«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le projet indépendantiste est solidement ancré dans l’Histoire avec un grand « H »

Dans la foulée du double départ de PKP et Bernard Drainville

Le PQ joue ses dernières cartes

Grosse commande pour les candidats à la chefferie

Editorial de Vigile
mercredi 22 juin 2016
3 606 visites 16 messages

Texte modifié le 23 juin 2016 à 07h55 par l’ajout du dernier paragraphe. RLH

La démission surprise de PKP le mois dernier était un coup dur pour le PQ, mais pas forcément fatal. La meilleure façon de minimiser les dégâts aurait été pour le caucus des députés de se rallier rapidement derrière l’un ou l’une des siens et d’épargner aux Québécois, à deux ans des prochaines élections, le spectacle de ses divisions et de sa dérive pendant plusieurs mois. C’est certainement de cette façon qu’auraient agi les Libéraux s’ils avaient été confrontés à cette situation.

Mais à la différence du PQ, le PLQ est un parti pour lequel le pouvoir est une fin en soi, un parti de gens les deux pieds sur terre qui comprennent parfaitement le mauvais effet chez l’électeur des divisions et du flou sur un enjeu aussi fondamental que sa raison d’être. Jamais au PLQ des députés ne se seraient-ils livrés à l’exercice navrant de remise en question auquel se sont adonnés Nicolas Marceau et deux de ses collègues après le départ de PKP et alors que la campagne à la chefferie se mettait poussivement en route. En politique, lorsqu’un parti est en position vulnérable, le moment est mal choisi pour faire tanguer le navire.

Cerise sur le gâteau, allait ensuite tomber la démission de Bernard Drainville, donnant au PQ l’apparence du Radeau de La Méduse, une apparence que les médias et les chroniqueurs fédéralistes allaient bien sûr souligner de leurs traits les plus lourds. Contre ce troisième revers de fortune en un mois, le petit lot de candidatures à la chefferie apparaît bien falot et ne parvient pas à évacuer l’odeur de défaite qui entoure désormais le PQ.

À la décharge des candidats, il faut souligner que le vainqueur de la course sera appelé à chausser des bottes très grandes. Quoiqu’on ait pu penser des talents politiques de PKP, il jouissait d’une notoriété incomparable, et sa réussite dans le monde des affaires venait boucher le trou énorme dans la crédibilité du PQ à ce chapitre. En outre, sa détermination à faire du Québec un pays indépendant ne faisait aucun doute. Aucun des candidats déclarés à la chefferie à ce jour ne lui parvient à la cheville sur le plan de l’ascendant et du leadership, et cela risque de paraître cruellement au moment de recruter de nouveaux candidats lors de la prochaine campagne électorale.

De plus, que ce soit par manque de dynamisme et de leadership, par naïveté, par fatigue, par démission ou peur inconsciente, ou tout simplement par manque de vision, le PQ s’est laissé complètement enfermé dans la narration des fédéralistes depuis 20 ans.

Et contrairement à ce dont les fédéralistes l’ont habilement convaincu dès le début des années 1970 par l’entremise de Claude Morin, l’indépendance ne commence pas par un référendum. Le référendum est la dernière étape d’un processus qui débouche sur la souveraineté. C’est la cerise sur le gâteau et non le gâteau lui-même. On tient un référendum lorsque le résultat est acquis ! Lorsque le rapport de force nous est devenu favorable. Plus le Québec est prêt, plus le peuple le sent, et plus il est porté à dire OUI.

À défaut de trahir ses origines, ses fondateurs, et sa mission, le PQ n’a pas à demander à qui que ce soit la permission d’être ce pour quoi il existe. Voilà pourquoi un référendum en tout début de mandat est un leurre. Mais parce qu’il croit aux valeurs démocratiques et qu’il respecte la souveraineté du peuple, le PQ a pris l’engagement de le consulter avant de l’engager irrémédiablement sur la voie de la souveraineté et obtenir de lui le mandat final de procéder. Tout le reste n’est que pusillanimité et atermoiement. On n’a pas sa place au PQ et on ne peut pas faire la souveraineté lorsqu’on est rongé par le doute ou qu’on a peur de son ombre en plein jour.

