«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Indépendance politique du Québec 456

Le PQ jusqu’en 2022 et...

Les options politiques en présencee et le défi des indépendantistes

Chronique de Bruno Deshaies
mercredi 5 juillet
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Bruno Deshaies, 2017-07-04

« La connaissance du présent est indispensable pour apprendre à poser les bonnes questions au sujet du passé. » (Bruno Deshaies)

Le premier jet de cette chronique remonte au 19 décembre 2016. La discussion faisait rage sur le fameux vivre-ensemble comme si le bien commun avait moins d’importance. Les partis politiques sont confrontés et ils doivent fournir des réponses dans un cadre fédéral contraignant. Les enjeux sont compliqués parce que l’État du Québec n’a que des pouvoirs limités sur cette situation compte tenu de la Loi constitutionnelle de 1982 héritière fidèle de celle de 1867 de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (AANB) adopté par le British Dominon [Royaume Uni (RU)]. Le même esprit prédomine et plus encore avec l’État canadien ou Dominion of Canada.

Le débat sur Penser la nation québécoise (comptes rendus ICI et ICI avait déjà eu lieu durant une douzaine de semaines dans Le Devoir à l’été 1999 sous la direction de Michel Venne. Trente ans plus tôt, il y avait eu Les États généraux du Canada français de 1969. Ce problème de société n’est pas en train de disparaître. Les relations entre État, société et religion sont durables et vont dans tous les sens.

Mise en situation sur l’indépendance au Québec

Le décor social n’est pas très rassurant. Gabriel Nadeau Dubois vit un grand rêve. Il est plein de fougue et d’ambition. François Legault cherche désespérément devenir Premier ministre. Il se donne corps et âme mais il n’a aucun charisme et encore moins de faire son bout de chemin dans l’optique indépendantiste. Legault a déjà donné au PQ ; Nadeau Dubois veut se donner à fond dans un projet de société québécois rajeuni. Quant à Jean-François Lisée, il cherche sa voie dans l’opacité de sa pensée indépendantiste à l’instar de tous ses prédécesseurs. Pour Option nationale, Sol Zanetti donne dans les récupérations de pouvoirs, une avenue intéressante pour des spécialistes de constitution mais dont les résultats passés ont été un échec.

Nous avons tous besoin du présent pour agir mais il ne faut pas en être prisonnier. Ce présent a un passé qui pèse lourdement sur les épaules de chacun de nous et de la société québécoise. Le débat sur le vivre-ensemble illustre bien nos contradictions que nous intériorisons en nous culpabilisant nous-mêmes. La société québécoise n’est pas une société parfaite. Néanmoins, elle a su mettre en place une organisation de sa vie nationale qui peine malheureusement à s’extirper d’un passé et d’un présent qui la rongent. Des décisions collectives deviennent de plus en plus urgentes, dont celle essentielle de sa liberté collective, de son indépendance nationale.

La question du vivre ensemble

Cependant, les problèmes de société nous rattrapent. Voici un certain nombre d’individus qui s’interrogent sur le vivre ensemble. Chacun de nous a besoin de comprendre les enjeux d’un pareil débat au Québec. Il faut le décortiquer pour démasquer la charge de xénophobie que le contexte politique a tendance à marquer au fer rouge entre les bons et les méchants. Et bien sûr, entre les méchants séparatistes contre les bons fédéralistes ― le Québec contre le Canada. Cette vision manichéenne est entretenue par les fédéralistes purs et durs qui endossent l’optique fédéraliste de façon absolue. Tous ces « accommodantistes » d’une inconscience naïve de tout le spectre politique qui se disent qu’« après tout, on est bien au Canada ». Tout ce monde vit béatement dans le vivre-ensemble. (Cf. Lise Ravary, 26-09-2016.) http://www.journaldemontreal.com/2016/09/26/vivre-ensemble-ou-le-vivre-ensemble

Débattre ensemble du vivre ensemble Une discussion sur le vivre-ensemble avec Rachida Azdouz, Nadia El-Mabrouk et Dalila Awada permet de constater une grande diversité de points de vue chez ces femmes qui partagent pourtant le même rêve : celui d’un Québec plus inclusif.

Rachida Azdouz
rachida.azdouz@umontreal.ca
Nord-Africain pour la laïcité critique
http://www.journaldemontreal.com/2015/10/02/lassociation-quebecoise-des-nord-africains-pour-la-laicite-critique-francoise-david 2 octobre 2015. Dans une lettre adressée à Françoise David, Nadia El-Mabrouk, de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL), réagit vivement à la motion adoptée hier à l’Assemblée nationale.
Équipe - Carnet du recteur - Université de Montréal
Rachida Azdouz. Conseillère principale en développement stratégique.

Nadia El-Mabrouk
nadia.el-mabrouk@umontreal.ca
Lettre au Ministre de l’Éducation à propos du cours ECR

Dalila Awada Qui est-elle ?

Une discussion sur le vivre-ensemble avec Rachida Azdouz, Nadia El-Mabrouk et Dalila Awada permet de constater une grande diversité de points de vue chez ces femmes qui partagent pourtant le même rêve : celui d’un Québec bienfaisant. Les échanges mettent en évidence la stigmatisation de la communauté musulmane, dont on définit souvent les membres par leur pratique religieuse plutôt que comme travailleurs, Québécois.es et citoyens.nes à part entière. Toutes les trois passent à l’action pour combattre l’ignorance et les préjugés.

Rachida Azdouz est l’une des auteurs du collectif Le savoir engagé, publié aux Presses de l’Université Laval, sous la direction de Michel Dorais.

Nadia El-Mabrouk est l’une des auteurs du collectif La face cachée du cours Éthique et culture religieuse, publié chez Leméac éditeur, sous la direction de Daniel Baril et de Normand Baillargeon.
Elle est membre de Pour les droits des femmes du Québec et de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité.

Coalition pour l’égalité et contre le racisme systémique.

Un mise su point sur la séparation de l’Église et de l’État

Frédéric Heurtebize (2011), « La Cour suprême des États-Unis dans le débat sur la séparation de l’Église et de l’État : les arrêts McCreary v. ACLU of Kentucky et Van Orden v. Perry du 27 juin 2005. »

Comme d’habitude, le Québec se trouve à la croisée des chemins.

