«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Où s’en va le PQ ?

Le PQ macédoine

Un parti ni chair ni poisson, dépouillé de son identité, végétant à gauche et à droite via le centre

Tribune libre de Vigile
vendredi 20 janvier
484 visites 6 messages

À entendre le nouveau chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, déballer sa kyrielle de propositions pour faire du PQ un parti plus « zen », moins « chicanier » et capable d’un « nationalisme économique » musclé, j’ai carrément l’impression que le chef est en train de nous mijoter une recette de macédoine, garnie de multiples légumes.

En réalité, à partir du moment où l’essence même du parti, à savoir l’accès du Québec à son indépendance via un référendum, est relayée dans le placard jusqu’en 2022, le PQ cherche par tous les moyens de « ranimer » le parti en ratissant tous les vecteurs de la politique québécoise sur son passage, à tel point qu’il est en train de se métamorphoser en « macédoine » aux idées. Et c’est sans compter les pirouettes alambiquées de M. Lisée pour déplumer la Coalition Avenir Québec (CAQ) de ses électeurs francophones nationalistes et conservateurs.

La soif insatiable du pouvoir de la garde rapprochée de Jean-François Lisée s’est substituée aux convictions indépendantistes des militants qui ont toujours constitué la pierre angulaire du parti de René Lévesque et cela, malgré les interminables chemins tortueux auxquels ils ont été confrontés aux cours des quelque cinquante dernières années.

Et voilà, nous en sommes là, à un parti ni chair ni poisson, dépouillé de son identité, végétant à gauche et à droite via le centre…Et si, par hasard, le PQ obtient le pouvoir en 2018, gageons qu’il deviendra un « bon gouvernement » provincialiste, confronté au même climat fédéral de mépris envers le Québec que les gouvernements péquistes antérieurs.

En terminant, je vous laisse sur cette réflexion fort inspirante de Sénèque placée en exergue sur la page d’ouverture de Vigile : « Ce n’est pas parce que nous avons peur que nous n’osons pas ; c’est parce que nous n’osons pas que nous avons peur ».

Commentaires

  • Marcel Haché, 23 janvier 10h08

    À l’origine de la Caisse de Dépôts, fer de lance d’un certain nationalisme, ce fut cette volonté de sauver le Canada.

    « Sauvez le Canada » implorait Jean Lesage (textuellement) auprès du gouvernement Pearson, pour faire valoir la nécessité d’avoir, au Québec, son propre programme (des Rentes du Québec) afin de pouvoir verser les fonds du programme dans une (future) Caisse de Dépôts québécois.

    Ce fut donc pour « sauver » le Canada, dans les années soixante, que fut constituée une caisse (un bas de laine) autour de laquelle s’est agglutiné ce qui est devenu le « Québec Inc. ». Ça n’a jamais été la mission, ni de la Régie des Rentes, ni de la Caisse de Dépôts, ni plus tard du Fonds des Générations, de préparer la nation à son indépendance.

    Évidemment, l’Argent peut servir la Patrie…mais ce n’est pas, nulle part dans le monde, la vocation première de l’Argent. La nature de l’Argent serait plutôt d’être apatride. « Québec Inc » est apatride, et c’est tout naturellement que ses acteurs vont et viennent ici entre la Patrie et le West Island.

    Il y a ce qui s’appelle le nationalisme, le patriotisme. Les autres nationalismes, « culturel » ou « économique » ou que sais-je encore (tant le P.Q. est capable de parler des deux côtés de la bouche), c’est du provincialisme qui ne veut pas dire son nom.

    L’Indépendance peut (et devra) émaner du provincialisme. Cela ne pose pas un problème insurmontable. Mais cela pose au P.Q. l’incontournable problème de s’adresser à Nous. Et s’il y a Nous, il y a Eux…Grosse job pour les péquisteux qui craignent la bagarre et qui tremblent devant le West Island. Car…Car le référendisme ne fut jamais-jamais la bagarre, ce fut toujours, eh oui, toujours cette crainte de la bagarre. Pas pareil !

    Faque ? Faque, faute de vaillance, de combattants et de guerriers… l’Indépendance reste dans les limbes de la belle province, la prison constitutionnelle de tout un peuple.

  • Robert J. Lachance, 22 janvier 20h06

    Fort bien !