À l’heure actuelle, personne parmi les candidats actuels à la chefferie sinon Jean-François Lisée - et encore ! - ne semble avoir conscience de cette réalité et de ses conséquences sur l’aménagement du calendrier et du discours indépendantiste. Ce constat pathétique met crûment en relief la faiblesse de la représentation péquiste si on la compare avec celle du PLQ de Jean Lesage au début des années 1960, ou du PQ de René Lévesque en 1976 et de Jacques Parizeau en 1994. Pas de carrure, pas d’envergure, pas de hauteur de vue, pas de vision à part celle de Lisée, malheureusement mal servie par l’insaisissabilité de son personnage à géométrie variable.

Le provincialisme sied mal au PQ. On ne peut pas avoir son code génétique et s’accommoder du statut d’État croupion – et même s’y complaire comme il semble disposé à le faire – auquel le fédéralisme condamne le Québec et dans lequel il le maintient, pour le plus grand bénéfice des intérêts canadiens-anglais, et au péril de la survie de la plus grande collectivité française d’Amérique. Le PQ est donc condamné à se dépasser, à être plus grand que la réalité du Québec fédéral que nous connaissons et dont nous déplorons l’insuffisance, pour accomplir son ambition, ou à disparaître faute d’avoir été à la hauteur de celle-ci.

Le PQ joue ses dernières cartes, et il ne reste plus aux candidats à sa chefferie qu’à secouer leur torpeur pour lui donner la vision, le souffle, l’élan, et la puissance nécessaires à la réalisation de grandes choses. Je leur souhaite de trouver en eux cette force dont rien pour le moment n’indique la présence. En fait, je nous souhaite à tous qu’ils la trouvent, et je serai le premier à les féliciter si je la sens apparaître.

Et même s’il fallait que le PQ échoue à opérer son redressement salutaire, cela ne signifierait pas pour autant la fin du projet indépendantiste qui est durablement ancré dans l’Histoire avec un grand « H ». Ce n’est pas pour rien que nos ennemis cherchent par tous les moyens à en éradiquer tous les souvenirs de notre mémoire.

Commentaires

  • Pierre Bourassa, 12 juillet 2016 18h45

    12/07/ 2016
    Martine Ouellet, candidate à la direction du Parti Québécois et députée de Vachon :
    http://www.985fm.ca/lecteur/audio/martine-ouellet-candidate-a-la-direction-du-parti-326953.mp3

    Intervenants : Louis Lacroix

  • Claude Gélinas, 7 juillet 2016 10h36

    Comme il faut mettre autant de temps à préparer le changement qu’à le réaliser et que durant 20 ans le PQ a mis l’indépendance sous le boisseau, pour l’avenir la précipitation serait mauvaise conseillère.

    Dans ce contexte, à ce jour, seul JF Lisée présente la proposition la plus réaliste :

    A) Prendre le pouvoir et se débarrasser des libéraux B ) Préparer l’indépendance dans le premier mandat et dans une partie du second mandat et présenter le référendum avant la fin du mandat. Ce qui donne un peu moins que 8 ans. Le temps nécessaire pour l’Institut de l’indépendance pour mettre les études à jour, répondre à l’argumentaire de la Peur et démontrer les avantages découlant du Maître chez Nous.

    Penser autrement et agir comme le fait Martine Ouellet en proposant de se lancer tête baissée dans un référendum au premier mandat ne peut que conduire le PQ à l’échec avec à la clé la réélection du PLQ et la marginalisation du PQ.

    Imaginons la risée de la communauté internationale face à un peuple qui aurait refusé à trois reprises de prendre ses affaires en mains. Des collaborateurs colonisés en adoration pour le nouveau PM canadien.

  • Robert Barberis-Gervais, 24 juin 2016 12h31

    Je me cite :

    « Pierre-Karl Péladeau et Bernard Drainville sont toujours indépendantistes et vont continuer à être des agents de changement contre le statu quo. Ils ne sont plus des hommes politiques au sens strict, mais le mouvement indépendantiste pourra toujours compter sur eux. »

    Ajouter : Jean-Martin Aussant.

