsieur Cloutier,

    puisque vous me posez une question, la politesse la plus élémentaire me conseille de vous répondre.

    D’abord, je constate que vous ne me traitez plus de lâche. C’est un progrès. Mais je ne vous demande pas de vous excuser : vous êtes un homme passionné qui n’aime pas les demi-mesures. Vous m’avez fait réfléchir et m’avez obligé à être plus précis.

    Ensuite, comme conseiller juridique de M. Michaud, vous avez fait plusieurs démarches qui n’ont pas été couronnées de succès mais c’est tout en votre honneur de les avoir faites. S’il y a quelqu’un capable d’apprécier la citation de Gilbert Lavoie, c’est bien vous.

    Votre question laisse supposer que vous avez oublié que le rédacteur-en-chef de Vigile a écrit ce qui suit :

    « le Parti Québécois (…) est entièrement responsable de l’injustice commise à l’endroit d’Yves Michaud ».

    Et encore :

    « L’affaire Michaud et le comportement du Parti Québécois à cette occasion ont laissé une grosse souillure sur l’intégrité du PQ qui l’atteint au plus profond de son âme en plus de miner sa légitimité et sa crédibilité comme défenseur des droits des Québécois. »

    Et enfin : "

    « (…)le Parti Québécois doit des excuses à Yves Michaud et à tous les Québécois. Il vous incombe en tant que chef du Parti Québécois de les lui présenter.
    Une fois la chose faite, il vous incombera également de vous lever à l’Assemblée Nationale pour demander à celle-ci de prendre acte des excuses du Parti Québécois, et l’inviter à offrir à son tour les siennes au citoyen Michaud. »

    C’est pour contester ce point de vue que j’ai écrit trois articles.

    Vous demandez : « Alors pourquoi faire tant de millage pour rien ? »

    Je ne tiens pas pour rien l’opinion du rédacteur-en-chef de Vigile qui a eu plus de 2000 visites et reçu l’approbation de plusieurs commentaires.

    Je vous sais gré de souligner que

    « Yves Michaud n’a jamais demandé au Parti Québécois de présenter ses excuses »

    et de dire que

    « Personnellement, comme conseiller juridique d’Yves Michaud, je n’ai jamais conseillé à ce dernier de s’attaquer au Parti Québécois. »

    Je vous remercie donc de cette mise au point de la part de la personne qui est la plus autorisée pour le faire.

    Luc Drapeau, 28 décembre 2016

  • Pierre Cloutier, 28 décembre 2016 11h48

    Monsieur Drapeau,

    Yves Michaud n’a jamais demandé au Parti Québécois de présenter ses excuses. Il a tout au plus demandé aux députés qui avaient voté la motion de le faire et 51 d’entre eux l’ont fait, mais d’autres comme Nicole Léger, Stéphane Bédard, Lucien Bouchard, Serge Ménard et al ont refusé et refusent encore de le faire.

    Personnellement, comme conseiller juridique d’Yves Michaud, je n’ai jamais conseillé à ce dernier de s’attaquer au Parti Québécois.

    Alors pourquoi faire tant de millage pour rien ?

  • Drapeau Luc, 27 décembre 2016 18h59

    Correction. J’ai écrit : « Ce qu’il pourrait plutôt faire, c’est de reprendre à son propre compte les positions qui ont été prises par le Parti québécois de 2010-2011. »

    Il s’agit des positions développées en 2000-2001 telles que décrites dans mon article. Ces positions sont toujours valables. Avec mes excuses.

    Luc D.

  • Jean-Luc Gouin, 27 décembre 2016 17h16

    Vous tenez un propos sensé, M. Drapeau

    JLG

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