Pour alimenter notre réflexion, il serait bon de mettre côte-à-côte ces deux sources médiatiques :

Richard Martineau, « PQ : La grande mutation. »Dans Journal de Montréal, lundi, 6 février 2017. Martineau a fait réfléchir au point de recueillir, le 12 février, 33 commentaires. Ce sont les commentaires que les politiciens devraient lire.

Emmanuelle Latraverse, « Les coulisses du pouvoir » à la télévision de Radio-Canada, dimanche, le 12-02-2017, entrevue avec J.-F. Lisée accompagnée de Paul St-Pierre-Plamondon. L’auteur du rapport sur les malaises dans le parti peut-il s’imaginer qu’il vient de faire avancer la cause de l’indépendance ? Nous sommes rendus en juillet et le pire est à envisager.

La lutte politique

Cette mise en situation me permet de revenir à l’ébauche de mon projet de chronique inachevée. Je voulais partir des résultats des élections complémentaires du 5 décembre dernier qui n’ont pas brassé le monde politique au Québec. Tous les partis en présence demeurent campés dans leur vision d’avenir. L’électorat du Québec maintient approximativement le même jugement global sur la classe politique.

Petit survol des partis politiques au Québec

À l’heure actuelle, dix-neuf partis politiques sont reconnus par Directeur général des élections du Québec (DGEQ). Voir la liste ICI.

• Bloc pot
• Changement intégrité pour notre Québec
• Citoyens au pouvoir du Québec
• Coalition avenir Québec - L’équipe François Legault
• Équipe Adrien Pouliot - Parti conservateur du Québec
• Équipe autonomiste
• Nouveau Parti démocratique du Québec
• Option nationale - Pour l’indépendance du Québec
• Parti équitable
• Parti indépendantiste
• Parti libéral du Québec/Quebec Liberal Party
• Parti libre
• Parti marxiste-léniniste du Québec
• Parti nul
• Parti québécois
• Parti unité nationale
• Parti vert du Québec/Green Party of Québec
• Parti 51
• Québec solidaire

Portrait sur le financement des partis politiques provinciaux au 31 décembre 2016

DGEQ. Juin 2017. Sources de financement des entités politiques autorisées(cf. p. 15). Exercice financier clos le 31 décembre 2016.

Tableau de présentation de l’évolution des partis politiques au Québec (1867ss)

Voir « Schéma historique des principaux partis politiques du Québec » depuis 150 ans.
Cette évolution historique a laissé des traces sur notre pensée politique. Petite anecdote à ce sujet. Le premier ministre québécois après la confédération, P. J. O. Chauveau, a comparé le Canada au double escalier [du château] de Chambord.

« Anglais et Français, disait-il, nous montons un double escalier vers le destin qui nous est réservé sur ce continent sans nous connaître, sans nous rencontrer, sans même nous voir, sauf sur le palier politique. »

Or, nous savons que même « sur le palier politique », deux visions se heurtent au sein du Québec via le Canada. Durham avait raison de dire que c’était une lutte entre deux nations « au sein d’un même État ». Le conflit persiste dans le temps de façon larvée et parfois plus critique sans se résoudre.

Posture idéologique : Choix de quelques partis

La présentation des statuts des partis politiques prend des formes différentes. Toutefois, il est possible de mettre à jour certaines valeurs qui alimentent leur action politique. Ce survol de quelques partis politiques vous donnera une idée sur les intentions et les orientations des politiques appartenant à l’un ou l’autre des partis provinciaux du Québec. C’est un exercice que tout citoyen devrait faire pour évaluer les débats entre les partisans des formations politiques.

Voici quelques extraits de de la présentation de la posture du Parti libéral du Québec / Quebec Political Party.

CONSTITUTION DU PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC

Le Parti libéral du Québec s’est donné l’Article I du Chapitre 1 qui s’intitule, rien de moins, que « LE PARTI ».

Chapitre 1

LE PARTI

Article 1

Il est, par la présente Constitution, formé un parti politique dont la philosophie repose sur les éléments suivants :

a) la primauté de la personne, les libertés individuelles et le droit de chacun de réaliser ses aspirations dans le respect d’autrui ;

b) l’égalité de droit de toutes les personnes, sans distinction, exclusion ou préférence fondée notamment sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la présente Constitution, la religion, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap ;

c) l’égalité des chances pour tous, la dignité humaine, la solidarité et la responsabilité de tous les membres de la société dans la poursuite d’une justice sociale plus grande et dans la lutte contre la pauvreté ;

d) la réconciliation de deux tendances progressistes : la justice sociale et le dynamisme économique ;

e) la foi en l’innovation et la créativité comme instruments décisifs du progrès personnel et collectif ;

f) le changement dans le respect des institutions démocratiques ;

g) la protection et la promotion du caractère français et du dynamisme culturel de la société québécoise, tout en reconnaissant la pleine légitimité du fait anglophone au Québec et la diversité culturelle ;

h) la promotion des intérêts du Québec dans la fédération canadienne ;

i) l’équité intergénérationnelle.

Article 2

Le nom du parti est le Parti libéral du Québec et, dans sa version anglaise, the Quebec Liberal Party.

Québécois. Notre façon d’être canadien. (Gouvernement du Québec, 2017).

4.1 La déclaration d’affirmation (p. 131ss)

Le Québec est libre de ses choix et capable d’assumer son destin et son développement. Il a choisi l’expérience canadienne. Ce choix est beaucoup plus profond et significatif pour les Québécois qu’un simple rapport coûts‑bénéfices. Certes, les avantages économiques d’être partie intégrante de l’ensemble canadien sont importants. Cependant, le choix du Canada est également une question d’appartenance. […]
Forts d’une identité nationale profondément ressentie et désirant la voir reconnue à sa juste valeur, les Québécois choisissent de construire l’avenir avec les autres Canadiens.

4.2 LA DÉMARCHE GOUVERNEMENTALE D’AFFIRMATION

Le gouvernement met en œuvre dès aujourd’hui une politique proactive de relations gouvernementales canadiennes, qui vise à assurer la défense des intérêts et des compétences du Québec.