    Répondant aux questions de Gérald Filiion, la veille du référendum, Aussant, qui s’y connaït mieux que vous et moi, doutait que le Brexit gagne. A CNN, cette nuit jusqu’à 3 heures du matin, de nombreuses entrevues donnaient un superbe cours de géopolitique. Christiane Amanpour y a brillé de tous ses feux.

    Brexit a obtenu 17,410,742 de votes (51.89%) contre 16,141,241 (48.11%) : j’ai gagé sur le favori et non sur le fond. J’envoie un dix dollars symbolique à Vigile. Pour une fois, j’ai été pessimiste. J’en connais qui le sont à l’année longue. J’étais d’accord avec Mathieu Bock-Côté qui a écrit : « Vive le Brexit ! »

    Et, en effet, on peut dire que c’est « un cadeau des Britanniques aux Québécois ».

    Bonne fête nationale.

    De la ville d’Ottawa où il vit, le père spirituel de Justin Trudeau, Jean Chrétien doit se sentir ridicule d’avoir contesté le 50% plus un qui fait gagner un référendum en disant : « Regardez les syndicats. Il faut les 2/3 des votes pour changer leur constitution ». Une victoire à 51.89%, c’est une victoire monsieur Chrétien... qui vient de recevoir un doctorat honorifique de l’Université Laval pour l’ensemble de son oeuvre.

    Robert Barberis-Gervais, 24 juin 2016

  • Pierre Bourassa, 24 juin 2016 06h52

    Ce n’est pas pour rien que nos ennemis cherchent par tous les moyens à en éradiquer tous les souvenirs de notre mémoire.

    Un vent nouveau se lève suite à la décision des Britanniques de sortir de l’UE.On attend toujours la réaction de Stéphane Dion,allias monsieur clarté, qui voit à l’avance sa loi pulvérisée à l’international.Jamais ils ne pourront contester la validité de ce vote.
    Et tout çà un 24 juin ! Bonne St-Jean tout l’monde.

    Conférence de presse de Marine Le Pen au sujet du Brexit (Direct du 24.06.16)

    https://www.youtube.com/watch?v=-KawSHB9FIk

  • Pierre Fortin, 23 juin 2016 18h19

    Les indépendantistes n’ont pas l’écoute des québécois, ils ne disposent pas d’une antenne qui permette de maintenir vivant le débat national dans ses réalités terre à terre. La situation politique du Québec n’apparaît que sous un registre électoral alors qu’il est du devoir de chacun de veiller à l’intérêt de son pays en s’appuyant sur la transparence de son gouvernement, sans crainte de le questionner et de le confronter au besoin.

    L’IRAI dispose d’un vaste potentiel pour établir le bilan de nos siècles de domination et nous projeter dans l’avenir. Jamais le Québec n’aura pu compter sur pareil outil de conscientisation. Mais pourra-t-il diffuser une information éclairante et aura-t-il la capacité de rejoindre tout le Québec ? L’avenir du Québec repose sur les Québécois, personne ne peut en décider sans leur consentement.

    Il leur faut donc une intelligence approfondie de leur situation. Tant qu’ils ne verront pas qu’ils ne peuvent compter sur personne d’autre qu’eux-mêmes en ce Canada, ils ne pourront exiger de leur gouvernement qu’il agisse chaque fois dans leur intérêt et avec leur consentement éclairé. Il n’y a pas de démocratie sans ces conditions.

    Le peuple québécois fondateur de ce pays est en situation minoritaire alors qu’aucun grand parti canadien ne reconnaît ses aspirations légitimes et ne les reconnaîtra jamais — à moins d’y être forcé par la crainte d’un référendum sur l’indépendance du Québec. Trop de Québécois ont la mémoire courte et font peu de cas des revers que nous avons subis pour avoir cru plus d’une fois à des promesses d’arracheurs de dents, tant chez les fédéraux que chez nos provinciaux complaisants qui ne demandent pas mieux que de nous maintenir dans l’ignorance la plus opaque pour mieux nous mener comme on mène un troupeau.

    On rechigne même à éduquer nos enfants dans les lumières justes de leur passé. Qui n’a pas connaissance de la marche de son peuple à travers les siècles ne peut cultiver un véritable sentiment d’appartenance à son égard. Comme le disait si justement Condorcet, « L’ignorance est la pire des servitudes, celle qui permet toutes les autres ».