    Avec le réchauffement de la planète, c’est pas fou d l’idée de passer aux légumes et pourquoi pas à la macédoine ?

    À mon avis, l’essence du PQ n’est pas l’accès du Québec à son indépendance via un référendum, la précision du moyen est de trop, elle met la charrue devant les boeufs. Il y a deux autres moyens dont l’un me semble plus souhaitable, des « boeufs » qui se lèvent à l’Assemblée nationale, sans ligne de parti, du fond du coeur et au fond du fond, de leur cerveau reptilien. Là est la survie d’un peuple plurinational.

    ll y aura congrès national du PQ en septembre 2017, pas plurinational à ma connaissance, où les braves et tendres acteurs pourront discuter du passage obligé dirait Charles Sirois du pétrole à l’électricité comme essence du PQ. Les élus et le chef semblent avoir fait le chemin, les membres ?

    Jean-François Lisée s’est dit surtout un communicateur en entrée de son discours du Conseil national. Le surtout est de moi. Un grec célèbre dont le nom ne me revient pas même pas sur le bout de la langue disait en grec Connais-toi toi-même. Jean-François a cette victoire personnelle a son crédit.

    « la garde rapprochée de Jean-François Lisée ». Vous avez des noms ? » Il se l’est donnée ou elle lui a été fournie ?

    Mettons que le gouvernement PLQ actuel, pour ne pas dire le gouvernement Philippe Couillard, est un gouvernement provincialisme. Un méchant bon ! Bon !

    Pour avoir écouté le récent discours de JFL, je dirais qu’il nous annonce une approche différente d’un bon provincialisme, précurseur d’indépendance et d’interdépendance.

    Le Canada sans le Québec ne méprise pas le Québec. Leur médias peut-être, je ne les lis pas. Dire que le Canada sans le Québec (CSQ) méprise celui-ci, c’est entretenir la chicane plutôt que le love-out.

    Je pense que l’Assemblée nationale du Québec peut légitimement déclarer l’indépendance du Québec si entre 50 à 55 % de sa population le souhaite M. Verrier. Un parti politique qui aurait sollicité et obtenu le mandat de réaliser l’indépendance aussi. C’est la préférence de JFL je dirais. Si suffisamment de gens demandent un référendum, j’imagine qu’ils y auraient droit. Question claire, réponse claire.

    Je n’ai pas compris que JFL a dit « Attendons jusqu’en 2022 » M. Turcotte. Il a dit que 2022 sera pour le PQ une élection mandataire à réaliser l’indépendance. JFL n’est que le chef du PQ ; avez-vous lu ses Statuts de 2011 ?

    Les X ont été à la fois gâtés et opprimés par leurs prédécesseurs qui ont pris beaucoup de place grâce à trois fronts communs, c’est indéniable M. Ricard, dans le sillage des bébés qui ont été jetés avec l’eau du bénitier, évolution laïque et féminise sans souci du long terme.

    Pour un nationalisme fort, M. Michaud, c’est dans l’ordre : Lisée, Legault, Couillard et qui d’autre au lieu de David ?

  • Jean-Claude Michaud, 21 janvier 23h06

    M. Marineau,

    Votre article est dur mais très lucide sur la situation. Je suis d’accord avec vous le PQ n’est plus ce qu’il était jadis. J’ai fais un constat récemment et je pense que le Parti Québécois est un parti de morts-vivants depuis 1995. L’échec référendaire malgré la quasi-victoire qui a servi de fuite en avant a empêché les Québécois de faire le vrai constat. Le PQ ne s’est jamais remis du départ de Parizeau. C’était le parti de Lévesque et Parizeau et les autres qui ont suivit n’était pas de la même trempe.

    Ce parti aurait dû éviter de prendre Lucien Bouchard comme chef un nationaliste conservateur attaché au Québec mais pas indépendantiste. Le parti aurait dû garder un Jacques Parizeau ou mettre un Bernard Landry à sa tête pour gouverner le Québec après le référendum. Lucien Bouchard aurait dû prendre la tête de l’ADQ et devenir le mentor de Mario Dumont lui-même un patriote conservateur et nationaliste Québécois. L’ADQ aurait pris le pouvoir et empêcher le règne de Jean Charest qui à massacrer les finances publiques par l’explosion de la dette nationale du Québec et les scandales de corruption de l’État.