PROGRAMME DU PARTI QUÉBÉCOIS

Alors que de nouveaux pays naissent régulièrement dans le monde, nous croyons que le Québec doit écrire lui aussi son nom dans le grand livre de l’histoire des peuples. L’aventure du Québec est celle d’une nation qui développe une relation d’égal à égal avec les Premières Nations et la nation inuite, où la communauté anglophone a toute sa place et où est valorisé l’apport des Québécoises et des Québécois issus de l’immigration. Nous avons rendez-vous avec la liberté et avec le pays que portent depuis si longtemps nos espoirs.

Après avoir décidé démocratiquement de vivre dans un Québec souverain, nous :

• serons libres et pleinement responsables de nos choix ;
• affirmerons la primauté de notre langue française, de notre identité et de nos valeurs ;
• parlerons et agirons en notre nom sur la scène internationale ;
• consoliderons notre souveraineté économique ;
• maîtriserons tous les instruments du développement de notre culture ;
• apporterons nos propres solutions aux exigences du développement durable ;
• accueillerons le monde avec assurance et confiance.

Nous, Québécoises et Québécois, dans un Québec souverain, verrons notre société profondément transformée. Au lendemain de la proclamation de la souveraineté, un immense élan de fierté gagnera le Québec. Notre énergie et notre créativité, entravées depuis si longtemps, se déploieront dans toutes

Nous aurons enfin répondu à l’appel de l’histoire qui, depuis toujours, nous invite à une refondation de notre nation. Ce consentement à nous-mêmes et au bénéfice des générations futures, ce rendez-vous avec la liberté, nous vaudra de voir inscrit ce beau mot de six lettres, Québec, dans l’histoire du monde

1. Agir en gouvernement souverainiste

Le projet de souveraineté du Québec prend sa source dans une histoire nationale marquée par la ténacité des défenseurs de la liberté. Dans la foulée de la Révolution tranquille, René Lévesque créait le Parti Québécois et conviait le peuple québécois à la conquête de sa liberté collective. Cette histoire de courage et de détermination s’est transmise jusqu’à nous et de nouvelles générations de souverainistes reprennent à leur tour ce projet porteur de liberté.

1.1 Réaliser la souveraineté du Québec

Aspirant à la liberté politique, le Parti Québécois a pour objectif premier de réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum tenu au moment jugé approprié par le gouvernement.

1.2 Un gouvernement souverainiste

D’ici là, pour rompre avec l’attentisme et en déployant le Plan pour un Québec souverain, le Parti Québécois agira en gouvernement souverainiste, cherchant à acquérir toujours plus de pouvoirs et de moyens pour le Québec et les Québécois.

VOIR : Indépendance

COALITION AVENIR QUÉBEC

UN NOUVEAU PROJET POUR LES NATIONALISTES DU QUÉBEC. UN QUÉBEC AMBITIEUX
Déclaration présentée au Conseil général de la Coalition Avenir Québec Laval, le 8 novembre 2015

Proposition d’un Article 1 pour la Coalition. (7 novembre 2016)
« La Coalition Avenir Québec est un parti nationaliste moderne dont l’objectif premier est d’assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l’intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture. »
Copier l’hyperlien : https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2016/11/07/la-caq-proposera-a-ses-membres-de-se-doter-dun-article-1/

Un nouveau projet nationaliste

« Il y a une évidence que personne ne peut nier : le Québec forme une nation. Une nation construite sur une histoire, une culture et un territoire. Une nation qui possède une identité propre et une langue commune qui font sa fierté. »
Copier l’hyperlien : https://coalitionavenirquebec.org/fr/idees/un-nouveau-projet-nationaliste/

● QUÉBEC SOLIDAIRE

Nos principes
Déclaration adoptée par le Congrès de fondation en février 2006.

Pour le moment, nous voulons faire connaître les valeurs qui guident nos actions et les principes qui s’y rattachent. Ces valeurs et ces principes disent le Québec dont nous rêvons pour nous et pour nos enfants.

• Nous sommes écologistes
• Nous sommes de gauche
• Nous sommes démocrates
• Nous sommes féministes
• Nous sommes altermondialistes
• Nous sommes d’un Québec pluriel
• Nous sommes d’un Québec souverain et solidaire
• Un autre parti pour un autre Québec !

Québec solidaire est le fruit de la fusion de l’Union des forces progressistes et d’Option citoyenne. Il appartient désormais à toutes les personnes – femmes et hommes, jeunes et moins jeunes -, de toutes les régions et de tous les horizons qui ont à cœur de bâtir un Québec de justice, d’égalité, de solidarité.

Nous sommes d’un Québec souverain et solidaire

La population québécoise forme une nation qui a de nombreuses caractéristiques spécifiques dont une langue commune – le français -, une culture, une histoire et des institutions politiques, économiques et sociales propres. Elle inclut des personnes de toutes origines auxquelles il appartient désormais de définir, ensemble, en toute égalité, son présent comme son avenir politique. Cette nation a le droit absolu de décider elle-même cet avenir, sans ingérence de l’extérieur.

La question nationale n’appartient pas à un seul parti politique, ni même à l’Assemblée nationale. Elle appartient à toute la population du Québec. C’est pourquoi notre parti propose que le débat sur l’avenir du Québec se fasse au moyen d’une vaste démarche de démocratie participative. Toute la population pourra ainsi se prononcer sur des changements politiques et constitutionnels, de même que sur les valeurs qui y seront associées. Un référendum clôturera cette démarche qui devra prendre le temps nécessaire pour favoriser la réflexion la plus large et la plus inclusive possible.

Le Québec doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires à son plein développement aux plans social, économique, culturel et politique, ce qui lui est refusé dans le cadre fédéral. Notre parti opte donc pour la souveraineté. Sans être une garantie, la souveraineté est un moyen de fournir au Québec les outils nécessaires pour réaliser son projet de société et s’épanouir pleinement comme peuple.

Notre parti met l’essentiel de ses énergies à construire un projet social et politique fondé sur la recherche du bien commun et sur tous les principes énoncés dans la présente déclaration. C’est donc sur cette base qu’il invite les citoyennes et citoyens de tous les horizons à en devenir membres.