    Les Québécois doivent pouvoir débattre de leur réalité autrement que dans la démagogie et les manœuvres médiatiques publicitaires. Il faut s’adresser à l’intelligence des Québécois.

    Bonne Saint-Jean !

  • Marcel Haché, 23 juin 2016 17h08

    Vous avez raison Richard Le Hir.

    Quand une situation politique est bloquée- et le Québec est bloqué dur depuis longtemps- l’électorat finira bien par trouver une porte de sortie, pour s’échapper et se débarrasser des bloqueux.

    Et les bloqueux, ce ne sont pas seulement les libéraux. Ce sont aussi les péquistes qui bloquent le Québec à leur façon.

    Si cette course à la chefferie continue d’être une course d’apparatchiks et de bloqueux, qui pètent et répètent les mêmes choses qui on tant éprouvé l’électorat, cet électorat prendra bonne note de ceux-là qui, parmi les différents partis politiques, pourraient lui servir de porte de sortie.

    Le P.Q. ne manque pas de détermination ni de fidélité, il manque d’imagination.

  • Denis Julien, 23 juin 2016 16h54

    Nous avons entendu les mêmes inepsies, les mêmes bonhommes-sept heures, les mêmes peurs et le même chantage durant le référendum sur le brexit qu’au Québec en 1980 et 1995. Quand les peuples décideront-ils de se tenir debout devant les diktas des banques et des mileux d’affaires.
    Ce référendum était une belle occasion de rétablir le principe de la souveraineté des nations dont celui de battre monnaie, fixer leur taux d’intérêt, protéger sa langue et contrôler son immigration.
    À moins que les peuples choisissent librement la soumission et la dépendance.

  • Denis Julien, 23 juin 2016 14h04

    Le prochain chef du PQ devra prendre l’engagement suivant : " Je ne suis pas intéressé à diriger un gouvernement provincial. J’ai la ferme intention de faire l’indépendance du Québec et de devenir le premier président de sa première république !’’ Au moins, si le PQ disparaît ; ce sera DEBOUT et le peuple n’aura qu’à assumer devant l’histoire et le monde. Il me semble que c’est claire ça, non ?
    Je m’adresse donc aux candidats et plus particulièrement à Alexandre Cloutier ; qui prétend vouloir faire de la politique autrement : ’’ Monsieur, si vous avez vraiment l’intention de faire de la politique autrement, c’est donc, de la démarche péquiste perdante des 40 dernières années, que vous devez vous éloigner. Parce que c’est cette démarche qui nous aconduit dansl’impasse actuelle. ’’

  • Robert Barberis-Gervais, 23 juin 2016 13h01

    Monsieur Le Hir,

    Pierre-Karl Péladeau et Bernard Drainville sont toujours indépendantistes et vont continuer à être des agents de changement contre le statu quo. Ils ne sont plus des hommes politiques au sens strict, mais le mouvement indépendantiste pourra toujours compter sur eux.

    Pour évaluer la qualité des candidats à la direction du Parti québécois, je suggère de regarder du côté du trio libéral qui exerce actuellement le pouvoir au niveau municipal, provincial et fédéral.

    Denis Coderre passe tous les jours à RDI ou LCN. Il continue à faire le matamore et à tailler et trancher sur tout et sur rien. Il se spécialise actuellement sur les animaux, chevaux à calèche et pitbulls. Sur les calèches, il a mordu la poussière. On ne viendra pas dire que Coderre est un leader historique qu’on doit admirer béatement. Il occupe beaucoup d’espace médiatique parce que ce qu’on appelle l’information continue a besoin de matière. Il va finir par se brûler.

    Philippe Couillard est premier ministre du Québec grâce à l’appui de 25% de francophones qui ont peur du référendum et d’un fort pourcentage des anglo-allos qui votent contre l’indépendance à chaque élection. Lui aussi, il passe beaucoup à la télévision. Radio-Canada lui a donné une heure complète et il n’a même pas su en profiter. Sa seule politique consiste à couper et à faire des nominations. On ne viendra pas dire que Couillard est un homme d’Etat qu’aucun leader péquiste est capable d’affronter et de vaincre.