    Je pense aujourd’hui qu’il est maintenant évident que le Québec ne deviendra pas un pays souverain dans les conditions actuels. Je suis un souverainiste qui a capitulé à ce projet d’indépendance du Québec. Une majorité en 2017 rejette ce projet. La population du Québec est vieillissante, le Québec est endetté et la jeunesse est ailleurs. Seul l’écroulement du Canada pourrait conduire à l’indépendance.

    L’avenir des Québécois est maintenant de tirer le meilleur parti des atouts du Québec et de se tourner vers un nationalisme économique efficace et intelligent, de faire rayonner la culture du Québec dans le monde et d’être fier de l’Amérique française que nous sommes avec tous les francophones d’Amérique. Nous devons nous donner un gouvernement intègre et ferme pour défendre nos intérêts dans le cadre nord-américain. Je serai heureux avec cela et le reste me semble un rêve inaccessible.

    Lisée est-il l’homme de la situation pour réaliser ce projet de sortie de secours qu’est un nationalisme fort au lieu d’un indépendantisme qui se meurt ?

  • François Ricard, 21 janvier 16h44

    Nous avons laissé une génération ( la génération x) se débrouiller par elle-même.Il faudrait presque dire que nous avons sacrifier cette génération. Ceux qui s’en sortent ont l’impression de l’avoir fait par eux-mêmes, seuls. Individualistes par nécessité, il est difficile de les motiver à joindre le mouvement d’indépendance. La majorité de cette génération forme la portion la plus importante de notre classe moyenne. Celle qui travaille mais qui ne dirige pas. Et elle en est bien consciente.
    Il nous faut faire une pause. Il nous faut aider cette génération en lui fournissant un environnement économique propice. C’est cette pause que Jean-François Lisée nous propose. Saurons-nous en profiter ?
    Ou allons-nous tous devenir des caribous qui se lancent dans un suicide collectif ?

  • Nestor Turcotte, 21 janvier 16h20

    J’ai déjà écrit sur ce site, plusieurs fois, que l’erreur historique du parti de René Lévesque, a été d’introduire l’idée d’un référendum dans la programme de 1974.

    Il y avait dans cette position la démobilisatoin des indépendantistes. Attendez, on vous dira quand ce sera le temps de se battre.

    Si le PQ doit survivre ( puis-je en douter ) les nouveaux batailleurs devront inscrire dans le programme la démarche suivante : lorsque le Parti indépendantiste (à fonder) prendra le pouvoir avec la majorité des voix et la majorité des sièges, le parti aura l’obligation de décréter l’indépendance du Québec.

    Si le PQ - ou ce qui en reste - l’indépendance serait faite. Il n’y a pas pire démobilisation que l’attentisme. Lisée dit : Attendons jusqu’en 2022.C’est le retour à une formule qui, non seulement n’est pas la bonne, mais qui n’a fait que dérailler le projet.

  • Gilles Verrier, 20 janvier 08h50

    Le cycle historique entamé par René Lévesque, vous dites-bien RL, et non Marcel Chaput, André D’Allemagne, etc., est à bout de souffle. Une nouvelle perspective de l’indépendance se pointe depuis quelques années et pourrait bouleverser complètement la question. Le PQ a eu sa chance historique plus d’une fois, or l’histoire ne repasse pas les plats. Son discrédit à défendre nos intérêts nationaux se confirme (encore une fois !) avec les cent jours de Jean-François Lisée qui mange à tous les râteliers pour attirer l’électorat, ce que vous décrivez bien.

    Votre description n’est pas anodine, elle témoigne de l’épuisement d’une approche dont il faut constater froidement l’échec. Je vous suggère de lire attentivement l’éditorial de Christian Néron (présentement sur le site), de jeter un coup d’oeil sur les deux livres de Christian Saint-Germain et sur celui de Maurice Arbour (proposé par Me Néron). Vous défendez toujours l’approche référendaire ? Je m’étonne que vous restiez attaché à une parade qui nous a tant couté. D’autres ont exprimé mieux que moi cette idée que je reprends dans mes mots : il ne faut pas chérir les causes des maux que l’on déplore.

    Cordialement

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