● OPTION NATIONALE

RAPATRIONS NOS LOIS, IMPÔTS, TRAITÉS

150 ans d’imposture : la « confédération » canadienne (29 juin 2017)
Contribution militante de Denis Monière.

Le choix des mots n’est jamais innocent surtout lorsqu’il s’agit de désigner un régime
constitutionnel. Non seulement la constitution canadienne a été votée par un parlement étranger et ne fut jamais ratifiée par la population canadienne, mais la désignation du nouveau système politique entretient la confusion des genres. Ceux qu’on a appelé les pères de la « confédération » n’avaient pas, semble-t-il, une idée très claire de la nature des nouvelles institutions qu’ils désiraient mettre au monde. Fait encore plus paradoxal, pendant plus d’un siècle après la naissance de la confédération, les élites politiques ont continué à entretenir la confusion lexicale dans le choix des mots pour désigner la nature du régime politique canadien. Le Canada est-il une confédération ou une fédération ?

Les manuels de science politique établissent une distinction claire et nette entre le concept de fédération et le concept de confédération. Sur le plan de la doctrine constitutionnelle, confédération et fédération ne sont pas interchangeables1. Une confédération est une union d’États indépendants qui ont, par un ou plusieurs traités, délégué l’exercice de certaines compétences à des organes communs destinés à coordonner leur politique dans un certain nombre de domaines, sans constituer cependant un nouvel État superposé aux États membres. Dans une confédération, la souveraineté appartient exclusivement (ou principalement) aux entités qui composent l’ensemble.

Dans le cadre d’une confédération, les États restent souverains dans leurs relations internationales, mais ils décident par traité diplomatique convenu entre eux de coordonner leurs actions dans certains domaines. Les décisions des organes communs, composés de représentants des États confédérés sont prises à l’unanimité, aucune décision ne peut être imposée à un État sans son consentement. 2

Dans une fédération, le pouvoir est partagé entre l’État fédéral et les États fédérés ; mais la souveraineté est uniquement détenue par le gouvernement fédéral. Dans une fédération le pouvoir central peut imposer ses décisions aux parties constituantes et les États fédérés ne possèdent pas la compétence de la compétence, c’est-à-dire la souveraineté.

L’ambiguïté dans la définition de la constitution canadienne est le résultat d’un double discours qui est lui-même tributaire des conflits ethniques qui ont traversé l’histoire du Canada. Pour les politiciens canadiens-français comme Cartier, le soutien à la nouvelle constitution adoptée en 1867 est lié à l’obtention d’un niveau de gouvernement contrôlé par les Canadiens français au Québec ce qui incarnait une forme de dualité nationale. Pour les élites politiques canadiennes-anglaises, il s’agissait plutôt de doter les colonies britanniques d’un gouvernement central fort capable de mettre fin aux régionalismes qui se manifestaient dans les Maritimes et au Québec afin de construire une nation canadienne et de résister éventuellement à l’envahisseur américain. L’idée de confédération correspondait bien au projet des premiers alors que celle d’union fédérale confortait le projet des seconds dont l’objectif était la mise en minorité politique des Canadiens Français.

Le Canada n’a jamais été une confédération au sens politique du terme puisque les pouvoirs régaliens appartiennent au gouvernement fédéral. Mais cette appellation a joué un rôle idéologique en entretenant le mythe d’un pays bi-national. L’histoire du Canada est une démonstration éloquente de l’efficacité d’une illusion.

NOTES

1 Voir à ce sujet Maurice Duverger, Institutions politiques et droit constitutionnel, Paris, Presses universitaires de France, 1974 et sui.
2 Voir Anne-Marie Le Pourhiet, Droit constitutionnel, Paris, Economica, 2012, p. 21

Conclusion

Le libellé de l’Article 1 du Parti libéral du Québec est tellement général qu’il suscite notre admiration mais aussi beaucoup d’interrogations (cf. supra « Schéma historique des principaux partis politiques du Québec » depuis sa création, en 1867, en tant que province du Canada fédéré, soit du Dominion of Canada. La durée de l’existence de ce parti remonte à 1867. La tradition libérale entre franco et anglo-québécois a une longue tradition bonne-ententiste. Leurs programmes politiques ont chevauché le temps.

La lecture de la constitution du PLQ pourrait être, une fois effectués les changements nécessaires, applicable à n’importe quel autre parti politique au Canada. C’est ça la philosophie politique du « Parti » libéral du Québec ou Quebec Liberal Party dont les assises s’inscrivent dans « la promotion des intérêts du Québec dans la fédération canadienne ».

Des émules de cette philosophie se retrouvent dans toutes les sphères de la société. Le meilleur portrait de leur pensée vient de s’afficher publiquement, en 2017, par le gouvernement Couillard sous le titre suivant : Québécois. Notre façon d’être Canadiens. (Cf. consulter en ligne http://www.saic.gouv.qc.ca/documents/relations-canadiennes/politique-affirmation.pdf .) Il est évident que cette politique a été écrite par des universitaires fédéralistes pour le gouvernement libéral fédéraliste actuel de l’État du Québec. C’est la plateforme de Philippe Couillard au chapitre 4 de sa politique pro-canadienne : « L’AFFIRMATION DU QUÉBEC ET DES RELATIONS CANADIENNES PROACTIVES » ( cf. supra « La déclaration d’affirmation » (p. 131-133). Une ritournelle archi-connue qui se maintient dans la société québécoise.

C’est tout le discours de ceux et celles qui adhèrent à l’option philosophique fédéraliste pancanadienne dont les principaux fondements s’appuient sur l’optique impérialiste des valeurs universelles ! Une minorité est une minorité (même si majoritaire localement). Le Père Trudeau l’a clairement dit et il l’a fait sentir de tout son poids aux Québécois nationalistes qualifiés de « narrow nationalism » aux yeux du CANADA-ANGLAIS et des Canadiens-Français fédéralistes. À cet égard, le nationalisme canadien/canadian ne lâchera jamais la bride de l’unité canadienne.

Que peuvent faire, en revanche, les autres partis politiques au Québec pour la société québécoise.