    Justin Trudeau a bénéficié d’une conjoncture favorable : dix ans de Harper dont le peuple canadien voulait se débarrasser et un Tom Mulcair qui proposait l’austérité de Couillard. Actuellement, il est populaire car il remplit ses promesses. Mais il tarde pas mal à aider la C Series et le chantier naval de la Davie n’a pas plus de contrats que sous les conservateurs. Justin Trudeau a été habile pendant la campagne électorale. Mais ce n’est pas un homme politique transcendant.

    En somme, je reprendrais l’adage. Quand je me regarde, je me désole. Quand je me compare, je me console.

    Monsieur Le Hir, pour vous dire le fond de ma pensée, je vous trouve bien sévère. Il ne faudrait pas que Vigile devienne « une machine à broyer » notre espoir indomptable. Vos exigences sur le chef devraient se reporter sur l’ensemble du mouvement indépendantiste qui a bien besoin de se faire frotter les oreilles comme vient de le faire Robert Laplante dans son dernier éditorial de l’Action nationale.

    Robert Barberis-Gervais, 23 juin

    p.s. Un dix dollars que la Grande-Bretagne de sortira pas de l’Union européenne.

  • Gaston Carmichael, 23 juin 2016 09h07

    Le référendum est la dernière étape d’un processus qui débouche sur la souveraineté.

    Personne ne conteste cela, M. Le Hir. C’est une évidence. Certains se plaisent à répéter que les référendistes pensent que l’indépendance va soudainement se réaliser comme par magie, par la grâce d’un référendum. C’est tout a fait non fondé, et de mauvaise foi. On jase...

    Quand Martine Ouellet dit qu’il reste deux ans avant l’élection et qu’un mandat dure quatre ans, cela lui accorde donc six ans pour se préparer. C’est cela le processus qui doit nécessairement précéder le référendum. Notez également qu’elle ne dit pas qu’elle fera le référendum en fin de mandat, mais qu’elle peut prendre jusqu’à six ans pour le préparer. Donc, si elle le juge approprié, cela pourrait se faire en mi-mandat.

    On tient un référendum lorsque le résultat est acquis ! Lorsque le rapport de force nous est devenu favorable.

    Quand Parizeau s’est lancé dans la campagne électorale de 1994 avec la promesse de tenir un référendum dans son premier mandat, pensait-il alors que le résultat lui était déjà acquis ?

    Il a sans doute jugé que s’il gagnait cette élection avec cette promesse, il aurait alors la masse critique nécessaire sur laquelle il pourrait se construire une majorité

    Aller à l’élection de 2018 avec une promesse de référendum dans le premier mandat relève de la même dynamique. En 2018, on ne risque pas de perdre un référendum, mais plutôt de perdre une élection. Par contre, si on gagne l’élection sur cette promesse, on sera très bien positionné pour préparer un référendum gagnant.

    Si on perd l’élection de 2018, on fera ce que Parizeau aurait fait en 1994 en cas de défaite : On continue en se préparant pour l’élection de 2022.

    Bon, il y a bien sûr ceux qui croyaient qu’un autre mandat du PCC au fédéral aurait été catastrophique, et qu’il fallait faire tous les compromis nécessaires afin d’éviter que le ciel ne nous tombe sur la tête. Ouf, aujourd’hui on a un "bon" gouvernement du PLC. Mais, le projet indépendantiste a reculé. Les fédéralistes ont roulé les indépendantistes dans la farine jusqu’à les convaincre de voter fédéraliste.

    Maintenant, on veut nous refaire le même coup au Québec. Couillard serait pire que le choléra, et il serait essentiel que les indépendantistes mettent leur projet de côté le temps de prendre le temps de s’assurer que le ciel là-haut est bien accroché, et qu’il ne nous tombe pas sur la tête.

    Non, merci !

  • micheline st-pierre otis, 22 juin 2016 23h29

    M. Le Hir,

    Votre message donne le spleen tellement vous êtes défaitiste.

    Pour l’infant, je préfère le message plus limpide et plus invitant de M.Jean-Jacques Nantel. Cessons de remettre le rende-vous du pays aux calendes grecques !
    Après 20 ans d’un 2e référendum gagnant mais volé, de quoi donc avons-nous peur ?
    Le Québec est plus riche de personnes instruites et compétentes, il est plus conscient de ses richesses naturelles immenses et de ses entrepreneurs qui se font de plus en plus nombreux. Et on pourrait en décrire des dizaines encore de ces belles réussites.
    Hésiter, douter, remettre à plus tard ne fait que de nous avouer des perdants à l’avance.
    Et nos candidats, les trois moins JF LIzée, sont pleins de talent et de potentiel. Cessons de les dénigrer ! La vraie course n’est pas vraiment commencée. Patience !

    Invitons les simplement à définir notre projet de pays, à sortir du floue. Offrons leur nos expériences, notre soutien. faisons qu’ils soient encore plus sûrs d’eux car, avouons-le, les antennes que nous leur offrons sont loin d’être stimulantes.
    Allez, citoyens, citoyennes, debout pour la patrie ! Faut y voir !

  • Michel J. Dion, 22 juin 2016 21h45


    J-F Lisée a sûrement des ajustements à faire, des positions à clarifier, et à stabiliser sa ligne de pensée sur le nationalisme québécois (identité), mais il demeure le seul qui a potentiellement compris la joute politique actuelle.

    Je crois que J-F Lisée est conscient de ce constat, et travaille tous les jours à s’ajuster et à préciser sa cible, et surtout sa technicité pour l’atteindre.

    Voir certains commentaires [ici]

  • James A. Wilkins, 22 juin 2016 21h12

    Cher Monsieur Le Hir,
    Quoique je partage votre analyse vous comprendrai que je vous trouve sévère envers Nicolas Marceau qui oui a fait tanguer le navire mais coyez-moi ce navire a besoin de se faire brasser sévèrement par la vague. Cette vague c’est le prochain congrès du Parti Québécois et ses membres qui se sont fait flouer par l’attrait du pouvoir. Pour le choix du nouveau chef faut bien admettre que malgré certains désaccords Jean-François Lisée a un plan de match beaucoup plus concret que le flou teint de continuité dans l’ambiguité d’Alexandre Cloutier et de Véronique Hivon. Beaucoup fondent de l’espoir sur Martine Ouellet mais on doit encore attendre le compromis final à faire si nous sommes prêts à le faire ?

  • Jean-Jacques Nantel, ing., 22 juin 2016 19h40

    Retarder le référendum signifie le perdre, surtout à une époque où la proportion des Québécois de souche, qui supportent le projet, diminue de 1% environ tous les deux ans.

    Jacques Parizeau, qui a probablement gagné son référendum de 1995 (il se l’est fait voler), avait compris cela. Aussi a-t-il commencé par nous donner une date pour la tenue d’un tel référendum (dans les premiers mois d’un premier mandat) de façon à ce que tout le monde puisse focaliser ses énergies en conséquence.

    Ensuite, pour gagner son référendum, il a utilisé à plein les années passées à ne rien faire dans l’opposition pour parler d’indépendance à la population et ce, à chaque fois qu’il en avait l’occasion et devant les caméras et les micros des journalistes.

    Enfin, après avoir pris le pouvoir en se basant sur les 40% de souverainistes du Québec, il a rapidement pris le contrôle de l’État pour finalement faire son référendum.

    Si Parizeau avait gagné officiellement son référendum, il aurait mis tout de suite en mouvement toute la machine de l’État et toute la nouvelle puissance internationale du Québec pour réaliser cette indépendance et ce, sans trop se soucier du rouspétage de gens comme Stéphane Dion.

    Le référendum est la seule étape essentielle et indispensable du processus d’accession à l’indépendance pour quatre raisons :

    1) parce que seul le 50% + 1 fera obéir 99% de la population québécoise (comme ce fut le cas après le référendum de 1995). Quant aux extrémistes du 1% restant, il suffirait de menacer de saisir leurs biens pour les calmer...