Ils vivront les mêmes tribulations que les péquistes actuels issus du lévesquisme. Nous pouvons décrier les souverainistes-autonomistes tant qu’on voudra, ils ressemblent à cette philosophie politique humaniste qui occupe tout le champ de la vision politique et qui pense que le NATIONAL va sortir d’un programme politique local amélioré sur le dos du « Parti » libéral du Québec. « Libérons-nous des libéraux ! » Un bien piètre objectif. Ce n’est qu’un combat dans le régime constitué du CANADA.

Le public du Québec s’attend à entendre autres choses des indépendantistes que des rengaines de programmes de gouvernement provincial et du « SI quand on sera indépendant » et patati-et-patata d’une constitution, d’une constituante, d’un referendum, d’une élection gagnante, etc. Comme si Les États généraux du Canada Français n’avaient jamais existé. Oublions toute notre histoire. On ne parlera pas d’indépendance. On va la faire… en 2022. Chut !

Monsieur Jean-François Lisée doit sortir de sa bulle. Car il a un combat indépendantiste à livrer. C’est aux indépendantistes de le pousser dans les câbles. Il a besoin de « nous ». Il doit créer un groupe de réflexion dédié spécifiquement à l’indépendance qui viendra l’aider à penser autrement sinon il subira le sort de tous ses prédécesseurs. Il n’est pas question de le mettre K.O. « Le Parti » libéral va s’en occuper avec l’appui de la masse des fédéralistes canadiens/canadians. Il est fondé sur les assises de l’idéologie fédéraliste pancanadienne. Le Canada leur appartient !

Si les péquistes veulent faire vraiment valoir leur point de vue, ils doivent mettent d’abord de l’ordre dans la définition de leur objectif. L’Article 1 du Programme péquiste est confus. Il ouvre tellement de portes que l’incompréhension règne entre les souverainistes. Après 48 ans d’existence, le chef actuel de ce parti devrait prendre les moyens pour corriger le tir. Monsieur Lisée va-t-il avoir le courage d’entreprendre une révision déchirante des concepts indépendantistes qui ont conduit au « champ de ruines » ?

Les divergences entre toutes les factions indépendantistes qui chialent, qui grognent, qui râlent et qui croient changer le monde (cf. OUI Québec : « Les liens clefs de l’indépendance ») démontrent que c’est le concept du NATIONAL qui est le talon d’Achille des péquistes et des souverainistes-autonomistes. C’est ce que le Parti Québécois doit comprendre et changer. Messieurs Turcotte, Verrier et Pérez-Martel ont de sérieuses raisons d’être pessimistes. Les péquistes ne doivent pas trop entretenir d’illusions. Le romantisme politique est au seuil du trépas. Il suffit de lire les rubriques d’opinion publique pour comprendre que l’idée d’un mouvement collectif n’est pas encore à l’ordre du jour. Au contraire, c’est plutôt à chacun sa fantaisie pour faire le combat, y compris la proposition d’élire les députés de la CAQ. Après les défaites électorales de Bernard Landry aux mains de Jean Charest et la défaite de Pauline Marois contre Philippe Couillard, faut-il demander à Lysée de connaître le même sort ? Vaut mieux, malgré tout, un gouvernement péquiste, même minoritaire, qu’un gouvernement Couillard reconduit avec toute la vanité et l’autosuffisance qu’on lui connaît.

Le brassage d’idées doit se faire à l’interne et au plus haut niveau de ce parti. Et Jean-François Lisée a le devoir d’en donner le signal au parti qu’il dirige. Qu’il nous montre qu’il a de la vision. Que le bureau central du PQ devienne une pépinière et même un vivier de personnes animées par le concept d’indépendance politique du Québec. Le parti a une mission à accomplir, au plan politique, avec le peuple québécois et la société civile. En ce sens, le peuple constitue l’ensemble de personnes soumises au même système politique et au même gouvernement, soit l’État du Québec. Il faut exister séparément pour se donner comme nation une personnalité collective.

La création d’un nouveau parti n’allongerait que la liste des groupes souverainistes qui se sont créés en cours de route dans la foulée des échecs référendaires et des défaites électorales. Le « champ de ruines », il est probablement dans cette dissolution de la pensée véritablement indépendantiste entre nous. Nous vivons l’histoire que nous souffle à l’oreille le pouvoir dominant au Canada avec des moyens considérables. Le fédéral vient d’investir un demi-milliard de dollars pour servir la propagande des fédéralistes de l’unité canadienne.

Comité parlementaire de la constitution du gouvernement du Québec (1964).

Rappelons à ces quatre chefs un moment de notre histoire du Québec. Nous sommes en 1964 et le gouvernement Lesage crée le Comité parlementaire de la constitution du gouvernement du Québec.

Les partis politiques qui se disent nationalistes ou souverainistes pourraient se remémorer que le gouvernement de Jean Lesage avait dû se pencher sur le problème de notre rapport avec le Canada-Anglais.

Bruno Deshaies, « L’ÉTAT QUÉBÉCOIS. Du principe fédéral au principe d’indépendance.
Chronique sur le site de Vigile, Indépendance du Québec – 178. jeudi 13 mai 2004.
Suivi de l’Annexe « L’Académie de l’indépendance ». [Une analyse de l’historien Michel Brunet sur « Le fédéralisme, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique et les Canadiens Français » (1964).]

Louis Fournier, « Quand les jeunes étaient souverainistes… La Presse étudiante nationale il y a 50 ans ». Dans Le Devoir, 16 mai 2014. Journaliste et syndicaliste à la retraite, l’auteur fut président de la Presse étudiante nationale (PEN) en 1963-1964. Québec.

Quarante ans plus tard

Bruno Deshaies, « L’ÉTAT QUÉBÉCOIS. Du principe fédéral au principe d’indépendance.
Chronique sur le site de Vigile, Indépendance du Québec – 178. jeudi 13 mai 2004. http://vigile.quebec/archives/ds-deshaies/docs4/178.html
Suivi de l’Annexe « L’Académie de l’indépendance ». [Une analyse de l’historien Michel Brunet sur « Le fédéralisme, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique et les Canadiens Français » (1964).]
http://vigile.quebec/archives/ds-deshaies/docs4/178-2.html

Cinquante ans plus tard

Louis Fournier, « Quand les jeunes étaient souverainistes… La Presse étudiante nationale il y a 50 ans ». Dans Le Devoir, 16 mai 2014. Journaliste et syndicaliste à la retraite, l’auteur fut président de la Presse étudiante nationale (PEN) en 1963-1964. Québec.

Il faudra bien un jour trancher le nœud gordien du rapport « Fédéralisme et nationalités », du Québec et du Canada. Le séparatisme a touché l’ex-Yougoslavie, l’ex-Tchécoslovaquie, le Kosovo et la Lituanie pour ne signaler que quelques exemples d’indépendance d’« unions » qui ont constitué de nouveaux États souverains. Cela dit, il ne faut pas minimiser la complexité des changements de statuts. Chaque situation est unique. Cependant, les acteurs de ces événements doivent compter sur un sentiment national aguerri.

Cinquante-et-un ans plus tard

J. Maurice Arbour, a récemment exploité à fond la grille d’analyse de la décolonisation. Il a signé une longue diatribe digne des années 1960 sous le titre évocateur suivant :

Cessons d’être des colonisés ! Le colonialisme canadien ? Feutré, déguisé, subtil et insidieux. Québec, Presses de l’Université Laval, 2015, xviii + 242 p.

Il faut lui reconnaître qu’il a donné de l’éclat à la démonstration de l’échec de libération nationale des Québécois. Dès la note 1 de son Avant-Propos, il écrit : « …je constate simplement que cette position se heurte au mur des réalités sociologiques indiscutables et réfère principalement aux Québécois francophones, quelle qu’en soit la souche » (p. xiii). Il condamne chez les Québécois-Français un colonialisme de gentlemen et de bonne compagnie.

Sur un aperçu de cet ouvrage décapant, consulter Bruno Deshaies :
Indépendance politique du Québec 454
VOULONS-NOUS ENVISAGER LE FUTUR ?
Les partis politiques indépendantistes doivent s’expliquer clairement pour motiver le public à leur cause.
Chronique sur le site Vigile.Québec, 2016-11-16

Cinquante-deux ans plus tard

Mathieu Bock-Côté reçoit Jacques Beauchemin et Christian Saint-Germain(17-12-2016)
Commentaire par Bruno Deshaies 18-12-2016. Section Commentaires : Deshaies dixit :

« Il y a une autre réflexion à faire avec une nouvelle vision du Futur souhaité par les Québécois indépendantistes. Beauchemin est dans le passé avec nos faiblesses collectives sans la vision d’une ambition. A contrario, Saint-Germain s’aperçoit que les souverainistes sont des réformistes confédéralistes. Ni l’un ni l’autre n’aborde le discours dans l’optique indépendantiste qui consiste dans l’agir (par soi) collectif, c’est-à-dire de considérer l’indépendance politique comme un bien en soi. Donc, il faut que le public reconnaisse majoritairement le besoin de posséder un État souverain. »

Ce n’est pas libérons-nous des libéraux qui compte mais de nous libérer de l’atavisme du réflexe fédéraliste. Les fondamentaux de l’indépendance politique du Québec (c’est-à-dire un « État souverain, français, ayant la jouissance juridique de la reconnaissance internationale ») ne sont pas encore explicitement sur la table. Le public demande au Parti Québécois de lui dire clairement qu’il ne vivra plus dans une province, comme une nation annexée et fédérée, mais plutôt dans État complet avec la liberté de son agir par soi collectif qui ferait du Québec une nation indépendante.

Un autre ancrage de notre histoire

La création, en 1953, de la Commission royale d’enquête sur les problèmes constitutionnels par Maurice Duplessis dont le rapport a été déposé en 1957.

René Durocher et Michèle Jean, « Duplessis et la Commission royale d’enquête sur les problèmes constitutionnels, 1953-1956. » Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 25, no 3 (décembre 1971) : 337-363. Survol de la création de cette commission d’enquête et de son cheminement.

Bruno Deshaies, « SERREZ L’ÉTAU. Il n’y a plus de dernière chance pour la majorité MAJEURE canadian. » INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 212. Chronique du jeudi 28 avril 2005.

Cette chroniqué met en évidence l’affirmation de l’autonomie provinciale par Maurice Duplessis contre son vis-à-vis Louis Stephen St. Laurent, premier ministre du Canada, en 1954-1955, sur le problème constitutionnel des pouvoirs exclusifs des législatures provinciales au sujet de « L’impôt provincial et la taxation directe. »


Soixante ans plus tard

Après soixante années de discussions publiques sur le fonctionnement du fédéralisme canadien, pourrait-on comprendre qu’on tourne en rond parmi les nationalistes-autonomistes de toutes les couleurs au Québec ? Nous sommes dans un temps présent assez court. Alors que dire maintenant des 400 ans antérieurs dont 250 de la vie d’une nation française conquise, annexée et subordonnée dans un autre Empire. Ces Canadiens (de commune langue française) du Québec sous le Régime britannique ont connu une « défaite fondamentale ». Elle est « fondamentale » parce qu’elle produit une annexion graduelle où la nation conquise devient minoritaire au cours des âges par invasion et consolidation d’une autre nation devenant majoritaire. Or, c’est le cas de figure des Canadiens-Français du Québec et des autres minorités françaises au Canada. C’est un FAIT historique qui s’inscrit dans le temps. Les Québécois-Français d’aujourd’hui font face à cette réalité historique que le Canada fête pompeusement pour le 150e anniversaire du Canada 1867-2017.

Le gouvernement canadien a le sens de l’histoire. Il s’est mis activement, dès 2014, à préparer les Fêtes du Canada 150. Bien évidemment, le thème de l’UNITÉ CANADIENNE occupe déjà l’esprit de ceux et celles qui le préparaient. (Cf. Bruno Deshaies, « 1er juillet 2014 ». (Voir la version abrégée et la version complète.) Dans ce Canada 150, il a le Québec 150. Or, en ce moment, le public a l’impression qu’il ne s’agit que du 375e anniversaire de la fondation de Montréal, une ville parmi d’autres au Canada. Mais ce Montréal français de 1642, peut-on le dissocier de notre parcours national de Québécois-Français ?

Des questions à se poser

Il est grand temps de se poser les bonnes questions sur notre passé collectif afin de changer la trajectoire historique de l’annexion. Il est insensé de se voiler le passé et de reporter l’action indépendantiste dans le temps sous prétexte que ce n’est pas le bon moment (2018, c’est dans six mois ; 2022, dans cinq ans). Aucun contenu substantiel ne s’attache à ces deux dates sinon de proposer une assemblée constituante à mettre en marche pour se donner une constitution. Ce légalisme n’intéresse pas le public. La population s’attend à ce que les indépendantistes parlent de l’indépendance du Québec. Elle est consciente de sa différence sans toutefois être en mesure d’évaluer tout le bien collectif que procurerait le fait d’être une nation indépendante.

Le fait d’être une collectivité nationale et de vouloir exister comme nation indépendante capable de se gouverner par elle-même doit être considéré comme une vérité nouvelle si elle est adoptée comme vraie à la place d’une autre. Sur une telle transformation de la conscience sur une situation donnée, William James a pu écrire :

« Une vérité nouvelle est toujours une conception qui concilie tout et qui aplanit les transactions. »

(Dans Le pragmatisme, 1907/1968. Traduit par E. Le Brun, Introduction d’Henri Bergson, Paris, Flammarion, 1968, p. 58 (coll. « Science de l’homme »).

Maintenant, il faut apprendre à se mettre en action d’une manière réaliste et non romantique ou pseudo-pragmatique. Donc, il faudrait reconnaître que s’il y action, il y a présence ; s’il y a action (par soi), il y a autonomie. L’action sera mieux servie par la vérité, car elle se révélera plus profitable pour élaborer la stratégie globale et organiser les forces de la collectivité. Cette conception globale du futur tarde à aplanir « les transactions » entre la fin indépendantiste et le processus de conscientisation d’une majorité démocratique essentielle à la réalisation de la fin visée.

Le temps historique, soit le passage du passé au présent et au futur, ne supporte pas l’inaction volontaire ou imposée. Il est impérieux d’assumer sa présence et son autonomie collective afin d’éviter de continuer à vivre indéfiniment le remplacement et la subordination. Sans quoi le passé est garant du futur. Il s’agit de faire adopter une idée nouvelle comme vraie à la place d’une autre. Et cette idée concerne le concept d’indépendance qui est le contraire de la dépendance (soumission, subordination et assimilation). Finalement, il n’y a plus de place pour l’improvisation dans l’action.

Fonder une nation exige une conscience nationale qui soit propre à cette nation et non à celle d’une autre.

Commentaires

  • Bruno Deshaies, 12 juillet 17h17

    2017-07 17:10

    Débat sur l’indépendance selon Jean-François Lisée

    Jean François Lisée
    Leadership :
    Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance.
    Dans cet ordre.
    16/05/2016
    Sur le site du Parti Québécois
    Texte intégral.

    Cette chronique pourrait servir à vous exprimer sur « Le compte à rebours » de Jean-François Lisée en supposant, par hypothèse, qu’il prenne le pouvoir à Québec dans 15 mois.

    Vous trouverez infra un abrégé de sa proposition de « compte à rebours ».

    Devant le scepticisme des indépendantistes sur le comportement du PQ depuis le gouvernement minoritaire de Pauline Marois, puis la course à la chefferie pour l’élection de son dernier chef, un certain malaise règne dans le mileu. D’aucuns se demandent où s’en va ce parti sur l’échiquier de la classe politique et de la lutte politique. Pour le public, il est évident que ce parti se cherche. Pour les indépendantistes sincères, c’est troublant, déconcertant et gênant. Cette situation exige une réflexion sérieuse.

    Les visiteurs de cette chronique pourraient répondre à trois questions qui illustreraient l’état d’esprit actuel des indépendantistes. Ce serait une occasion pour le PQ de s’ouvrir au dialogue, car la feuille de route actuelle semble remplie d’embûches.

    Sondage

    1. Selon vous, est-ce que cette proposition de « compte à rebours » permet aux citoyens.nes de comprendre la nature de l’indépendance ?
    - Oui ou non ? Expliquer.

    2. Le public se demande depuis 50 ans : « Que veut le PQ ? » (Quand ce n’est pas « What does Quebec want ? »)
    - Que diriez-vous en 15 lignes si vous aviez à donner une réponse au public québécois ?
    On lit dans le document : « Le Parti québécois a une tâche essentielle : faire l’indépendance du Québec. Quand ? »

    3. Comment pourriez-vous expliquer le concept d’indépendance d’une collectivité ?
    (Pour les sens donnés au concept de « collectivité », visiter Le Trésor de la langue française [TLFi]).

    Propos personnel

    Nous croyons que les internautes qui donneront leurs avis pourront servir à la députation péquiste et aux souverainistes partisans qui souhaitent clarifier leurs idées.

    Un nationaliste qui pense dans l’optique indépendantiste doit mettre de côté ses vieux repères fédéralistes. Il sait que l’annexion collective dans l’union fédérale canadienne est fondamentalement une privation de pouvoirs collectifs complets. Il sait aussi que l’autre défendra bec et ongles son propre nationalisme fédérant. D’ailleurs, il en a déjà le pouvoir et il ne veut pas le perdre.

    La lutte « nationale » exige pour les Québécois de s’appuyer sur la donne qui permet de constituer une nation indépendante. Ce n’est plus la recherche, l’affirmation mais bien la phase de la défense de la liberté collective de la nation québécoise. Cela exige un accord collectif majoritaire et un sentiment national cohérent et effectif.

    +++++++

    Proposition du Chef du Parti Québécois

    Texte abrégé de cette proposition

    Proposition #1 : Chasser les libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.

    Pourquoi voulons-nous l’indépendance pour les Québécois ? Parce que nous aimons à ce point le Québec que nous le voulons libre, ambitieux, épanoui. Et parce que nous aimons le Québec, nous rageons de le voir gouverné par des libéraux qui l’affaiblissent en imposant leur austérité et leur incompétence à nos enfants, à nos soins de santé, à nos régions, à nos sièges sociaux, à notre économie, à notre langue et à notre identité même.

    Le Parti québécois a une tâche essentielle : faire l’indépendance du Québec. Quand ? Le plus vite possible. Il a aujourd’hui une tâche immédiate : débarrasser le Québec du gouvernement libéral le plus toxique qu’on ait connu.

    Les sages leçons de Monsieur
    Une proposition réaliste et volontariste
    Mais avec quel contenu ?

    • Proposition #9 Compte à rebours
    Texte intégral
    Leadership – Indépendance : Compte à rebours 2022 !

    Ma proposition #1 (Chasser les Libéraux. Réussir l’indépendance. Dans cet ordre.)

    1 – Six années de préparation et d’animation [pour se rendre à 2022)]

    D’abord, je proposerai au Congrès du Parti québécois de 2017 d’inscrire clairement dans l’article 1 du programme :
    « Le Parti québécois et ses partenaires indépendantistes demanderont aux électeurs, en octobre 2022, le mandat de réaliser l’indépendance du Québec au cours des quatre années suivantes. »

    [Procéder en 2018] à une réforme consensuelle du mode de scrutin pour introduire, dès l’élection de 2022 l’élection proportionnelle mixte (soit environ 75 sièges de circonscription et 50 sièges de liste, pour se rapprocher de la réelle répartition des voix entre partis).

    [Faire en sorte qu’en] 2017, l’année du 150e anniversaire du Canada, soit une année de grande pédagogie sur les coûts historiques du fédéralisme.

    À l’été 2017, la première « Souveraine tournée », où des jeunes créateurs, chanteurs, humoristes indépendantistes iront partout au Québec à la rencontre de la jeunesse pour faire de l’animation politique, du recrutement et brancher l’indépendance sur les tendances de la jeunesse. Je voudrai rééditer cette « Souveraine tournée » chaque été.

    L’année 2018 sera consacrée à Chasser les Libéraux

    2018 et 2022 : Un calendrier de discussion et de décision sur les éléments essentiels d’un Québec souverain.

    Dès 2017, habituer les Québécois.e.s à entendre des messages radio et web chaque fois qu’une politique fédérale nous empêche de prendre une décision. Qu’on illustre dans une pub radio/web le fait que seule l’indépendance nous permettrait de décider nous-mêmes.

    2 – Comment financer une telle animation ?

    Ma proposition de ne pas utiliser d’argent public pour faire la promotion de l’indépendance dans le mandat qui va de 2018 à 2022 est ferme.

    Faire mettre à jour les études sur l’indépendance. Le travail n’est ni compliqué ni très couteux.
    Rôle de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI).

    Fin 2016 début 2017, la plus grande campagne de souscription de l’histoire de notre mouvement […] pour qu’on dispose d’un million de dollars par an pendant chacune des six années qui nous séparent de 2022.

    3 – L’indispensable convergence

    [Entre Parizeau et Lisée en 1994.] Le pire réflexe était de faire passer des tests de pureté indépendantiste, de rejeter la diversité des opinions.

    « Que le dernier entré laisse la porte ouverte, s’il vous plaît » avait-il dit [Parizeau en1994]. Pour la convergence, comme pour le reste, c’est ma propre devise !

  • yves corbeil, 7 juillet 12h55

    Suite à mon précédent commentaire, il est important de préciser que certains journalistes font de l’excellent travail mais ce n’est pas toujours évident et il y en a même qui mettent leurs emplois en jeu car le liberal party of quebec à le bras TRÈS TRÈS LONG et ça peut s’apparenter à un régime TOTALITAIRE, quand on se compare on se désole et avec ce parti là on ne se console pas très souvent.

    Nos traditionnels de l’information sont très prompts à dénoncer ces régimes communistes et totalitaires dans le monde mais complètement aveugles et silencieux sur ce qu’ils se passent dans notre propre cour. Vous pensez que cela sert bien notre population qui elle s’informe pratiquement seulement par l’intermédiaire de ces réseaux traditionnels là.

    http://nouvelles.stevefortin.quebec/2017/07/07/se-debarrasser-de-dutrizac-au-nom-de-la-rectitude-politique/

    Il y a bien sûr les réseaux sociaux mais je me demande jusqu’à quel point les nouvelles qui concernent ces irrégularités médiatiques y circulent à grande échelle.

  • yves corbeil, 7 juillet 12h37

    Pour le Liberal Party of Quebec

    On pourrait rajouter ; notre façon d’être solidaire de nos québécois les plus important au Québec de libéraux.

    http://nouvelles.stevefortin.quebec/2017/07/05/quand-la-marde-est-pognee-dans-le-west-island-un-ministre-liberal-se-deplace/

    http://montrealgazette.com/news/local-news/health-minister-barrette-meets-with-liberal-riding-associations-to-quell-muhc-fears

    Il y a des gens qui savent ce qu’il faut faire pour se faire entendre par le chef de leur parti.

    Je ne comprendrai jamais pourquoi les québécois de souche ne sortent pas plus souvent dans la rue quand ce misérable liberal party of quebec dissolu toute les avancées sociales des dernières années.

    Aujourd’hui on est aux saupoudrages ciblés jusqu’au prochaine élection et la populasse se laisse endormir quand elle n’est pas carrément désintéressée.

    Où sont nos médias traditionnelles quand c’est le temps de s’indignés. En Corée du Nord et aux États-Unis avec les deux bouffons de l’heure. Pendant ce temps là les libéraux endorment tous le monde.

  • François Ricard, 6 juillet 06h30

    Le PQ, et plus précisément ses cadres, s’est fait avaler par la communication. Ce parti a choisi de laisser derrière lui les débats de fond. Comme les autres il a fini par considérer qu’il n’était pas si important que ça de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de tout. Comme les autres, il a réduit son rôle à proposer un produit au consommateur. Dès son origine, le PQ, c’était le parti du peuple. Et non des oligarques comme le sont la CAQ, le PLQ. C’est le peuple qui a nommé ce parti.Plus qu’un nom de parti, c’était un slogan.C’était, pour ceux qui le scandaient, la puissance de la tradition, l’attachement à l’identité, la volonté de transmettre un idéal aux générations futures. Il faut que le PQ insiste à nouveau sur ces valeurs.

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