    2) parce que, si on essayait de faire l’indépendance autrement qu’avec un référendum, la communauté internationale, les Québécois eux-mêmes, le Canada anglais, le Fédéral, la Cour suprême, etc. diraient tous : ¨Si c’est vrai que les Québécois, à qui appartient le pays, veulent vraiment de l’indépendance, demandez-le leur directement avec une question claire !¨

    3) parce qu’un référendum gagnant est devenu la norme à l’échelle internationale pour obtenir une reconnaissance officielle et rapide.

    4) parce que la Cour suprême du Canada a donné l’ordre au Fédéral de négocier de bonne foi avec le gouvernement du Québec si ce dernier obtenait une majorité claire dans un référendum à question claire.

    D’autre part, il y a au moins quatre bonnes raisons pour faire un référendum en début de mandat :

    1) parce que, si on est incapable de convaincre la population après deux ou trois années passées dans l’opposition en parlant de ce sujet à travers toute la province par la trentaine de députés du PQ, on n’y parviendra jamais.

    2) parce qu’en attendant, on permet au Fédéral de tout saboter à peu de frais au Québec en utilisant la moitié de nos taxes pour nous nuire.

    3) parce qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses au Québec ; la raison principale étant que la constitution canadienne confie tout ce qui est coûteux (santé, éducation, etc.) aux provinces. (Pour se donner une ¨stratégie d’État d’envergure¨, ça nous prend absolument les profits de l’indépendance.)

    4) parce que les gens qui sont au pouvoir se plaignent partout qu’il n’ont même pas le temps de voir leurs enfants. Une fois élus, les chefs du PQ n’auront donc pas le temps de faire le tour du Québec pour parler d’indépendance à la population.

    Vouloir retarder le référendum, c’est s’arranger pour le perdre.

    Si ça fait cinquante ans qu’on niaise avec ça, c’est parce que la propagande fédéraliste a entrainé tous les Québécois à penser à l’envers. Et le PQ est devenu le fer de lance de cet anti-mouvement avec sa peur du référendum.

  • Mireille Deschênes, 22 juin 2016 18h16

    Bonjour M. Le Hir,

    J’attendais votre plume avec le plus grand espoir que vous m’auriez encouragé mais hélas, vous écrivez ce que j’observe, avec, presque un découragement insurmontable !

    Le champ de ruines de M. Parizeau est devant nous dans toute sa splendeur !

    Le départ de M. Drainville est peut-être ce qui sera la bougie qui éclairera le ratatinement de ce parti qui décline comme une peau de chagrin, laissant plusieurs indépendantistes sur le pavé "patché" plein de trous.

    Je suis toutefois heureuse de vous lire ! Merci pour vos écrits qui sont toujours intéressants.

    Très hâte de vous entendre avec JC Pomerleau !

    De vous entendre également sur ce que vous nous direz, sur le déroulement des dernières semaines.

    Au plaisir M. Le Hir !

  • Jean Claude Pomerleau, 22 juin 2016 17h51

    Indépendance : Compte à rebours 2022 !

    http://jflisee.org/leadership-compte-a-rebours-2022/#comment-184088

    Le Plan est parfaitement articulé pour s’ajuster au contexte et à la situation historique dans laquelle nous sommes présentement.

    Et au défi du redressement national, un préalable incontournable pour la suite des choses... : la souveraineté n’est pas un souhait mais, une sommes.

    JCPomerleau

Écrire un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document
Ajouter un document

Éviter les réponses à un autre commentaire, les commentaires s'appliquent au texte seulement.

Pas d'attaques personnelles ni de propos injurieux ou discriminatoires.

Vigile se réserve le droit de refuser tout commentaire sans avoir à justifier sa décision éditoriale.

Veuillez lire attentivement les consignes détaillées avant de soumettre votre premier commentaire.

Consignes détaillées

PQ - La reconstruction
Un avenir ou pas ?

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
12 860$  21%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 21/08 Gilbert Paquette: 10$
  • 20/08 Marius Morin: 25$
  • 20/08 Jean Lussier: 5$
  • 20/08 Carole Smith: 5$
  • 19/08 Alain Tousignant: 5$
  • 18/08 Laurent Chaubart: 10$
  • 17/08 Anonyme: 50$
  • 17/08 Henri-Paul Simard: 25$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités